Allergie à l'arachide : le microbiote change la donne

La sévérité d'une allergie alimentaire à l'arachide ne dépend pas que du niveau d’anticorps IgE spécifiques. Une étude montre que des bactéries de la bouche et de l'intestin, comme Rothia, dégradent l'allergène et modulent la sévérité de l’anaphylaxie. Le microbiote pourrait ainsi contribuer à expliquer pourquoi une même allergie provoque des réactions d’intensité très différentes selon les patients.

Le microbiote intestinal
 Peanut allergy: microbiota makes a difference

Des bactéries capables de désarmer l'allergène

Chez la souris, des chercheurs1 ont observé que la présence de bactéries intestinales change la façon dont l'organisme réagit à l'arachide. Le groupe de souris porteuses d'un microbiote intestinal riche et varié dégradait beaucoup mieux les deux protéines responsables de la majorité des réactions allergiques, Ara h 1 and Ara h 2, Ara h 1 et Ara h 2, que celui des souris élevées avec peu ou pas de microbiote intestinal. Résultat : moins d'allergènes intacts passent dans la circulation sanguine, et la réaction allergique déclenchée après exposition est nettement moins intense. À l’inverse, un deuxième groupe présentant une diversité microbienne limitée montre davantage de marqueurs de réaction sévère. 

Ara h 1 / Ara h 2

Les deux protéines allergènes de l'arachide les plus souvent reconnues par le système immunitaire des personnes allergiques.

Système immunitaire

Ensemble des cellules et molécules qui protègent l'organisme contre les infections, les cellules anormales et les substances étrangères. Dans le cas d'une allergie, ce sont les IgE et les mastocytes qui sont impliqués dans la reconnaissance de l'allergène et le déclenchement de la réaction. 

Réaction allergique sévère (anaphylaxie IgE-médiée)

Réaction aiguë et généralisée, potentiellement fatale en quelques minutes, déclenchée par la liaison de l'allergène aux IgE fixées sur les mastocytes, entraînant la libération rapide de médiateurs inflammatoires. 

Le genre bactérien Rothia ressort particulièrement de ces travaux, naturellement présent dans la bouche et l'intestin grêle humains. En laboratoire, elle découpe les deux allergènes majeurs de l'arachide à des endroits précis, ce qui empêche les anticorps IgE de les reconnaître. Moins de reconnaissance signifie moins d'activation des mastocytes, ces cellules immunitaires à l'origine des symptômes de l'allergie.

 

IgE (Immunoglobuline E)

Anticorps responsable des réactions allergiques immédiates, produit par le système immunitaire au contact d'un allergène.

Mastocytes

Cellules immunitaires qui libèrent des substances inflammatoires lors d'une réaction allergique.

Bactéries du microbiote (dégradation enzymatique des protéines alimentaires)

Micro-organismes de la cavité buccale et de l'intestin capables, via des enzymes protéolytiques, de fragmenter des protéines alimentaires résistantes à la digestion humaine, dont les allergènes de l'arachide. 

Certaines souches de Staphylococcus ont un effet comparable, mais pas toutes. L’étude montre que deux souches de la même espèce peuvent se comporter à l'opposé l'une de l'autre, l'une dégradant efficacement l'allergène, l'autre pas du tout.

 

Prévenir l’allergie aux arachides grâce au microbiote ?

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Une piste confirmée chez les patients allergiques

Les chercheurs ont ensuite examiné la salive de 19 patients allergiques à l'arachide. Ces enfants, âgés de 1 à 14 ans, ont été étudiés avant le début de leur traitement par immunothérapie orale. Le groupe de patients qui tolérait les doses les plus élevées d'allergène lors de tests contrôlés hébergeaient davantage de bactéries capables de dégrader l'arachide, notamment du genre Rothia, et ce indépendamment de leur taux d'IgE spécifiques d’Ara h 2 dans le sang : ils présentaient ainsi une meilleure une tolérance allergique. Cette observation a ensuite été retrouvée chez 120 enfants suivis dans une étude indépendante, ce qui renforce sa crédibilité.

 

Ces résultats pourraient, à terme, aider à mieux estimer le seuil de réactivité et à personnaliser le traitement, mais ils ne permettent toutefois pas de prédire la sévérité de la réaction allergique d’un enfant.

Plus de 70 % des allergies à l'arachide persistent dans le temps. Ce constat rend particulièrement utile la recherche de nouveaux leviers pour limiter la sévérité des réactions allergiques accidentelles. Pour les enfants concernés et leur famille, l’objectif serait notamment de réduire le risque associé aux expositions involontaires. Ces résultats demandent encore à être confirmés par des études de plus grande ampleur avant toute application clinique, mais ils ouvrent une piste sérieuse, celle d'un microbiote qui protège, ou au contraire expose, selon les micro-organismes qu'il abrite. Une découverte prometteuse pour d’éventuels futurs traitements.

 

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Votre check-list de la sécheresse vulvovaginale

Combien de femmes voyez-vous qui pourraient présenter une sécheresse vulvovaginale, une gêne, une irritation, des douleurs pendant les rapports sexuels ou des symptômes urinaires ? À quelle fréquence le sujet est-il abordé spontanément en consultation ou au comptoir de la pharmacie ?

La sécheresse vulvovaginale est fréquente (1 femme sur 5 affectée)1, 2, mais souvent sous-diagnostiquée et rarement abordée. Elle peut survenir à différentes étapes de la vie, pas seulement après la ménopause, et affecter le confort, l’intimité et la qualité de vie. Elle peut être liée à des états de faible imprégnation œstrogénique, mais aussi au post-partum et à l’allaitement, à la contraception hormonale, à certains médicaments, aux traitements anticancéreux, à des affections dermatologiques, neurologiques ou auto-immunes, ainsi qu’à d’autres situations.

≥1 in 5 women La sécheresse vulvovaginale peut survenir à différentes étapes de la vie, pas seulement après la ménopause

Dans le contexte des symptômes liés à la ménopause, le déficit de communication est frappant : dans l’enquête européenne REVIVE, 65 % des femmes symptomatiques attendaient de leur professionnel de santé qu’il engage la conversation, alors que les professionnels de santé n’ont initié la discussion sur les symptômes d’atrophie vulvovaginale que dans 10 % des cas où le sujet a été abordé.3

65% vs 10% un déficit de communication

C’est précisément pour combler ce déficit que la check-list de la sécheresse vulvovaginale a été développée :

afin d’aider les professionnels de santé à questionner, identifier, expliquer et orienter la prise en charge en toute confiance.

Le Dr Clarence de Belilovsky, le Dr Isabelle Dehaene, le Dr Brigitte Letombe, la Pr Rossella E. Nappi et le Biocodex Microbiota Institute ont créé une check-list pratique dédiée à la sécheresse vulvovaginale.

Cet outil aide les professionnels de santé à :
  • identifier la sécheresse vulvovaginale et les symptômes associés ;
  • distinguer les symptômes vulvaires des symptômes vaginaux ;
  • aborder le confort sexuel et l’intimité avec des formulations adaptées et respectueuses ;
  • repérer les signes d’alerte et les diagnostics différentiels ;
  • comprendre le rôle des œstrogènes, des modifications tissulaires et du microbiote vaginal ;
  • orienter la prise en charge générale et le suivi ;
  • aider les pharmaciens à engager la conversation et à orienter la patiente si nécessaire.

Télécharger la check-list de la sécheresse vulvovaginale

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Les effets bénéfiques, et parfois paradoxaux, du miso

Le meilleur ambassadeur culinaire du Japon est peut-être la soupe miso, qui a fait découvrir à l’Occident une cinquième saveur : l’umami. Désormais consommé partout dans le monde, ce totem culinaire dorloterait notre microbiote grâce à la pâte de soja fermentée qu’il contient. Explications sur la recette de ses bienfaits, parfois paradoxaux. 

Le microbiote intestinal
The beneficial—and sometimes paradoxical—effects of miso

Le miso est un condiment traditionnel japonais et l’un des emblèmes de la saveur umami1, considérée comme la cinquième saveur fondamentale, avec le sucré, le salé, l’acide et l’amer. Au pays du soleil levant, il est principalement utilisé comme base pour la célèbre soupe éponyme1. Depuis les années 1970, il a gagné l’Occident où il est utilisé comme un condiment polyvalent2. 

La production du miso

La production du miso est passée de 700 000 tonnes en 1980 à 426 000 tonnes en 2013, soit une diminution d'environ 40 %. Toutefois, cette tendance semble commencer à s'inverser, la production annuelle ayant atteint 482 000 tonnes en 2019. 
Source: Allwood, 20212. 

Qu'est-ce que le miso ? 

Le miso est une pâte de soja fermentée, produite en deux étapes1,2 : 

  • la préparation du koji : un premier substrat (généralement du riz, de l'orge ou du soja) est ensemencé avec un champignon microscopique filamenteux, le plus souvent Aspergillus oryzae, pour produire ce qu'on appelle le "koji". 
  • la fermentation finale : le koji est ensuite mélangé à une purée de soja cuit et à du sel. Ce mélange fermente une seconde fois grâce à des levures et des bactéries (dont des bactéries lactiques). Cette étape peut durer de quelques semaines à trois ans. 

Il existe quatre catégories principales de miso selon les ingrédients : le miso de riz (80 % de la production au Japon), le miso d'orge, le miso de soja et le miso mixte1,2. Leur saveur (plus ou moins douce ou salée) et leur couleur (blanche, rouge ou noire) dépendent des ingrédients utilisés, de la proportion de koji et de la durée de fermentation1,2. 

Des effets santé liés au soja 

Le miso, dont l’ingrédient principal est le soja, en conserve les bénéfices nutritionnels. Le soja est riche en protéines (deux fois plus que la plupart des autres légumineuses) de bonne qualité, car il contient les neuf acides aminés essentiels3,4. Le soja est également riche en fibres, qui nourrissent nos bactéries intestinales, et en minéraux. Le miso contient aussi des isoflavones, des molécules végétales qui peuvent se fixer aux récepteurs des œstrogènes humains. On parle parfois de phyto-œstrogènes. 

