Anorexie mentale : et si le déséquilibre du microbiote perturbait la guérison ?

Le cerveau des personnes souffrant d’anorexie mentale pourrait bien être sous l’influence du microbiote intestinal, selon une nouvelle étude. Une découverte qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles pistes de traitement centrées sur l’axe intestin-cerveau et ses effets sur la santé mentale.

Le microbiote intestinal L’axe intestin-cerveau

Restrictions alimentaires, peur maladive de prendre du poids, obsession des calories, déni de maigreur, boulimie, anxiété, dépression… L’anorexie mentale est un trouble des conduites alimentaires (TCA) grave qui a un impact considérable sur la santé du patient, affectant le comportement et le corps. Il est également particulièrement  difficile à prendre en charge (lire encadré).

Les TCA en bref :

  • Sont caractérisés par des comportements alimentaires différents de ceux habituellement adoptés par les personnes vivant dans le même environnement. 1
  • Ces troubles sont importants et durables et ont des répercussions psychologiques et physique. 2 
  • Les symptômes : humeur instable, irritabilité, faible estime de soi, dépression, anxiété.
  • Les 3 TCA principaux sont : l’anorexie mentale, la boulimie (crises compulsives d’ingestion de grandes quantités de nourriture suivies de crise de comportements compensatoires inappropriés tels que vomissement, jeûne ou pratique excessive d’exercices physiques) et l’hyperphagie (crises de boulimie, mais sans comportement compensatoire associé). 3

Chez les personnes touchées, on retrouve souvent une altération des fonctions cognitives, notamment de certaines capacités d’apprentissage indispensables à l’adaptation comportementale, qui pourrait freiner la guérison. 

Une nouvelle étude suggère que ce trouble pourrait être liée aux changements qui se produisent dans le microbiote intestinal. 4

4 % des femmes et 0,3 % des hommes Seront touchés par l’anorexie au cours de leur vie. ⁵

Entre 14 et 17 ans C’est l’âge auquel se déclenche l’anorexie mentale (avec un pic à 16 ans). ⁶

Un microbiote moins diversifié 

Les auteurs, des chercheurs de l’Université de Graz en Autriche, ont enrôlé 15 patientes souffrant d’anorexie mentale et 13 femmes témoins en bonne santé. Toutes ont été soumises à des tests visant à évaluer leurs capacités d’« apprentissage implicite » (lire encadré). En parallèle, leurs selles ont été analysées afin de déterminer la composition de leur microbiote intestinal.

Les calculs des chercheurs confirment que les patientes souffrant d’anorexie mentale présentent des scores d’apprentissage implicite inférieurs à ceux des volontaires en bonne santé. Mais le plus intéressant, c’est que ces scores sont liés à la composition du microbiote : plus ils sont élevés, plus les microorganismes sont diversifiés.

Quand le microbiote intestinal fait bugger le cerveau

Comment expliquer ce résultat ? On sait que le microbiote intestinal influence le fonctionnement du cerveau par le biais de l’axe intestin-cerveau. Il peut par exemple modifier les réponses au stress ou produire des messagers du cerveau (dopamine, sérotonine…) susceptibles d’influencer les capacités d’apprentissage.

L’anorexie mentale en bref ³ :

  • C’est un TCA (Trouble du Comportement Alimentaire), un trouble psychiatrique.
  • A ne pas confondre avec l’anorexie au sens médical, général, du terme : une perte d’appétit quelle qu’en soit la cause, qui est un symptôme et non pas une maladie. 
  • Les causes : facteurs génétiques, psychologiques, environnementaux, familiaux et socioculturels.
  • Parfois associée à un trouble boulimique (absorption compulsive sur un temps court de grandes quantités de nourriture, suivie de vomissements provoqués). 
  • Risque important d’ostéoporose, d’infertilité, de dépression, de défaillance cardiaque et de suicide.

Dans cette étude :

Un score d’apprentissage élevé était par exemple associé à une augmentation des Bifidobacteria, des bactéries essentielles à la communication entre l’intestin et le cerveau. Celles-ci peuvent réduire l’anxiété et, ainsi, influencer les processus d’apprentissage.

1,5 à 3 ans C’est la durée moyenne d’une phase d’anorexie mentale. ⁶

20 % Des cas restent anorexiques toute la vie. ⁶

Un score faible était au contraire lié à une augmentation des bactéries Lachnospiraceae que plusieurs études ont associé à des troubles dépressifs susceptibles d’altérer le fonctionnement du cerveau et l’apprentissage implicite. Ces effets suggèrent un lien fort entre microbiote, comportement et santé mentale dans les maladies telles que l’anorexie.

L’apprentissage implicite, c’est quoi ?

L’apprentissage implicite se produit sans en avoir conscience et sans intention d’apprendre 7. Il n’implique pas des efforts de mémorisation ou de se concentrer sur des règles. Le fait de pencher son corps du côté où l’on tourne quand on fait du vélo est par exemple le fruit d’un apprentissage implicite. Il est différent de l’apprentissage explicite associé à l’acquisition de connaissances théoriques, de règles ou de principes.

Vers un traitement de l’anorexie à base de probiotiques ?

Cette découverte est particulièrement intéressante, car elle pourrait apporter une explication au fait que la psychothérapie, qui repose en partie sur l’apprentissage implicite, n’est pas toujours efficace pour prendre en charge les patients anorexiques. 
Si elle est confirmée, il pourrait être un jour possible d’utiliser des probiotiques contenant des bifidobactéries pour mieux prendre en charge l’anorexie mentale.

En stabilisant l’axe intestin-cerveau, ceux-ci pourraient aider les femmes à retrouver une alimentation normale.
 

Anorexie : la piste du microbiote intestinal ?

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Anorexie mentale : l’inconscient sous l’influence du microbiote intestinal ?

Dans l’anorexie mentale, certains processus cognitifs liés aux apprentissages seraient altérés. Une équipe de chercheurs vient de découvrir que cette déficience pourrait être liée à des modifications du microbiote intestinal et en particulier à des déséquilibres en certaines bactéries impliquées dans la communication intestin-cerveau.

L'anorexie mentale est une maladie psychiatrique appartenant aux troubles des conduites alimentaires (TCA). Elle peut avoir des conséquences graves sur la santé et présente un risque non négligeable d’évolution vers une forme chronique et surtout de décès. L'anorexie mentale  est caractérisée par une privation volontaire de nourriture  entraînant une  perte de poids sévère, et s’accompagne souvent de boulimie, d’anxiété et de troubles du comportement favorisant d’autres maladies.

50% Des cas pris en charge à l’adolescence guérissent. ¹

Entre 1/4 et 1/2 Des personnes touchées abandonnent leur traitement en cours. ¹

La psychothérapie, associée à une renutrition, est le traitement recommandé pour retrouver une alimentation normale. Cependant des différences de réponses existent entre les patients et  certains symptômes de TCA (boulimie, anxiété) peuvent persister.

