Antibiotiques : les limites de la résilience du microbiote intestinal ?

Même chez des volontaires sains, de courts traitements antibiotiques suffisent à provoquer des perturbations du microbiote intestinal. Ces traitements peuvent ainsi laisser des « cicatrices » à court et long termes, avec de durables résistances.

Do antibiotics make gut microbiota less resilient?

C’est toute la limite de la recherche médicale sur l'impact des antibiotiques : les études sont en général réalisées auprès de patients malades et hospitalisées poly médicamentés. Conséquence directe : divers facteurs confondants (infection, médicaments, environnement hospitalier, immunodépression potentielle) entachent les observations.

Seule solution : mener des études prospectives auprès d’adultes en bonne santé et non hospitalisés, comme celle-ci. Des chercheurs américains y ont mesuré l'impact de 4 traitements antibiotiques (azithromycine AZM, lévofloxacine LVX, cefpodoxime CPD ou une combinaison CPD + AZM) sur le microbiote intestinal de 20 volontaires sains randomisés en 4 groupes en recueillant leurs selles avant, pendant, 2 mois après la fin du traitement (15 points de collecte en tout).

Des dysbioses intestinales spécifiques de l’antibiotique 

Premier enseignement : les antibiotiques diminuent la charge et la richesse bactériennes. Selon le traitement reçu, l’évolution de l’abondance différait :

  • enrichissement en Bacteroidetes et Clostridium pour les patients recevant du CPD ou CPD + AZM au jour 6;
  • enrichissement en Firmicutes, tels que Eubacterium, Ruminococcus et Anaerostipes, pour ceux recevant du LVX ou de l'AZM.

Par ailleurs, l’AZM (seul ou en combinaison), longtemps biodisponible dans l’organisme, retarde le rétablissement de la richesse bactérienne, de 8 espèces bactériennes et de certaines voies métaboliques associées par rapport aux autres antibiotiques.

Un réservoir de gènes de résistance

Autre effet des antibiotiques : la formation d’un réservoir durable de gènes de résistance chez les volontaires recevant les traitements CPD, AZM et CPD+ AZM, contrairement à ceux recevant le LVX. Mais surtout, le remodelage de leur résistome entraînerait une augmentation de 3 gènes (tetO, cfxA, et tet40), dont 2 ne transmettant pourtant pas de résistance aux antibiotiques administrés. Ainsi, la perturbation antibiotique semble-t-elle créer des opportunités pour des bactéries dotées d’une résistance large. Par exemple, les Bacteroides survivant au traitement CPD, probablement par l'intermédiaire d’un gène cfxA de résistance aux ß-lactamines, créeraient un environnement à faible diversité bactérienne et à forte teneur en Bacteroides, propice à des pathogènes tels que Enterobacter. De courtes périodes d'antibiotiques pourraient ainsi déclencher l'acquisition, voire l'enracinement, de divers gènes de résistance.

Une résilience variable selon les individus

Enfin, pour 17 volontaires, la dysbiose liée aux antibiotiques n’était que limitée et transitoire, le microbiote retrouvant en quelques semaines son équilibre d’avant traitement. En revanche, chez 3 volontaires au microbiote intestinal initialement peu diversifié, le traitement antibiotique a induit une dysbiose plus profonde (au point de présenter des similitudes avec des patients en soins intensifs) et dont certains déséquilibres étaient toujours présents au terme du suivi, soit 2 mois post-traitement. D’où la nécessité d'une utilisation raisonnée des antibiotiques.

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Antibiotiques : le mycobiote des nourrissons sous influence

Un seul traitement antibiotique suffirait à altérer durablement le mycobiote des nourrissons. Comment ? Sans doute via le microbiote bactérien. Avec à la clé de possibles effets à long terme sur leur santé. Explications.

