Les amandes, un vrai coup de pouce pour le microbiote quand on mange mal

Un moyen ultrasimple d’améliorer son hygiène de vie : manger quotidiennement des amandes. En collation, ces oléagineux pourraient avoir une influence très positive sur la flore intestinale et la santé globale quand on a une alimentation déséquilibrée, selon une nouvelle étude.

Le microbiote intestinal L'alimentation

Vous vous souciez de votre santé, mais avez du mal à adopter une alimentation saine ? Vous avez des kilos à perdre, mais êtes sujet aux fringales ? Essayez de remplacer vos barres de céréales, biscuits et autres snacks gras, sucrés et salés par des amandes. Une étude menée par des chercheurs américains de la Florida State University 1 laisse penser que que votre microbiote intestinal aurait beaucoup à y gagner, et votre santé aussi !

Contrebalancer les effets de la malbouffe

Les personnes qui ont une alimentation occidentale souffrent souvent de ddysbiose, et le surpoids entraîne généralement des déséquilibres intestinaux. Pour savoir si des amandes pourraient permettre de redresser la barre, les scientifiques ont recruté 15 adultes en surpoids ou souffrant d’obésité qu’ils ont répartis en deux groupes :

  • Le premier a suivi un régime américain « typique » (riche en graisses, glucides, viande, produits transformés…) ; 
  • Le second a suivi le même régime, mais complété de 42,5 g d’amandes par jour (deux petites poignées soit une trentaine d’amandes). 

Au bout des 4 semaines, tous les participants ont repris une alimentation normale durant 15 jours, puis ils ont interverti les régimes pour 4 semaines encore.

Les chercheurs ont prélevé des échantillons de selles et de sang pour analyser l’évolution de la composition du microbiote intestinal et des métabolites bactériens, ainsi que divers marqueurs de santé.

Un microbiote plus favorable à la santé

Les résultats montrent que le fait de grignoter des amandes enrichit le microbiote intestinal en bactéries bénéfiques et supprime les microorganismes pathogènes. Et ces modifications sont corrélées à des améliorations nettes de certains marqueurs de santé.

Ainsi, en soutenant la prolifération de Faecalibacterium prausnitzii, une bactérie bénéfique bien connue qui produit du butyrate (un acide gras à chaine courte, (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) ), les amandes pourraient renforcer la barrière intestinale, diminuer l’inflammation et favoriser la santé cardiovasculaire.  

En diminuant au contraire l’abondance de bactéries pathogènes, comme Ruminococcus torques, ces oléagineux pourraient entraîner une réorganisation favorable à la santé de la niche écologique du microbiote.

Les amandes ralentiraient le vieillissement cellulaire.

Deux grosses poignées d’amandes (60 g par jour) protégeraient les cellules contre les dommages oxydatifs tout en renforçant les défenses antioxydantes de l’organisme. C’est ce qu’affirment des scientifiques qui ont compilé les résultats de 8 essais cliniques menés sur les effets antioxydants des amandes. Une condition pour bénéficier pleinement de ces effets : les manger « natures », c’est-à-dire avec la peau, non grillées et non salées.

Un effet probable sur le poids et la satiété

La consommation d’amandes pourrait par ailleurs entraîner une diminution de certains composés biliaires toxiques associés à des maladies intestinales, notamment au cancer du côlon, et une augmentation des taux de « corps cétoniques ».

Les corps cétoniques sont des molécules issues de la digestion de graisses corporelles. Leur augmentation lors de l’expérimentation serait liée à l’effet satiétogène des amandes qui pousserait l’organisme à davantage utiliser ses réserves de graisses comme source d’énergie.

La consommation d’amandes était enfin associée à une augmentation des taux de deux hormones, GLP-1 et YY, impliquées dans le contrôle de la faim, la sensibilité à l’insuline et le contrôle de la glycémie après le repas.

Pour les chercheurs, « la consommation quotidienne d’amandes en collation contribue non seulement à maintenir l’homéostasie intestinale, mais peut également modifier l’état métabolique et améliorer la santé métabolique ». 

À garder en tête la prochaine fois que vous ferez vos courses !

Le microbiote intestinal

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Glycanes et microbiote vaginal : un levier contre les naissances prématurées ?

Une étude 1 explorant les interactions entre le microbiote vaginal et les glycanes de l’hôte, révèle comment ces liaisons influencent la colonisation bactérienne et la compétition entre espèces, et avec elles, la santé reproductive des femmes.

Les glycanes, molécules de sucres situées à la surface des cellules et dans les sécrétions humaines (y compris le liquide cervicovaginal), sont spécifiquement reconnus par les anticorps, les (sidenote: Lectines Le terme lectine (du latin choisir) a été inventé par Boyd et Shapeleigh (1954) pour désigner une classe hétérogène de (glyco)protéines, principalement d'origine végétale. Malgré leur large gamme de propriétés physico-chimiques et d'activités biologiques, les lectines partagent une caractéristique commune qui est responsable de leurs diverses activités biologiques, biochimiques et immunochimiques : elles se lient avec une affinité et une spécificité élevées aux mono- et oligosaccharides des glucides complexes (et donc aux glycanes) dans des solutions, sur les surfaces cellulaires, les organites subcellulaires et les sections tissulaires. Source : Vierbuchen, M. (1991). Lectin Receptors. In: Seifert, G. (eds) Cell Receptors. Current Topics in Pathology, vol 83. Springer, Berlin, Heidelberg. https://doi.org/10.1007/978-3-642-75515-6_10 ) et les protéines de liaison des glucides. Au niveau du vagin par exemple, les glycanes de l’hôte modulent la colonisation microbienne, servant à la fois de sites de fixation et d'adhésion et de sources de nutriments.

13,4 millions de nourrissons sont nés prématurément (avant 37 semaines révolues de gestation) en 2020. ²

900 000 À l’origine de près de 900 000 décès en 2019, les complications de la prématurité sont la cause principale de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans. ²

Pour mieux comprendre les interactions entre ces glycanes humains et les principales bactéries vaginales pathogènes impliquées dans la santé reproductive, des chercheurs ont construit des ‘puces’ à glycanes et testé l’adhésion de bactéries in vitro, dans des conditions acides (pH = 4) à neutres (pH = 7) afin de refléter la réalité des gradients de pH vaginal observés chez les femmes.