Comment le microbiote agit sur les fonctions cognitives

En 2023, des psychiatres de l’Université de Graz en Autriche ont mis en évidence l’existence d’une altération de l’apprentissage implicite (acquisition inconsciente de connaissances) qui pourrait expliquer en partie l’absence de réponse au traitement. Dans une nouvelle étude, cette même équipe suggère que cette altération pourrait être liée… au microbiote ! 2

On sait que le microbiote intestinal influence les fonctions cognitives par le biais de l’ (sidenote: Axe intestin- cerveau Réseau de communication bidirectionnel entre l'intestin et le cerveau, qui permet à l’intestin et au cerveau de communiquer via trois voies différentes : 
1. la voie neuronale, principalement par le nerf vague et le système nerveux entérique,
2. la voie endocrinienne en secrétant des hormones, telles que le cortisol, l’adrénaline ou la sérotonine
3. la voie immunitaire, via la modulation des cytokines
)
. Celui-ci module le système neuroendocrinien, notamment l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien régulant les réponses au stress et la production de cortisol. Le système nerveux entérique est par ailleurs impliqué dans la communication bidirectionnelle avec le système nerveux autonome et le nerf vague, tout comme les neurotransmetteurs (GABA, dopamine, sérotonine…) produits par le microbiote.

Partant de ce constat, les scientifiques autrichiens ont comparé les capacités de mémorisation et d’apprentissage implicite et le microbiote de 15 patientes souffrant d’anorexie mentale à ceux de13 femmes témoins en bonne santé.

20% Des patients restent anorexiques toute la vie. ¹

5% Des cas décèdent. ¹

Un score d’apprentissage moins bon lié à un microbiote moins diversifié.

Les résultats montrent que dans le groupe anorexie :

  • Les scores d’apprentissage implicite sont inférieurs à ceux des témoins en bonne santé, alors que les scores de mémorisation sont similaires ;
  • Le microbiote intestinal présente une abondance accrue d’Akkermansia muciniphila alors que dans le groupe témoin, les espèces bactériennes productrices d’acides gras à chaîne courte ( (sidenote: AGCC Acides gras à chaîne courte ) ), notamment Faecalibacterium, sont plus fréquentes.

De manière générale, plus les scores d’apprentissage implicite sont élevés, plus les microorganismes sont diversifiés et le nombre d’espèces différentes important :

  • Un score élevé était associé à une augmentation des bactéries Actinobacteria, en particulier des Bifidobacteria, des microorganismes essentiels à la communication entre l’intestin et le cerveau qui pourraient réduire l’anxiété via les voies vagales et ainsi influencer les processus d’apprentissage ; 
  • Un score faible était au contraire associé à une augmentation des Lachnospiraceae que plusieurs études ont associé à des troubles dépressifs susceptibles d’altérer le fonctionnement du cerveau et l’apprentissage implicite.

Vers de nouvelles pistes thérapeutiques

Malgré ses limites (échantillon de petite taille, non prise en compte des facteurs alimentaires et du niveau d’éducation, absence d’hommes), cette étude est prometteuse. Elle ouvre en effet la porte à de nouvelles pistes thérapeutiques pour prendre en charge les troubles tel que l’anorexie mentale.

Prochaine étape pour les chercheurs : mettre en place des études interventionnelles ciblées sur le microbiote intestinal, notamment par le biais de probiotiques tels que les bifidobactéries.

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Fait étonnant, la solution à la maladie d'Alzheimer pourrait se trouver dans notre intestin et non dans notre cerveau

Les premiers signes de la maladie d'Alzheimer pourraient être visibles dans l'intestin, et non dans le système nerveux central ou le cerveau. Une nouvelle étude révèle que ce n'est pas la santé intestinale globale qui importe, mais plutôt certaines bactéries spécifiques (nouveaux biomarqueurs). Il est surprenant de constater que certaines espèces nous protègent, tandis que d'autres, même si elles appartiennent à la même famille, peuvent être néfastes.

Le microbiote intestinal Maladie d'Alzheimer

Depuis de nombreuses années, nous savons que notre intestin et notre cerveau communiquent en permanence. Cet « axe intestin-cerveau » explique pourquoi nous ressentons parfois des « papillons dans le ventre » lorsque nous sommes nerveux. Aujourd'hui, une nouvelle étude historique 1 suggère que ce lien est bien plus important que nous ne l'avions imaginé, révélant que les premiers indices de la maladie d'Alzheimer pourraient ne pas se trouver dans le cerveau, mais être cachés parmi les milliards de bactéries qui vivent dans notre intestin.

Ce n'est pas le nombre qui compte, mais la composition

Les scientifiques pensaient que dans la maladie d'Alzheimer, le problème provenait d'une perte générale de différents types de bactéries intestinales, comme si un jardin devenait de moins en moins diversifié. Mais cette nouvelle recherche a révélé quelque chose de complètement différent. Chez les personnes souffrant d'altérations précoces de la mémoire (patients atteints d'un (sidenote: Trouble cognitif léger (TCL) Le TCL est un stade clinique entre le déclin cognitif attendu en cas de vieillissement normal et le déclin plus grave lié à la démence. Les personnes atteintes d'un TCL présentent des troubles perceptibles de la mémoire ou du raisonnement, mais peuvent encore accomplir la plupart de leurs activités quotidiennes, ce qui représente une opportunité cruciale pour l'intervention et l'étude. ) diagnostiqué), le nombre global de types de bactéries était correct.

Le vrai problème s'avérait être un changement concernant les bactéries spécifiques présentes. L'étude a permis d'identifier 59 types précis de bactéries, biomarqueurs potentiels plus ou moins fréquents chez les personnes en voie de développer la maladie d'Alzheimer. Cela nous indique que le problème n'est pas d'avoir moins de bactéries, mais plutôt que les mauvaises prennent le contrôle.

Dans l'intestin, les « gentils » et les « méchants » peuvent se ressembler

C'est là que l'histoire devient vraiment fascinante. L'étude a révélé que deux bactéries de la même famille pouvaient avoir des effets totalement opposés. Imaginez une famille avec un « bon jumeau » et un « mauvais jumeau ». Une bactérie, Bacteroides eggerthii, a été associée à un risque plus faible de développer des troubles de la mémoire. Elle agit comme un « gentil » pour le cerveau. Mais son proche parent, Bacteroides thetaiotaomicron, a été associé à un risque plus élevé. Il agit comme un « méchant ». Cette découverte est capitale, car elle signifie qu'auparavant la science, qui ne pouvait pas distinguer ces « parents » bactériens, passait à côté des détails les plus importants pour véritablement comprendre la maladie.

Quels sont les stades de la maladie d'Alzheimer ?

1. Tout va bien

Aucun signe de la maladie n'est détectable ; les petits trous de mémoire sont liés à l'âge et ne sont pas associés à un déclin cognitif.

2. Imperceptibles défaillances de mémoire

Des oublis épisodiques apparaissent (difficulté à trouver certains mots, confusion entre plusieurs noms, perte d'objets, etc.), mais sans impact sur la vie sociale ou professionnelle.