Antibiotiques : le mycobiote des nourrissons sous influence

On savait que les bactéries intestinales faisaient les frais des traitements antibiotiques. Il semble qu’elles ne soient pas les seules. Si la majorité des études se focalisent sur l’impact des antibiotiques sur les bactéries, rares sont celles qui évaluent l’effet sur les autres microorganismes, champignons par exemple dont le rôle ne doit pas être sous-estimé. Une dysbiose du microbiote fongique, (ou mycobiote), a été associé à différentes pathologies (MICI, maladie cœliaque ou cancer colorectal). Or, ce mycobiote se construit progressivement dans les premières années de vie au même titre que la colonisation bactérienne en fonction du mode d’accouchement, du régime alimentaire ou encore d’éventuels traitements antibiotiques.

Une étude sur 37 nourrissons naïfs d’antibiotiques

Pour en savoir plus, des chercheurs ont suivi pendant 9,5 mois 37 enfants âgés de 2 mois en moyenne, n’ayant jamais reçu d’antibiotiques. Ces nourrissons étaient hospitalisés en raison d'une infection par le virus respiratoire syncytial (VRS). Des échantillons de selles ont été prélevés avant, pendant et après les 1 à 4 traitements antibiotiques (amoxicilline, macrolides) qui ont été prescrits à 21 d’entre eux en raison de complications (otite, etc.). Les 16 autres enfants, non traités, ont servi de contrôles.

Au moment de leur hospitalisation (donc avant traitement), le mycobiote des 37 enfants étaient très largement dominés par Saccharomyces, et dans une bien moindre mesure par Malassezia, Candida et Cladosporium.

Plus d’1 enfant sur 4 En Finlande, plus d’1 enfant sur 4 avait déjà reçu un traitement antibiotique avant ses 5 ans en 2019.

10 jours Dans les 10 jours qui suivent la naissance, le intestinal du nourrisson est colonisé par des champignons.

2 ans A 2 ans, le mycobiote intestinal d’un enfant montre déjà des similitudes avec celui d’un adulte.

Plus de Candida, plus de diversité et de richesse

Un à 2 jours après le démarrage du traitement antibiotique, l’abondance des Candida a largement augmenté chez les nourrissons sous amoxicilline, au détriment des Saccharomyces. Une sur-abondance des Candida était toujours observée plus de 6 semaines après le début du traitement.

De plus, les antibiotiques, connus pour induire un effondrement de la diversité et de la richesse du microbiote bactérien, allaient de pair avec une plus grande richesse et une plus grande diversité du mycobiote, qui apparaissaient dans les 3 à 5 jours suivant le démarrage du traitement et persistaient bien au-delà (> 6 semaines) ; la différence était plus marquée dans le groupe traité aux macrolides.

Les antibiotiques constituent une découverte scientifique extraordinaire qui permet de sauver des millions de vies, mais leur utilisation excessive et injustifiée suscite désormais de grandes inquiétudes pour la santé, notamment en raison de l'apparition de résistance aux antibiotiques et de dysbioses. Lisons la page consacrée à cette question.

Le rôle ambivalent des antibiotiques

En détruisant les bactéries responsables des infections ils impactent aussi le …

Des bactéries régulatrices ?

Ces résultats suggèrent fortement une régulation permanente du mycobiote par les bactéries intestinales. Cette régulation prend la forme d’une compétition pour les sources de nutriments via la production de composés antifongiques par les bactéries et, inversement, de composés antibactériens par les champignons. Dès lors que les bactéries subiraient les effets d’un antibiotique, leur rôle régulatoire serait altéré et certains champignons, notamment Candida, auraient le champ libre pour se développer. Ainsi, une dysbiose du mycobiote intestinal après un seul traitement antibiotique pourrait, avec une altération des bactéries intestinales, être à l'origine des effets à long terme des antibiotiques sur la santé humaine.

Qu'est-ce que la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens ?

Depuis 2015, l'OMS organise chaque année la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (WAAW) dont l'objectif est de sensibiliser sur le phénomène mondial de la résistance aux antimicrobiens.