Un éventail de protéines de liaison aux glycanes

Les résultats montrent que les différentes bactéries testées sont capables de se lier, plus ou moins fortement, à plusieurs types de glycanes. D’ailleurs, selon un précédent travail de l’équipe, les pathogènes semblent dotés d’un répertoire plus large de protéines de fixation à ces glycanes, comparés aux espèces commensales.

Certaines de ces liaisons sont partagées par différentes bactéries : à l’exception de quelques glycanes, les profils de liaison des commensales Lactobacillus crispatus et L. iners et ceux des bactéries potentiellement pathogènes comme Gardnerella vaginalis et Streptococcus agalactiae se chevauchaient… ce qui pourrait refléter une compétition.

En revanche, d’autres liaisons se révèlent très spécifiques : Fusobacterium nucleatum montre une préférence pour les glycanes terminés par du galactose tandis que S. agalactiae est l’une des rares bactéries à se lier à des glycanes terminés par de l’acide hyaluronique.

3/4 Les trois quarts de ces décès pourraient être évités grâce à des interventions courantes et d’un bon rapport coût/efficacité. ²

4 à 16 % En 2020, le taux de naissances prématurées allait de 4 % à 16 % selon les pays. ²

Sous influence du pH

Les auteurs montrent également que la force des liaisons varie selon le pH : à pH acide, majorité des souches se lient plus fortement à nombreux glycanes, à l’exception des chondroïtines non-sulfatées (pas ou peu de liaisons à pH=4) ; à pH neutre, seul F. nucleatum et quelques lactobacilles parviennent à se lier fortement des chondroïtines sulfates.

Ce double jeu de spécificité des liaisons et de force variable selon le pH, dans un contexte de grossesse (le col de l’utérus sécrète davantage d’acide hyaluronique, le placenta s’enrichit de chondroïtines peu sulfatés) pourrait expliquer pourquoi S. agalactiae et F. nucleatum peuvent alors coloniser le tractus génital inférieur et supérieur, où le pH est plus élevé que dans le vagin. D’où un risque d’infections, d’accouchement prématuré et de septicémie néonatale.

A l’inverse, le protecteur L. crispatus, qui concurrence S. agalactiae dans sa fixation au chondroïtine sulfate, pourrait protéger les femmes enceintes.

Vers des thérapies reposant sur les glycanes ?

Ces résultats ouvrent la voie au développement de thérapies reposant sur les glycanes, afin de bloquer l’adhésion des pathogènes ou de favoriser la colonisation par des probiotiques. Avec en ligne de mire, une possible réduction de l’incidence de la vaginose bactérienne, des accouchements prématurés, et des complications néonatales associées.

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PMA et transfert d’embryon : une réussite dépendante des Lactobacilles ?

Un microbiote vaginal dominé par des Lactobacilles, notamment L. crispatus et L. gasseri, accroit les chances de grossesse après un transfert d’embryon. Des bactéries qui pourraient expliquer des disparités ethniques en termes de réussite de PMA.

En procréation médicalement assistée (PMA), les échecs d’implantation embryonnaire restent difficiles à expliquer, sans doute parce qu’ils impliquent divers facteurs. Parmi eux, un microbiote vaginal dominé par des Lactobacillus semble favoriser la réussite des transferts embryonnaires. Néanmoins, les résultats sont parfois contradictoires et l’origine ethnique des femmes rarement prise en compte.

Aussi, une étude prospective d’observation mono-site 1 (Phoenix, USA) a analysé, lors du transfert d’embryons congelés, le microbiote vaginal de 87 Américaines dont 15 femmes d’origine hispanique. Son objectif : mieux comprendre l’impact de la flore vaginale sur les taux de grossesse après transfert d’embryon congelé, en mettant en lumière le rôle protecteur des Lactobacillus, et en tenant compte de la diversité ethnique.

17,5% L'infertilité est fréquente dans le monde entier, avec une prévalence durant la vie estimée à 17,5 %.

Plus de Lactobacillus, plus de grossesses

Sur les 55 patientes qui sont tombées enceintes, les deux tiers (67 % soit 37 femmes) présentaient, au moment de l’insémination, un microbiote dominé par Lactobacillus. Ces femmes avaient 52 % de chances en plus de tomber enceintes, comparativement à celles dont la flore n’était pas sous la coupe des Lactobacilles. Les patientes qui ne sont pas tombées enceintes présentaient davantage de pathogènes opportunistes, notamment des espèces d’Enterobacteriaceae et de Streptococcus.

En revanche, la richesse ou la diversité de la flore vaginale était sans lien avec l’issue de la PMA. Ainsi, le microbiote vaginal semble interagir avec la fertilité féminine et le résultat du transfert d’embryon congelé : les microbiomes vaginaux dominés par Lactobacillus, et notamment ceux où les espèces L. crispatus ou L. gasseri s’imposent, se révèlent positivement associés à la grossesse.

Définition de l'infertilité

Affection du système reproducteur masculin ou féminin définie par l’impossibilité d’aboutir à une grossesse après 12 mois ou plus de rapports sexuels non protégés réguliers. 2

Le saviez-vous ?

Bien que les taux de réussite de la fécondation in vitro (FIV) se soient progressivement améliorés, le taux de naissances viables par prélèvement ovocytaire reste d’environ 41 % chez les femmes de moins de 35 ans et diminue progressivement avec l’âge maternel.

L’explication des disparités ethniques ?

L’étude s’est également penchée sur les disparités ethniques. Les femmes hispaniques, qui représentaient 18,3% des femmes de la cohorte (et de l’ordre de 19 % de la population américaine) présentaient des taux de grossesse clinique plus faibles suite au transfert d’embryon, une tendance également observée à l’échelle nationale.

Or, une plus faible proportion d’entre elles présentait un microbiote vaginal dominé par des Lactobacilles (vs les femmes blanches non hispaniques), une observation déjà rapportée dans de précédentes études. Cette moindre prévalence de la dominance de Lactobacillus chez les femmes hispaniques pourrait-elle en partie expliquer le moindre succès du transfert d’embryon dans cette population ? C’est en tout cas l’hypothèse des chercheurs.

Infertilité : des bactéries et des virus vaginaux co-impliqués

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Naissance prématurée : L. iners sur le banc des accusés

La présence, en début de grossesse, de la bactérie Lactobacillus iners dans le microbiote vaginal, semble aller de pair avec un risque accru de récidive de naissance prématurée. Certaines bactéries du groupe des lactobacilles auraient elles un double visage ?