3. Vie quotidienne affectée

Les troubles cognitifs deviennent perceptibles et récurrents : désorientation, objets égarés, troubles de la concentration, discours répétitif, etc. La personne en est consciente, ce qui peut provoquer de l'anxiété ou du déni.

4. Diagnostic confirmé

La maladie d'Alzheimer est officiellement diagnostiquée ; les altérations de la mémoire et les difficultés à accomplir des tâches complexes (résoudre des calculs mentaux, se souvenir d'événements récents) augmentent, même si l'autonomie de base reste inaltérée.

5. Début de la dépendance

Le patient ne peut plus exécuter seul certaines tâches quotidiennes (comme cuisiner ou choisir ses vêtements), même si les besoins élémentaires (manger, aller aux toilettes) sont encore satisfaits ; une aide à domicile devient nécessaire.

6. Symptômes comportementaux et perte d'autonomie

Une assistance est nécessaire pour les activités quotidiennes et les troubles du comportement (agitation, errance, hallucinations, défiance, agressivité, etc.) rendent la vie à domicile de plus en plus difficile.

7. ​​​​​​​Perte totale d'autonomie et d'interactions

Le patient devient incapable de se déplacer ou de communiquer (parler, sourire) ; il dépend entièrement des autres pour l'ensemble de ses besoins et il est souvent confronté à des complications physiques au cours de cette phase finale de la maladie. 2

Vers un nouvel avenir pour la détection précoce

Qu'est-ce que cela implique pour vous ? Cette recherche ouvre la voie à une nouvelle approche révolutionnaire du diagnostic de la maladie d'Alzheimer. Grâce à l'identification d'une « bonne » bactérie, appelée Akkermansia muciniphila, qui a été associée à une diminution du nombre de (sidenote: Protéine amyloïde toxique Les amyloïdes sont des agrégats de protéines qui se replient les unes sur les autres. Dans le cas de certaines maladies neurodégénératives telles que la maladie d'Alzheimer, les plaques amyloïdes se forment à partir d'agrégats de protéines mal repliées, composées principalement de la protéine bêta-amyloïde. Ces plaques se forment autour des neurones et les empêchent de fonctionner correctement.

https://www.fondation-alzheimer.org/dictionnaire/plaques-amyloides/
)
présentes dans le cerveau des patients atteints de la maladie d'Alzheimer, les scientifiques sont en train de créer l'« empreinte digitale » d'un intestin sain.

Un jour, nous pourrons peut-être utiliser un simple échantillon de selles pour vérifier la présence ou non de ces « gentilles » et « méchantes » bactéries spécifiques. Cela pourrait permettre de repérer le risque de développer la maladie d'Alzheimer plusieurs années plus tôt qu'actuellement, nous offrant ainsi une occasion cruciale de protéger la santé de notre cerveau par le biais de notre alimentation et de notre mode de vie.

L’axe intestin-cerveau : Quel est le rôle du microbiote ?

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Corrélation entre des espèces microbiennes spécifiques et les pathologies amyloïde et tau dans la maladie d'Alzheimer

Nous avons établi un lien entre la santé intestinale et la maladie d'Alzheimer, mais une nouvelle étude apporte un changement de paradigme. Ce n'est pas la diversité globale qui importe, mais les identités microbiennes spécifiques. Certaines espèces, considérées comme des biomarqueurs bénéfiques, protègent le cerveau, tandis que d'autres, même d'un genre identique, peuvent accélérer le déclin cognitif.

Maladie d'Alzheimer

Depuis de nombreuses années, la communauté scientifique accumule les preuves que notre intestin et notre cerveau communiquent en permanence, un concept connu sous le nom d'axe intestin-cerveau 1, 2. Nous avons constaté que la composition du microbiote intestinal est différente chez les patients atteints de la maladie d'Alzheimer 3 et que cette dysbiose pourrait contribuer à la neuroinflammation qui alimente la maladie 4, 5.

Mais les détails précis sont encore flous. Nous avons observé la forêt, mais une nouvelle étude historique 6 se penche sur chaque arbre qui la compose, et ce qu'elle révèle pourrait changer fondamentalement notre façon d'aborder cette maladie neurodégénérative dévastatrice qu'est la maladie d'Alzheimer.

Au-delà du cerveau : pas de diversité globale, mais une identité microbienne spécifique

Et si les premiers murmures de la maladie d'Alzheimer n'étaient pas cognitifs, mais compositionnels ? Une étude de référence publiée dans Alzheimer's Research & Therapy apporte des preuves irréfutables que la clé pour comprendre, et peut-être un jour diagnostiquer, le déclin cognitif des patients atteints de la maladie d'Alzheimer pourrait se trouver dans les espèces spécifiques de bactéries résidant dans notre intestin.

Grâce au (sidenote: Séquençage métagénomique shotgun Il s'agit d'une méthode de séquençage haute résolution qui analyse tout le matériel génétique de chaque microbe présent dans un échantillon. Contrairement aux techniques plus anciennes qui se contentent d'identifier les familles de bactéries, ce séquençage permet une identification précise jusqu'au niveau de l'espèce et révèle les gènes fonctionnels que possèdent ces bactéries. ) haute résolution sur des patients atteints de (sidenote: Trouble cognitif léger (TCL) Le TCL est un stade clinique entre le déclin cognitif attendu en cas de vieillissement normal et le déclin plus grave lié à la démence. Les personnes atteintes d'un TCL présentent des troubles perceptibles de la mémoire ou du raisonnement, mais peuvent encore accomplir la plupart de leurs activités quotidiennes, ce qui représente une opportunité cruciale pour l'intervention et l'étude. ) , un stade intermédiaire critique, les chercheurs n'ont constaté aucune différence significative au niveau de la diversité globale du microbiote intestinal par rapport au groupe témoin sain. Par contre, la grande différence se retrouve dans l'identité des acteurs. L'étude a permis d'identifier 59 espèces microbiennes spécifiques dont la présence ou l'absence avait un lien direct avec le TCL, les plaques amyloïdes et les niveaux de (sidenote: Protéine tau Tau est une protéine qui, en temps normal, stabilise le système de transport interne, les microtubules, au sein des cellules nerveuses du cerveau. Dans le cas de la maladie d'Alzheimer, elle est anormalement phosphorylée et forme des enchevêtrements neurofibrillaires à l'intérieur des neurones, entraînant un dysfonctionnement cellulaire et la mort. ) , les principales caractéristiques pathologiques de la maladie d'Alzheimer. Cela témoigne que ce n'est pas la taille de l'armée microbienne qui compte, mais plutôt les soldats spécifiques qui composent les lignes de front.

Le rôle surprenant de deux bactéroïdes : pourquoi les détails relatifs à l'espèce changent-ils la donne ?

C'est là que les découvertes sur les biomarqueurs intestinaux apportent un véritable changement de paradigme. L'étude a révélé que différentes espèces d'un même genre pouvaient avoir des effets opposés sur la santé du cerveau. Par exemple, la présence de l'espèce Bacteroides eggerthii a été associée à un risque réduit de TCL. Cependant, une autre espèce, Bacteroides thetaiotaomicron, a été associée à un risque plus élevé.