Cette campagne, qui se tiendra du 18 au 24 novembre, encourage le grand public, les professionnels de santé et les décideurs à faire un bon usage des antimicrobiens afin d'éviter l'apparition de résistance.

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"Voilà un point de vue intéressant." - Commentaire traduit de Jesús Jacinto (Repris de Biocodex Microbiota Institute sur X)

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Tout ce que vous devez savoir sur la dysbiose

Actualités, formations accréditantes, infographies, vidéos d’experts, dossiers thématiques… Profitez de l’été pour passer en revue tous les outils proposés par le Biocodex Microbiota Institute sur la dysbiose, y compris la Dysbiose Associée aux Antibiotiques (DAA) ! Consultez les outils et les contenus adaptés mis à votre disposition, qui vous permettront d’élargir vos connaissances et devenir un véritable expert en dysbiose !

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Par quel mécanisme se produit le déséquilibre du microbiote ? Comment rééquilibrer notre microbiote ? Découvrez toutes les réponses à ces questions !

SII, microbiote intestinal et dépression : un triptyque pour mieux comprendre la maladie

4 à 10%1,2 de la population mondiale serait touchée par le Syndrome de l’Intestin Irritable (SII) qui reste une maladie aux mécanismes physiopathologiques non élucidés. L’implication du microbiote intestinal a déjà été étudiée sans forcément apporter de corrélation ferme. Une équipe de chercheurs chinois a voulu en savoir plus…

SII
SII, microbiote intestinal et dépression : un triptyque pour mieux comprendre la maladie

Le Syndrome de l’Intestin Irritable (SII) est un trouble fonctionnel gastrointestinal dont l’une des comorbidités psychiatriques les plus fréquentes est la dépression. Une étude multi-omique a récemment mis en lumière le rôle du microbiote intestinal et de ses métabolites sur le SII et la dépression associée.

52% Seule 1 personne sur 2 ayant souffert d’une pathologie digestive impliquant le microbiote fait le lien

Cette étude3 porte sur 431 patients issus de 2 cohortes :

  • l’une de découverte (n=330 patients, 264 souffrant de SSI et 66 individus contrôles)
  • et l’autre de validation (n=101 patients dont 86 SII et 15 contrôles),

Des analyses métagénomiques et métabolomiques ont ensuite été conduites sur des échantillons de selle et de sérum afin d’identifier de potentiels biomarqueurs de la maladie.

4 à 10% Entre 4 à 10% de la population mondiale serait touchée par le Syndrome de l’Intestin Irritable

Les métabolites sériques comme potentiels marqueurs du SII

L’analyse des selles n'a révélé qu’une dysbiose modérée. La composition du microbiote fécal de même que les métabolites fécaux ne semblent pas pouvoir discriminer les patients SII des individus sains. 

En revanche, les métabolites sériques identifiés chez les patients permettent de les distinguer avec un fort pouvoir discriminant des individus sains. Au total, 726 métabolites sériques sont ainsi identifiés (contre seulement 8 métabolites fécaux), parmi ceux-ci un cluster d’acides gras acyl coA enrichi en cas de SII

1 personne sur 10 Bien que les taux de prévalence du SII semblent varier d’un pays à un autre, on estime qu’il touche environ 1 personne sur 10 à travers le monde.

Des bactéries intestinales fortement associées aux métabolites fécaux

De nombreuses associations (522) entre des métabolites fécaux et des bactéries intestinales ont également été découvertes. En particulier, 3 espèces (Odoribacter splanchnicus, Escherichia coli et Ruminococcus gnavus) sont très fortement associées à une faible abondance d'acide dihydroptéroique, un intermédiaire de l’acide folique, lui-même présent en très faible quantité chez les patients SII. De plus, parmi les marqueurs sériques les plus significatifs chez les patients SII figurent les fatty acyl CoA, ce qui suggère une dérégulation du métabolisme des acides gras chez les individus souffrant de SII.