Le microbiote vaginal

Avec 1,1 millions de décès chaque année, la prématurité est la première cause de décès chez les jeunes enfants de moins de 5 ans. Or, un malheur n’arrivant jamais seul, le risque pour la femme de donner naissance à un autre prématuré est malheureusement élevé, variant de 15 à plus de 50 % : plus la dernière (sidenote: Naissance prématurée Nourrisson né vivant avant 37 semaines de grossesse. Il existe des sous-catégories de naissances prématurées, en fonction de l’âge gestationnel : - La très grande prématurité (moins de 28 semaines) ;
- La grande prématurité (entre la 28e et la 32e semaine) ;
- La prématurité moyenne, voire tardive (entre la 32e et la 37e semaine). https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/preterm-birth
)
est survenue tôt dans sa grossesse, plus le risque de récidive est fort.

4-16% En 2020, le taux de naissances prématurées allait de 4 % à 16 % selon les pays. ¹

N°1 La prématurité est la principale cause de décès chez les enfants âgés de moins de 5 ans. ²

La médecine tente de trouver des parades mais la mauvaise connaissance des causes, sans doute multifactorielles, de ces récidives limite l’efficacité des traitements proposés ( (sidenote: Progestérone Hormone sexuelle femelle sécrétée après l'ovulation et pendant la grossesse. ) , (sidenote: Cerclage Le cerclage du col de l'utérus est une procédure chirurgicale exécutée pendant la grossesse qui consiste à placer un fil autour du col de l'utérus lorsqu'il existe un risque que celui-ci s'ouvre trop facilement. ) …). Et si la solution passait en partie par la flore vaginale de la femme ?

Telle était l’hypothèse d’un groupe de chercheurs qui a suivi 152 Chinoises enceintes présentant un risque élevé de fausse-couches… et le microbiote de leur vagin, prélevé avec un coton-tige en début de  grossesse (avant 16 semaines) puis entre 16 et 24 semaines.

Le microbiote vaginal

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Un risque lié à L. Iners.

Le suivi de ces femmes montre qu’un microbiote vaginal dominé par Lactobacillus iners avant 16 semaines de gestation va de pair avec un risque accru de naissance prématurée. Comment expliquer ce lien ? Pour les auteurs, une flore vaginale dominée par L. iners serait moins stable qu’une flore dominée par le lactobacille L. crispatus : elle aurait tendance à évoluer facilement vers une flore dans laquelle les bénéfiques Lactobacilles ne règnent plus en maîtres. Autrement dit, elle est moins douée pour tenir les bactéries pathogènes à distance, comme cela a déjà été montré pour le streptocoque B.

15-50% La naissance prématurée spontanée tend à se reproduire avec un taux de récidive de 15 à 50 %, inversement corrélé au nombre de semaines de gestation pour la naissance prématurée antérieure la plus récente.

Néanmoins, ce lien entre L. iners et la prématurité n’est plus retrouvé entre 16 et 24 semaines de gestation, soulignant que tout se joue en début de grossesse… y compris, un jour peut-être, une intervention sur le microbiote vaginal pour tenter de réduire le risque de récidive de naissance prématurée. Rappelons à ce propos que ce genre d’intervention ne relève plus de la science-fiction : une jeune mère de 30 ans qui enchaînait depuis son premier enfant fausse couche sur fausse couche a pu bénéficier, d’une transplantation de microbiote vaginal… et redevenir mère !

Lactobacillus iners: l’exception qui confirme la règle des bénéfiques lactobacilles ?

De manière générale, un vagin dont la flore est largement dominée par les lactobacilles est considéré comme sain. Mais contrairement à d'autres lactobacilles, L. iners s’avère incapable de produire certaines molécules ( (sidenote: Acide D-lactique Essentiel à la protection de la zone intime en maintenant un pH faible permettant de favoriser la croissance des lactobacilles et de prévenir les infections. ) , (sidenote: Peroxyde d'hydrogène et bactériocines Ils empêchent l'adhérence des agents pathogènes au moyen de biosurfactants : grâce à leurs propriétés amphiphiles ou « détergentes », les biosurfactants agissent sur les tensions de surface et créent ainsi une barrière limitant l'adhérence des agents pathogènes. ) , (sidenote: Peroxyde d'hydrogène et bactériocines Ils empêchent l'adhérence des agents pathogènes au moyen de biosurfactants : grâce à leurs propriétés amphiphiles ou « détergentes », les biosurfactants agissent sur les tensions de surface et créent ainsi une barrière limitant l'adhérence des agents pathogènes. ) …) destinées à repousser les pathogènes.

Conséquence : ce lactobacille s’avère bien moins efficace pour empêcher la prolifération de bactéries indésirables. Autre problème : cette bactérie a tendance à interagir avec notre système immunitaire et à lui faire baisser la garde : pas très malin si un indésirable pointe le bout de son nez ! Sans parler de son habileté à remodeler le col de l’utérus ce qui faciliterait également les invasions de pathogènes. Manque de chance, L. iners est également très doué pour persister dans le vagin : il adhère très fortement à sa paroi et s’avère très résistant, y compris face aux antibiotiques. 2

Biocodex Microbiota Institute soutient SOS Préma

Née en 2004 à l’initiative de Charlotte Bouvard, elle-même maman d’un garçon né prématurément, SOS Préma, association loi de 1901 reconnue d’intérêt général et association d’usagers par le ministère de la Santé, agit pour donner à tous les enfants prématurés les meilleures chances de bien grandir. Elle soutient les parents confrontés à la prématurité et/ou à l’hospitalisation de leur nouveau-né : information, conseil et orientation, soutien psychologique, accompagnement social et juridique, visites bénévoles à l’hôpital, formation des soignants...

Enfin, SOS Préma porte la voix des familles et défend leurs droits : l’association mobilise la société, le corps médical et les pouvoirs publics pour une meilleure connaissance des problématiques de la prématurité et une meilleure prise en en charge des familles.

Plus d’informations sur https://www.sosprema.com

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PMA et transfert d’embryon : votre flore vaginale, une des clés du succès ?

Les Lactobacilles, gardiennes de la santé vaginale, pourraient-elles également booster les chances de tomber enceinte après un transfert d’embryon congelé ? C’est ce que suggère une étude américaine 1 qui relie également cette tendance à l’origine ethnique.

