Anatomie féminine, microbiotes et hygiène intime

La différence entre la vulve et le vagin (vous ne comprenez pas ?). L'hygiène intime ? (vous ne comprenez toujours pas ?)... Quand on interroge les femmes sur ces sujets, elles sont souvent évasives. Cours pratique d'anatomie et de bonnes pratiques.

Alors qu’on les croyait libérées par les combats féministes des années 2000, les jeunes générations s’avèrent encore moins à l'aise que leurs aînées quand il s’agit de parler des organes génitaux féminins. Et pendant que les quarantenaires, influencées par des spots publicitaires sur la fraîcheur de l’entrejambe, se ruent sur les déodorants intimes, la génération suivante, attentive à son image, se révèle adepte de procédures esthétiques, comme la (sidenote: Vulvoplastie Chirurgie plastique de la vulve, pour augmenter ou réduire la taille ou le volume des grandes lèvres. ) 1. A chaque génération son lien avec l’intime, donc. Reste que l’hygiène et la santé de cette zone corporelle fragile doivent être une préoccupation de tout âge… d’où quelques rappels (dé ?)culottés, afin de lever le voile sur d’éventuels tabous.

Un peu d'anatomie

L’appareil génital féminin est à la fois une terra incognita en termes d’anatomie et un tabou en termes de conversation, y compris chez les femmes. Tant et si bien que les professionnels de santé peinent à comprendre les maux de leurs patientes faute d’explications claires, et/ou parce qu’elles confondent la vulve (partie externe de leur appareil génital) avec leur vagin (partie interne) 1.

Pour faire court :

la vulve, c’est dehors ; le vagin, c’est dedans !

La vulve

comprend un ensemble de tissus visibles lors d’un examen externe 1 :

  • une partie du mont du pubis (ou mont de Vénus), zone charnue et poilue qui recouvre l’os du pubis,
  • le clitoris, lié au plaisir sexuel, homologue féminin du prépuce de l’homme,
  • les grandes lèvres, plis extérieurs protecteurs,
  • les petites lèvres, situées à l’intérieur des grandes lèvres, qui comprennent de nombreuses glandes sébacées,
  • et le vestibule vulvaire, zone située entre les petites lèvres où se trouve l'entrée du vagin et, juste au-dessus, le méat urétral (orifice du système urinaire).

La peau du mont du pubis et des grandes lèvres est dotée de glandes sébacées 1 qui produisent un film hydrolipidique protecteur 1,2. La vulve est par ailleurs dotée de glandes (glandes de Bartholin, glandes de Skene) qui assurent la lubrification des petites lèvres et du vestibule vulvaire lors des rapports sexuels 1.

le vagin

D’une dizaine de centimètres de longueur, le vagin est une cavité qui n’est pas visible de l’extérieur.

  • Sur sa partie basse, il communique avec l’extérieur au niveau de la vulve, et plus précisément du vestibule vulvaire ;
  • à son sommet, il aboutit au col de l’utérus1.

Le vagin peut accueillir les tampons et coupes menstruelles durant les règles, le pénis d’un partenaire lors de rapports sexuels ou votre sextoy préféré… et le speculum de votre gynéco lors de vos rendez-vous médicaux !

Au point où nous en sommes, autant faire le tour de tous les orifices. D’avant en arrière, le sexe féminin comprend, dans l’ordre, trois ouvertures :

  • le méat urinaire, relié à la vessie (qui stocke l’urine) par un canal appelé l’urètre (qui permet d'évacuer l'urine à l'extérieur du corps lors de la miction) 2,
  • puis l’entrée du vagin (reproduction),
  • puis l’anus (selles).

On parle d’ailleurs de :

Zone périanale

pour désigner la zone qui entoure l’anus ;

Zone périnéale

pour désigner le grand ensemble formé par la vulve et la zone péri-anale (autrement dit, tout l’entrejambe) 1.

Actu GP : Infections urinaires récurrentes a la ménopause, la faute au microbiote de la vessie ?

Les microbiotes de l'intime féminin

Notre intimité ne fait pas exception : comme les autres organes, elle abrite un microbiote ou plutôt des microbiotes avec :

Un microbiote vulvaire

Commençons par le microbiote vulvaire. On aurait pu croire qu’il était connu sur le bout des doigts puisque externe. Et pourtant, force est de reconnaître que les données à son sujet ne sont pas légion 1,3. Les rares études évoquent, du bout des lèvres, la possible présence de bactéries diverses et variées (Lactobacillus, Corynebacterium, Staphylococcus et Prevotella) et de champignons de type levures 1,3.

D’ailleurs, peut-être faudrait-il envisager de parler non pas d’un microbiote vulvaire, mais de microbiotes vulvaires (au pluriel), selon les zones de la vulve : un microbiote du mont du pubis, un microbiote des grandes lèvres, un microbiote des petites lèvres3.