D’où des inquiétudes5 : ces composés pourraient-ils influencer certains cancers hormonodépendants, la fertilité ou le développement hormonal ? Si ces questions étaient légitimes, la recherche se veut aujourd’hui absolument rassurante : les études ne montrent pas d’augmentation du risque, et suggèrent même un potentiel effet protecteur sur les cancers6, notamment chez les femmes7,8.

Dernier point à garder en tête : le miso, comme tout produit issu du soja, contient plusieurs protéines allergènes9. Bien que la fermentation réduise considérablement ce potentiel allergène en décomposant les protéines complexes, le risque subsiste pour les individus hautement sensibles9. 

Il n’existe pas d'aliment miracle, seulement des alimentations équilibrées. 

Une fermentation qui booste les bénéfices 

La double fermentation du miso transforme le soja en un aliment plus digestible et plus riche en composés bioactifs3,9,10. Par exemple, la fermentation améliore la digestibilité des protéines su soja : elle les découpe en plus petites molécules plus faciles à absorber3. Elle augmente également la bioactivité des fameuses isoflavones, qu’elle transforme en une forme de phyto-œstrogènes plus biodisponible et active pour l'organisme, avec à la clé de potentiels effets bénéfiques sur la santé :

  • protection contre certains cancers,
  • amélioration du profil lipidique,
  • et effets sur la santé cardiovasculaire, même si ces résultats restent fragiles3,10–12. 

Par ailleurs, les autorités sanitaires nationales se montrent parfois prudentes : ces composés ayant une activité oestrogénique, de potentiels effets toxiques pour le système reproducteur pourraient survenir lors d’une consommation trop élevée, en particulier chez les femmes enceintes, en âge de procréer et chez les enfants prépubères13. 
Le miso est naturellement riche en micro-organismes divers et variés, dont le trio Aspergillus oryzae issu du koji), la levure Zygosaccharomyces rouxii et la bactérie Tetragenococcus halophilus1,2,14. Cette communauté va enrichir le microbiote intestinal15, favorisant sa diversité et sa stabilité, boostant certaines bactéries bénéfiques tout en réduisant certaines bactéries moins favorables. Ce rééquilibrage du microbiote est tel que certains chercheurs évoquent un possible rôle protecteur contre le diabète10,15 : une hypothèse qui doit encore être étayée.  

Enfin, qui dit flore intestinale améliorée dit production de composés par ces bactéries, et notamment une production accrue d' (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) (AGCC)15. Or, ces petites molécules nous veulent du bien : elles nourrissent les cellules de notre côlon, renforcent notre barrière intestinale, participent au bon fonctionnement de notre système immunitaire et pourraient limiter l’inflammation4,9,15.  

Le paradoxe du sel 

L’OMS et les campagnes de santé publique le rappellent régulièrement : il faut réduire la consommation de sel. Or le miso représente l'une des principales sources de sel dans l'alimentation quotidienne de la population japonaise. Pourtant, de façon paradoxale, cette spécialité japonaise ne semble pas avoir les mêmes effets délétères que le sel pur : sa consommation semble sans effet sur la pression artérielle2,16,17. Elle pourrait même réduire la fréquence cardiaque16 et augmenter l’excrétion de sel via les urines18 ! 
Comment expliquer ce surprenant résultat ? Peut-être par la richesse du soja et de la soupe miso (légumes, poisson…) en potassium qui neutraliserait les effet hypertenseurs du sel1. Car pour certains experts, ce n’est pas tant la richesse en sodium qui compte que le rapport entre sodium (du sel) et potassium1,2,19. 

1 à 2 g de sel

Une portion traditionnelle (classique) de soupe miso contient généralement 1 à 2 g de sel.
Source: Kondo, 201916. 

Ainsi, grâce à sa double fermentation, le miso devient un aliment plus digestible et riche en composés intéressants sur le plan nutritionnel. Consommé avec modération – des consommations quotidiennes élevées de 1 à 5 bols/jour semblent aller de pair avec des risques accrus de cancer de l’estomac chez les hommes7 – il pourrait contribuer à certains effets bénéfiques pour la santé, malgré sa teneur en sel. 

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Sources

1. Kusumoto KI, Yamagata Y, Tazawa R, et al. Japanese Traditional Miso and Koji Making. J Fungi. 2021;7(7):579. 

2. Allwood JG, Wakeling LT, Bean DC. Fermentation and the microbial community of Japanese koji and miso: A review. J Food Sci. 2021;86(6):2194-2207. 

3. do Prado FG, Pagnoncelli MGB, de Melo Pereira GV, Karp SG, Soccol CR. Fermented Soy Products and Their Potential Health Benefits: A Review. Microorganisms. 2022;10(8):1606. 

4. Belobrajdic DP, James-Martin G, Jones D, Tran CD. Soy and Gastrointestinal Health: A Review. Nutrients. 2023;15(8):1959. 

5. Messina M, Barnes S, Setchell KD. Perspective: Isoflavones—Intriguing Molecules but Much Remains to Be Learned about These Soybean Constituents. Adv Nutr. 2025;16(5):100418. 

6. Wang C, Ding K, Xie X, et al. Soy Product Consumption and the Risk of Cancer: A Systematic Review and Meta-Analysis of Observational Studies. Nutrients. 2024;16(7):986. 

7. Li N, Wu X, Zhuang W, et al. Soy and Isoflavone Consumption and Multiple Health Outcomes: Umbrella Review of Systematic Reviews and Meta-Analyses of Observational Studies and Randomized Trials in Humans. Mol Nutr Food Res. 2020;64(4):1900751.

8. Yamamoto S, Sobue T, Kobayashi M, Sasaki S, Tsugane S, For the Japan Public Health Center-Based Prospective Study on Cancer Cardiovascular Diseases (JPHC Study) Group. Soy, Isoflavones, and Breast Cancer Risk in Japan. JNCI J Natl Cancer Inst. 2003;95(12):906-913.

9. Harahap IA, Suliburska J, Karaca AC, Capanoglu E, Esatbeyoglu T. Fermented soy products: A review of bioactives for health from fermentation to functionality. Compr Rev Food Sci Food Saf. 2025;24(1):e70080.

10. Jayachandran M, Xu B. An insight into the health benefits of fermented soy products. Food Chem. 2019;271:362-371. 

11. Papagianni O, Delli E, Vasila ME, et al. The Acute Effect of a Novel Miso-Type Sauce, Enhanced with a Carotenoid-Rich Extract from Fruit By-Products, on Postprandial Biomarkers of Oxidative Stress and Inflammation. Nutrients. 2022;14(6):1316. 

12. Papagianni OI, Dimou C, Koutelidakis AE. Biofunctional Miso-Type Sauce Enhanced with Biocarotenoids: How Does Its Habitual Consumption Affect Lipidemic, Glycemic, and Oxidative Stress Markers? A Pilot Cross-Over Clinical Study. Appl Sci. 2025;15(11):5962. 

13. AVIS de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif à l’élaboration de VTR long terme par voie orale pour les isoflavones, ANSES, 2025. 

14. Dimidi E, Cox SR, Rossi M, Whelan K. Fermented Foods: Definitions and Characteristics, Impact on the Gut Microbiota and Effects on Gastrointestinal Health and Disease. Nutrients. 2019;11(8):1806. 

15. Hashimoto Y, Hamaguchi M, Fukui M. Fermented soybean foods and diabetes. J Diabetes Investig. 2023;14(12):1329-1340. 

16. Ito K, Miyata K, Mohri M, Origuchi H, Yamamoto H. The Effects of the Habitual Consumption of Miso Soup on the Blood Pressure and Heart Rate of Japanese Adults: A Cross-sectional Study of a Health Examination. Intern Med. 2017;56(1):23-29. 

17. Kondo H, Sakuyama Tomari H, Yamakawa S, et al. Long-term intake of miso soup decreases nighttime blood pressure in subjects with high-normal blood pressure or stage I hypertension. Hypertens Res. 2019;42(11):1757-1767.

18. Takahashi F, Hashimoto Y, Kaji A, et al. Association of Estimated Salt and Miso Intake with the Prevalence of Obesity in People with Type 2 Diabetes: A Cross-Sectional Study. Nutrients. 2021;13(9):3014.  

19. Watanabe H. Beneficial Biological Effects of Miso with Reference to Radiation Injury, Cancer and Hypertension. J Toxicol Pathol. 2013;26(2):91-103. 

 

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Le kimchi, un cocktail de fibres et de bactéries bénéfiques

Le kimchi, c’est comme la K-Pop : impossible d’y couper lors d’un passage en Corée. Ce plat cultissime à base de chou fermenté se déguste presque à chaque repas, partout dans le pays. Et il est au centre de nombreuses recherches pour ses effets potentiels sur le microbiote et la santé. 

Le microbiote intestinal
Kimchi: a blend of fiber and beneficial bacteria

Le kimchi est un accompagnement traditionnel coréen, généralement réalisé à base de chou voire de radis, selon les recettes1–3. 
Historiquement, il était fabriqué en hiver par lacto-fermentation des légumes, permettant ainsi leur conservation sur de longues périodes4 : le chou est trempé dans de la saumure (un mélange d’eau et de sel) pendant plusieurs semaines, durant lesquelles se multiplient des bactéries lactiques ; en produisant de l'acide lactique, elles donnent au kimchi son goût acidulé tout en assurant sa conservation5. 
Une recette au goût prononcé qui rappelle celle de la choucroute en Europe, un chou fermenté salé, même si la variété de chou et les épices diffèrent6. Le kimchi fait tellement partie intégrante de la culture coréenne que la tradition nationale du Kimjang, qui consiste à préparer collectivement le kimchi en grande quantité pour l'hiver, a été inscrite en 2013 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l’Unesco.  

Tout savoir sur le kimchi

Le mot « kimchi » proviendrait du terme ancien « chimchae », d’origine chinoise, qui signifie littéralement « légumes salés ».
Source : Park, 20142.

