Quel est ce liquide que je vois dans ma culotte, est-ce normal ?

Is bacterial vaginosis a disease?

Voici comment Pr. Graziottin répond à cette question posée par ses patientes :

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Les conseils du Pr. Alessandra Graziottin pour comprendre la santé des femmes et répondre aux besoins des patientes.

Tout d'abord, Ce liquide est le résultat du mélange entre les sécrétions vaginales normales, qui traversent les tissus de la paroi vaginale par un phénomène de transsudation microscopique, et la « microflore » vaginale, composée du microbiote et du microbiome. En temps normal, ces sécrétions sont légères en quantité, inodores, incolores et ne tachent généralement pas les sous-vêtements (attention toutefois à ne pas confondre avec des taches urinaires).

Lorsqu'elles deviennent plus abondantes ou qu'elles laissent des traces, les premières causes à envisager sont :

  • Un déséquilibre du microbiote intestinal (dysbiose intestinale), en particulier si vous souffrez de diarrhée, de constipation, ou du syndrome de l’intestin irritable. Pourquoi ? Parce que ces troubles modifient le microbiome intestinal et, en raison du dialogue étroit entre le microbiote intestinal et vaginal, ces déséquilibres peuvent se manifester par des symptômes vaginaux, y compris des pertes plus importantes pouvant tacher vos sous-vêtements.
  • Deuxièmement, des sécrétions ovulatoires, très claires et limpides, qui apparaissent au moment de l’ovulation, en milieu de cycle.
  • Troisièmement, une ectopie cervicale (du grec signifiant « hors de place »), une situation particulière à considérer. De quoi s'agit-il ? Normalement, l’utérus, le col de l’utérus et le vagin sont tapissés par deux types d’épithélium
    • À l’intérieur de l’utérus, un épithélium simple, de couleur rouge.
    • Dans le vagin, un épithélium à plusieurs couches, de couleur rose pâle.

Dans certains cas, il peut y avoir une migration des cellules rouges internes vers la partie externe du col de l’utérus. Autrefois, on pensait qu’il s’agissait d’une petite lésion, mais ce n’est pas une plaie. C’est simplement un déplacement des cellules internes vers la surface externe. C’est très fréquent : 30 à 40 % des femmes, en particulier les jeunes femmes, en présentent. Mais le fait est que cet épithélium est plus fragile et plus sensible aux bactéries, car la flore du vagin est différente de celle du col de l’utérus et de l’endomètre. Résultat : cela peut provoquer une augmentation des sécrétions vaginales.

Alors, interprétez le symptôme et un gynécologue compétent vous dira de quelle situation il s'agit. De l'intestin ? Est-ce juste l'ovulation ? Ou est-ce une ectopie cervicale qui pourrait être traitée ?

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Mes premières règles, mes premiers rapports sexuels, ca va me faire mal ?

Is bacterial vaginosis a disease?

Voici comment Pr. Graziottin répond à cette question posée par ses patientes :

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Les conseils du Pr. Alessandra Graziottin pour comprendre la santé des femmes et répondre aux besoins des patientes.
  • Les règles ne devraient pas être très douloureuses. Habituellement, chez la plupart des femmes, elles provoquent un léger inconfort qui n'interfère pas avec la vie quotidienne et les activités personnelles (école, sports, amis, travail, loisirs). 
    Important ! Nous avons également des micro-organismes alliés dans l'utérus. Aujourd'hui, on parle de plus en plus du microbiome endométrial et nous comprenons désormais que la santé de ce microbiome contribue à des règles indolores. Tandis qu'un microbiome dysbiotique peut également contribuer à des règles douloureuses et à une progression vers l'endométriose.
  • Les premiers rapports sexuels peuvent être indolores chez certaines femmes, lorsque l’hymen est naturellement très fin et élastique on parle d'un «hymen complaisant » ou lorsqu’il a été progressivement dilaté avec le doigt lors des préliminaires.

Chez la majorité des femmes, le premier rapport sexuel peut provoquer une légère douleur, qui s'estompe généralement après deux ou trois rapports sexuels.