Le microbiote vaginal

Quand on parle d’ (sidenote: Infertilité Affection du système reproducteur masculin ou féminin définie par l’impossibilité d’aboutir à une grossesse après 12 mois ou plus de rapports sexuels non protégés réguliers. https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/infertility
 
)
et de PMA (procréation médicalement assistée), on pense souvent à un parcours semé d’espoirs, d’attentes… et parfois de déceptions. Parmi les techniques proposées, le transfert d’embryon congelé consiste à replacer dans l’utérus un embryon précédemment conçu en laboratoire par (sidenote: Fécondation in vitro (FIV) Technique d'assistance médicale à la procréation durant laquelle la fécondation a lieu en laboratoire, dans une éprouvette (‘in vitro’), et non dans l'utérus de la femme : des ovules prélevés chez la femme après stimulation hormonale sont placés dans une solution nutritive avec les spermatozoïdes prélevés chez l’homme. Les embryons ainsi conçus en laboratoire seront ensuite transférés dans l'utérus de la future mère, via le vagin. Si un embryon s’implante, la grossesse démarre. https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F31462
https://medclinics.com/fr/fiv/
https://www.fiv.fr/fecondation-fiv/
)
, puis congelé et enfin déposé dans l’utérus.

17,5 % L'infertilité est fréquente dans le monde entier, avec une prévalence durant la vie estimée à 17,5 %.

L’objectif ? L’implantation de cet embryon, et donc le démarrage de la grossesse tant désirée. Sauf que dans les faits, ce n’est pas automatique : seulement 41 % des prélèvements d’ovocytes aboutissent à une grossesse chez les femmes de moins de 35 ans.

+52 % de grossesses avec les Lactobacilles

Dans ce contexte, chaque coup de pouce compte. Et il se pourrait bien que l’un d’eux vienne du microbiote, déjà impliqué dans l’infertilité féminine et masculine et dans les fausses couches. Pourrait-il également favoriser l’implantation des embryons dans le cas d’une PMA ? Une étude menée aux États-Unis s’est intéressée à 87 femmes ayant bénéficié d’un transfert d’embryon congelé. Elle a analysé leur microbiote vaginal au moment du transfert afin de voir si cela influençait les résultats.

Le saviez-vous ?

Bien que les taux de réussite de la fécondation in vitro (FIV) se soient progressivement améliorés, le taux de naissances viables par prélèvement ovocytaire reste d’environ 41 % chez les femmes de moins de 35 ans et diminue progressivement avec l’âge maternel.

Résultat : chez les femmes dont le vagin était largement dominé par des Lactobacilles, notamment les espèces Lactobacillus crispatus ou L. gasseri, les chances de grossesse étaient 52 % plus élevées ! Deux tiers des femmes qui sont tombées enceintes après le transfert d’embryon abritaient plus de 80 % de Lactobacilles dans leur vagin.

À l’inverse, les femmes dont le microbiote hébergeait davantage de bactéries opportunistes comme les Enterobacteriaceae ou des Streptococcus étaient moins susceptibles de tomber enceintes. En revanche, ni la richesse ni la diversité de la flore n’étaient liées au succès de la PMA : c’est bien le type de bactéries qui fait la différence.

Une explication de disparités ethniques ?

Autre point intéressant abordé par l’étude : les disparités ethniques. Les auteurs ont pris soin d’inclure des femmes hispaniques, qui représentent 19 % de la population américaine mais sont souvent absentes des études.

Les résultats montrent qu’elles affichaient des taux de grossesse plus faibles. Or leur microbiote vaginal s’avère moins souvent dominé par les bénéfiques Lactobacilles, comparativement aux femmes blanches non hispaniques. Un lien à explorer, qui pourrait en partie expliquer les moindres taux de réussite du transfert d’embryon congelé dans la communauté hispanique.

Female anatomy, microbiotas and intimate hygiene

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Revue de presse #1: Microbiote vaginal

Auteur : Dr Nguyễn Bá Mỹ Nhi
Directeur du centre OBGYN, Hôpital Tam Anh, Ho Chi Minh-Ville, Vietnam

Le rôle du microbiote vaginal dans la santé des femmes

Le corps humain abrite des milliards de microorganismes, collectivement connus comme étant le microbiote, qui résident à différents endroits et coexistent au sein d’un partenariat symbiotique complexe. Il est important de noter que le microbiote vaginal influence la santé reproductive et générale des femmes. La compréhension de cet écosystème pourrait révolutionner la prévention et le traitement de ces pathologies.

Cette analyse met en évidence les liens existant entre la dysbiose du microbiote vaginal et les troubles gynécologiques, ainsi que les complications liées à la grossesse. Plus spécifiquement, les réductions du nombre de lactobacilles et l’augmentation de la diversité du microbiote vaginal sont associées à l’infection par le papillomavirus humain (HPV), à la formation de lésions cervicales et au cancer du col de l’utérus. Une perte de dominance vaginale des Lactobacillus peut créer un environnement pro-inflammatoire compromettant la réussite de l’implantation embryonnaire, aboutissant à l’infertilité. Un déséquilibre du microbiote vaginal peut déclencher une inflammation responsable de complications pendant la grossesse. La présence de moins d’espèces de Lactobacillus dans le microbiote vaginal augmente les risques de rupture prématurée des membranes, de naissance avant terme, de fausse couche et de grossesse extrautérine. La dysbiose vaginale peut contribuer à la résistance à l’insuline, caractéristique du diabète gestationnel, et une plus grande diversité de la composition bactérienne a été observée dans les cas de prééclampsie sévère. Le dépistage de la colonisation par Prevotella bivia pendant la grossesse peut aider à prédire et à atténuer les troubles hypertensifs pendant la grossesse.

Cette analyse souligne l’importance primordiale du microbiote vaginal pour la santé reproductive et générale des femmes. La composition de ce microbiote peut avoir des retombées généralisées, de la fertilité à la sensibilité aux infections, en passant par l’issue de la grossesse. L’article envisage divers aspects du microbiote vaginal, dont sa relation avec la fonction du système immunitaire, l’inflammation et la défense contre les agents pathogènes, et propose ainsi une compréhension vaste et holistique de son rôle, avec des perspectives généralisables à la santé des femmes dans sa globalité. L’amélioration des connaissances concernant l’influence du microbiote vaginal sur la santé représente une avancée importante pour la détection précoce et la prévention des maladies, en lieu et place du traitement des infections ou des affections après leur survenue. Des études à long terme sont toutefois nécessaires pour clarifier les effets à long terme des déséquilibres du microbiote vaginal. En outre, bien que les probiotiques et d’autres interventions basées sur le microbiote soient prometteurs pour le maintien d’un microbiote vaginal sain, les souches de probiotiques, les dosages et les mécanismes d’administration doivent encore être normalisés pour l’application clinique. Beaucoup reste à faire.