Une chose semble néanmoins acquise : la diversité est doublement de mise, que ce soit :

au sein du microbiote vulvaire de chaque femme où coexistent foison de (sidenote: Microorganismes Organismes vivants qui sont trop petits pour être vus à l'oeil nu. Ils incluent les bactéries, les virus, les champignons, les archées, les protozoaires, etc… et sont communément appelés "microbes". Source : What is microbiology? Microbiology Society.
 
)
,
ou entre deux femmes (aucune espèce commune à toutes les femmes n’est répertoriée) 1.

Un microbiote vaginal, ou flore vaginale ou encore flore de Döderlein

Du côté du microbiote vaginal (ou flore vaginale), c’est tout le contraire. Dans le vagin, les lactobacilles (notamment Lactobacillus crispatus, Lactobacillus iners, Lactobacillus gasseri et Lactobacillus jensenii) règnent généralement en maîtres et maintiennent une acidité locale grâce à leur production d’acide lactique 1,4.

Ce pH acide, de 4,0 à 4,5, tient à distance les (sidenote: pathogènes Un pathogène est un microorganisme qui cause, ou peut causer, une maladie Pirofski LA, Casadevall A. Q and A: What is a pathogen? A question that begs the point. BMC Biol. 2012 Jan 31;10:6. ) , de même que l’eau oxygénée et les bactériocines produites par ces mêmes lactobacilles pour venir à bout des pathogènes les plus récalcitrants.

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Composition of the vaginal microbiota_fr
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Représentation des principaux groupes de bactéries du microbiote vaginal, dont les lactobacilles, clés de l’équilibre intime et de la prévention des infections

Un microbiote urinaire

Le microbiote urinaire a longtemps été considéré comme stérile. Une erreur puisque l’urine contenue dans la vessie possède elle aussi un écosystème microbien. Bien que le microbiote urinaire soit bien distinct de ses proches voisins (microbiotes anal, vaginal, ou vulvaire), il partage avec eux certains microorganismes 5. Il est aussi beaucoup moins densement peuplé, et souvent dominé par un seul type bactérien. On retrouve principalement les lactobacilles mais aussi Gardnerella, Streptococcus et Corynebacterium 6.

Un microbiote péri-anal

Enfin, le microbiote périanal est le reflet de notre très riche microbiote intestinal, et notamment colique : lors de l’émission de selles, les bactéries intestinales se retrouvent en contact avec cette zone et peuvent y élire domicile 1.

1 sur 5 Seulement 22 % des femmes déclarent savoir exactement ce qu’est le « microbiote vaginal » (+2 points vs 2023).

Des microbiotes trop proches pour ne pas échanger

Les microbiotes vulvaire, vaginal, et péri-anal évoluent avec le temps. Par exemple, le microbiote vaginal est sous l’influence de l’âge, des hormones sexuelles et de facteurs extérieurs comme la pollution, le stress, les antibiotiques, etc. 4 Des déséquilibres peuvent apparaître : après la ménopause, la chute des œstrogènes induit une perte de lactobacilles et donc une hausse du pH, avec à la clé de fréquentes dysbioses vaginales 7. Le microbiote anal dépend quant à lui surtout de l’alimentation et du stress : un excès d’anxiété induit une réponse inflammatoire qui favorise le développement de bactéries pathogènes dans le tube digestif… qui terminent leur course dans la zone périanale 1.

En parallèle, la proximité des orifices urinaire, vaginal et anal explique de possibles « échanges » de flore entre les 3 microbiotes de ces 3 zones… et la possible invasion du microbiote vaginal par des Escherichia coli digestives par exemple, qui se seraient aventurées au-delà de la zone péri-anale 1.

Vaginose Bactérienne

Un déséquilibre du microbiote vaginal

Antibiotiques

Quels impacts sur le microbiote et notre santé ?

Hyper-hygiène, sur-épilation et vêtement trop serrés : le combo perdant

Parfois, ce sont paradoxalement des pratiques d’hygiène intime inadaptées qui favorisent les échanges et ou des déséquilibres. Un lavage trop agressif (produits inadaptés) ou trop fréquent (plus d’une fois par jour) de la vulve peut rapidement mettre à mal la fonction barrière de la peau de cette zone, très fragile et très réactive. L’eau seule peut suffire à l’assécher et à l’exposer à des démangeaisons et brûlures 8. Quant aux savons parfumés, sprays hygiéniques, lubrifiants, déodorants… que certaines s’auto-prescrivent pour tenter de traiter les odeurs, démangeaisons, douleurs et sécheresses, ils sont contre-productifs 4.

A proscrire également :

Les produits non destinés à la toilette intime (désinfectants pour les mains, lingettes pour bébé, huiles, crème à raser et lotions pour le corps). Ces derniers sont détournés de leur usage premier par plus de femmes que l’on ne le pense : 41,6 % des femmes d’une étude reconnaissent avoir utilisé des lingettes pour bébé pour leur toilette vulvaire… et 2,1 % pour une toilette vaginale interne 4 !

Et rappelons-le au passage :

le vagin n’a aucunement besoin d’être nettoyé.