Il s'agit d'une découverte essentielle, car elle démontre que les études antérieures reposant sur un séquençage à plus faible résolution, qui ne pouvait identifier les bactéries qu'au niveau de leur genre, sont peut-être passées à côté du plus important. Ce serait comme savoir qu'un individu est un « mammifère » sans savoir s'il s'agit d'une souris ou d'un lion. Cette activité spécifique à l'espèce est une découverte fondamentale, qui obligera désormais les chercheurs à adopter des méthodes plus précises.

Vers des biomarqueurs fonctionnels : le rôle protecteur d'Akkermansia

L'étude va au-delà de la simple corrélation, en identifiant des bactéries qui, en plus d'être présentes, sont fonctionnellement liées à la santé du cerveau. L'une des espèces bénéfiques identifiées, Akkermansia muciniphila, présentait une corrélation négative avec la charge amyloïde. Cela est important, car Akkermansia est connue pour produire des métabolites qui renforcent la barrière intestinale et possèdent des effets anti-inflammatoires 7. Cette recherche suggère que son rôle pourrait être encore plus direct, en influençant potentiellement le métabolisme énergétique du cerveau et en le protégeant contre l'accumulation de protéines toxiques, telles que la protéine tau.

L'identification d'espèces pro- et anti-inflammatoires spécifiques directement liées aux niveaux d'amyloïde et de tau ouvre la voie au développement de biomarqueurs métaboliques très sensibles 8, 9, 10, permettant potentiellement un diagnostic au stade du TCL, bien avant que des dommages irréversibles ne se produisent dans le système nerveux central.
.

Ces résultats renforcent la reconnaissance croissante du rôle du microbiote intestinal dans la maladie d'Alzheimer. Pour approfondir ce sujet, lisez nos articles consacrés à la façon dont le microbiote intestinal peut jouer un rôle clé, voire être un indicateur précoce de la maladie.

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L. iners : l’alliée du microbiote vaginal chez la femme enceinte ?

Mais quel rôle joue L. iners dans la santé vaginale des femmes enceintes ? Une étude chinoise 1 met en lumière le rôle complexe et globalement bénéfique de la bactérie dans le maintien d'un microbiote vaginal sain.

Le microbiote vaginal Anatomie féminine, microbiotes et hygiène intime

Le microbiote vaginal cet écosystème complexe de bactéries qui peuplent le vagin, joue un rôle crucial dans la santé des femmes, y compris des femmes enceintes : par exemple, une plus grande présence de lactobacilles semble réduire les fausses-couches.

Parmi les différents lactobacilles de la flore vaginale, Lactobacillus iners s’avère particulièrement intrigante : cette bactérie est présente à la fois dans les microbiotes sains et pathologiques, ce qui interroge quant à son rôle exact. Une étude menée sur 91 femmes chinoises au troisième trimestre de leur grossesse apporte un nouvel éclairage.

L. iners plus fréquent chez les femmes en bonne santé

L’étude montre qu’une femme en bonne santé sur deux abrite dans son vagin une flore dominée par L. iners, alors qu’elles sont moins d’une sur trois à présenter un tel microbiote dans le groupe des femmes malades ( (sidenote: Diabète gestationnel Diabète gestationnel, parfois appelé « diabète de grossesse » : Le diabète gestationnel peut apparaître pendant la grossesse chez les femmes qui ne sont pas déjà diabétiques, généralement autour de la 24e semaine. Un dépistage est généralement effectué entre la 24 e et la 28 e semaine. Il survient lorsque le corps ne parvient pas à produire suffisamment d'insuline pendant la grossesse — une hormone qui permet au sucre (glucose) du sang de pénétrer dans les cellules pour être utilisé comme source d’énergie. En conséquence, le taux de sucre dans le sang (glycémie) devient plus élevé que la normale. Chaque année, entre 5 % et 9 % des grossesses aux États-Unis sont touchées par le diabète gestationnel. Une prise en charge appropriée du diabète gestationnel permet de garantir une grossesse et un bébé en bonne santé. CDC ) , complications…).

A l’inverse, une flore dominée par L. crispatus se révèle plus fréquente chez les futures mères malades : ce type de flore atteint même 57% parmi les femmes souffrant de diabète gestationnel.

La fréquence plus élevée, mais aussi l’abondance renforcée de L. iners chez les femmes enceintes en bonne santé pourrait-elle expliquer leur bonne santé ? Peut-être, à en croire les chercheurs. En effet, qui dit plus de L. iners dit plus de fabrication de molécules microbiennes bénéfiques par cette bactérie. A commencer par une biosynthèse accrue d’une molécule au nom barbare de ‘tétrahydrofolate’, qui aide au maintien d’une inflammation moderée en fin de grossesse.

Ce type de fonctionnement illustre comment certaines souches de lactobacilles, bien que non considérées comme traditionnellement protectrices, peuvent contribuer à la régulation de l’écosystème vaginal pendant la grossesse.

50% 50 % des femmes en bonne santé présentaient un microbiote dominé par L. iners.

Des souches différentes de L. iners

Cependant, toutes les souches de L. iners ne se valent pas. Parmi les sept souches identifiées chez les femmes enceintes, trois souches associées à la (sidenote: Vaginose bactérienne La vaginose bactérienne (VB) est un type d'inflammation vaginale causée par un déséquilibre des espèces de bactéries qui sont normalement présentes dans le vagin. ) se sont montrées particulièrement douées pour former de redoutés biofilms qui sont autant d’abris où se multiplient les pathogènes ; quatre souches (certaines associées à la vaginose, d’autres non) auraient la capacité d’inhiber la croissance du pathogène Gardnerella vaginalis. Bref, chaque L. iners a ses spécificités et sans doute plusieurs tours dans son sac bactérien. Mais certaines souches pourraient aider à maintenir la stabilité de l'écosystème vaginal chez les femmes enceintes.

Le vagin et les bactéries – un équilibre fragile

Le vagin est naturellement peuplé de milliards de bactéries, dont le rôle est de protéger l’équilibre de la flore locale. Lorsqu’une dysbiose survient, cet équilibre peut basculer, favorisant l’apparition d'infections comme la vaginose bactérienne. Les probiotiques sont aujourd’hui envisagés comme une piste prometteuse pour restaurer cet équilibre, notamment chez les femmes enceintes, chez qui le microbiote vaginal peut être plus instable.

Pour conclure :

Loin d’avoir un rôle uniquement bénéfique ou pathogène, L. iners agit comme un véritable agent double, dont l’impact sur le microbiote vaginal dépend à la fois de son contexte, de la souche concernée, et de l’écosystème environnant. Un équilibre subtil à surveiller de près pendant la grossesse.

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Quel rôle joue L. iners dans la santé vaginale des femmes enceintes ?

Lactobacillus iners, à la fois présent dans les microbiotes sains et pathologiques, joue un rôle ambigu qu’une étude chez la femme enceinte éclaire d’un nouveau jour.