Dans certains cas plus rares, le premier rapport sexuel est extrêmement douloureux et certaines femmes ne peuvent pas du tout accepter la pénétration. Dans ce cas, nous avons une contraction très serrée du plancher pelvien et cela est responsable du problème sexuel appelé vaginisme, provoquant des douleurs sexuelles. Dans ce cas, si la femme continue et qu'un couple persiste à essayer d’avoir des rapports sexuels, cela endommagera la muqueuse, provoquera une dysbiose du microbiome local. Ceci est une autre cause de vestibulodynie, disons, cette douleur brûlante que les femmes auront non seulement pendant la tentative de pénétration mais aussi après.

Ce type de douleur nécessite une prise en charge médicale rigoureuse, avec une approche spécialisée en médecine sexuelle.

Ainsi, la douleur sexuelle n'est jamais « dans la tête » des femmes, elle a une base biologique très solide, d’autant plus lorsque la douleur est intense et invalidante. 

Si les douleurs menstruelles, la dysménorrhée, interfèrent avec les activités quotidiennes, une consultation médicale est essentielle, et ce le plus tôt possible. Cela pourrait être le premier signe d’une endométriose, à un stade encore invisible aux techniques d’imagerie actuelles.

Le vaginisme est un trouble sexuel caractérisé par une phobie de la pénétration, qui doit être envisagé lorsque la douleur est intense au point d’empêcher toute pénétration. Cette phobie est associée à un degré variable de contraction défensive et involontaire des muscles du plancher pelvien. Les tentatives répétées de pénétration peuvent endommager la muqueuse vestibulaire, ce qui peut entraîner des douleurs vestibulaires intenses, jusqu’à une vestibulodynie.

Point clé : La douleur sexuelle n’est pas normale. Elle doit être diagnostiquée et traitée par un spécialiste, le plus tôt possible.

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Comment préserver l'équilibre de la flore de mon « jardin secret » ?

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Tout d'abord, adoptez un mode de vie sain et équilibré : la « microflore » vaginale, le microbiome vaginal, est très lié au microbiote intestinal. Ils sont en dialogue permanent. La qualité de notre alimentation est donc clé : peu de sucre, faible en graisses saturées, idéalement, s'il vous plaît éviter la malbouffe, plus de légumes, de céréales, de poisson et d'huile d'olive, peu ou pas d'alcool, je vous le recommande vivement. Cela aide à avoir un microbiote et un microbiome intestinal sains et donc un microbiote et microbiome vaginal plus sains également.

Deuxièmement, essayez de réduire les sources de stress. Pourquoi ? Parce que dans notre microbiome intestinal, nous avons comme une énorme antenne parabolique, une sorte de « parabole » qui capte tous les facteurs de stress y compris le cortisol que nos glandes surrénales produisent en réponse au stress, qu'il soit physique ou émotionnel. Donc plus le microbiome intestinal est sain, plus le microbiome vaginal l’est aussi. Alors, privilégiez des choix de vie simples, comme, protéger la qualité et la durée de votre sommeil, votre biorythme. Je le recommande vivement à chaque patiente, l’exerce moi-même : une marche rapide d’une demi-heure le matin pour aller travailler, pour accompagner vos enfants à l'école. Pourquoi ? Parce que vous resynchronisez vos biorythmes et cela se traduira par un meilleur microbiome intestinal et un meilleur microbiome vaginal. Et aussi, en marchant une demi-heure, vous évacuez votre stress et vous rechargez les batterie pour votre journée, votre famille, votre santé.

Troisièmement, adoptez des gestes simples d'hygiène intime :

  • Tout d'abord, idéalement, nous, les femmes, devrions laver notre périnée systématiquement peu de temps après être allées à la selle en adoptant un mouvement de l’avant vers l’arrière.
  • Deuxièmement, essayez d'utiliser un nettoyant sans savon, doux, qui protège le microbiome vulvaire et protégera indirectement la microflore vaginale. Ce nettoyage doux, permettra d’éliminer  de la vulve et du périnée les germes contaminants provenant des matières fécales s'ils sont en quantité limitée.

Quatrièmement, et très important pour moi en tant que médecin qui se soucie de la santé des femmes : utiliser systématiquement le préservatif à chaque rapport sexuel, à moins que vous ne soyez dans une relation stable et digne de confiance ou si vous cherchez à concevoir. Pourquoi ? C'est sans équivoque la mesure la plus efficace pour vous protéger vous, votre microbiome, et votre santé intime contre les infections sexuellement transmissibles et protéger « votre jardin secret », pour ainsi dire.