Autre erreur récurrente : l’épilation ou le rasage total de la vulve 1,9. Un phénomène de mode qui concerne 84 % des Américaines préménopausées, pour 2/3 desquelles il s’agit d’une routine quotidienne ou hebdomadaire. Souvent justifié par des raisons d’hygiène, elle est tout au contraire associée avec des lésions qui facilitent l’entrée de bactéries ou de virus. D’ailleurs, on observerait une altération du microbiote vaginal chez les femmes qui décident d’une épilation totale de leur vulve 9.

Enfin, le port de vêtements très serrés et synthétique semble favoriser le développement de pathogènes (environnement plus humide et chaud), avec à la clé des démangeaisons et des problèmes urogénitaux plus fréquents 1.

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Caring for the vaginal microbiota_fr
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 Bonnes pratiques pour préserver le microbiote vaginal : toilette intime douce, prébiotiques et probiotiques – à l'inverse des douches vaginales, savons agressifs et solutions antiseptiques.

Mieux informer les femmes

1 sur 2 52 % des femmes interrogées déclarent n’avoir jamais reçu des informations sur les bons gestes de toilette intime et 25 % n’avoir été informées qu’à une seule reprise par leur praticien de santé.

Pourquoi un tel décalage entre les pratiques et les recommandations ? Les raisons sont sans doute multiples :

  • trop peu de femmes sont informées par leur médecin sur les bons gestes : 52 % des femmes interrogées déclarent n’avoir jamais reçu de telles informations et 25 % n’avoir été informées qu’à une seule reprise par leur praticien de santé ;
  • la confusion fréquente entre vulve et vagin entretient la mauvaise compréhension des messages ;
  • les mythes les plus stupides sont souvent les plus tenaces 1.

L’enjeu est d’autant plus important que la vulve est la première ligne de défense du système génital des femmes 10.

Ce que les femmes savent (et ignorent) de leur microbiote vaginal

Découvrez les résultats 2024 de l'Observatoire international du microbiote

Les (vraies !) bonnes pratiques d’hygiène

Les bons gestes pour préserver le microbiote et le délicat film hydrolipidique protecteur du sexe féminin ? Une routine qui respecte l’équilibre de la vulve et des soins adaptés à l’âge et aux spécificités de chaque femme.

Avec dans tous les cas 3 grands principes immuables 10 :

  • un lavage externe uniquement (= de la vulve, pas de douche vaginale), d’avant en arrière (la vulve puis l’anus)
  • sans gant de toilette (susceptible de contenir des bactéries) mais avec vos mains préalablement lavées,
  • une fois par jour. Seules les femmes souffrant de diarrhées fréquentes peuvent justifier un lavage externe plus fréquent (du fait des selles plus fréquentes). Idem en période de règles où il est éventuellement possible de procéder à une seconde toilette intime dans la journée.
Quel produit utiliser pour la toilette intime féminine ?

Le lavage à l'eau uniquement peut dessécher la peau et aggraver les démangeaisons 10. Il convient de privilégier un soin lavant doux, sans savon, qui respecte le microenvironnement vulvaire et maintient l’équilibre de son microbiote 1. Et c’est tout. Soyez intimement convaincue que, sur cette délicate zone corporelle, le mieux est l’ennemi du bien.

Quelles bonnes pratiques au quotidien quand on est une femme ?

Enfin, quelques autres recommandations vous aideront à adopter les bons gestes tout au long de la journée 10 :

  • la nuit, évitez les sous-vêtements ;
  • au sortir de la douche (à préférer au bain), séchez–vous soigneusement avec votre serviette personnelle, sans frotter mais en tamponnant doucement votre entrejambe ;
  • lorsque vous vous habillez, optez pour des sous-vêtements en coton plutôt qu’en matière synthétique, évitez l’usage régulier de protèges slip, privilégiez les vêtements amples, remplacez si possible vos collants par des bas ;
  • aux toilettes, essuyez-vous d’avant en arrière (pour ne pas ramener des bactéries anales vers la vulve) avec un papier non parfumé et idéalement non coloré ;
Comment faire sa toilette intime après les rapports ou pendant les règles ?
  • encore une fois on garde les grands principes de la toilette intime (lavage externe uniquement ; avec vos mains ; une fois par jour… ) 10
  • après des relations sexuelles (protégées !, tant que vous ne savez pas si votre partenaire peut être porteur d’une IST), prenez soin d’uriner si vous êtes sujette aux cystites ;
  • en période de règles, n’utilisez pas de protections périodiques parfumées et changez régulièrement votre protection ou tampon. 10

Probiotiques et prébiotiques

La bonne santé du microbiote vaginal repose sur une bonne hygiène intime. Mais parfois, cela ne suffit pas et un petit coup de pouce peut s’avérer nécessaire pour re-doper les bonnes bactéries de notre microbiote, avec :

Probiotiques

Des probiotiques, micro-organismes vivants qui, lorsqu’ils sont administrés en quantité appropriée, produisent des effets bénéfiques sur la santé de l’hôte 11,12. Administrés par voie orale ou vaginale, ils peuvent contribuer à restaurer la flore vaginale, à améliorer les symptômes et à réduire le risque de récidive de différentes infections vaginales, et ce de la puberté à la ménopause 13.