Les différents profils du microbiote vaginal

Le microbiote vaginal a été classé en 5 « types », appelés CST (community state types) : trois CST favorables (respectivement dominés par Lactobacillus crispatus, Lactobacillus gasseri ou Lactobacillus jensenii), un défavorable, et un CST – le CSTIII – dominé par L. iners qui fait encore débat quant à son rôle dans la santé vaginale.

En effet, cette bactérie affiche une ambivalence : alors qu’elle semble faire partie intégrante d’un microbiote vaginal sain, elle est paradoxalement également abondante dans les conditions pathologiques et dysbiotiques, et a même été impliquée dans la colonisation par le streptocoque du groupe B pendant la grossesse.

Davantage de L. iners chez les futures mères en bonne santé

Pour mieux comprendre les liens entre flore microbienne et santé vaginale, des chercheurs chinois se sont penchés sur le cas particulier des femmes enceintes (3e trimestre), en bonne santé (34 femmes) ou non (61 femmes avec du diabète gestationnel, des complications, une infection…). Leurs résultats soulignent une persistance de la prédominance des Lactobacilles et le maintien de la diversité alpha chez toutes les futures mères.

50% 50 % des femmes enceintes en bonne santé présentent un microbiote vaginal dominé par L. iners

57% 57 % des femmes enceintes souffrant de diabète gestationnel présentent un microbiote vaginal dominé par L. crispatus.

Mais surtout, le type dominé par L. iners était moins fréquent dans le groupe des femmes malades (31,15 %) que dans le groupe des femmes en bonne santé (50 %). Par ailleurs, L. iners était relativement plus abondant (en pourcentage des espèces présentes) chez les femmes en bonne santé.

A l’inverse, le type dominé par la protectrice L. crispatus était paradoxalement plus fréquent chez les femmes souffrant de diabète gestationnel ou de complications maternelles. Ce constat remet en perspective la compréhension de la dysbiose vaginale, souvent simplifiée comme un simple déséquilibre entre bactéries « bonnes » et « mauvaises ».

Des voies métaboliques modifiées

La présence renforcée de L. iners chez les femmes enceintes en bonne santé allait de pair avec la surexpression de voies métaboliques favorables à une grossesse en bonne santé : par exemple, la biosynthèse du (sidenote: Tétrahydrofolate coenzyme dérivée de l’acide folique impliquée notamment dans la synthèse des bases nucléiques, purines et pyrimidines, constituant les acides nucléiques (ADN et ARN) du matériel génétique. Le THF intervient également dans la synthèse d'acides aminés tels que la méthionine, l'histidine et la sérine. ) pourrait jouer différents rôles (synthèse microbienne de folates, état légèrement pro-inflammatoire).

Mais la présence accrue de cette bactérie chez les femmes en bonne santé allait également de pair avec des voies de synthèse de (sidenote: Glycosyltransférase enzyme membranaire qui catalyse la liaison d'un glucide sur une protéine pour former une glycoprotéine. Chez les bactéries pathogènes, ces glycoprotéines ont été impliquées à différentes étapes du processus infectieux.

Source : Tomás JM, Fulton KM, Twine SM et al. Generation of Null Mutants to Elucidate the Role of Bacterial Glycosyltransferases in Bacterial Motility. J Vis Exp. 2022 Mar 11;(181).
)
et de résistance aux antibiotiques, comparativement aux femmes souffrant de pathologies. Ces mécanismes pourraient refléter l’adaptation dynamique de la flore à un environnement immunitaire et hormonal typique du troisième trimestre.

Accédez à des supports visuels clairs pour expliquer le rôle du microbiote vaginal, notamment l'infographie « Women's microbiota: the missing piece in intimate health » :

Infographies à partager avec vos patientes

7 souches de L. iners très différentes

Des analyses plus poussées montrent que toutes les L. iners ne se valent pas : parmi les 7 souches de L. iners identifiées par les auteurs, 3 souches associées à la vaginose bactérienne (vs 4 souches associées à la bonne santé) se sont montrées plus performantes dans la formation de biofilms, grâce à des gènes codant pour des protéines impliquées. L’équipe montre également que 5 des 7 souches identifiées (associées ou non à la vaginose bactérienne) inhibent la croissance du pathogène G.vaginalis, impliqué dans la prématurité.

Ces résultats suggèrent que L. iners pourrait avoir une influence protectrice selon les conditions environnementales et les souches impliquées. Une flore dominée par certaines souches de L. iners pourrait ainsi participer à la prévention de complications liées à une dysbiose persistante.

Selon les auteurs, cette hétérogénéité, notamment vis-à-vis de G. vaginalis, mérite de poursuivre les investigations.
D’autant que L. iners, sans doute via sa flexibilité métabolique, semblait participer à la stabilité de l'écosystème vaginal dans la population étudiée.

Explorez les dernières avancées sur les conditions favorisant un microbiote vaginal équilibré :

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Bien dans sa peau… et son microbiote cutané

Et si le secret de notre bien-être se cachait sur notre peau ? Une étude britannique pionnière dans le genre, suggère un lien entre microbiote cutanée et équilibre émotionnel :les personnes ayant plus de Cutibacterium seraient moins stressées et plus heureuses.

Le microbiote cutané La dépression Eczéma Psoriasis et microbiote Acné et microbiote

Faudra-t-il désormais dire « bien dans son microbiote cutané ” plutôt que « bien dans sa peau » ?

C’est en substance ce que suggère une étude britannique qui tisse un lien entre le bien-être psychologique et les microorganismes qui peuplent notre peau, plus précisément de la peau du visage, du cuir chevelu, de l’avant-bras et aisselles, sur la base de l’étude de 53 Britanniques âgés en moyenne de 63 ans.

Cette recherche met en lumière un système d’interactions entre peau et cerveau, en écho aux dynamiques déjà connues dans l’axe intestin-cerveau.

Davantage de Cutibacterium, davantage de bien-être ?

L’étude montre pour la première foisune présence accrue de certains genres bactériens chez les participants les mieux dans leur peau, que ce soit en termes de bien-être général ou de bien-être de la zone cutanée incriminée. La bactérie cutanée la plus souvent présente chez les Britanniques les mieux dans leurs corps : (sidenote: Cutibacterium Genre de bactéries dont le classement a été beaucoup remanié ces dernières années (jusqu’en 2016, on parlait de Propionibacterium). Ce genre bactérien comprend plusieurs espèces donc la célèbre C. acnes (pathogène opportuniste impliqué dans l’acné et dans des infections de prothèses mammaires, d’épaule, etc.,) mais aussi C. avidum, C. granulosum, C. namnetense et C. humerusii. Ahle CM, Feidenhansl C, Brüggemann H. Cutibacterium acnes. Trends Microbiol. 2023 Apr;31(4):419-420. ; CTCB ) .  Vous en avez davantage sur le visage ? Vous devez être peu stressé(e). Vos aisselles en regorgent : votre humeur a de fortes chances d’être au beau fixe et votre niveau de stress au plus bas. À l’inverse, une moindre présence de cette bactérie pourrait contribuer à des troubles comme le stress, l’anxiété ou la dépression.