En résumé, la présence de moins d’espèces Lactobacillus vaginales et d’une plus grande diversité microbienne vaginale est associée à des complications obstétricales et gynécologiques. Cette analyse met en évidence la possibilité de recourir à des diagnostics basés sur le microbiote pour détecter les déséquilibres de la flore vaginale, si possible avant que les symptômes ne se manifestent. Une intervention précoce peut prévenir les conséquences indésirables.

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Revue de presse #1: Microbiote ménopausique

Auteur : Dr Nguyễn Bá Mỹ Nhi
Directeur du centre OBGYN, Hôpital Tam Anh, Ho Chi Minh-Ville, Vietnam

Comment le microbiote ménopausique influe sur la santé globale des femmes

Les changements induits par la ménopause réduisent la diversité du microbiote intestinal et déclenchent une évolution vers une plus grande similitude avec le microbiote intestinal masculin. Cette analyse détaille les conséquences de ces changements sur la santé. Pendant la périménopause, une baisse progressive des niveaux d’hormones perturbe l’équilibre du microbiote intestinal et contribue à des effets négatifs sur la santé, dont les maladies cardiométaboliques et les changements dans le métabolisme des œstrogènes. Les fluctuations hormonales survenant pendant la ménopause modifient le microbiote oral, augmentant le risque de caries dentaires, de parodontite et d’infections buccales telles que la candidose. Les altérations du microbiote vaginal induites par la ménopause augmentent la susceptibilité à la vaginose bactérienne, à l’atrophie vulvovaginale et aux infections de l’appareil urinaire récurrentes. La ménopause altère également la diversité et l’abondance du microbiote intestinal qui a été lié à l’inflammation. L’inflammation chronique induite par la dysbiose prédispose les femmes ménopausées aux troubles métaboliques et aux maladies auto-immunes.

Cet article comble le fossé entre endocrinologie et microbiologie et souligne l’impact systémique de la ménopause au-delà de la santé reproductive. Un des points forts de cette étude réside dans l’examen holistique des fluctuations hormonales liées à la ménopause en liaison avec les modifications correspondantes de la composition et de la diversité microbiennes intestinales et vaginales. Cela ouvre la voie à l’exploration de biomarqueurs basés sur le microbiote pour la gestion des symptômes de la ménopause tels que le syndrome génitourinaire, les changements métaboliques ou l’inflammation. L’interprétation de cet article concernant les changements liés à l’âge au niveau de la santé des femmes enrichit l’intérêt croissant envers le rôle du microbiote humain dans les maladies. Si le traitement de substitution hormonale s’est avéré prometteur pour atténuer certains effets indésirables de la carence en œstrogènes, son application plus large est limitée par les risques systémiques qui lui sont associés. L’utilisation ciblée de probiotiques spécifiques pour rétablir l’équilibre microbien intestinal, associée à des modifications du régime alimentaire et du mode de vie, peut offrir des alternatives plus sûres et plus individualisées qui atténuent les effets négatifs de la ménopause sur la santé.

La recherche sur le microbiote ménopausique est surreprésentée avec des données issues de populations occidentales et un déficit d’informations mécanistiques détaillées. Le régime alimentaire, le mode de vie et les facteurs environnementaux ayant une influence significative sur le microbiote, nous avons besoin d’une recherche diversifiée sur le plan ethnique et géographique qui intègre des approches « omiques » avancées pour élucider pleinement ces influences. Des stratégies de traitement plus efficaces et individualisées verront alors le jour et permettront d’améliorer la qualité de vie des femmes ménopausées.

En conclusion, la ménopause est une transition de l’ensemble de l’organisme qui induit des changements notables dans l’écosystème microbien. La compréhension et la prise en charge de ces changements peuvent améliorer les résultats pour les patientes et favoriser un vieillissement en meilleure santé chez les femmes.

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Revue de presse #1: Microbiote intestinal

Auteur : Dr Nguyễn Bá Mỹ Nhi
Directeur du centre OBGYN, Hôpital Tam Anh, Ho Chi Minh-Ville, Vietnam

Composition du microbiote intestinal chez les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques

Le microbiote intestinal est de plus en plus considéré comme un système comparable à un organe invisible qui non seulement joue un rôle important dans le bien-être d’une femme, mais affecte également la physiopathologie de certains troubles tels que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). La connaissance des voies de métabolisation microbiennes pourrait permettre de mettre au jour des traitements efficaces.

Une récente méta-analyse incluant 948 femmes atteintes de SOPK issues de 14 études a exploré les relations entre le microbiote intestinal de femmes de différentes régions et présentant des niveaux de testostérone différents. Les principales conclusions ont révélé des compositions distinctes du microbiote intestinal chez les patientes atteintes de SOPK par rapport à leurs homologues en bonne santé, et un microbiote intestinal significativement différent entre les patientes atteintes de SOPK ayant des niveaux de testostérone plus élevés et celles ayant des niveaux de testostérone plus faibles. De même, les genres bactériens intestinaux différaient entre les patientes atteintes de SOPK issues de différentes régions. Les patientes européennes présentaient des taux élevés d’Alistipes, tandis que les patientes chinoises présentaient des taux élevés de Blautia et de Roseburia.

Ces constats corroborent les données probantes actuelles montrant que les patientes atteintes de SOPK présentent moins de types de bactéries différents et une communauté microbienne moins équilibrée que les femmes en bonne santé. Les données confirment également l’abondance chez les patientes atteintes de SOPK de genres bactériens spécifiques tels que Escherichia/ Shigella et Alistipes, associés à la résistance à l’insuline et à l’inflammation. Cette étude implique que le microbiote intestinal est lié à diverses perturbations métaboliques et hormonales associées au SOPK, ce qui est compatible avec des recherches antérieures. Élément important, ces travaux mettent en évidence des différences au niveau des taxons bactériens entre les femmes chinoises et européennes atteintes de SOPK, ce qui pourrait contribuer à l’élaboration de stratégies de traitement individualisées. D’autres recherches visant à déterminer les souches bactériennes associées au SOPK pourraient améliorer les thérapies microbiennes anti-SOPK et des études réalisées dans différentes régions géographiques favoriseraient la prise en charge du SOPK à l’échelle mondiale.

Pour conclure, la caractérisation du microbiote intestinal chez les patientes atteintes de SOPK de différents pays pourrait permettre au microbiote intestinal de faire office de biomarqueur pour distinguer les différents sous-types de SOPK et ainsi améliorer le diagnostic clinique et le traitement du SOPK.