Prébiotiques

Des prébiotiques, fibres alimentaires non digestibles qui exercent des effets positifs sur la santé et qui sont utilisés de manière sélective par les microorganismes bénéfiques du microbiote de l’hôte 12, 14. Ou pour faire plus court, les aliments préférés des probiotiques qui vont favoriser leur développement. Ainsi, les prébiotiques féminins boostent les lactobacilles vaginaux et participent à la normalisation de l’acidité vaginale 15,16.

Quelle est la différence entre les prébiotiques, les probiotiques et les postbiotiques ?

Découvrez-la

Pour résumer...

Les organes génitaux féminins sont constitués de :

  • la vulve (partie externe)
  • et le vagin (cavité qui relie la vulve à l’utérus, dans laquelle vous pouvez introduire un tampon lorsque vous avez vos règles).

Il abrite plusieurs microbiotes : un microbiote vulvaire où la diversité est de mise, un microbiote vaginal largement dominé par les lactobacilles, un microbiote urinaire peu densément peuplé (on a longtemps pensé, à tort, que l’urine était stérile) et un microbiote péri-anal très riche (contact avec les selles).

La proximité des orifices urinaire, vaginal et anal explique de possibles « échanges » de flore entre les microbiotes de ces zones, d’autant plus en cas d’hygiène intime inadaptée : lavage trop agressif, épilation ou rasage total, port de vêtements trop serrés…

Faute d’être informées, beaucoup de femmes n’ont pas adopté les bons gestes pour protéger leurs microbiotes. Mais il n’est pas trop tard : osez en parler avec votre médecin !

Si votre microbiote vaginal est en berne, des prébiotiques et probiotiques peuvent vous aider à restaurer une flore vaginale équilibrée.

Sources

1. Graziottin A. Maintaining vulvar, vaginal and perineal health: Clinical considerations. Womens Health (Lond). 2024;20:17455057231223716.

2. Biology of the Kidneys and Urinary Tract. MSD Manuel. https://www.msdmanuals.com/home/kidney-and-urinary-tract-disorders/biology-of-the-kidneys-and-urinary-tract

3. Pagan L, Ederveen RAM, Huisman BW, Schoones JW, Zwittink RD, Schuren FHJ, Rissmann R, Piek JMJ, van Poelgeest MIE. The Human Vulvar Microbiome: A Systematic Review. Microorganisms. 2021 Dec 12;9(12):2568.

4. Holdcroft AM, Ireland DJ, Payne MS. The Vaginal Microbiome in Health and Disease-What Role Do Common Intimate Hygiene Practices Play? Microorganisms. 2023 Jan 23;11(2):298.

5. Čeprnja M, Hadžić E, Oros D, Melvan E, Starcevic A, Zucko J. Current Viewpoint on Female Urogenital Microbiome-The Cause or the Consequence?. Microorganisms. 2023;11(5):1207.

6. Mueller ER, Wolfe AJ, Brubaker L. Female urinary microbiota. Curr Opin Urol. 2017 May;27(3):282-286.

7. Auriemma RS, Scairati R, Del Vecchio G et al. The Vaginal Microbiome: A Long Urogenital Colonization Throughout Woman Life. Front Cell Infect Microbiol. 2021 Jul 6;11:686167.

8. Murina F, Caimi C, Felice R et al. Characterization of female intimate hygiene practices and vulvar health: A randomized double-blind controlled trial. J Cosmet Dermatol. 2020 Oct;19(10):2721-2726.

9. Geynisman-Tan J, Kenton K, Tavathia M et al. Bare Versus Hair: Do Pubic Hair Grooming Preferences Dictate the Urogenital Microbiome? Female Pelvic Med Reconstr Surg. 2021 Sep 1;27(9):532-537.

10. Chen Y, Bruning E, Rubino J et al. Role of female intimate hygiene in vulvovaginal health: Global hygiene practices and product usage. Womens Health (Lond). 2017 Dec;13(3):58-67.

11. FAO/OMS, Joint Food and Agriculture Organization of the United Nations/ World Health Organization. Working Group. Report on drafting  guidelines for the evaluation of probiotics in food, 2002.

12. Hill C, Guarner F, Reid G, et al. Expert consensus document. The International Scientific Association for Probiotics and Prebiotics consensus statement on the scope and appropriate use of the term probiotic. Nat Rev Gastroenterol Hepatol. 2014;11(8):506-514.

13. Romeo M, D'Urso F, Ciccarese G et al. Exploring Oral and Vaginal Probiotic Solutions for Women's Health from Puberty to Menopause: A Narrative Review. Microorganisms. 2024 Aug 7;12(8):1614.