42% 
En 2019, 42 % des ménages coréens préparaient encore leur propre kimchi.
Source : Cha, 20244.

1,78 MT 
Les Coréens ont consommé au total 1,78 million de tonnes de kimchi en 2020. 
Source : Cha, 20244.

22 
Le 22 novembre est officiellement le « Kimchi Day ». Instituée en 2020, cette journée vise à soutenir le développement de la filière du kimchi, à préserver et promouvoir la culture du kimchi, ainsi qu'à sensibiliser le public à sa valeur nutritionnelle et à son importance. 
Source : Kim, 20237. 

1500 
Selon le Samguk sagi, la chronique des Trois Royaumes de Corée, le kimchi était déjà consommé il y a environ 1 500 ans. 
Source : Cha, 20244.

N°1 
En 2020, le kimchi de chou était l'aliment le plus fréquemment consommé par les Coréens, représentant 55% des consommations alimentaires, devançant même le riz, pourtant aliment de base de la cuisine coréenne.
Source : Cha, 20244.
 

Chou + fermentation = une assiette de bienfaits 

Puisque préparé à partir de chou, le kimchi est pauvre en calories (18 kcal/100g) et riche en fibres bénéfiques. Il contient également divers composés typiques des brassicassées (la grande famille regroupant les choux, navets, radis, ou encore la moutarde), dont les bénéfices santé pourraient être à la hauteur de la barbarie des noms de ces composés2,4. 
Le kimchi apporte également plusieurs vitamines - notamment les vitamines A, C, B1 et B2 et des minéraux - le calcium, le potassium, le fer et le phosphore2,4. 
Les bénéfices de ce plat coréen s’expliqueraient aussi par la fermentation du chou6 : comparé à du chou frais, le kimchi (chou fermenté) réduirait la pression artérielle, la masse grasse, la glycémie à jeun et le cholestérol total… même si ces résultats sont à prendre avec précautions car l’essai n’a été mené qu’auprès de 22 personnes8. 
La fermentation enrichit également le kimchi en bactéries lactiques vivantes - notamment les genres Lactobacillus, Leuconostoc et Weissella - et en précieux métabolites qu’elles fabriquent2,4,5,7.
Par exemple, la consommation de kimchi irait de pair avec, dans nos intestins, davantage de bactéries réputées pour leur production de petits (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) , des molécules reconnues pour leurs effets bénéfiques sur la santé intestinale et notre métabolisme… et avec une réduction de bactéries bien moins sympathiques, comme Clostridium et Escherichia coli9. 
Plus de bactéries bénéfiques, moins de bactéries potentiellement délétères : le kimchi semble être un allié du microbiote intestinal ! 

Légumes fermentés : de bonnes raisons de les mettre au menu

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Prudence sur les effets… et les doses ! 

Du fait de cette composition nutritionnelle prometteuse, quelques chercheurs ont tenté de mesurer les liens entre la consommation de kimchi et des pathologies aussi variées que l’obésité, le cancer, la dermatite atopique, le syndrome de l’intestin irritable, et même les effets de cette consommation sur la santé cardiovasculaire et la beauté de la peau3,6,7,10–14… 
Quelques études existent mais elles demeurent rares, souvent limitées à la population asiatique. Bref, prudence donc dans l’interprétation des résultats, qui demeurent fragiles et dans tous les cas modestes en termes d’effets d’observés ! 

Il n’existe pas d'aliment miracle, seulement des alimentations équilibrées. 

Par exemple, concernant l’obésité, quelques travaux semblent indiquer un potentiel effet bénéfique. Une étude qui a suivi 115 726 Coréens montre qu’une consommation modérée de kimchi de 1 à 3 portions par jour (classique en Corée, moins en Occident !) va de pair avec une moindre prévalence de l'obésité, notamment chez les hommes. Mais attention, cela ne signifie pas qu’il existe une relation de cause à effet : les adeptes de kimchi sont peut-être aussi les Coréens qui ont une meilleure hygiène de vie en général1. 
Néanmoins, un autre essai, cette fois avec 3 g quotidiens de kimchi en poudre (versus un placebo) semble conforter cet effet bénéfique pour la ligne15. Pondérons aussi cette « découverte » : une consommation accrue de légumes est depuis longtemps associée à une meilleure gestion du poids… . 
Bien entendu, comme toujours en nutrition, attention aux excès : au-delà d'un certain niveau de consommation, les bénéfices semblent diminuer, car le kimchi, du fait de sa recette, contient beaucoup de sel, délétère pour la tension artérielle et facteur de risque du cancer gastrique1,2,16. 

Chez les adultes de plus de 19 ans, la consommation de kimchi apporte en moyenne 500,1 mg de sodium par jour, soit environ 15,1 % de l'apport quotidien total en sodium.
Source : Jung, 20241.

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Sources

1. Jung H, Yun YR, Hong SW, Shin S. Association between kimchi consumption and obesity based on BMI and abdominal obesity in Korean adults: a cross-sectional analysis of the Health Examinees study. BMJ Open. 2024;14(2):e076650. 

2. Park KY, Jeong JK, Lee YE, DailyIII JW. Health Benefits of Kimchi (Korean Fermented Vegetables) as a Probiotic Food. Journal of Medicinal Food. 2014;17(1):6-20. 

3. Song E, Ang L, Lee HW, et al. Effects of kimchi on human health: a scoping review of randomized controlled trials. J Ethn Food. 2023;10(1):7. 

4. Cha J, Kim YB, Park SE, et al. Does kimchi deserve the status of a probiotic food? Critical Reviews in Food Science and Nutrition. 2024;64(19):6512-6525.

5. Bemis DH, Camphausen CE, Liu E, et al. Nutrient Availability and Pathogen Clearance Impact Microbiome Composition in a Gnotobiotic Kimchi Model. Foods. 2025;14(11):1948.

6. Fijan S, Fijan P, Wei L, Marco ML. Health Benefits of Kimchi, Sauerkraut, and Other Fermented Foods of the Genus Brassica. Applied Microbiology. 2024;4(3):1165-1176.

7. Kim HJ, Kwon MS, Hwang H, et al. A Review of the Health Benefits of Kimchi Functional Compounds and Metabolites. Microbiol Biotechnol Lett. 2023;51(4):353-373. 

8. Kim EK, An SY, Lee MS, et al. Fermented kimchi reduces body weight and improves metabolic parameters in overweight and obese patients. Nutrition Research. 2011;31(6):436-443.

9. Kim HY, Park KY. Clinical trials of kimchi intakes on the regulation of metabolic parameters and colon health in healthy Korean young adults. Journal of Functional Foods. 2018;47:325-333.

10. Ahn S, Darooghegi Mofrad M, Nosal BM, Chun OK, Joung H. Effects of Fermented Kimchi Consumption on Anthropometric and Blood Cardiometabolic Indicators: A Systematic Review and Meta-Analysis of Intervention Studies and Prospective Cohort Studies. Nutr Rev. 2025;83(7):e1441-e1457. 

11. Kim HY, Park ES, Choi YS, et al. Kimchi improves irritable bowel syndrome: results of a randomized, double-blind placebo-controlled study. Food & Nutrition Research. Published online May 23, 2022.

12. Cha J, Ko SH, Shin D. Causal effect of kimchi intake on HDL-cholesterol levels in middle aged Korean men: a two-sample Mendelian randomization analysis. Genes Nutr. 2025;20:23.

13. Choi IH, Noh JS, Han JS, Kim HJ, Han ES, Song YO. Kimchi, a Fermented Vegetable, Improves Serum Lipid Profiles in Healthy Young Adults: Randomized Clinical Trial. Journal of Medicinal Food. 2013;16(3):223-229. 

14. Erdoğan F, Toprak K. Kimchi: a traditional fermented food with emerging health implications: Kimchi: ortaya çikan sağlik etkileriyle geleneksel bir fermente gida. Journal of Advanced Studies in Health Science and Obesity. 2026;2(2):1-18. 

15. Lee W, Kwon MS, Yun YR, et al. Effects of kimchi consumption on body fat and intestinal microbiota in overweight participants: A randomized, double-blind, placebo-controlled, single-center clinical trial. Journal of Functional Foods. 2024;121:106401.

16. Yang JY, Kim KE, Cho SJ, Hur C. Kimchi friend or foe: preserving cultural foods developed pre-refrigeration. Preventive Medicine Reports. 2026;61:103357. 

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Kombucha : promesses marketing ou scientifiques ?

Madonna, Kourtney Kardashian, Halle Berry… Le tout Hollywood ne jure que par lui. Le kombucha est la boisson star du moment et fait des émules sur tous les continents. Zoom sur un thé fermenté, auquel on prête de (trop ?) nombreux bienfaits. 

Le microbiote intestinal
Kombucha: marketing hype or scientific claims?

Le kombucha est une préparation fermentée à base de thé, non alcoolisée ou faiblement alcoolisée, qui serait apparue en Chine en 220 avant J.-C1. Elle est préparée à l'aide d’un mélange de bactéries et de levures, qui forment une « mère » (comme pour la préparation du vinaigre) que l'on ajoute à une solution sucrée à base de thé. Les célébrités, influenceurs et as du marketing s’en sont récemment emparés, la rendant populaire dans les pays occidentaux où on lui prête mille vertus1,2.
Mais que dit réellement la science ? Quels sont les effets santé réellement démontrés? Les discours des influenceurs et les promesses santé de certaines étiquettes sont-elles justifiées ? 

5 milliards de dollars

Le marché mondial du kombucha était évalué à environ 5 milliards de dollars en 2025 et continue de croître.
Source : Andrade et al.1

Pourquoi un tel engouement ? 