A noter que cette trouvaille a de quoi surprendre : quand on parle de Cutibacterium, c’est surtout l’image de C. acnes et de cauchemars pubertaires qui viennent à l’esprit. Et non celle de la zénitude des seniors britanniques. Ainsi cette bactérie pourrait aussi participer à notre santé cutanée en repoussant les pathogènes et en régulant l’acidité de la peau, grâce à sa capacité à transformer le sébum en acides gras libres.

Effets de Cutibacterium selon la zone du corps

  • Visage : les personnes qui hébergent davantage de Cutibacterium sur leur visage ressentent moins de stress.
  • Aisselles : une plus grande présence de cette bactérie est liée à une meilleure humeur et à un stress réduit.
  • Avant-bras : plus de Cutibacterium sur cette zone est associé à une meilleure satisfaction vis-à-vis de sa peau.

Cause ou conséquence ?

Reste la question centrale : la présence de Cutibacterium est-elle une cause ou une conséquence du bien-être ? Autrement dit, est-ce la présence de Cutibacterium qui nous rend heureux ou est-ce notre bien-être qui les attire sur notre peau ?  A moins que les deux résultent d’un autre dénominateur commun (le style de vie, le sport, l’alimentation par exemple)

Impossible de trancher à ce stade. On sait que la peau et son microbiote cutané offrent une barrière protectrice à notre corps, repoussant les pathogènes... et donc nous offrant sécurité et tranquillité. Inversement, il a été montré que le stress, l’anxiété ou la dépression peuvent impacter notre peau, en entraînant l’apparition de troubles cutanés notamment l’eczéma (ou dermatite atopique), le psoriasis, l'acné, ou les odeurs au niveau des aisselles.

17% Seulement 17% des personnes sondées déclarent savoir précisément ce qu’est le microbiote cutané. ²

Nous avons entendu parler de l’axe intestin-cerveau, maintenant, il existe l’axe peau-cerveau bidirectionnel, le premier influençant le second et vice-versa. Et pour la première fois, une relation entre microbiote cutané et bien-être psychologique est mise en évidence. De quoi inviter la recherche en (sidenote: Psychodermatologie La psychodermatologie est un domaine relativement nouveau de la médecine, qui se concentre sur les interactions entre l'esprit et la peau. Le traitement des troubles psychodermatologiques se concentre sur l'amélioration de la fonction, la réduction de la détresse physique, le diagnostic et le traitement de la dépression et de l'anxiété associés aux maladies de la peau, la gestion de l'isolement social et l'amélioration de l'estime de soi du patient. Les interventions pharmacologiques et psychologiques sont utilisées dans le traitement des troubles psychocutanés. Approfondir Jafferany M, Franca K. Psychodermatology: Basics Concepts. Acta Derm Venereol. … ) à étudier plus avant les bactéries impliquées et leur influence potentielle sur notre santé cutané et général.

Sèche, humide ou grasse : à chaque zone sur le corps, son microbiote

Souvent trop sèche au niveau des mains – au point que l’on passe l’hiver à l’hydrater – la peau est tout au contraire humide au niveau des aisselles, des plis (coude, arrière du genou) ou de l‘aine.

S’y ajoute une troisième variante : la peau grasse, typique de certaines zones du visage, de la poitrine ou du dos. Trois environnements donc (sec, humide, gras), dans lesquels vivent trois microbiotes différents, adaptés aux spécificités de ces trois milieux.

A noter : le microbiote cutané varie également tout au long de l’épaisseur de la peau, de l’épiderme (en surface) à l’hypoderme (sous le derme) : plus on s’enfonce profondément, moins les bactéries sont nombreuses et plus elles sont comparables d’un individu à l’autre.

Comprendre les microbiotes : leur rôle dans le corps humain

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Microbiote fécal : un biomarqueur du cancer colorectal et de sa progression

Optimiser le dépistage non invasif du cancer colorectal grâce au microbiote: tel est l’enjeu de l’analyse de 3 741 métagénomes fécaux issus de 18 cohortes pour identifier de meilleures combinaisons de biomarqueurs microbiens.

Photo: Fecal microbiota: a biomarker for colorectal cancer and its progression

Troisième type de tumeur le plus fréquent, le cancer colorectal (CCR) est le deuxième cancer le plus meurtrier. Le microbiome intestinal semble jouer un rôle crucial dans la carcinogenèse. Pour autant, la recherche reste trop lacunaire pour utiliser le microbiote comme outil de dépistage clinique, alors même qu’une détection précoce augmenterait les chances de survie.

D’où l’intérêt de travaux publiés en 2025 dans Nature Medicine reposant sur l’analyse de 18 jeux de données : 12 issus de base pré-existantes réunissant 2 116 personnes (930 patients atteints de CCR, 210 d'adénomes et 976 témoins sains) et 6 issus de nouvelles cohortes (1 625 individus) fournissant à la fois des informations sur le stade du cancer et l'emplacement anatomique des tumeurs. Soit un total de 3 741 individus, laissant espérer une puissance statistique et une précision des résultats.

3 Le cancer colorectal (CCR) est le troisième type de tumeur le plus fréquent.

2 Le CCR est le deuxième cancer le plus mortel dans le monde.

Des espèces impliquées, notamment orales

Les auteurs ont détecté 3 866 espèces bactériennes, 15 eucaryotes et 23 archées. Les microbiotes des témoins diffèrent largement de ceux des patients CCR, confirmant les résultats des précédentes études : 125 espèces s’avèrent plus abondantes chez les malades (106 connues et 19 inconnues) et 83 chez les témoins (53 connues et 30 inconnues).

Parmi les espèces plus abondantes chez les malades, figurent 5 sous-espèces de F. nucleatum : F. nucleatum subsp. animalis, vincentii (2 sous espèces différentes), nucleatum, polymorphum. S’y ajoutent d'autres bactéries déjà associées au CCR telles que P. micra et B. fragilis.

L’action du microbiote intestinal pourrait impliquer la régulation de l'ammoniac dans le microenvironnement tumoral du CCR. 

Une part importante des bactéries intestinales spécifiques du CCR se révèlent être des espèces typiquement orales : c’est ainsi le cas de 21 des 125 espèces plus abondantes chez les maladies (16,8 %), dont 11 typiques de la plaque dentaire.

30 % L’incidence du CCR est 30 % plus élevée chez les hommes.

60-65% 60 à 65 % des cas surviennent chez des individus sans antécédents familiaux.

Prédire le CCR

Mais surtout, ce vaste jeu de données a permis d’améliorer la précision de la prédiction du CCR sur la base d’un simple prélèvement de selles : l’aire sous la courbe (AUC), critère d’évaluation de la performance de ce type de modèle, atteint désormais 0,85, soit une amélioration comparativement aux précédentes études (0,81 maximum). Une large partie de cette prédiction repose sur les bactéries typiquement orales.