14. Gibson GR, Hutkins R, Sanders ME, et al. Expert consensus document: The International Scientific Association for Probiotics and Prebiotics (ISAPP) consensus statement on the definition and scope of prebiotics. Nat Rev Gastroenterol Hepatol. 2017;14(8):491-502

15. Collins SL, McMillan A, Seney S, et al. Promising Prebiotic Candidate Established by Evaluation of Lactitol, Lactulose, Raffinose, and Oligofructose for Maintenance of a Lactobacillus-Dominated Vaginal Microbiota. Appl Environ Microbiol. 2018;84(5):e02200-17.

16. Shmagel A, Demmer R, Knights D, et al. The Effects of Glucosamine and Chondroitin Sulfate on Gut Microbial Composition: A Systematic Review of Evidence from Animal and Human Studies. Nutrients. 2019 Jan 30;11(2):294.

17. International Microbiota Observatory

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Vers un marqueur « microbiotique » de l’endométriose ?

Chez les femmes souffrant d’endométriose, les microbiotes buccal, intestinal et vaginal présenteraient des spécificités. De telles signatures bactériennes pourraient, dans le futur, servir de biomarqueurs pour diagnostiquer la maladie et sa sévérité.

L'endométriose touche environ 10 % des femmes en âge de procréer avec des symptômes comme la dysménorrhée, la dysurie, des douleurs pelviennes et une baisse de la fertilité voire une infertilité.

L’un des diagnostics, invasif (cœlioscopie), retarde la prise en charge. D’où l’espoir de trouver un jour un marqueur non invasif.

C’est peut-être désormais chose faite, au regard des résultats de chercheurs australiens portant sur 3 microbiotes (buccal, intestinal et vaginal) afin d’y identifier une signature bactérienne de l'endométriose.

Plus de diversité dans le microbiote buccal et intestinal

Au total, 64 femmes ont été incluses dans cette étude 1 :

  • 24 ayant des symptômes gynécologiques mais sans endométriose confirmée par cœlioscopie (N-ENDO)
  • 21 avec une endométriose confirmée par cœlioscopie (ENDO)
  • et 19 femmes témoins sans symptômes gynécologiques ou sans stérilité (HC).

Les analyses de (sidenote: Diversité alpha Nombre d'espèces coexistant dans un milieu donné. ) ont révélé de premières différences : les témoins sains HC présentaient une plus grande diversité de leurs microbiotes buccal et intestinal (mais pas vaginal) que les groupes N-ENDO et ENDO.

10 % L’endométriose touche près de 10 % des femmes et des filles en âge de procréer à l’échelle mondiale, soit 190 millions de personnes. ²

Des bactéries qui signent la maladie…

Mais surtout, la flore vaginale des femmes souffrant d’endométriose avérée (ENDO) s’est révélée plus riche en Escherichia, Enterococcus et Tepidimonas.

Leurs selles contenaient davantage de Lactobacillus, mais aussi de Phascolarctobacterium, une bactérie connue pour être davantage présente dans le liquide péritonéal de ces patientes, soulevant l’hypothèse d’une possible translocation bactérienne de l’intestin vers le péritoine.

Enfin, Fusobacterium était davantage présent dans la cavité orale : ce pathogène opportuniste, impliqué dans la maladie parodontale, pourrait-il expliquer l’incidence plus élevée de cette inflammation des gencives chez les femmes souffrant d’endométriose ?

… et sa sévérité

Enfin, les microbiotes semblent également signer la gravité de l’endométriose :

  • dans les selles, Actinomyces est davantage présente en cas d'endométriose minime/modérée (stades 1 et 2) et Paraprevotellaceae en cas d'endométriose moyenne/sévère (stades 3 et 4)
  • le microbiote oral est enrichi en Cardiobacterium en cas d'endométriose minime/modérée et en Fusobacterium en cas d'endométriose moyenne/sévère
  • la flore vaginale contient davantage de Blautia, Dorea, Collinsella et Eubacterium en cas d'endométriose moyenne/sévère.

Bien entendu, comme souvent, des travaux complémentaires sur des cohortes plus grandes sont nécessaires pour conforter ces résultats.

Néanmoins, ils laissent espérer le possible développement, dans le futur, d’un dépistage non-invasif de l’endométriose et de sa sévérité. Voire une prise en charge ?

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Actualités Gynécologie

Quand des bactéries signent la présence de l’endométriose

Les femmes souffrant d’endométriose présentent des spécificités dans leur microbiote buccal, intestinal et vaginal. De quoi permettre, un jour, de diagnostiquer l'endométriose et d’en évaluer la gravité sans recourir à une cœlioscopie ?