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Définir la dynamique de la communauté vaginale : variations quotidiennes du microbiote, rôle des menstruations, des bactériophages, et des gènes bactériens

Auteure : Prof. ass. Ina Schuppe Koistinen
Département de Microbiologie et Biologie tumorale et cellulaire, Institut Karolinska, Stockholm, Suède

Commentaires sur l’article de Hugerth et al. (Microbiote 2024)

Cette étude métagénomique de haute résolution étudie les transitions quotidiennes du microbiote vaginal au cours d’un cycle menstruel chez 49 jeunes femmes en bonne santé. En analysant les données taxonomiques, virales et les gènes fonctionnels d’échantillons quotidiens, les auteurs introduisent un système de classification dynamique appelé Dynamique de la communauté vaginale (DCV), qui catégorise les femmes en quatre groupes : eubiose constante, dysbiose constante, dysbiose liée aux menstruations et dysbiose instable. Ces profils reflètent la façon dont les microbiotes individuels réagissent aux menstruations, à l’activité sexuelle ainsi qu’à d’autres expositions, et démontrent que la santé vaginale ne peut être évaluée de manière adéquate à partir d’échantillons statiques uniquement. Il convient de noter que l’abondance des bactériophages et le contenu génétique bactérien (comme les bactériocines) peuvent contribuer à la stabilité ou à l’instabilité des communautés microbiennes. Ces travaux mettent en évidence la complexité et l’individualité du comportement du microbiote vaginal et ont des implications dans la perspective d’améliorer les diagnostics et la personnalisation de la prise en charge en gynécologie.

Que savons-nous déjà à ce sujet ?

Le microbiote vaginal joue un rôle clé dans la défense contre les pathogènes, le maintien de l’immunité mucosale et la santé reproductive. La dominance des espèces de Lactobacillus, et en particulier de L. crispatus, maintient un pH bas et inhibe la colonisation pathogène2. La dysbiose (définie par une perte de lactobacilles et une prolifération d’espèces anaérobies telles que Gardnerella ou Prevotella) est associée à des risques accrus de vaginose bactérienne (VB), de naissance prématurée3, d’infertilité4, d’infections sexuellement transmissibles, d’infections par le papillomavirus humain (HPV) et de cancers gynécologiques5. Des études antérieures ont révélé que les changements hormonaux, les menstruations et les rapports sexuels peuvent influencer la composition du microbiome vaginal6. Bon nombre de ces études reposaient sur un échantillonnage de faible fréquence et manquaient de résolution pour évaluer les fluctuations à court terme ou déterminer les facteurs de transition entre l’eubiose et la dysbiose. Les contributions de la dynamique virale et des gènes bactériens fonctionnels sont demeurées largement inexplorées.

Quels sont les principaux enseignements de l’étude ?

Cette étude introduit le concept de DCV, offrant un nouveau cadre pour classer le comportement du microbiome au fil du cycle menstruel. Contrairement aux types d’état communautaire (TEC), qui décrivent des compositions statiques du microbiome, les DCV englobent des schémas temporels susceptibles de mieux refléter la résilience et la vulnérabilité du microbiome. Les quatre DCV (eubiose constante, dysbiose constante, dysbiose liée aux menstruations et dysbiose instable) représentent des profils distincts de stabilité microbienne. Les femmes du groupe eubiose constante conservaient une dominance de Lactobacillus tout au long du cycle, tandis que celles qui présentaient une dysbiose constante avaient des communautés associées à la VB persistante. La dysbiose liée aux menstruations était caractérisée par des changements temporaires pendant les règles, avec souvent une inversion en milieu de cycle, tandis que le groupe instable connaissait des fluctuations brusques après des expositions telles que les rapports sexuels, ce qui suggère une plus grande fragilité écologique.

L’une des principales conclusions était que l’instabilité du microbiome vaginal est associée à une activité bactériophage accrue et à une prévalence plus élevée de L. iners. Cette espèce est souvent liée à des états transitionnels ou moins stables, et l’abondance des phages peut refléter des cycles lytiques actifs déstabilisant les bactéries dominantes par le biais d’une dynamique d’« élimination du vainqueur ». En outre, les femmes présentant une dysbiose transitoire présentaient une abondance accrue de pathogènes potentiels tels que Sneathia spp. pendant et après les règles, ce qui indique l’existence de périodes spécifiques de vulnérabilité.

L’analyse au niveau des souches a révélé des différences dans le contenu des gènes bactériens, y compris des bactériocines produites par Gardnerella leopoldii susceptibles d’inhiber les lactobacilles. Ces gènes étaient plus fréquents dans les DCV instables et dysbiotiques, ce qui corrobore la possibilité d’un rôle mécanique dans la structuration de la communauté. Même si ces résultats génétiques nécessitent une validation plus approfondie, ils soulignent l’importance d’aller audelà de la classification au niveau de l’espèce pour comprendre la fonction microbienne et son impact sur la santé de l’hôte.

Quelles sont les conséquences pour la pratique clinique ?

Cette étude souligne la nécessité de repenser la manière dont la santé vaginale est évaluée et surveillée dans la pratique clinique. La reconnaissance du caractère dynamique du microbiote vaginal (et de différences de stabilité marquées entre femmes) a des répercussions sur le diagnostic, l’évaluation du risque et les stratégies thérapeutiques. L’échantillonnage à un moment unique, en particulier pendant les règles, peut ne pas saisir les fluctuations significatives ou donner une image erronée de l’état microbien de référence d’une femme. Les cliniciens devraient envisager de prélever des échantillons à plusieurs moments du cycle pour mieux évaluer le comportement du microbiome, en particulier chez les patientes présentant des symptômes récurrents ou des problèmes de reproduction.

Les limites de la classification basée sur le TEC apparaissent clairement dans cette étude. Deux femmes présentant un même TEC peuvent présenter des DCV totalement différents, l’une avec une eubiose stable et l’autre avec une dysbiose fréquente. Intégrer l’évaluation de la DCV pourrait ouvrir la voie à des interventions plus personnalisées, telles que la recommandation d’un soutien prophylactique du microbiome pour les femmes présentant des profils instables ou le ciblage des fenêtres à haut risque (postmenstruelles, par exemple) pour le dépistage des infections.

L’identification de l’instabilité induite par les phages et des caractéristiques bactériennes au niveau de la souche permet d’envisager une médecine de précision. Les thérapies futures devront peut-être s’intéresser à la fonction microbienne (comme la formation de biofilms ou la production de bactériocines) plutôt qu’à la seule composition. La compréhension de la dynamique des bactériophages vaginaux pourrait également déboucher sur de nouvelles stratégies de stabilisation du microbiome.