Les auteurs montrent également :

  • Que les biomarqueurs microbiens sont liés à la présence de la tumeur,
  • Qu’ils varient selon le stade de la maladie : l’abondance de P. micra et F. nucleatum augmente dès le stade I du CCR, tandis que celle d’Akkermansia muciniphila et Parabacteroides distasonis croit aux stades avancés, suggérant que les évolutions du microbiote se produisent de manière continue et s'accentuent avec la progression du cancer (séquence adénome-carcinome).
  • Et qu’ils diffèrent également selon la localisation de la tumeur : trois espèces typiquement orales étaient par exemple significativement accrues dans le cancer colorectal proximal.

40% Seulement 40 % des cas de CCR sont diagnostiqués avant l’apparition de métastases, avec les meilleurs taux de survie lorsque la tumeur est détectée tôt.

5 ans Le taux de survie à 5 ans pour le cancer du côlon et du rectum de stade IV est respectivement de 11 % et 15 %.

De précédent travaux avaient impliqué l’ammoniac de l’environnement tumoral dans l’épuisement de cellules T et la progression du cancer.

Bien que cette étude d’association ne puisse établir de lien causal entre microbiote et cancer colorectal, des données indépendantes suggèrent un rôle contributif. Elle confirme la valeur du microbiote fécal comme biomarqueur de dépistage et identifie des signatures microbiennes liées à la progression tumorale, à approfondir par des études mécanistiques.

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Actualités Gastroentérologie Oncologie

Les modifications du microbiote chez la femme

Que devient votre microbiote à l’âge adulte, et pourquoi est-ce important ? Des variations hormonales aux maladies chroniques, en passant par le risque de cancer, la santé mentale ou encore la libido, la recherche scientifique montre que les déséquilibres du microbiote intestinal, vaginal, cutané et même séminal peuvent avoir un impact profond sur la santé des femmes. Comment les hormones, les contraceptifs, le stress ou le vieillissement influencent-ils vos écosystèmes microbiens ? Vos habitudes quotidiennes ou votre alimentation peuvent-elles aider à rétablir l’équilibre ?

Explorez l’axe intestin-cerveau, les microbiotes intimes, la fertilité et l’inflammation pour comprendre comment prendre soin de votre microbiote peut favoriser le bien-être, prévenir certains troubles et améliorer la qualité de vie à chaque étape de la vie adulte des femmes.

Microbiote vaginal et équilibre intime

Le microbiote féminin joue un rôle essentiel dans la santé sexuelle, la santé menstruelle, la fertilité et les maladies vaginales. Comment les hormones, les contraceptifs et les déséquilibres microbiens influencent-ils ces différents aspects ? Découvrez les dernières avancées scientifiques sur les liens entre microbiote et santé intime.

Santé sexuelle, IST et microbiote

Longtemps négligés, les liens entre santé sexuelle, infections sexuellement transmissibles (IST) et microbiote vaginal suscitent aujourd’hui un intérêt croissant dans la recherche. Ces travaux mettent en lumière le rôle des écosystèmes microbiens dans le risque d’infection, les mécanismes de protection et l’équilibre intime global.

Contraception et microbiote

Des études émergentes suggèrent que les contraceptifs pourraient modifier le microbiote vaginal et intestinal, avec des répercussions possibles sur le risque d’infection, l’inflammation et la santé reproductive. Comment les hormones, les dispositifs intra-utérins (DIU) ou la pilule influencent-ils nos écosystèmes microbiens intimes ?

Santé menstruelle et microbiote

Les menstruations entraînent des variations hormonales, immunitaires et microbiennes. Des recherches récentes révèlent comment les microbiotes vaginal et intestinal pourraient influencer la douleur, l’endométriose et les infections. Et si les microbes nous aidaient à mieux comprendre la santé menstruelle ?

Fertilité, grossesse et microbiote

Le rôle du microbiote dans la fertilité et la grossesse suscite un intérêt croissant dans la recherche. Un microbiote vaginal et intestinal équilibré pourrait-il favoriser la conception et réduire les risques de fausse couche ou de complications pendant la grossesse ?

Maladies vaginales et microbiote

La santé vaginale est fortement influencée par le microbiote. Les déséquilibres peuvent conduire à des pathologies telles que la vaginose bactérienne, les mycoses ou encore la cystite. Quel rôle jouent ces altérations microbiennes dans le développement et le traitement des maladies vaginales ?

Hormones féminines et microbiote

Les variations hormonales tout au long de la vie d’une femme, en particulier à la ménopause, peuvent avoir un impact important sur les microbiotes vaginal, intestinal et cutané.

Comment ces changements influencent-ils la santé ? Agir sur le microbiote peut-il aider à réguler les hormones et à favoriser le bien-être ? Découvrez les dernières avancées scientifiques sur le sujet.

Équilibre hormonal et microbiote

Les variations hormonales, comme celles observées à la ménopause, influencent le microbiote, avec des répercussions sur la santé vaginale, intestinale et cutanée. Comment ces changements affectent-ils le bien-être global, et peut-on agir sur le microbiote pour préserver l’équilibre hormonal ?

Ménopause et microbiote

La ménopause provoque des bouleversements hormonaux qui modifient le microbiote, en particulier au niveau vaginal et intestinal.
Comment ces changements influencent-ils l’inflammation, la santé urinaire et le bien-être global ? Quelles sont les nouvelles solutions émergentes pour les accompagner ?

Photo: A pro-cancer bacterium in the breast

Maladies chroniques, cancers et microbiote féminin

Un déséquilibre du microbiote intestinal peut-il augmenter le risque de cancer, d’inflammation chronique ou d’infertilité ?
Des perturbations du microbiote intestinal, vaginal ou séminal pourraient influencer les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), les résultats de la fécondation in vitro (FIV) et la progression tumorale ouvrant ainsi de nouvelles perspectives en matière de prévention, de diagnostic et d’innovation thérapeutique. Maintenir l’équilibre microbien pourrait devenir un pilier essentiel de la santé des femmes tout au long de la vie.

Microbiote et cancer : des facteurs de risque aux traitements

Comment les microbiotes intestinal, mammaire ou vaginal influencent-ils le risque de cancer et son traitement ? Découvrez comment l’équilibre microbien peut agir sur les cancers du sein et du col de l’utérus, de la gestion de la douleur à l’efficacité de l’immunothérapie.
La science révèle de nouveaux alliés puissants dans la prise en charge du cancer.

Infertilité et microbiote

Un déséquilibre du microbiote peut-il être à l’origine de l’infertilité ? Découvrez comment une dysbiose intestinale, vaginale ou séminale peut affecter la fertilité, les résultats de la FIV et la santé embryonnaire. De récentes recherches mettent en lumière de nouvelles cibles microbiennes pour accompagner la conception et la santé reproductive des couples.

Inflammation et microbiote

Un microbiote déséquilibré peut-il déclencher une inflammation ? Des MICI au psoriasis, en passant par l’arthrite ou les troubles vaginaux et urinaires, explorez comment les microbiotes intestinal, cutané et vaginal influencent l’inflammation chronique et comment ils pourraient détenir la clé pour anticiper et améliorer les traitements.