Le microbiote vaginal Le microbiote intestinal Le microbiote ORL

L'endométriose, cette maladie dans laquelle le tissu de l’endomètre (qui tapisse l’intérieur de l’utérus) se développe en dehors de l’utérus, touche environ 10 % des femmes en âge de procréer. Malheureusement, l’un des diagnostics, reposant sur une (sidenote: La cœlioscopie La cœlioscopie (ou laparoscopie) est une technique d’exploration et de traitement des organes de la cavité abdominale réalisée en général sous anesthésie générale. Le chirurgien peut, grâce à de petites incisions réalisées sur la paroi abdominale, accéder à l’intérieur de l’abdomen pour diagnostiquer (une endométriose par exemple) ou traiter (ablation de lésions d’endométriose, traitement d’une grossesse extra-utérine, appendicite aiguë…). Approfondir DiZerega GS, Rodgers KE, Peritoneal Fluid. The Peritoneum. 1992. pp 26-56 Sprin… ) , est invasif et retarde la prise en charge qui, faute de remède, se limite à réduire les douloureux symptômes. Mais bonne nouvelle : des chercheurs australiens viennent d’ouvrir la voie à une alternative non invasive de diagnostic. 1

10 % L’endométriose touche près de 10 % des femmes et des filles en âge de procréer à l’échelle mondiale, soit 190 millions de personnes. ²

Et si votre microbiote pouvait dévoiler l'endométriose ?

Ces scientifiques se sont intéressés à 3 microbiotes : buccal, intestinal et vaginal. Objectif ? Tenter d’identifier une « signature bactérienne » de l'endométriose. Et ils y sont parvenus ! Les témoins sains présentaient un microbiote buccal et intestinal (mais pas vaginal) plus diversifié que celui des femmes souffrant d'endométriose. Mais surtout, des changements dans certaines bactéries ont été observés chez les femmes souffrant d'endométriose.

Par exemple, leur flore vaginale contenait davantage d’Escherichia, Enterococcus et Tepidimonas. Leur microbiote intestinal était plus riche en Lactobacillus et de Phascolarctobacterium, une bactérie déjà trouvée dans le (sidenote: Liquide péritonéal Liquide présent dans la cavité péritonéale, c’est-à-dire à l’intérieur de la membrane qui entoure les viscères abdominaux. Il joue un rôle de lubrifiant, évitant les frictions entre les organes lors de la digestion.   DiZerega GS, Rodgers KE, Peritoneal Fluid. The Peritoneum. 1992. pp 26-56 Springer New York ) des patientes, suggérant que ces bactéries pourraient migrer de leur tube digestif vers leur péritoine. Côté bouche, (sidenote: Fusobacterium Genre de bactéries filamenteuses vivant notamment dans la bouche (plaque dentaire), le système digestif, le vagin et, dans une moindre proportion, dans la cavité utérine. Cette bactérie pathogène est notamment impliquée dans la parodontite (inflammation à la base de la dent) et le cancer colorectal. ) était plus présent chez les femmes souffrant d'endométriose modérée à sévère. Or cette bactérie est impliquée dans la parodontite, cette inflammation des gencives qui touche souvent les femmes souffrant d’endométriose. Fusobacterium pourrait-il expliquer le lien entre endométriose et gingivite ? Peut-être.

Le microbiote vaginal

En savoir plus

L’endométriose et sa gravité

Les chercheurs ont également trouvé des différences selon la gravité de l'endométriose. Par exemple, la bactérie Actinomyces était plus présente dans le tube digestif en cas d'endométriose légère à modérée, tandis que Paraprevotellaceae était associée aux formes plus graves. Pour la flore buccale, Cardiobacterium s’impose dans les formes légères et Fusobacterium dans les formes sévères. Côté flore vaginale, l’endométriose grave va de pair avec une présence accrue de Blautia, Dorea, Collinsella et Eubacterium.

Bien sûr, cette étude n’est qu’une première étape. D’autres recherches sur des groupes plus vastes sont nécessaires pour confirmer ces résultats. Mais qui sait ? Ces découvertes pourraient un jour ouvrir la voie à un test de dépistage non invasif de l’endométriose et de sa sévérité, directement à partir de nos bactéries !

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Pourquoi dit-on que le microbiote intestinal est le « deuxième cerveau » ?

Everything you need to know about the microbiota gut-brain axis

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Les conseils du Pr. Harry Sokol pour comprendre la santé intestinale, le microbiote et son impact sur la santé, l’axe "intestin-cerveau" et plus encore.

Le microbiote intestinal est souvent appelé le "deuxième cerveau" pour plusieurs raisons :

  • L'intestin est l’organe qui contient le plus de neurones après le cerveau. Il contient environ 500 millions de neurones, formant le système nerveux entérique, 
  • L’intestin interagit avec le cerveau par différents mécanismes : des connexions nerveuses, des molécules chimiques produites dans l’intestin (par les cellules humaines ou le microbiote) et qui peuvent agir directement sur le cerveau, ou indirectement via des effets sur le système immunitaire par exemple.
  • Le cerveau a des effets sur notre intestin. Par exemple, il est fréquent d’avoir des symptômes digestifs (douleurs abdominales, diarrhée) lors d’un évènement stressant comme un examen ou un entretien d’embauche.

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Est-ce que mon microbiote m’aide à digérer ?

IBS and microbiota

Découvrez rapidement et en images comment le Pr. Sokol répond à ses patients lorsqu'ils lui posent cette question

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Les conseils du Pr. Harry Sokol pour comprendre la santé intestinale, le microbiote et son impact sur la santé, l’axe "intestin-cerveau" et plus encore.