Et cinquièmement, respectez votre pilosité vulvaire, gardez les poils au niveau de la vulve. Le reste peut être épilé si désiré mais préservez les poils de votre vulve. Pourquoi ? Car plus la microflore vulvaire et vaginale est saine, grâce aux poils protecteurs, plus l'odeur et le goût de vos sécrétions intime est agréable. En particulier, le « parfum des femmes », ce parfum fascinant, charmant, captivant, séduisant, est dû à l'activation du précurseur des phéromones par le microbiome de la vulve, lui-même protégé par le poil. Ainsi, il convient de maintenir non seulement la santé de votre jardin secret, mais aussi le parfum de votre jardin secret : préservez vos poils, Ces phéromones sont le signal le plus attractif dans l’intimité sexuelle, tant pour vous que pour votre partenaire.

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Qu'est-ce que le microbiote vaginal, de quoi est-il composé ?

Voici comment Pr. Graziottin répond à cette question posée par ses patientes :

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Les conseils du Pr. Alessandra Graziottin pour comprendre la santé des femmes et répondre aux besoins des patientes.

Tout d’abord, clarifions cela :

  • « Microbiote » : ce terme désigne l’ensemble des micro-organismes qui vivent dans notre vagin, contribuent à son bon fonctionnement et protègent la muqueuse vaginale. Un microbiote partiellement différent est présent au niveau de la vulve et du vestibule.
  • Le terme « Microbiome », avec un « M », fait référence au contenu génétique de ces micro-organismes.
  • À l’âge fertile, la majorité des micro-organismes présents dans notre vagin sont des Lactobacilles. Ce sont nos meilleurs alliés, nos « troupes de soutien » les plus fiables, comme j’aime à le dire, pour préserver notre santé.
  • On parle de « Eubiose » lorsque le microbiote et le microbiome vaginaux sont équilibrés et en bonne santé, caractérisés par une faible diversité bactérienne : peu de familles bactériennes, dont 80 % de Lactobacilles.
  • A l’inverse, on parle de « dysbiose » : lorsqu’il y a une perturbation de l'équilibre que nous avons dans des conditions saines et l'émergence de souches pathogènes de bactéries qui peuvent provenir des intestins, de la région périanale ou des rapports sexuels et entraîner des infections sexuellement transmissibles. Le fait est que dans la dysbiose, nous avons une grande diversité bactérienne parce que notre microbiome est agressé par d'autres souches de germes. Donc, pour être en bonne santé, une faible diversité bactérienne et 80 % de Lactobacilles sont essentiels. Les problèmes apparaissent lorsque d’autres familles bactériennes, issues de l’intestin ou de rapports sexuels non protégés par un préservatif, prennent le dessus. C’est pourquoi je recommande toujours l’usage du préservatif lors des rapports sexuels.

À l'âge fertile, le microbiote vaginal humain est principalement composé de trois grandes familles de lactobacilles :

  • Le Lactobacillus Crispatus
  • Le Lactobacillus Gasseri
  • Le Lactobacillus Jensenii

Ce sont nos alliés de confiance, nos « amis proches ». Ensuite, nous avons les Lactobacillus Iners qui sont beaucoup plus vulnérables aux agressions des germes provenant de l’intestin ou des rapports sexuels avec une infection sexuellement transmissible. Cela signifie trois choses : 

  • Tout d'abord, plus il y a d’espèces bactériennes dans le vagin, plus la diversité bactérienne est élevée, plus la dysbiose est sévère ce qui se traduit par des symptômes tels que des pertes vaginales de couleur jaune ou verte et d'autres désagréments.
  • Deuxièmement, une diversité bactérienne élevée et donc une dysbiose s’accompagnent d’une augmentation de Gardnerella Vaginalis. Ce germe est normalement présent en très faible quantité dans chaque vagin, mais lorsqu’il se multiplie, il provoque une odeur très désagréable, semblable à celle du poisson avarié. Cette situation est très incommodante pour la femme. L’objectif est donc de restaurer l’eubiose des lactobacilles afin que le vagin retrouve une odeur naturelle et agréable. Pour cela, il est possible d’utiliser des probiotiques contenant Lactobacillus Crispatus, Gasseri ou Jensenii.
  • Troisième point, il y a une vulnérabilité accrue aux infections par les germes commensaux des intestins : c’est à dire Escherichia coli, Enterococcus faecalis, entre autres. Ils augmentent le risque de vaginite et de cystite, c'est-à-dire des infections du vagin et de la vessie.