Figure 1. Les séries chronologiques vaginales peuvent être classées en quatre catégories (Dynamique de la communauté vaginale) en fonction de leur proportion d’échantillons eubiotiques

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a. Un arbre de décision peut séparer une série temporelle d’échantillons en groupes dynamiques, sur la base des types d’état communautaire (TEC). Les informations fournies par l’utilisateur déterminent quels TEC sont considérés comme eubiotiques (ici : I, II et V) et quels jours doivent être considérés comme exempts de l’influence des menstruations (ici : du jour 9 au jour 25 du cycle). Les séries chronologiques comportant ≥ 80 % d’échantillons eubiotiques sont considérées comme un état d’eubiose constante ; à l’inverse, celles comportant > 80 % d’échantillons dysbiotiques sont considérées comme un état de dysbiose constante. Pour celles qui se situent dans la fourchette 20-80 %, une seconde évaluation a lieu les jours sans règles : si elles sont > 80 % eubiotiques, la série chronologique est considérée comme un état de dysbiose lié aux règles et, dans le cas contraire, comme un état instable (passant de l’eubiose à la dysbiose sans schéma temporel clair). b. Une carte en couleur avec un individu par rangée et un jour par colonne. La couleur de chaque intersection représente le TEC. Les barres colorées sur le côté gauche montrent la dynamique de la communauté vaginale de chaque femme. c. Des barres colorées supplémentaires montrent la dynamique de la communauté vaginale déduite pour chaque participante lorsque l’on utilise moins d’échantillons pour la classification. Reproduit de Hugerth LW, et al. Microbiome 2024, 12, 1531 (doi:10.1186/s40168-024-01870-5) sous licence a CC-BY 4.0 (creativecommons.org/licenses/by/4.0). Aucune modification n’a été apportée au graphique.

POINTS ESSENTIELS

  • Le microbiome vaginal présente des profils individuels et dynamiques au cours du cycle menstruel susceptibles d’influer sur les résultats de reproduction.
  • Une dysbiose transitionnelle ou instable est associée à un nombre plus élevé de phages, à une dominance de Lactobacillus iners et à des phases de risque accru.
  • Les caractéristiques fonctionnelles au niveau de la souche, telles que la production de bactériocines, peuvent aider à expliquer les transitions vers et la persistance d’une dysbiose.

CONCLUSION

Cette étude représente une avancée significative dans notre compréhension du comportement du microbiome vaginal en déplaçant le focus des TEC statiques vers les profils communautaires dynamiques. En classant les femmes en quatre catégories de DCV, l’étude propose une nouvelle perspective pour évaluer la santé du microbiome et ses conséquences cliniques. Ces enseignements appellent à des approches plus personnalisées et davantage liées au facteur temps en matière d’échantillonnage, de diagnostic et d’intervention. L’intégration des données du virome et des caractéristiques fonctionnelles des bactéries peut permettre d’affiner davantage la prédiction du risque et les stratégies de traitement. En fin de compte, une compréhension plus approfondie de l’écologie du microbiome vaginal pourrait contribuer à réduire les complications telles que la vaginose bactérienne, les naissances avant terme et l’infertilité, et appuyer une norme de prise en charge plus individualisée de la santé reproductive des femmes.

L’outil de classification VALODY, conçu pour attribuer des catégories de DCV sur la base des attributions de TEC de VALENCIA, est disponible sur GitHub à l’adresse https://github.com/ctmrbio/ valody.
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Microbiote génital masculin: quel impact sur la santé des femmes?

Auteur : Dr. Jean-Marc Bohbot
Directeur, Institut Fournier, Paris, France

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le microbiote du sexe des hommes (sans jamais oser le demander)

Les discussions relatives aux infections vaginales, à la fertilité ou aux complications de la grossesse ne portent souvent que sur les femmes. Mais un autre acteur important intervient : le tractus uro-génital masculin (TUGM). La grande variété de microbes présents dans le TUGM peut affecter de manière significative la santé reproductive et vaginale de la femme (figure 1). Comprendre ces influences peut améliorer les résultats pour les femmes, en particulier celles qui souffrent d’infections vaginales persistantes, de problèmes de fertilité et de complications de la grossesse.

Figure 1. Conséquences des échanges bactériens associés à la vaginose lors des contacts sexuels entre hommes et femmes.

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Que savons-nous du microbiote génital masculin ?

Le TUGM comprend plusieurs environnements microbiens distincts : la peau du pénis, l’urètre, le sperme et les voies urinaires. Chacun héberge une communauté bactérienne unique, influencée par des facteurs tels que la circoncision, les pratiques sexuelles, l’hygiène et le mode de vie.

La peau du pénis et le prépuce

La peau du pénis renferme des bactéries similaires à celles que l’on trouve sur d’autres surfaces cutanées (la peau), principalement les genres Corynebacterium et Staphylococcus1, 2. Chez les hommes non circoncis, la zone située sous le prépuce (le sillon balano-préputial) est dominée par des bactéries anaérobies telles que Anaerococcus, Peptoniphilus, Finegoldia, et Prevotella, dont certaines sont également présentes chez les femmes atteintes de vaginose bactérienne (VB)1, 2. La circoncision réduit considérablement ces bactéries anaérobies, ce qui peut expliquer pourquoi les femmes dont le partenaire est circoncis présentent un risque de VB plus faible2.

L’urètre

L’échantillonnage direct de l’urètre étant douloureux, la plupart des études utilisent l’urine de première miction comme substitut pour étudier le microbiote urétral. Ce fluide renferme un mélange de bactéries telles que Lactobacillus, Streptococcus, Sneathia, Veillonella, Corynebacteria, et Prevotella3. Il est intéressant de noter que certaines d’entre elles sont liées à la VB (par exemple Gardnerella vaginalis) et à la vaginite aérobie (S. agalactiae)4.

Le fluide séminal

Le fluide séminal se compose de sperme, mais aussi de fluides provenant de la prostate et des glandes séminales. Des études montrent qu’un microbiote séminal dominé par Lactobacillus est associé à une meilleure qualité du sperme, alors que d’autres bactéries (ex. : Ureaplasma, Mycoplasma, Prevotella, et Klebsiella pneumoniae) sont associées à une baisse de la fertilité5 .