La science a montré que notre alimentation influence fortement la composition et le fonctionnement de notre microbiote intestinal, avec des répercussions potentielles sur le fonctionnement de notre corps et notre santé2. Conséquence directe : tous les aliments fermentés suscitent un intérêt croissant en raison de leurs composés bioactifs et de leurs potentiels bénéfices.
Le kombucha n’échappe pas à cette règle. Doté en outre de diverses saveurs particulièrement acidulées et étonnantes, il bénéficie du folklore le définissant comme un « thé de l’immortalité »1. Le souci : les influenceurs et marketeurs sont peut-être allés un peu vite en besogne. Car les résultats des études sont loin d’être tranchés. 

La recette du kombucha : une coopération entre levures et bactéries

La fabrication du kombucha débute par la préparation d’un thé sucré : une infusion de thé noir, vert ou oolong est additionnée de sucre de table (saccharose). Une fois cette infusion refroidie, un mélange de bactéries et levures, appelé SCOBY* ou « mère » de kombucha, lui est ajouté.
Ce disque gélatineux et épais qui flotte à la surface du thé est une véritable petite "usine vivante" dans laquelle les levures et les bactéries travaillent en équipe :  

  • les levures découpent le saccharose de la préparation en petits sucres (du fructose et du glucose), dont certains sont transformés en alcool et en dioxyde de carbone (d’où les petites bulles de la boisson) ;
  • les bactéries convertissent ensuite le glucose et l’éthanol, produits par les levures, en divers acides organiques (acides lactique, gluconique et acétique), ce qui abaisse le pH et donne sa saveur acidulée à la boisson.

Pour varier les plaisirs, des fruits, des herbes ou des épices peuvent être ajoutés. 
Source : Andrade et al.1
*SCOBY : acronyme anglais de Symbiotic Culture of Bacteria and Yeast (culture symbiotique de bactéries et de levures). 

Des résultats encore fragiles chez l’Homme 

Certes, quelques études menées sur des modèles animaux suggèrent qu’une consommation de  ce thé fermenté pourrait conférer des bénéfices santé2 : sont ainsi évoqués des effets anti-hyperglycémiques (qui limitent les néfastes pics de  glycémie), anti-oxydants (qui protègent les cellules de l’oxydation) et anti-inflammatoires, ainsi que des modifications du microbiote intestinal (augmentation des lactobacilles) associées à une amélioration de la santé métabolique. Mais ce sont des résultats obtenus chez des animaux, pas chez l’humain. 

Et chez l’humain ? Les études d’intervention avec du kombucha sont rares, de petite taille et donc peu robustes. Quelques essais suggèrent : 

  • un effet bénéfique sur la glycémie : moindre élévation du taux de  glucose sanguin après le repas chez des sujets sains3, diminution de la glycémie chez des diabètiques4. Néanmoins, un autre essai ne retrouve pas de modifications de ces paramètres, ni d’ailleurs des marqueurs inflammatoires2; 
  • un effet bénéfique sur le microbiote intestinal des personnes de poids normal2,5 et des personnes obèses5, avec des effets plus marqués dans le groupe de personnes obèses5;
  • une amélioration des symptômes intestinaux chez des personnes en surpoids (kombucha de thé vert associé à un régime sain hypocalorique)6, et de la constipation chez des personnes atteintes du syndrome de l’intestin irritable (boisson boosté en fibres et vitamines)7. 

Syndrome de l'intestin irritable et microbiote : existe-t-il un lien ?

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Au final, que peut-on en retenir ? En 2025, une équipe a justement tenté de recenser tous les résultats publiés à date, soit 8 essais cliniques8. Verdict ? Le kombucha pourrait avoir des effets bénéfiques modestes sur la santé digestive et sur le microbiote chez certaines personnes, ainsi que sur quelques marqueurs biologiques. Toutefois, les résultats sont très hétérogènes et les effectifs faibles, ce qui ne permet pas de conclure de manière solide à des bénéfices cliniques avérés. Prudence donc… 

Il n'existe pas d'aliment miracle, seulement des alimentations équilibrées. 

Quels pourraient être les mécanismes ? 

Si les effets sur la santé venaient à être confirmés, par quels mécanismes pourrait-il agir ? D’un côté, l’infusion de thé apporte des molécules potentiellement bénéfiques, dépendant du produit utilisé : le thé vert s’avère par exemple riche en catéchines8, molécules qui réduisent le stress oxydatif. En parallèle, du fait de son mode de préparation, le kombucha est source de bactéries (notamment des bactéries acétiques et lactiques) et de levures2,8. Or ces microorganismes sont capables de fabriquer une grande diversité de métabolites avec de potentiels effets sur notre santé2,8 :

  • des composés phénoliques,
  • des acides organiques,
  • des vitamines, etc.  


Et ce n’est pas tout. La consommation de ce thé fermenté pourrait aller de pair avec un enrichissement de notre flore intestinale en bactéries productrices d (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. )  (AGCC) comme le butyrate, l'acétate et le propionate2,8. Ces petits acides gras, capables de se glisser dans notre circulation sanguine, sont jugés particulièrement bénéfiques pour notre barrière intestinale, notre métabolisme et notre immunité8. 
Parmi les espèces productrices d’AGCC, une semble spécifiquement associée au kombucha : Weizmannia coagulans (anciennement appelée Bacillus coagulans), qui coloniserait, au moins transitoirement, l'intestin des consommateurs2. D'autres bactéries impliquées cette fois dans le métabolisme des polyphénols, telles qu’Ellagibacter isourolithinifaciens, seraient également davantage présentes2. 
Mais encore une fois, il ne s’agit que de premiers résultats reposant sur des travaux encore très fragiles.  

Quelques mises en garde 

Le kombucha est généralement considéré comme une boisson sans risque. Néanmoins, la variabilité dans la composition microbienne des préparations réalisés « maison », les conditions d’hygiène adoptées et les risques de contamination associés constituent un point de vigilance primordial. De rares études de cas isolés ont rapporté des événements indésirables suite à une consommation quotidienne prolongée : des nausées, vomissements ou des céphalées9. En outre, la production d’éthanol au cours de la fermentation n’est pas négligeable. D’où, dans le doute, un appel à la prudence chez les femmes enceintes, les jeunes enfants, les personnes immunodéprimées ou avec insuffisance rénale9. 

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Sources

1. Andrade DKA, Wang B, Lima EMF, et al. Kombucha: An Old Tradition into a New Concept of a Beneficial, Health-Promoting Beverage. Foods. 2025;14(9):1547. 

2. Ecklu-Mensah G, Miller R, Maseng MG, et al. Modulating the human gut microbiome and health markers through kombucha consumption: a controlled clinical study. Sci Rep. 2024;14(1):31647. 

3. Atkinson FS, Cohen M, Lau K, Brand-Miller JC. Glycemic index and insulin index after a standard carbohydrate meal consumed with live kombucha: A randomised, placebo-controlled, crossover trial. Front Nutr. 2023;10. 

4. Mendelson C, Sparkes S, Merenstein DJ, et al. Kombucha tea as an anti-hyperglycemic agent in humans with diabetes – a randomized controlled pilot investigation. Front Nutr. 2023;10. 

5. Costa MA de C, da Silva Duarte V, Fraiz GM, et al. Regular Consumption of Black Tea Kombucha Modulates the Gut Microbiota in Individuals with and without Obesity. J Nutr. 2025;155(5):1331-1349. 

6. Fraiz GM, Bonifácio DB, Lacerda UV, et al. The Impact of Green Tea Kombucha on the Intestinal Health, Gut Microbiota, and Serum Metabolome of Individuals with Excess Body Weight in a Weight Loss Intervention: A Randomized Controlled Trial. Foods. 2024;13(22):3635. 

7. Federal Research Centre of Nutrition, Biotechnology and Food Safety, Moscow, Pilipenko VI, Isakov VA, et al. Efficacy of newly developed kombucha-based specialized food product for treatment of constipation-predominant irritable bowel syndrome. Probl Nutr. 2022;91(5):95-104. 

8. Fraiz GM, Bonifácio DB, de Paulo RS, et al. Benefits of Kombucha Consumption: A Systematic Review of Clinical Trials Focused on Microbiota and Metabolic Health. Fermentation. 2025;11(6):353. 

9. Anantachoke N, Duangrat R, Sutthiphatkul T, Ochaikul D, Mangmool S. Kombucha Beverages Produced from Fruits, Vegetables, and Plants: A Review on Their Pharmacological Activities and Health Benefits. Foods. 2023;12(9):1818. 

 

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Kéfir : un allié naturel de votre microbiote ?

Légèrement pétillant, acidulé et naturellement riche en micro-organismes vivants, le kéfir séduit de plus en plus d'amateurs d'aliments fermentés. Derrière son goût unique se cache une boisson traditionnelle consommée depuis des siècles, aujourd'hui étudiée pour ses effets potentiels sur le microbiote intestinal. Digestion, immunité, performances sportives, santé bucco-dentaire… que dit réellement la science ?

Le microbiote intestinal
Kefir: a natural ally for our gut microbiota?

Boisson fermentée originaire des régions du Caucase, d’Europe de l’Est et des Balkans et consommée depuis des siècles, le kéfir revient aujourd’hui sur le devant de la scène. A base d’eau ou de lait, il se prépare grâce à des « grains » de kéfir : de petits amas blancs ou translucides dans lesquels vivent ensemble des bactéries lactiques, des bactéries acétiques et des levures au sein d’une matrice de polysaccharides et de protéines.
Ce petit monde microscopique transforme le lait ou l’eau sucrée en une boisson acidulée, légèrement pétillante, riche en composés issus de la fermentation, qui participent à l’intérêt nutritionnel de cette boisson.

Il existe deux grandes familles :

  • le kéfir de lait, le plus étudié,
  • et le kéfir d’eau, généralement préparé avec de l’eau sucrée, parfois des fruits secs ou du citron.

Leur composition varie beaucoup selon les grains utilisés, le type de lait ou de sucre, la température, le temps de fermentation et les conditions de conservation. C’est justement cette richesse microbienne qui fait tout l’intérêt du kéfir : il pourrait agir sur notre microbiote, et à travers lui, sur plusieurs fonctions clés de l’organisme, de la digestion à l’immunité, comme d’autres aliments fermentés tels que le kombucha1,2,3,4.