Savoir à quelle CST appartient votre patiente est essentiel pour traiter la vaginite récurrente et traiter les symptômes vaginaux et sexuels.

Cinq grands groupes de Lactobacilles, appelés Community State Types (CST), colonisent le vagin humain à l’âge fertile, avec quelques sous-types. 

Voici les 5 principaux CST :

•    CST I : Lactobacillus Crispatus est la population dominante (80-90 % du microbiote vaginal). Très protecteur, c’est notre meilleur allié.

•    CST II : Lactobacillus Gasseri, un autre bon ami du microbiote vaginal.

•    CST III : Lactobacillus Iners, beaucoup plus vulnérable à la dysbiose.

•    CST IV : Caractérisé par une plus grande diversité bactérienne et une moindre présence de Lactobacilles. Ce groupe est plus fréquent chez les femmes hispaniques et afro-américaines.

•    CST V : Lactobacillus Jensenii est la population dominante et constitue un autre allié précieux pour la santé vaginale en âge fertile.

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Les muscles du plancher pelvien peuvent causer de nombreux symptômes sexuels et génitaux. Comment guérir efficacement ces symptômes ?

Voici comment Pr. Graziottin répond à cette question posée par ses patientes :

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Les conseils du Pr. Alessandra Graziottin pour comprendre la santé des femmes et répondre aux besoins des patientes.

Lorsque les muscles sont très contractés, ils compressent l'entrée vaginale et contribuent à la douleur lors des rapports sexuels.

Ainsi, votre plancher pelvien trop tendu est responsable d’au moins 50 % de la douleur que vous ressentez dans votre vulve et pendant les rapports.

Pour détendre ce plancher pelvien tendu , trois outils majeurs sont à votre disposition:

  1. Tout d'abord, je vais vous apprendre à respirer avec votre diaphragme, avec votre ventre, pour ainsi dire, car cela vous aidera à détendre les muscles de votre plancher pelvien.
     
  2. Deuxièmement, je vous recommande de consulter une physiothérapeute compétente, afin qu'elle vous apprenne à détendre le plancher pelvien grâce au biofeedback et par le biais d’un massage manuel afin d’étirer le muscle et soulager votre douleur.
     
  3. Dans certains cas, nous pouvons également utiliser le diazépam en application vaginale. Ce médicament est absorbé par les muscles et détend le plancher pelvien d'une manière très douce et efficace. C'est un traitement dit « hors AMM » (hors indication officielle), disons-le, mais qui repose sur des preuves scientifiques très solides. Il doit être utilisé sur une courte période, mais il accélérera l’amélioration, vous permettant ainsi de vous débarrasser de cette douleur et de retrouver du plaisir lors des rapports sexuels.

Dans cette situation clinique, il est essentiel d’enseigner à la patiente comment détendre ses muscles du plancher pelvien grâce à :

  • Premièrement, une respiration diaphragmatique appropriée, que je lui apprends simplement lors de l’examen gynécologique au cabinet.
  • Deuxièmement, une physiothérapie relaxante « manuelle »
  • Troisièmement, l’utilisation de diazépam vaginal (2,5 à 5 mg), à insérer dans le vagin avant le dîner, pour une courte période de traitement, afin de faciliter la relaxation musculaire (hors AMM, mais soutenu par de solides preuves scientifiques).

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Comment comprendre les douleurs vulvaires et sexuelles ?

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Pour comprendre les douleurs vulvaires et sexuelles, nous devons tenir compte de l'importance des muscles du plancher pelvien. Regardez-moi, imaginez que mes bras sont les muscles du plancher pelvien comme une porte à double battant. S'ils sont très serrés, ils sont contractés et rétractés, et ils compressent l'entrée du vagin (imaginez que mon corps est le vagin) et cela rendra la pénétration impossible. 

C'est ce qui se passe dans les cas de vaginisme sévères graves.