Prévention et microbiote

Le microbiote peut-il contribuer à prévenir le cancer, l’infertilité ou les MICI ? Découvrez comment les déséquilibres du microbiote intestinal, vaginal et séminal appelés dysbioses peuvent affecter la santé des femmes, et comment le rétablissement de cet équilibre microbien pourrait favoriser la prévention des maladies, voire aider au diagnostic.

Actu PRO Maladie d’Alzheimer : un rôle facilitateur du microbiote intestinal ?

Connexion intestin-cerveau et santé des femmes

Votre microbiote intestinal peut-il influencer votre humeur, votre niveau de stress, voire votre libido ? Nombreuses sont les femmes qui se demandent pourquoi elles se sentent anxieuses, déprimées ou déconnectées et la science met en lumière le rôle de l’axe intestin-cerveau. Découvrez comment les déséquilibres du microbiote intestinal et vaginal peuvent perturber la santé mentale et hormonale, et quelles habitudes quotidiennes peuvent naturellement aider à rétablir l’équilibre et le bien-être.

Effets du microbiote sur la santé mentale

Les bactéries intestinales peuvent-elles influencer la santé mentale des femmes ? À l’âge adulte, l’anxiété, la dépression ou les sautes d’humeur pourraient être liées à un déséquilibre du microbiote intestinal. Découvrez comment l’axe intestin-cerveau façonne l’équilibre émotionnel et ouvre de nouvelles voies de prévention et de prise en charge.

Effets du microbiote sur la libido

Le microbiote intestinal peut-il influencer la libido féminine ? Chez les femmes adultes, une baisse du désir sexuel pourrait être liée à une dysbiose intestinale, à des troubles de l’humeur ou encore à l’axe intestin-cerveau. Explorez comment les déséquilibres microbiens peuvent impacter la santé sexuelle et ce que la science révèle sur les moyens de raviver le désir.

Microbiote : des habitudes quotidiennes qui font la différence

Quelles habitudes quotidiennes permettent de préserver un microbiote en bonne santé ? De l’alimentation favorable à la flore intestinale à l’hygiène intime, découvrez des conseils pratiques, ludiques et validés par la science pour soutenir l’équilibre du microbiote intestinal et vaginal et renforcer la santé et le bien-être des femmes adultes.

Ce que les femmes savent (et ignorent)

sur leur microbiote vaginal

Quel est le lien entre microbiote et santé des femmes ? L’Observatoire International du Microbiote, fondé sur une enquête menée auprès de 7 500 personnes dans 11 pays, explore les connaissances, perceptions et comportements des femmes vis-à-vis de leur microbiote intestinal, vaginal et urinaire. L’édition 2024 révèle un manque de sensibilisation à l’échelle mondiale, un intérêt croissant pour le rôle du microbiote dans la santé hormonale, digestive et intime, ainsi qu’une forte demande en matière de prévention, d’éducation et d’accompagnement. Plongez dans le rapport complet pour découvrir les enseignements clés, les chiffres marquants, et ce que les femmes du monde entier savent ou ignorent vraiment sur leur microbiote.

Découvrez l'enquête de l'Observatoire international du microbiote 2024

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Les pratiques à risque pour votre microbiote vaginal

Soirées arrosées, partenaires multiples, antibiotiques, produits d’hygiène intime… Quels sont les facteurs de risque pour les microbiotes vaginaux des étudiantes, et les flores vaginales qui y sont le plus sensibles ?

Le microbiote vaginal

Au cours de la vie d’une femme, microbiote vaginal évolue… au point parfois de changer de type (voir encadré), comme l’a montré le suivi 1 de 125 jeunes femmes de 18 à 25 ans, ayant une vie sexuellement active, résidant dans le Sud de la France (Montpellier).

On distingue 5 types de communautés vaginales 2 (ou CST pour Community State Type), que l’on peut ranger en trois groupes comme le font les auteurs de cette étude :

  • 3 types optimaux en termes de santé vaginale, dominés par les lactobacilles : le CST I dominé par Lactobacillus crispatus, le CST II par L. gasseri, et le CST V par L. jensenii ;
  • 1 type sous optimal, le CST III, dominé par un autre lactobacille (L. iners), beaucoup plus vulnérable à la dysbiose ;
  • et 1 type non optimal, caractérisé par sa faible teneur en lactobacilles (type IV).

Lactobacilles, garants de stabilité

Premier enseignement de l’étude : les communautés bactériennes dominées par les Lactobacilles – des bactéries en bâtonnet connues pour être les plus favorables à la santé intime des femmes –, sont aussi plus stables dans le temps. Autrement dit, si votre microbiote vaginale est riche en Lactobacilles, que ce soit des L. crispatus, L. gasseri, L. jensenii, ou L. iners, elle sera plus difficile à ébranler.

Un microbiote vaginal équilibré et dominé par ces Lactobacillus limite la prolifération des pathogènes, mais cela peut tout de même arriver si vous mettez votre microbiote à trop rude épreuve !

Avez-vous déjà entendu parler de « dysbiose » ?

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Soirées arrosées, flore vaginale perturbée

Second enseignement : la liste des facteurs susceptibles de mettre la pagaille dans notre flore vaginale !

Au rang des suspects identifiés chez nos 125 étudiantes : l’alcool, facteur ayant l’effet le plus fort et le plus constant, qui favorise une flore sous-optimale et augmente la vulnérabilité du vagin aux infections, notamment en facilitant la la prolifération de bactéries pathogènes.

Partenaires, hygiène et antibiotiques

D’autres facteurs pourraient également influencer la transition d’une communauté bactérienne vaginale vers une autre :

  • un nombre plus élevé de partenaires sexuels augmenterait le risque de maintenir (ou de passer à) une flore non optimale et favoriser ainsi l’apparition d’infections vaginales pouvant évoluer en vaginose bactérienne. 

Des études ont montré que le microbiote génital peut être transféré entre partenaires sexuels, ce qui pourrait déstabiliser la communauté microbienne résidente.

  • L’utilisation de produits d’hygiène intime (crèmes, comprimés, capsules, gels et lingettes) aurait des effets variables sur la santé d’une femme à l’autre, avec de possibles évolutions circulaires d’un type de flore à l’autre

L’étude indique que les probiotiques peuvent provoquer des perturbations temporaires du microbiote vaginal. Toutefois, ils ne figurent pas parmi les covariables analysées dans ce travail.
L’utilisation de produits d’hygiène intime, quant à elle, est associée à des effets variables sur les communautés bactériennes, selon le type de microbiote présent.

  • Quant à la prise d’antibiotiques, elle semblait peu associée à une transition vers une flore vaginale d’un autre type. Cette absence d’effet observée a surpris les chercheurs : les prélèvements étaient-ils trop espacés pour « capturer » le court changement de flore éventuellement lié à l’antibiotique ?

Quoi qu’il en soit

l’étude montre combien la flore vaginale est fragile et en perpétuel équilibre. Et si les microbiotes vaginaux dominés par les Lactobacilles semblent résilients, il convient de ne pas trop pousser le bouchon, car une vie étudiante trop arrosée peut les mettre en danger.

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