Le kéfir est-il vraiment bon pour la santé intestinale ?

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Le kéfir « nourrit »- il vraiment notre microbiote intestinal ?

Le kéfir est souvent présenté comme un « aliment fonctionnel », c’est-à-dire un aliment susceptible d’apporter des effets au-delà de sa valeur nutritionnelle de base. Les études menées chez l’humain sur cette boisson suggèrent des effets prometteurs sur le microbiote intestinal, la digestion, certains marqueurs de l’inflammation, le métabolisme et l’immunité. Son principal terrain d’action serait le microbiote intestinal. En apportant des microorganismes vivants (ayant un effet probiotique) et des composés produits pendant la fermentation, le kéfir pourrait favoriser un microbiote plus diversifié et plus actif. Certaines études montrent notamment une augmentation de bactéries impliquées dans la production d’ (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) , des molécules précieuses pour la barrière intestinale et le dialogue entre microbiote, immunité et métabolisme1,2,5. 

Mais prudence : tous les kéfirs ne se ressemblent pas, et les études utilisent des doses, des durées et des recettes très différentes. Le kéfir est donc prometteur, mais il ne faut pas encore lui prêter des pouvoirs universels, ni attribuer les mêmes bienfaits à tous les produits. 

Le saviez-vous ? Les grains de kéfir ne sont pas des céréales !

Malgré leur nom, les "grains" de kéfir sont de petits amas de micro-organismes vivants maintenus ensemble par une matrice naturelle appelée kefiran6. Véritable écosystème miniature, chaque grain peut contenir plusieurs dizaines d'espèces de bactéries et de levures qui travaillent ensemble pendant la fermentation7. Cette richesse explique pourquoi deux kéfirs préparés différemment n'ont jamais exactement la même composition.

 

Le kéfir, bénéfique pour notre microbiote buccal ? 

Notre bouche possède aussi son microbiote. Lorsqu’il est déséquilibré, certaines bactéries peuvent favoriser les caries, l’érosion de l’émail et les maladies des gencives. De premiers travaux de recherche suggèrent que le kéfir pourrait contribuer à un environnement buccal plus équilibré, notamment en limitant certaines bactéries impliquées dans la formation des caries, comme Streptococcus mutans. Bien sûr, le kéfir ne remplace évidemment ni le brossage, ni le fluor, ni le suivi dentaire. Son intérêt potentiel serait plutôt celui d’un aliment fermenté pouvant accompagner une bonne hygiène bucco-dentaire. À condition de choisir un kéfir peu sucré, notamment lorsque le produit est préparé avec de l’eau sucrée et des fruits8,9.

Le kéfir agit-il sur l’axe intestin-cerveau ? 

Comme d’autres aliments fermentés, le kéfir intéresse les chercheurs pour ses effets possibles sur l’axe intestin-cerveau, cette communication permanente entre notre microbiote, notre système immunitaire et notre cerveau. En modifiant certaines bactéries intestinales et en favorisant la production de métabolites comme les acides gras à chaîne courte, il pourrait contribuer à un environnement moins inflammatoire, potentiellement favorable au bon fonctionnement cognitif.

Des études explorent notamment son intérêt dans la maladie d’Alzheimer, avec des résultats encourageants sur l’inflammation, le stress oxydatif ou certains mécanismes liés à l’accumulation toxique de protéines dans le cerveau. Mais ces travaux restent encore très préliminaires, souvent menés sur des modèles animaux ou expérimentaux et ne permettent pas encore de conclure à des bienfaits directs chez l’humain.

Le kéfir de lait apporte aussi des nutriments utiles au fonctionnement normal du système nerveux, comme certaines vitamines du groupe B telles que la choline et l’acide folique. Mais ces travaux restent préliminaires et, même si cette boisson fermentée reste intéressante dans une alimentation variée, d’autres recherches seront nécessaires avant d’envisager le kéfir comme un traitement complémentaire pour les maladies d'Alzheimer et de Parkinson10,11,12,13 . 

Le kéfir, véritable « coach » des sportifs ?   

Côté sport, le kéfir de lait a également quelques arguments à défendre. Qu’il soit de vache, de bufflonne, d'ânesse ou de brebis, la fermentation peut modifier la teneur en protéines du lait, l’enrichir en peptides bioactifs et renforcer certaines propriétés antioxydantes. Chez les sportifs, les premières données sont encourageantes. 
Une étude menée chez des footballeuses professionnelles suggère qu’une consommation quotidienne de kéfir (200 mL par jour) pourrait moduler le microbiote intestinal – notamment avec une hausse des bactéries
Akkermansia muciniphila et Faecalibacterium prausnitzii, souvent associées à la production d’acides gras à chaîne courte et à des effets anti-inflammatoires – et être associée à de meilleurs indicateurs de performance sportive. Des études chez la souris montrent aussi un effet potentiel sur la fatigue après l’effort.
Même si les preuves restent encore limitées, le kéfir peut être un bon allié dans une alimentation équilibrée contenant d’autres aliments fermentés, des fruits et des légumes, ainsi que des boissons non sucrées14,15,16.

Une bactérie intestinale pourrait-elle remplacer un abonnement à une salle de sport ?

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Le kéfir coche beaucoup de cases : une histoire alimentaire ancienne, une grande richesse microbienne, des composés issus de la fermentation, une possible action sur le microbiote intestinal et oral. Il apparaît comme une option prometteuse pour favoriser certains marqueurs métaboliques, immunitaires, cognitifs ou sportifs, mais nombre de ces résultats nécessitent d’être confirmés chez l’humain. Le bon réflexe ? Le consommer comme un aliment fermenté intéressant, peu sucré et en quantité raisonnable – par exemple 100 à 200 mL par jour pour commencer.

En clair, le kéfir n’est pas un élixir miracle. Mais intégré à une alimentation variée, avec du sommeil, de l’activité physique et une bonne hygiène de vie, il peut devenir un allié simple et naturel de votre microbiote !

Il n'existe pas d'aliment miracle, seulement des alimentations équilibrées. 

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Sources

1. Sabina Fijan, Petra Povalej Bržan, Maja Šikić Pogačar, Petra Klanjšek. Kefir Consumption and Health Effects Based on Human Clinical Trials: An Overview of Literature. Healthcare (Basel). 2026 Mar 4;14(5):652.

2. Yejin Choi, Gi Beom Keum, Juyoun Kang, Hyunok Doo, Jinok Kwak, Haram Kim, Yeongjae Chae, Suyoung Lee, Hyunjin Yang, Sheena Kim, Xingmin Sun, Hyeun Bum Kim, Soo Jin Yoo. Evaluation of kefir consumption on gut microbial diversity in a healthy young population using full-length 16S rRNA sequencing. Front Microbiol. 2025 May 21;16:1587831. 

3. Marta Calatayud, Rosa Aragao Börner, Jonas Ghyselinck, Lynn Verstrepen, Jelle De Medts, Pieter Van den Abbeele, Claire L Boulangé, Sarah Priour, Massimo Marzorati, Sami Damak. Water Kefir and Derived Pasteurized Beverages Modulate Gut Microbiota, Intestinal Permeability and Cytokine Production In Vitro. Nutrients. 2021 Oct 29;13(11):3897. 

4. Nor Farahin Azizi, Muganti Rajah Kumar, Swee Keong Yeap, Janna Ong Abdullah, Melati Khalid, Abdul Rahman Omar, Mohd Azuraidi Osman, Sharifah Alawieyah Syed Mortadza, Noorjahan Banu Alitheen. Kefir and Its Biological Activities. Foods. 2021 May 27;10(6):1210. 

5. Mel R, Al Khafaji AH, Muthusamy S, et al. Changes in gut microbiota composition following water kefir consumption in healthy adults. Sci Rep 2026;16:16006. 

6. Azizi, N. F., Kumar, M. R., Yeap, S. K., Abdullah, J. O., Khalid, M., Omar, A. R., Osman, M. A., Mortadza, S. A. S., & Alitheen, N. B. Kefir and Its Biological Activities. Foods, (2021) 10(6), 1210. 

7. Bourrie BCT, Willing BP and Cotter PD. The Microbiota and Health Promoting Characteristics of the Fermented Beverage Kefir. Front. Microbiol. (2016) 7:647. doi: 10.3389/fmicb.2016.00647

8. Anna González-Rascón, Elda Georgina Chávez-Cortéz, Angélica Hurtado-Camarena, Nicolás Serafín-Higuera, Sandra Castillo-Uribe, Víctor Manuel Martínez-Aguilar, Bertha Arelly Carrillo-Ávila, Viviana Pitones-Rubio. Evaluating the Impact of Kefir Consumption on Dental Caries and Periodontal Disease: A Narrative Review. Dent J (Basel). 2025 Feb 18;13(2):86. 

9. Eleni Grace Black, Andrea Bugarcic, Romy Lauche, Emad El-Omar, Fatima El-Assaad. The Effects of Kefir on the Human Oral and Gut Microbiome. Nutrients. 2025 Dec 11;17(24):3861. 

10. Yuri Castelo Branco Tanure, Ana Clara Morais Mafra, Bruna Luiza Motta Guimarães, Rafael Coelho Magalhãe, Catherine Fagundez, Israel Júnior Borges do Nascimento, Julio Cesar Moreira Brito. Potential benefits of kefir and its compounds on Alzheimer's disease: A systematic review. Brain Behav Immun Integr . 2025 Apr:10:100115.

11. Matheus H Silva, Letícia L Batista, Serena M Malta, Ana C C Santos, Ana P Mendes-Silva, Ana M Bonetti, Carlos Ueira-Vieira, Anderson R dos Santos. Unveiling the Brazilian kefir microbiome: discovery of a novel Lactobacillus kefiranofaciens (LkefirU) genome and in silico prospection of bioactive peptides with potential anti-Alzheimer properties. BMC Genomics. 2024 Sep 20;25:884. 