Si les muscles sont tendus mais pas si tendus que cela, ils permettent la pénétration mais cela provoquera des « microabrasions » à l'entrée du vagin avec des changements clés dans le microbiome de la zone (dysbiose) et cela facilitera l'attaque du Candida et une réaction immunitaire aberrante au Candida. Il y a donc ici tous les symptômes d’une infection à Candida, mais il est impossible de le détecter avec un échantillon vaginal. 

Et plus important encore, il y a un changement dans l'anatomie des fibres de la douleur, ce qui est responsable de la douleur brûlante ressentie lors des rapports sexuels (pendant les rapports sexuels et après les rapports sexuels). C’est le symptôme clé que nous définissons comme la « vestibulodynie provoquée », qui fait partie de la vulvodynie.

Message clé : détendre le plancher pelvien avec une physiothérapie adaptée est essentiel pour induire un changement et réduire cette composante biomécanique de la douleur sexuelle et vulvaire.

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Vulve, vagin, lèvres : quelles différences ?

Voici comment Pr Graziottin répond à cette question posée par ses patientes :

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Il est très utile d'initier une conversation ciblée avec une formulation très précise : 

  • Le périnée. Une bonne hygiène personnelle est essentielle pour réduire le risque que les micro-organismes provenant de l'intestin puissent attaquer la vulve, le vagin et la vessie.
  • La vulve, et ses poils très utiles, hôtes et protecteurs du microbiome vulvaire. Elle comprend des micro-organismes clés importants pour protéger la peau de la vulve, mais aussi pour créer notre « parfum de femme » exquis, à base de phéromones.
  • Le clitoris, et son royaume de plaisir.
  • Le vestibule, si sensible et sensuellement accueillant et pourtant si vulnérable à la douleur.
  • L'entrée de l'urètre.
  • L'entrée du vagin.

Il est également préférable de clarifier le niveau de l'hymen et du vestibule vulvaire, et encore une fois les muscles du plancher pelvien. Je montre mes bras et j'explique comment ils peuvent être resserrés, doucement détendus ou très détendus pour permettre les rapports sexuels Cela aidera à clarifier les zones de symptômes spécifiques, en cas de douleur vulvaire ou sexuelle, leur physiopathologie clé et les points clés de la thérapie.

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Les clés d'une consultation réussie par Alessandra Graziottin

Photo: Endométriose : une clé de sa progression au sein du microbiote intestinal

Voici un aperçu des meilleurs conseils de Dr Graziottin pour une consultation médicale réussie :

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Les conseils du Pr. Alessandra Graziottin pour comprendre la santé des femmes et répondre aux besoins des patientes.

Pour une consultation réussie

  • Ecoutez attentivement les symptômes et les plaintes de la patiente, tout en récapitulant, à l’écrit ses antécédents médicaux.
  • Regarder la patiente dans les yeux, avec une attitude douce, accueillante, qui inspire la confiance.
  • Concentrez-vous sur les messages verbaux et non verbaux avec une attitude bienveillante. Il s'agit là d’un point clé pour une perception médicale globale à la fois de la physiopathologie des troubles présentés et de son impact émotionnel sur la patiente. 
  • Ne l'interrompez pas après 45 secondes.
  • Utiliser des mots simples et des exemples pertinents, percutants et faciles à comprendre. 
  • Ne dites jamais « c’est impossible » quel que soit le symptôme dont la femme se plaint. Dites plutôt : « Je comprends bien à quel point il est difficile de vivre avec ces symptômes... ou « je vous comprends bien » ou « j’imagine comme cela peut être douloureux » : cette ouverture empathique est utile et précieuse pour créer une atmosphère de confiance et de collaboration
  • Ne fixez pas l'écran de l'ordinateur pendant que vous posez ou répondez à des questions délicates.
  • Dans ma pratique, une partie clé de la consultation est un examen physique très précis (« lire attentivement les signes corporels »), qui est actuellement l'une des plus grandes omissions dans la pratique médicale, également en gynécologie.

Ce type de consultation peut prendre plus de 15 minutes, mais la récompense est :

  • Une solide relation de confiance nouée avec la patiente
  • Une évaluation clinique complète et une probabilité plus élevée d'un diagnostic très précis
  • Une lecture plus précise des facteurs prédisposants, précipitants et de maintien qui contribuent aux symptômes ou à la pathologie actuels.
  • Une lecture rapide des comorbidités
  • Une meilleure observance du plan de traitement
  • Des thérapies plus efficaces, y compris dans les cas complexes de dysfonctionnements sexuels persistants, de douleurs vulvaires chroniques, de douleurs pelviennes chroniques ou de douleurs après des traitements contre le cancer.