Le métabolisme dérégulé du tryptophane et de la sérotonine est corrélé à la sévérité de la dépression 

Les résultats suggèrent une corrélation entre le métabolisme du tryptophane et de la sérotonine et la comorbidité de la dépression en cas de SII. Certaines espèces, telles que Clostridium nexile ou Roseburia inulinivorans sont sur-représentées chez les patients SII souffrant de dépression, et associées à la présence dans le sérum de certains métabolites du tryptophane. La voie de synthèse du L-tryptophane est également fortement associée à la sévérité de la dépression.

A l'instar de récentes publications, cette nouvelle étude semble confirmer le rôle essentiel joué par le microbiote intestinal dans le SII. Les résultats obtenus lèvent progressivement le voile sur des mécanismes physiopathologiques aujourd'hui pas totalement élucidés et ouvrent la voie à de nouvelles orientations thérapeutiques ciblant le microbiote et/ou ses métabolites.
Affaire à suivre avec le plus vif intérêt. 

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De la dysbiose intestinale à l’infection urinaire

Existe-t-il un axe intestin-vessie qui serait impliqué dans la récurrence des infections urinaires ? Comment ? Via une dysbiose intestinale et une réponse immunitaire peu efficace lors de la colonisation bactérienne de la vessie.
Explications.

De la dysbiose intestinale à l’infection urinaire

Courante et récidivante. Tel est le portrait-robot de l’infection urinaire qui a tendance à s’acharner sur les mêmes femmes : 20 à 30% d’entre elles voient revenir l’infection, avec jusqu’à 6 épisodes par an, voire davantage. L'intestin étant le réservoir de bactéries pathogènes qui remontent via la vulve, des chercheurs se sont intéressés à l'existence potentiel d'un axe "intestin-vessie":

  • Une dysbiose intestinale est-elle associée à la susceptibilité aux infections urinaires récurrentes (IUr) ?
  • Les femmes souffrant de ces infections ont-elles une dynamique spécifique dans, et entre, l'intestin et la vessie ?
  • Des différences immunologiques médiées par le microbiote sont-elles liées à cette sensibilité ?

Pour y répondre, une étude clinique longitudinale d'un an a été menée sur 15 femmes ayant des antécédents d'infection urinaire à répétition versus 16 femmes en bonne santé.

Dysbiose intestinale et inflammation

Les résultats montrent que les femmes ayant des antécédents d'IUr présentaient un microbiote intestinal moins diversifié, avec davantage de Bacteroidetes, et moins de Firmicutes et de bactéries productrices de butyrate comme Blautia. Or, ces dernières sont connues pour réguler l’inflammation. D’ailleurs, des analyses sanguines indiquent que les femmes sensibles aux infections présentaient des caractéristiques signant une inflammation de bas grade. De quoi suggérer que la susceptibilité aux IUr serait en partie médiée par un axe intestin-vessie, via une dysbiose intestinale et une altération de l'immunité systémique.

20 à 30% des femmes avec une infection urinaire diagnostiquée connaîtront des infections urinaires récurrentes (IUr).

Le rôle d’E. coli

24 infections urinaires ont été rapportées au cours de l’étude, toutes dans le groupe des femmes IUr, et causées par E. coli dans 82% des cas.
Cependant, la dysbiose observée chez les femmes IUr ne semblait pas avoir d'impact sur la dynamique de cette bactérie : les populations d'E. coli dans l’intestin et la vessie étaient comparables entre les 2 groupes, tant en termes d'abondance relative que de phylogroupes. Pourtant, aucun symptôme d'infection urinaire n’est survenu chez les témoins sains, suggérant qu’elles seules parviennent à éliminer E. coli de leur vessie.
Autre enseignement : les souches d'E. coli responsables de l'infection urinaire colonisent souvent l'intestin de façon persistante, sans être définitivement éliminées par une exposition répétée aux antibiotiques. Autrement dit : les antibiotiques soigneraient à court terme en éliminant E. coli de la vessie, mais ne protègeraient pas des récidives à long terme provoquées par des E. coli intestinales résiduelles.