Le microbiote joue un rôle particulier dans la digestion des fibres végétales présentes dans les fruits et les légumes. Ces fibres sont des longues molécules de sucre que nos enzymes humaines sont incapables de couper en morceaux.

Elles arrivent ainsi intactes au niveau du côlon où elles rencontrent une très grande quantité de bactéries, qui, elles, vont être capables de les digérer. Les bactéries vont utiliser ces fibres pour leurs propres besoins et vont relarguer des molécules très importantes pour la santé humaine, les (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) (comme le butyrate par exemple).

Ces acides gras à chaîne courte ont des effets multiples. Le butyrate nourrit les cellules du côlon et favorise ainsi l’intégrité de la (sidenote: De Cruz P, Kamm MA, Hamilton AL, et al. Crohn’s disease management after intestinal resection: a randomised trial. The Lancet. 2015;385(9976):1406–1417 ) . Les acides gras à chaine courte peuvent moduler la réponse immunitaire, et contribuer ainsi à la protection contre les maladies inflammatoires.

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J’ai des « gaz », est ce que mon microbiote joue un rôle ?

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Les conseils du Pr. Harry Sokol pour comprendre la santé intestinale, le microbiote et son impact sur la santé, l’axe "intestin-cerveau" et plus encore.

D’abord, il est tout à fait normal que le tube digestif, produise des gaz. En général, un sujet sain produit entre 0,5 et 1,5 litre de gaz par jour.

Et oui, le microbiote intestinal joue un rôle important dans cette production de gaz. Le microbiote, en fermentant les résidus alimentaires qui arrivent au niveau du côlon, va produire différents gaz comme l’hydrogène, le dioxyde de carbone et le méthane.

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Qu’est-ce que le microbiote ?

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Les conseils du Pr. Harry Sokol pour comprendre la santé intestinale, le microbiote et son impact sur la santé, l’axe "intestin-cerveau" et plus encore.

Même si on ne les voit pas à l’œil nu, les microorganismes, comme les bactéries, sont partout autour de nous. Ils sont aussi partout sur notre corps.

Le microbiote intestinal est l’ensembles des microorganismes, des bactéries, des champignons et des virus, qui colonisent notre tube digestif à partir de notre naissance.

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Caries : roulette russe ou mauvaise pioche de bactéries ?

La santé bucco-dentaire ne serait pas un jeu de roulette russe… mais plutôt une question d’installation de bonnes bactéries entre les 6 et les 18 mois de l’enfant, et donc d’hygiène et d’alimentation adaptées. Un effort parental pour repousser la roulette… dentaire !

Le microbiote ORL Santé de l'enfant L'alimentation

La roulette du dentiste : son seul nom suffit à donner des sueurs froides à nombre d’entre nous. Et à nous faire redouter un mal malheureusement banal dans nos sociétés : 2 milliards de Terriens souffrent de caries des dents définitives et 514 millions d’enfants de caries des dents de lait. Parce que les maladies bucco-dentaires, pourtant en grande partie évitables, coûtent cher à nos systèmes de santé, la recherche s’active à trouver des parades. Parmi elles, le microbiote oral.

En effet, notre santé bucco-dentaire pourrait aller de pair avec la présence de certaines bactéries buccales : les gentilles bactéries réductrices de nitrates des genres Neisseria et Haemophilus éloigneraient les caries dentaires et les maladies parodontales, alors que F. nucleatum serait associé aux (sidenote: Les maladies parodontales Les maladies parodontales touchent les tissus qui entourent et soutiennent les dents. Elles se manifestent par un saignement ou un gonflement des gencives (gingivite), des douleurs et parfois par une mauvaise haleine. Dans les formes les plus graves, la destruction de l’attache qui relie la gencive à la dent et de l’os qui soutient la dent crée des poches qui provoquent une mobilité des dents et parfois leur chute.  Approfondir WHO ) , à la plaque dentaire et à la mauvaise haleine.

Mais quand et comment ces bactéries viennent-elles coloniser notre bouche et décider du devenir de nos dents ? Très tôt, semble répondre une étude 1 japonaise publiée fin 2024.

3,5 milliards de personnes sont touchées par des affections bucco-dentaires (caries dentaires, maladies parodontales, chutes de dents et cancer de la bouche).²

2 milliards de personnes souffrent de caries des dents définitives et 514 millions d’enfants de caries des dents de lait.²

Le brossage dès la première dent !

A 1 semaine, alors que l’enfant est nourri de lait, le microbiote oral semble assez immature. Mais la situation va très vite évoluer : entre 6 et 18 mois, suite à l’introduction des premiers aliments solides et à l’apparition des premières dents, le microbiote oral de Bibou devient comparable à celui d’un adulte !