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Microbiote intestinal et troubles du sommeil : vers une approche thérapeutique basée sur la modulation microbienne ?

Des recherches montrent que le microbiote intestinal influence le sommeil en modulant la production de butyrate, un métabolite qui affecte l'activité neuronale dans l'hypothalamus. De quoi ouvrir la voie à des traitements basés sur l'équilibre bactérien ?

L’adage « Qui dort dîne » n’a pas tort de sous-entendre un lien entre le système digestif et le cerveau : il semble effectivement exister une relation à double sens entre sommeil et microbiote, impliquant l’axe intestin-cerveau. Par quel mécanismes le microbiote intestinal impacte-t-il le sommeil ? C’est la question à laquelle a tenté de répondre une équipe de chercheurs. 1

Rôles du microbiote et du butyrate chez la souris

Première étape : les chercheurs ont étudié le sommeil de souris dotées d’un microbiote intestinal sans pathogènes, et de souris sans microbiote.

Résultat : l'absence du microbiote intestinal modifie l'architecture du cycle veille-sommeil pendant les phases de lumière et d'obscurité. Réciproquement, les auteurs avaient précédemment montré que la privation de sommeil allait de pair avec une diminution du taux de butyrate (fécal et hypothalamique) chez les souris avec un microbiote sans pathogène, mais pas chez les souris sans microbiote.

Étape suivante : les chercheurs ont montré que le butyrate produit par les bactéries intestinales peut moduler la fonction neuronale et favoriser le sommeil des rongeurs. Comment ? En inhibant l'activité neuronale de l' (sidenote: Orexine Neurotransmetteurs qui régulent une grande variété de fonctions biologiques, notamment le cycle veille-sommeil, le traitement de la récompense et du stress, la vigilance et le fonctionnement cognitif. Les altérations des niveaux centraux et périphériques d'orexine sont liées à des pathologies telles que la narcolepsie, l'anorexie mentale, le déclin cognitif lié à l'âge Approfondir Toor B, Ray LB, Pozzobon A et al. Sleep, Orexin and Cognition. Front Neurol Neu… )  dans la région hypothalamique latérale chez la souris.

40 % L’insomnie est souvent une condition chronique, avec un taux de persistance de 40 % sur une période de 5 ans. ²

10-20 % Environ 10 % de la population adulte souffre d’un trouble de l’insomnie, et 20 % supplémentaires éprouvent des symptômes occasionnels d’insomnie. ²

Insomnie Les femmes, les personnes âgées et celles en situation de précarité socio-économique sont plus vulnérables à l’insomnie. ²

Des résultats confirmés chez l’homme

Puisque l'absence de microbiote intestinal peut influencer le comportement du sommeil via une voie métabolique, restait à confirmer que les patients insomniaques présentent une dysbiose intestinale et des altérations du métabolisme microbien du butyrate. Chose faite dans une nouvelle étape de l’étude, via des prélèvements de selles de patients insomniaques et sains : une moindre (sidenote: Diversité alpha Nombre d'espèces coexistant dans un milieu donné. )  et une diminution significative de 39 bactéries productrices de butyrate sont observées chez les insomniaques. Ce qui explique des taux sériques en butyrate plus faibles chez ces mauvais dormeurs.

Transplantation de flore… et de sommeil

Enfin, pour tenter de démontrer une relation de cause à effet, de la flore digestive d’un patient insomniaque a été transplantée à des souris sans flore. Cette transplantation réduit leur butyrate sanguin, active des neurones de hypothalamus latéral et rend les rongeurs insomniaques à leur tour. L’administration de butyrate de sodium par voie orale améliore le sommeil de ces rongeurs. 

Ces travaux montrent un rôle causal de l'axe microbiote intestinal-cerveau dans la modulation du sommeil. L’implication des voies métaboliques microbiennes dans la qualité du sommeil laissent envisager des stratégies thérapeutiques potentielles – via des probiotiques ou du butyrate – pour le traitement des troubles tels que l’insomnie.

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Actualités Gastroentérologie