12. Ellen J Gates, Anna K Bernath, Andis Klegeris. Modifying the diet and gut microbiota to prevent and manage neurodegenerative diseases. Rev Neurosci. 2022 Mar 21;33(7):767-787. Print 2022 Oct 26.

13. Letícia Leandro Batista, Serena Mares Malta, Heitor Cappato Guerra Silva, Luiza Diniz Ferreira Borges, Lays Oliveira Rocha, Jéssica Regina da Silva, Tamiris Sabrina Rodrigues, Gabriela Venturini, Kallyandra Padilha, Alexandre da Costa Pereira, Foued Salmen Espindola, Carlos Ueira-Vieira. Kefir metabolites in a fly model for Alzheimer’s disease. Sci Rep. 2021 May 27;11:11262. 

14. Ece Öneş, Mutlucan Zavotçu, Nida Nisan, Murat Baş, Duygu Sağlam. Effects of Kefir Consumption on Gut Microbiota and Athletic Performance in Professional Female Soccer Players: A Randomized Controlled Trial. Nutrients. 2025 Jan 30;17(3):512. 

15. Chiara La Torre, Paolino Caputo, Erika Cione, Alessia Fazio. Comparing Nutritional Values and Bioactivity of Kefir from Different Types of Animal Milk. Molecules. 2024 Jun 6;29(11):2710. 

16. Yi-Ju Hsu, Wen-Ching Huang, Jin-Seng Lin, Yi-Ming Chen, Shang-Tse Ho, Chi-Chang Huang, Yu-Tang Tung. Kefir Supplementation Modifies Gut Microbiota Composition, Reduces Physical Fatigue, and Improves Exercise Performance in Mice ; Nutrients . 2018 Jul 4;10(7):862. 

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Yaourts, les grands alliés de votre microbiote intestinal

Vous êtes plutôt yaourt, fromage blanc ou skyr ? Ces spécialités laitières ont un point commun : elles chouchoutent notre microbiote. Fabriquées à grande échelle depuis près d’un siècle, elles font partie intégrante de notre alimentation quotidienne et œuvrent à nous maintenir en bonne santé via notre microbiote et notre digestion.

Le microbiote intestinal

Même si les laits fermentés existent depuis des millénaires – comme en témoignent des traces de fermentation lactique retrouvées dans des poteries allant de 8000 à 7000 avant J.-C. – il faut attendre le début du XXème siècle pour que Stamen Grigorov et Elie Metchnikoff identifient une bactérie essentielle à la fabrication du yaourt1.

Aujourd’hui, les termes yoghourt et yaourt désignent un même produit : un lait fermenté obtenu grâce à l’action conjointe de deux bactéries:

  • Streptococcus thermophilus
  • Lactobacillus bulgaricus

Ces ferments lactiques agissent en symbiose et sont indispensables à la fabrication du yaourt via la fermentation du lait. Au lait de vache ou de brebis, nature ou aromatisé, brassé ou enrichi en crème… Alors que les recettes, l’orthographe, la texture et la prononciation diffèrent, tous feraient référence au verbe turc « yoğurmak », qui signifie épaissir, cailler. Seul le skyr se distingue : originaire de Norvège et d’Islande, il s’agit d’un yaourt égoutté, élaboré à partir de lait écrémé, avec une texture plus dense. Très pauvre en matières grasses et particulièrement riche en protéines – environ deux fois plus qu’un yaourt classique – il présente un profil nutritionnel particulièrement intéressant2.

Au-delà de leurs différences, l’ensemble de ces yaourts partagent des atouts nutritionnels qui méritent d’être explorés plus en détail, pour mieux en comprendre les bénéfices sur la santé, la digestion et le microbiote.

Quels aliments pour un microbiote équilibré ?

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Ils rendent nos intestins plus inclusifs

Premier atout du yaourt : il remodèle la population de micro-organismes présents dans nos intestins. Car le Streptococcus thermophilus et le Lactobacillus bulgaricus sont des probiotiques qui contribuent à maintenir l’équilibre et la diversité de la flore intestinale3,4. Or cette diversité va de pair avec un microbiote sain et performant, gage d’une bonne digestion et d’une meilleure immunité.

Des aliments fermentés… mais pas toujours « probiotiques » !

Pour être considérés comme probiotiques, les aliments fermentés doivent contenir des micro-organismes vivants, précisément identifiées (jusqu’à la souche exacte !) et être présents en quantité suffisante. Surtout, l’effet bénéfique sur la santé de ces micro-organismes doit être prouvé scientifiquement par des études cliniques… Mais certains produits peuvent afficher « contient des probiotiques », comme c’est le cas pour le yaourt et ses deux bactéries phares !

L’innocuité et la sécurité des souches sont garanties dans ce type d’aliment industrialisé, de même que la viabilité des souches tout au long de la durée de vie du yaourt.

Ils nous protègent des petits rhumes

Grâce aux probiotiques qu’ils contiennent, les yaourts pourraient soutenir les défenses immunitaires de l’intestin. Leurs bactéries aident à maintenir l’équilibre du microbiote, freinent certains microbes indésirables et renforcent la muqueuse intestinale. Certaines études suggèrent aussi une meilleure régulation de la réponse immunitaire et une réduction de certaines infections digestives, mais ces effets varient selon le produit consommé, les souches qu’il contient, et les individus5,6.
Ainsi, une consommation régulière pourrait contribuer à réduire le risque d’infections gastro-intestinales… et même de petits rhumes chez les personnes âgées ! Une étude a effectivement démontré que consommer 90 g de yaourt de façon quotidienne active les défenses immunitaires et protège des infections7!

Ils font la révolution contre le diabète

Les scientifiques observent depuis quelques années qu’une consommation régulière de produits laitiers, en particulier de yaourts natures (principalement au lait de vache, avec 80 à 125 g par jour), est associée à un risque plus faible de diabète de type 2. Un mal qui touche aujourd’hui 11% de la population mondiale, selon la Fédération Internationale du Diabète. Cet effet protecteur pourrait passer par l’intermédiaire du microbiote, que les yaourts soient riches ou pauvres en matières grasses8,9.


Ils donnent la chasse aux kilos en trop

De même, la consommation régulière de yaourt est associée à une moindre prise de poids sur le long terme, par rapport à des personnes qui n’en consomment pas10. Cet effet s’expliquerait en partie par sa richesse en protéines, qui favorisent la satiété et aident à mieux réguler l’appétit11.
Le yaourt apporte aussi du calcium, issu du lait, qui pourrait jouer un rôle métabolique : certaines données suggèrent qu’il contribue à moduler le microbiote intestinal et à renforcer la barrière intestinale, limitant ainsi les phénomènes inflammatoires impliqués dans l’obésité12.
Enfin, des résultats issus de l’étude PREDIMED indiquent qu’une consommation quotidienne est également associée à une réduction de l’obésité abdominale, renforçant l’idée d’un effet favorable sur la composition corporelle13.

Ils luttent contre l’opposant lactose

Le yaourt est aussi le camarade obligé des victimes d’intolérance au lactose contenu dans le lait de vache. Lorsque le lait fermente, la bactérie Lactobacillus bulgaricus transforme en effet le lactose en acide lactique, beaucoup plus facile à digérer. Cela rééquilibre le pH de l’intestin et diminue les symptômes de troubles digestifs que sont la constipation, les ballonnements et les diarrhées, sources de douleurs abdominales14,15. Mangez-en sans modération, votre transit vous dira « merci » !


Ils maintiennent notre cœur en bonne santé

Le yaourt possède une autre carte maîtresse dans son jeu : il protège notre système cardiovasculaire sur le long terme. Les scientifiques ont ainsi découvert que le risque de développer une hypertension artérielle serait réduit de 10 à 20% chez ceux qui en consomment un à deux par jour16. Ils formulent la même hypothèse en matière d’infarctus du myocarde et de risque de décès par accident vasculaire cérébral, avec les yaourts au lait entier17,18.

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Ils nous font faire de vieux os

La consommation quotidienne de yaourt est associée à des os plus solides,  grâce à une densité osseuse plus élevée (+3 à 4%) et à un risque réduit d’ostéoporose (jusqu’à -39% chez les femmes et -52% chez les hommes)19. Ces bénéfices semblent liés à ses apports en calcium et protéines, et peut-être aussi à son impact sur le microbiote intestinal20,21.


Ils nous rapprochent de l’immortalité ?

Et si le yaourt prolongeait notre espérance de vie ? L’étude d’une femme ayant vécu jusqu’à 117 ans a révélé un microbiote intestinal étonnamment « jeune », associé à une bonne santé globale. Sa consommation régulière de yaourt pourrait avoir contribué à la présence de bactéries bénéfiques comme Bifidobacterium22.

Plus largement, les recherches montrent que le microbiote joue un rôle important dans le vieillissement, en influençant l’immunité, l’inflammation et la santé globale23. Mais ces résultats restent exploratoires et ne permettent pas d’établir un effet direct du yaourt sur la longévité… Une bonne excuse pour en reprendre un, au cas où la science nous réserve encore quelques surprises !

Il n'existe pas d'aliment miracle, seulement des alimentations équilibrées. 

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Sources

1. Hiol, Anne, and Patrick Veiga. “From the Laboratory to the Plate: How Gut Microbiome Science Is Reshaping Our Diet.” The Journal of Nutrition, vol. 155, no. 11, Nov. 2025, pp. 3595–3605. 

2. Ajmera, Rachael. “Why Skyr Is Nutritious and Super Healthy.” Healthline, 11 Mar. 2017.

3. Le Roy, Caroline Ivanne, et al. “Correction to: Yoghurt Consumption Is Associated with Changes in the Composition of the Human Gut Microbiome and Metabolome.” BMC Microbiology, vol. 22, no. 1, 2022, p. 66.

4. Ma, Guangyu, et al. “Effect of Probiotic Administration during Pregnancy on the Functional Diversity of the Gut Microbiota in Healthy Pregnant Women.” Microbiology Spectrum, vol. 12, no. 6, 2024, e00413-24. 