19 % Les maladies parodontales graves touchent environ 19 % de la population adulte mondiale, soit plus d’un milliard de personnes dans le monde.²

20 % Seulement 20% des personnes sondées en 2024 déclarent savoir précisément ce qu’est le microbiote bucco-dentaire (+3 points vs. 2023).³

Et surtout, nos bactéries alliées -Neisseria, Haemophilus- et la redoutable Fusobacterium, ont déjà posé leurs valises. Avec un bail longue durée : à partir de 36 mois, le microbiote buccal d’un enfant n’évolue quasiment plus.

Ainsi, tout semble se jouer avant les 3 ans de l’enfant, voire entre 6 à 18 mois : cette courte fenêtre temporelle de maturation du microbiote oral serait essentielle pour la prévention future des maladies bucco-dentaires comme les caries. Et donc pour notre future facture de soins chez le dentiste !

Autrement dit, dès les 6 mois de l’enfant et l’apparition de ses premières dents, l’hygiène bucco-dentaire et le brossage des dents s’avère primordial… de même que la limitation du sucre (bonbons, sirops, jus…) qui nourrit les caries !

"Ma famille, mes colocs, mes voisins… et mon microbiote !

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Santé bucco-dentaire : tout se joue avant 3 ans ?

A quel âge le microbiote buccal, qui semble signer la santé bucco-dentaire, s’installe-t-il ? Tôt, très tôt répond une étude japonaise qui a suivi 54 enfants de leur première semaine à leur cinquième bougie.

Caries, maladies parodontales, voire maladies systémiques : le microbiote oral est de plus en plus incriminé, et donc étudié. Paradoxalement, sa mise en place progressive dans les premières années de vie reste encore un grand mystère.

D’où l’intérêt d’une étude japonaise 1 qui a suivi l’évolution du microbiote salivaire de 54 enfants (27 filles et 27 garçons) à 13 moments de leur petite enfance : à 1 semaine puis à 1, 3, 6, 9, 12, 18, 24, 30, 36, 42, 48 et 60 mois (5 ans). Le microbiote oral de leurs parents a aussi été prélevé aux 18 et 36 mois de leur enfant, en tant qu'échantillon représentatif du microbiote adulte.

3,5 milliards de personnes sont touchées par des affections bucco-dentaires (caries dentaires, maladies parodontales, chutes de dents et cancer de la bouche). ²

2 milliards de personnes souffrent de caries des dents définitives et 514 millions d’enfants de caries des dents de lait. ²

19% Les maladies parodontales graves touchent environ 19 % de la population adulte mondiale, soit plus d’un milliard de personnes dans le monde. ²

Une mise en place très rapide

Le microbiote des nouveau-nés est encore assez pauvre : une semaine après leur naissance, on y retrouve seulement 25 % des 110 (sidenote: OTU Pour operational taxonomic unit, ou unités taxonomiques opérationnelles, qui désignent des regroupements de bactéries (qui ne sont pas nécessairement identifiées ou répertoriées dans les bases) présentant au moins. ) détectées chez plus de 85 % des parents aux deux dates de prélèvement.

Les genres bactériens alors présents :

  • en général Streptococcus
  • Rothia
  • et Gemella

Mais la hausse est ensuite très rapide, avec 80 % des OTU parentales présentes entre 6 et 18 mois, suite à l’introduction des premiers aliments solides et à l’apparition des premières dents. 

Les principaux genres bactériens qui s’installent alors :

  • Neisseria
  • Haemophilus
  • et Fusobacterium

Ainsi, lorsque l’enfant fête ses 1,5 an, son microbiote oral est déjà comparable à celui d’un adulte. 

A 36 mois, alors que toutes les dents de lait sont en place et que l’alimentation s’est beaucoup diversifiée, le taux grimpe à 90 % ; dès lors, le microbiote oral ne connait plus de changements significatifs jusqu’aux 5 ans.

Quelles conséquences sur les caries ?

L’attention des scientifiques s’est portée tout particulièrement sur Neisseria, Haemophilus et Fusobacterium : des études antérieures avaient en effet rapporté que leur concentration dans la bouche reflétait l’état bucco-dentaire des patients (absence ou présence de caries et/ou de maladies parodontales).

Or, l’étude japonaise met en évidence une installation précoce de ces trois bactéries :

  • à partir de 6 mois, les bactéries réductrices de nitrates des genres Neisseria et Haemophilus, qui préviendraient les caries dentaires et les maladies parodontales, connaissent une hausse rapide ;
  • au cours des premiers 18 mois, F. nucleatum, associé aux maladies parodontales, à la plaque dentaire et à la mauvaise haleine, colonise la bouche de l’enfant. 

Ainsi, tout semble se jouer avant les 3 ans de l’enfant, voire entre 6 à 18 mois, fenêtre de maturation du microbiote oral qui pourrait être essentielle pour la prévention future de maladies bucco-dentaires.

D’où l’importance de la surveillance et de conseils en matière de soins bucco-dentaires à donner aux jeunes parents pendant cette période : bien laver les dents de l’enfant dès qu’elles percent pourrait s’avérer déterminant pour le microbiote oral de cet adulte en devenir.

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Article Pédiatrie