Urine

Le microbiote urinaire de l’homme est moins étudié, mais des niveaux inférieurs pour les genres Streptococcus, Lactobacillus, Pseudomonas, et Enterococcus ont été trouvés chez les hommes présentant une concentration anormale de sperme par rapport aux hommes présentant une concentration de sperme normale6. Les hommes présentant une mobilité anormale du sperme peuvent avoir des niveaux élevés de bactéries Dialister micraerophilus, qui contribuent à un microenvironnement spermatique proinflammatoire6.

Le microbiote du TUGM varie en fonction du statut de la circoncision, des pratiques sexuelles et de la composition du microbiote vaginal de la partenaire féminine7. Fait intéressant, le microbiote urétral des hommes homosexuels ne semble pas être modifié par le type de rapport sexuel (oral ou anal)8. Les échanges bactériens entre partenaires lors des contacts sexuels sont la règle. La raison pour laquelle ces échanges conduisent à une dysbiose vaginale dans certains cas et pas dans d’autres n’est pas claire.

Le microbiote séminal est également influencé par plusieurs fonctions physiologiques (âge, changements hormonaux) et par le mode de vie ou des facteurs épigénétiques (tabac, alcool, obésité, régime riche en graisses, exposition à des toxines)5. Ces facteurs modifiables sont des cibles d’intervention potentielles.

Comment le TUGM influe-t-il sur la santé des femmes ?

La transmission de micro-organismes responsables d’infections sexuellement transmissibles (IST) bactériennes et virales, dont le VIH et l’infection par le virus de l’herpès simplex, lors des contacts sexuels est la conséquence la plus évidente de l’impact du TUGM sur la santé des femmes. Les complications féminines des IST bactériennes (gonorrhée, infections à Chlamydia trachomatis ou M. genitalium) sont bien connues (inflammation et infection des voies génitales supérieures, risque de stérilité tubaire).

De nombreuses études ont montré que le profil épidémiologique des femmes atteintes de VB est comparable à celui des femmes atteintes d’IST, ce qui suggère une possible transmission sexuelle des bactéries impliquées dans la VB. La présence de bactéries associées à la VB dans le prépuce et l’urètre des partenaires de femmes atteintes de VB ainsi que la concordance des souches bactériennes vaginales et urétrales masculines soutiennent la thèse du partage de ces souches ou de la transmission sexuelle de la VB.

Le traitement du partenaire masculin par antibiotiques oraux (métronidazole) n’a eu qu’un impact très limité sur les taux de récidive chez les femmes atteintes de VB récidivante, bien que l’association du métronidazole avec un antibiotique topique appliqué sur la peau du pénis chez les partenaires de femmes atteintes de VB puisse réduire le risque de récidive9.

L’impact du TUGM sur la santé utéro-vaginale ne se limite pas au transfert bactérien passif. Le fluide séminal contient des substances proinflammatoires (telles que les prostaglandines) susceptibles d’interférer avec les réponses immunitaires et l’inflammation dans l’appareil génital féminin10.

POINTS ESSENTIELS

  • Le microbiote génital masculin joue un rôle influent, mais insuffisamment reconnu dans la santé reproductive des femmes, notamment dans les infections génitales récurrentes et les problèmes de fertilité.
  • Le dépistage de routine des IST peut passer à côté de bactéries importantes qui ne sont pas traditionnellement classées comme pathogènes, mais qui perturbent le microbiote génital féminin.
  • Le traitement de la VB récurrente par les partenaires masculins peut aller au-delà des antibiotiques oraux, en intégrant des thérapies topiques et en s’attaquant aux facteurs de risque communs.

CONCLUSION

Le microbiote urogénital masculin est important, non seulement pour la santé des hommes, mais aussi pour celle des femmes. Même si la recherche continue d’évoluer, il est clair que la dynamique du partenaire masculin, son mode de vie et les échanges microbiens influent sur la santé urogénitale de la femme. Les données probantes disponibles soutiennent de plus en plus une approche plus holistique et basée sur le couple pour gérer les problèmes de reproduction, en intégrant la prise en charge du partenaire masculin dans les stratégies de santé sexuelle et reproductive de routine afin d’améliorer les résultats pour les deux partenaires, en particulier dans les cas d’infections vaginales persistantes ou récurrentes. Encourager les hommes à adopter des habitudes plus saines, dont l’arrêt du tabac ou l’amélioration du régime alimentaire, pourrait améliorer la santé microbienne du sperme et réduire le risque d’effets négatifs sur leurs partenaires féminines.

Sources
1. Gonçalves MFM, Fernandes AR, Rodrigues AG, et al. Microbiome in male genital mucosa (prepuce, glans, and coronal sulcus): a systematic review. Microorganisms 2022; 10: 2312.
2. Onywera H, Williamson AL, Ponomarenko J, et al. The penile microbiota in uncircumcised and circumcised men: relationships with HIV and human papillomavirus infections and cervicovaginal microbiota. Front Med (Lausanne) 2020; 7: 383.
3. Zuber A, Peric A, Pluchino N, et al. Human male genital tract microbiota. Int J Mol Sci 2023; 24: 6939.
4. Toh E, Xing Y, Gao X, et al. Sexual behavior shapes male genitourinary microbiome composition. Cell Rep Med 2023; 4: 100981.
5. Chatzokou D, Tsarna E, Davouti E, et al. Semen microbiome, male infertility, and reproductive health. Int J Mol Sci 2025; 26: 1446.
6. Osadchiy V, Belarmino A, Kianian R, et al. Urine microbes and predictive metagenomic profiles associate with abnormalities in sperm parameters: implications for male subfertility. F S Sci 2024; 5: 163-73.
7. Mehta SD, Nandi D, Agingu W, et al. Longitudinal changes in the composition of the penile microbiome are associated with circumcision status, HIV and HSV-2 status, sexual practices, and female partner microbiome composition. Front Cell Infect Microbiol 2022; 12: 916437.
8. Chambers LC, Tapia KA, Srinivasan S, et al. The relationship between insertive oral and anal sex and select measures of the composition of the urethral microbiota among men who have sex with men. Sex Transm Dis 2024; 51: 407-14.
9. Vodstrcil LA, Plummer EL, Fairley CK, et al. Male-partner treatment to prevent recurrence of bacterial vaginosis. N Engl J Med 2025; 392: 947-57.
10. Adefuye AO, Adeola HA, Sales KJ, et al. Seminal fluid-mediated inflammation in physiology and pathology of the female reproductive tract. J Immunol Res 2016; 2016: 9
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