5. Leeuwendaal, Noortje K., et al. “Fermented Foods, Health and the Gut Microbiome.” Nutrients, vol. 14, no. 7, 2022, p. 1527.

6. Marco, Maria L., et al. “Health Benefits of Fermented Foods: Microbiota and Beyond.” Current Opinion in Biotechnology, vol. 44, 2017, pp. 94–102.

7. Makino, Seiya, et al. “Reducing the Risk of Infection in the Elderly by Dietary Intake of Yoghurt Fermented with Lactobacillus delbrueckii ssp. bulgaricus OLL1073R-1.” British Journal of Nutrition, vol. 104, no. 7, 2010, pp. 998–1006.

8. Chen, Mu, et al. “Dairy Consumption and Risk of Type 2 Diabetes: 3 Cohorts of US Adults and an Updated Meta-Analysis.” BMC Medicine, vol. 12, no. 1, 2014, p. 215. 

9. Aune, Dagfinn, et al. “Dairy Products and the Risk of Type 2 Diabetes: A Systematic Review and Dose-Response Meta-Analysis of Cohort Studies.” The American Journal of Clinical Nutrition, vol. 98, no. 4, 2013, pp. 1066–1083. 

10. Sayon-Orea, Carmen, et al. “Associations between Yogurt Consumption and Weight Gain and Risk of Obesity and Metabolic Syndrome: A Systematic Review.” *Advances in Nutrition*, vol. 8, no. 1, 2017, pp. 146S–154S.

11. Tremblay, Angelo, and Shirin Panahi. “Yogurt Consumption as a Signature of a Healthy Diet and Lifestyle.” The Journal of Nutrition, vol. 147, no. 7, 2017, pp. 1476S–1480S. 

12. Gomes, J. M. G., et al. “Could the Beneficial Effects of Dietary Calcium on Obesity and Diabetes Control Be Mediated by Changes in Intestinal Microbiota and Integrity?” British Journal of Nutrition, vol. 114, no. 11, 2015, pp. 1756–1765. 

13. Santiago, S., et al. “Yogurt Consumption and Abdominal Obesity Reversion in the PREDIMED Study.” Nutrition, Metabolism and Cardiovascular Diseases, vol. 26, no. 6, 2016, pp. 468–475. 

14. Ibrahim, Salam A., et al. “Fermented Foods and Probiotics: An Approach to Lactose Intolerance.” Journal of Dairy Research, vol. 88, no. 3, 2021, pp. 357–365.

15. Savaiano, Dennis A. “Lactose Digestion from Yogurt: Mechanism and Relevance.” The American Journal of Clinical Nutrition, vol. 99, no. 5, 2014, pp. 1251S–1255S.

16. Buendia, Justin R., et al. “Long-Term Yogurt Consumption and Risk of Incident Hypertension in Adults.” Journal of Hypertension, vol. 36, no. 8, 2018, pp. 1671–1679. 

17. Warensjö, Eva, et al. “Biomarkers of Milk Fat and the Risk of Myocardial Infarction in Men and Women: A Prospective, Matched Case-Control Study.” The American Journal of Clinical Nutrition, vol. 92, no. 1, 2010, pp. 194–202. 

18. Goldbohm, R. Alexandra, et al. “Dairy Consumption and 10-Year Total and Cardiovascular Mortality: A Prospective Cohort Study in the Netherlands.” The American Journal of Clinical Nutrition, vol. 93, no. 3, 2011, pp. 615–627. 

19. Laird, E., et al. “Greater Yogurt Consumption Is Associated with Increased Bone Mineral Density and Physical Function in Older Adults.” Osteoporosis International, vol. 28, no. 8, 2017, pp. 2409–2419. 

20. Orwoll, Eric S., et al. “Analysis of the Associations between the Human Fecal Microbiome and Bone Density, Structure and Strength: The MrOS Cohort.” Journal of Bone and Mineral Research, vol. 37, no. 4, 2022, pp. 597–607.

21. Wang, Jihan, et al. “Diversity Analysis of Gut Microbiota in Osteoporosis and Osteopenia Patients.” PeerJ, vol. 5, 2017, e3450. 

22. Santos-Pujol, E., et al. “The Multiomics Blueprint of the Individual with the Most Extreme Lifespan.” Cell Reports Medicine, vol. 6, no. 10, 2025, 102368. 

23. Kadyan, S., et al. “Microbiome-Based Therapeutics towards Healthier Aging and Longevity.” Genome Medicine, vol. 17, no. 1, 2025, p. 75.

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Microbiotes et fertilité : une piste à explorer

Les bactéries qui vivent dans le vagin, l’utérus, les intestins et le sperme jouent un rôle clé dans la fertilité. De quoi envisager de nouvelles solutions, comme les probiotiques, pour améliorer les chances de réussite de la PMA ?

Le microbiote vaginal Le microbiote intestinal
The Hidden Connection: How Your Microbiome Impacts Fertility

L'infertilité touche environ 1 couple sur 10. Mais une découverte1 pourrait leur redonner espoir : les minuscules bactéries qui vivent dans notre corps joueraient un rôle clé dans notre capacité à concevoir. Ces communautés interagissent avec notre système immunitaire, nos hormones et notre métabolisme.

12 L’infertilité est généralement définie comme l’incapacité d’un couple en âge de procréer à obtenir une grossesse après 12 mois de rapports sexuels réguliers non protégés¹.

8-12% L’infertilité concerne environ 8 à 12 % des couples dans le monde, ce qui en fait un enjeu majeur de santé reproductive¹.

Chez les femmes et les hommes : une question d’équilibre

Chez la femme, un microbiote vaginal en bonne santé est dominé par des bonnes bactéries appelées Lactobacillus, notamment l'espèce L. crispatus. Ces alliées de notre santé intime maintiennent un environnement acide, limitent l'inflammation et favorisent la réceptivité de l'utérus à la grossesse.
Quand cet équilibre se rompt (dysbiose vaginale), certaines bactéries associées à un déséquilibre deviennent plus abondantes : le pH vaginal grimpe, l’inflammation s’installe et la mobilité des spermatozoïdes peut être perturbée, tout comme l'implantation de l'embryon et la tolérance immunitaire entre la mère et le fœtus.

L'utérus possèderait lui aussi son propre microbiote. La présence de bonnes bactéries dans
l’endomètre améliorerait les taux de grossesse, tandis que certains pathogènes les réduiraient. Mais ces données restent débattues, car les échantillons sont difficiles à analyser et exposés au risque de contamination.

Chez l’homme, le sperme abrite également son propre microbiote. Quand les bonnes bactéries dominent, elles produisent moins de composés inflammatoires et protègent l'ADN du sperme. À l'inverse, certaines bactéries pathogènes augmenteraient l'inflammation et ralentiraient la mobilité des spermatozoïdes. Cependant, les études sur ce lien restent encore limitées et nécessitent davantage de recherche.

L'intestin, chef d'orchestre caché ?

Le microbiote intestinal influencerait aussi la fertilité à travers l'immunité, les hormones et le métabolisme. Chez les femmes atteintes du syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (anciennement appelé syndrome des ovaires polykystiques), un déséquilibre du microbiote intestinal semble favoriser l'inflammation, la résistance à l'insuline et les perturbations hormonales. Autre exemple: l'endométriose, maladie qui s'accompagne d’une dysbiose intestinale qui pourrait aussi perturber le métabolisme des œstrogènes, favoriser l’inflammation et contribuer à la croissance des lésions, avec un possible impact sur la capacité de l'embryon à s'implanter dans l'utérus.

Syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (anciennement appelé syndrome des ovaires polykystiques)

Le syndrome des ovaires polykystiques a été renommé syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP) en mai 2026. C’est une maladie liée à un dérèglement hormonal et métabolique qui touche 1 femme sur 8.
La plupart des symptômes du SMOP apparaissent précocement, dès la puberté :

  • production excessive de testostérone qui se traduit notamment par une hyperpilosité chez 70 % des femmes atteintes ; 
  • de l’acné et une chute des cheveux ;
  • troubles de l’ovulation ;
  • ovaires polykystiques.

Le déséquilibre hormonal persistant entraîne la formation de multiples petits follicules ainsi que des cycles menstruels irréguliers, pouvant finalement provoquer une infertilité chez les femmes2.

Comment restaurer l'équilibre ?

De manière préventive, il convient de réduire toutes les pratiques à risque pour votre microbiote vaginal ou séminal et votre microbiote intestinal. En cas d'infection bactérienne confirmée (vaginose…), votre médecin pourra, si nécessaire, prescrire un traitement adapté.
Des approches visant à moduler le microbiote, comme les probiotiques, pour rétablir l'équilibre, sont également à l'étude, mais leurs effets sur les chances de grossesse restent encore incertains. Quant aux transplantations de microbiote, elles sont encore réservées à la recherche clinique. 
À l'avenir, l'analyse du microbiote pourrait contribuer à mieux personnaliser la prise en charge des couples ayant recours à la PMA. Cette approche est encore en cours d'évaluation et nécessite des preuves scientifiques plus solides avant d'être proposée en pratique courante.

Les pratiques à risque pour votre microbiote vaginal

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Sources

1.Du B, Yang Y, He L, Tang Y. Microbiota and infertility: a translational review of mechanisms and clinical applications in assisted reproduction. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol. 2026 Feb 20;318:114941. doi: 10.1016/j.ejogrb.2026.114941.

2.Teede HJ, Khomami MB, Morman R et al. Global Name Change Consortium. Polyendocrine metabolic ovarian syndrome, the new name for polycystic ovary syndrome: a multistep global consensus process. Lancet. 2026 Jun 6;407(10545):2329-2339. doi: 10.1016/S0140-6736(26)00717-8. 

 

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Impact des microbiotes sur la santé reproductive

La composition du microbiote vaginal, intestinal et séminal pourrait jouer un rôle clé dans le succès des parcours de procréation médicalement assistée. Au point que ces écosystèmes microbiens représentent une piste émergente pour améliorer les chances de réussite.

Impact of microbiota on reproductive health

L’infertilité, qu’elle soit masculine ou féminine, constitue un enjeu majeur de santé mondiale, touchant 8 à 12 % de la population. Or, la recherche1 sur les microbiotes offre de nouvelles perspectives pour comprendre la santé reproductive, révélant des communautés microbiennes interagissant avec l’hôte sur les plans métabolique, immunitaire et endocrinien.

8-12% L’infertilité concerne environ 8 à 12 % des couples dans le monde, ce qui en fait un enjeu majeur de santé reproductive¹.

12 L’infertilité est généralement définie comme l’incapacité d’un couple en âge de procréer à obtenir une grossesse après 12 mois de rapports sexuels réguliers non protégés¹.

Rôle clé des microbiotes des systèmes reproducteurs

Chez la femme, un vagin dominé par des Lactobacillus (notamment L. crispatus) va de pair avec un pH acide, une moindre inflammation et un endomètre favorable à la nidification. La dysbiose vaginale est associée à un pH plus élevé, la production de métabolites pro-inflammatoires et altèreration de la motilité spermatique, l’implantation et la tolérance immunitaire materno-fœtale. L’endomètre abriterait également un microbiote, de faible biomasse : la présence de Lactobacillus est associée à de meilleurs résultats (conception, implantation, grossesse clinique ou naissances viables), tandis que Atopobium ou Gardnerella sont plus associés aux échecs.

Chez l’homme, le microbiote séminal influence la qualité du sperme : Lactobacillus est associé à une moindre production de composés oxydatifs et une meilleure intégrité de l’ADN spermatique, tandis que Prevotella ou Streptococcus sont associée à une inflammation et une motilité altérée. Cependant, les liens entre microbiote séminal et infertilité masculine restent fragiles (cohortes limitées, variabilités interindividuelles…).

Le microbiote intestinal également impliqué

Le microbiote intestinal pourrait également influencer la fertilité via des voies immunitaires, endocriniennes et métaboliques. Par exemple, dans le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (anciennement appelé syndrome des ovaires polykystiques), la dysbiose intestinale (perte de diversité, hausse de Escherichia, baisse de Lactobacillus) semble favoriser inflammation, résistance à l’insuline et déséquilibres hormonaux via la translocation de lipopolysaccharides (LPS) à travers la paroi intestinale et la perturbation des enzymes intestinales.

Syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (anciennement appelé syndrome des ovaires polykystiques)

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), qui touche une femme sur huit, a été rebaptisé syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP) en mai 2026. Ce changement de nom vise à mieux refléter la nature endocrinienne, métabolique et ovarienne de cette maladie multisystémique, en supprimant une référence trompeuse aux « ovaires polykystiques », source de retards diagnostiques et de stigmatisation2.

Quels mécanismes, quelles interventions ?

Les microbiotes vaginal, utérin, intestinal et séminal réguleraient la fertilité via des mécanismes immuno-inflammatoire, endocrino-métabolique et un effet barrière.
Différentes voies sont investiguées pour optimiser le microbiote avant une PMA :

  • les antibiotiques traitent efficacement les infections avérées (endométrite chronique, vaginose), et certaines études rapportent une amélioration des taux de grossesse clinique après antibiothérapie doublant parfois les taux de grossesse en FIV, mais ils réduisent les bénéfiques Lactobacillus ;
  • les probiotiques (oraux ou intravaginaux) restaurent partiellement l’équilibre microbien, avec des résultats variables sur la grossesse ;
  • les thérapies émergentes (transplantation fécale ou vaginale) sont prometteuses mais expérimentales, et nécessitent des essais cliniques rigoureux.

Ainsi, un profilage du microbiote dans les protocoles de PMA pourrait affiner la stratification des patientes et orienter des thérapies adjuvantes de précision, mais nécessitent, avant toute mise en œuvre, des preuves causales plus solides, des biomarqueurs validés et des cadres méthodologiques harmonisés.

Sources

1.Du B, Yang Y, He L, Tang Y. Microbiota and infertility: a translational review of mechanisms and clinical applications in assisted reproduction. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol. 2026 Feb 20;318:114941. doi: 10.1016/j.ejogrb.2026.114941.

2.Teede HJ, Khomami MB, Morman R et al. Global Name Change Consortium. Polyendocrine metabolic ovarian syndrome, the new name for polycystic ovary syndrome: a multistep global consensus process. Lancet. 2026 Jun 6;407(10545):2329-2339. doi: 10.1016/S0140-6736(26)00717-8.

 

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Cancer colorectal : et si les bactéries de la tumeur permettaient de prédire l'évolution de la maladie ?

Les bactéries présentes directement dans la tumeur pourraient prédire l'évolution du cancer colorectal. C'est ce que suggère une grande étude internationale publiée fin 2025, dans un cancer qui touche près de 48 000 personnes chaque année en France.

Le microbiote intestinal
Colorectal cancer: could bacteria within tumors predict  disease progression?

Un cancer répandu chez les plus de 50 ans

Le cancer colorectal touche le côlon ou le rectum. Il représente la 2e cause de décès par cancer dans le monde selon l'OMS1.

47 582 En France, 47 582 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2023 — dans 95 % des cas après 50 ans, avec 55 % d'hommes et 45 % de femmes².

La maladie résulte d'une transformation anormale de cellules colorectales qui se multiplient de façon incontrôlée.
Parmi les facteurs connus :

  • l'âge,
  • les antécédents familiaux,
  • certaines maladies inflammatoires de l'intestin.

Mais un facteur commence à attirer l'attention des chercheurs : les bactéries présentes directement dans les tissus tumoraux.

Les sous-types de cancer colorectal

Le cancer colorectal ne forme pas un groupe homogène. Les scientifiques ont établi une classification en 4 sous-types moléculaires (CMS1 à CMS4), qui se distinguent par:

  • leurs caractéristiques biologiques,
  • leur comportement,
  • et leur réponse aux traitements4.

Cette classification aide les médecins à mieux adapter la prise en charge à chaque patient.

CMS1
  • Tumeurs très mutées,
  • forte réaction immunitaire,
  • souvent localisées à droite du côlon.

Dans l'étude, les tumeurs CMS1 présentent un enrichissement en plusieurs sous-espèces de Fusobacterium et en bactéries d'origine orale par rapport aux autres sous-types.

CMS2

Le plus fréquent.
C'est dans ce sous-type que la présence du module génétique pks et l’abondance des Enterobacteriaceae sont associées à un moins bon pronostic.

CMS3

Tumeurs avec des anomalies métaboliques spécifiques.

CMS4

Sous-type de moins bon pronostic général, avec un risque de propagation plus élevé. Dans l'étude, la présence de certaines sous-espèces de Fusobacterium est associée à un moins bon pronostic dans ce sous-type.

Des bactéries au cœur de la tumeur

On sait depuis longtemps que notre intestin abrite des milliards de micro-organismes — le microbiote intestinal — qui jouent un rôle clé dans notre système immunitaire et notre santé globale.

Le microbiote intestinal : l'allié de notre système immunitaire

En savoir plus

Une étude3 publiée dans Nature Communications en décembre 2025, menée sur 937 patients suédois, révèle que des bactéries sont également présentes directement dans les tissus tumoraux, auprès des cellules cancéreuses colorectales.

Grâce à une technique de séquençage avancée, les chercheurs ont identifié 361 espèces bactériennes dans les tumeurs et les tissus adjacents, dont:

  • plusieurs genres de la famille des Enterobacteriaceae (notamment E. coli),
  • plusieurs genres au sein du phylum des Firmicutes,
  • ainsi que les genres Fusobacterium, Akkermansia et Treponema.

Certains profils microbiens semblent liés à une évolution moins favorable de la maladie : par exemple, des souches d'E. coli pks+ ont été retrouvées dans 17,4 % des tumeurs analysées. Ces bactéries portent un module génétique — le pks — qui leur permet de produire une toxine, la colibactine, s'attaquant directement à l'ADN des cellules du côlon.

Le côlon : un organe clé

Le côlon est la partie terminale de l'intestin. Il mesure environ 1,5 mètre et se divise en plusieurs segments :

  • côlon droit,
  • côlon gauche
  • et rectum.

C'est dans ses parois que se développe le cancer colorectal — et c'est aussi là que réside le microbiote intestinal, ces milliards de bactéries qui jouent un rôle essentiel dans notre santé.

Les chercheurs ont également observé que certaines bactéries présentes dans les tumeurs semblent interagir avec le système immunitaire local en activant des voies inflammatoires — un mécanisme connu pour favoriser la progression tumorale.
Ces associations ont été observées de façon cohérente dans plusieurs cohortes de patients, ce qui renforce la solidité des résultats.

Des résultats prometteurs

Sur la base de ces observations, les chercheurs ont construit un score de risque fondé sur la composition bactérienne des tumeurs.
Ce score permet 
d'estimer l'évolution probable de la maladie chez un patient, en complément des outils diagnostiques actuels et ce, indépendamment :

  • de l'âge,
  • du stade du cancer
  • ou des caractéristiques génétiques de la tumeur.

À terme, le profil bactérien d'une tumeur colorectale pourrait devenir un outil d'aide au pronostic et au suivi des patients, et ouvrir la voie à de nouvelles approches thérapeutiques ciblant le système immunitaire et le microbiote.
Ces résultats, encore associatifs, appellent des études complémentaires pour en confirmer les mécanismes. 

Sources

1. PAHO-Bilan mondial du cancer.
2. Ameli-Cancer colorectal.
3. Shi Z. et al. Tissue-resident microbiota impacts colorectal cancer progression and prognosis. Nature Communications, 2026, 17:346. https://doi.org/10.1038/s41467-025-67047-2.
4. Guinney J. et al. The consensus molecular subtypes of colorectal cancer. Nature Medicine, 2015, 21(11), 1350–1356. https://doi.org/10.1038/nm.3967.

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