De quoi revoir l’intérêt de telles prescriptions qui, en outre, pourraient exacerber la dysbiose intestinale et l’inflammation qui en découle… Et se concentrer sur les alternatives potentielles du microbiote pour restaurer une communauté bactérienne saine dans l'intestin.

Académie du Microbiote Urogénital

Biocodex Microbiota Institute est un partenaire institutionnel de l'Académie du microbiote urogénital (AMUR). L'AMUR a été fondée pour enrichir les connaissances sur le microbiote et développer des approches novatrices visant à prévenir et traiter les troubles de la sphère urogénitale.

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Alimentation pimentée et microbiote intestinal : pour une santé explosive ?

On savait que la consommation de piment rouge aidait à lutter contre l’inflammation et à prévenir l’obésité, mais on ignorait jusqu’à présent comment.
Le mystère semble avoir été percé grâce aux résultats d’une étude in vitro sur la flore intestinale réalisée à partir de prélèvements de selles... Une étude qui ne manque pas de piquant !

Le microbiote intestinal Obésité

Ça pique, ça brûle, ça chauffe les joues, ça titille les papilles voire l’estomac mais c’est bon pour votre santé ! Anti-inflammatoire, anticholestérol, anti-hypertenseur, anti-obésité... Les vertus d’une nourriture pimentée semblent infinies !
Ces propriétés bénéfiques sont attribuées à la capsaïcine, le composé du piment rouge qui met le feu à la bouche. S’il est difficile de passer, gustativement parlant, à côté de l’effet piquant, les mécanismes impliqués soulèvent encore des interrogations. Selon l’une des hypothèses avancées, la consommation de capsaïcine provoquerait un enrichissement du microbiote intestinal en bactéries produisant des (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) auxquels on devrait ces multiples bienfaits.

Une étude in vitro, réalisée sur des prélèvements de selles

Pour vérifier cette hypothèse tout en s’affranchissant d’éventuelles interactions de la capsaïcine avec d’autres composants de l’organisme humain, une équipe sino-américaine a choisi de mener une étude in vitro. Les chercheurs ont récupéré les selles de deux individus en bonne santé, les ont introduites dans un bioréacteur mimant les conditions du côlon, puis ont ajouté soit la capsaïcine soit une solution contrôle. Au bout de deux semaines, les chercheurs ont analysé la composition des différents échantillons et comparé les résultats avec ceux qu’ils avaient obtenus au début de l’étude, avant l’ajout de la solution - avec ou sans capsaïcine.

Le microbiote intestinal

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La capsaïcine provoque une dysbiose bénéfique

Gage de bonne santé, la diversité des bactéries entrant dans la composition des deux échantillons de microbiote intestinal traités à la capsaïcine a fortement augmenté au cours de l’étude, confirmant les données observées in vivo dans divers travaux réalisés chez l’Homme et sur des souris. La production de certains acides gras à chaîne courte a également varié, mais de façon différente d’un échantillon à l’autre : tous deux ont produit davantage d’acide propénoïque (connu pour son rôle dans la régulation de l’appétit), mais seul le premier a produit plus d’acide butanoïque (ou acide butyrique, aux propriétés anti-inflammatoires reconnues).

Manger pimenté : des effets bénéfiques contrastés

Si ces résultats valident l'hypothèse selon laquelle les bienfaits du piment sont liées à l'interaction de son principal composé (la capsaïcine), ils confirment également que les effets bénéfiques varient en fonction de la composition initiale du microbiote. Des vertus "explosives" mais pas pour tout le monde...

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Le microbiote urinaire : vers un nouvel outil pronostic du cancer de la prostate ?

Des bactéries du microbiote prostato-urinaire, dont certaines inconnues jusqu’alors, sont associées à un risque plus élevé de progression du cancer de la prostate, révèle une étude parue dans European Urology Oncology1. Si leur pertinence en tant que marqueur d’agressivité tumorale est confirmée, elles pourraient révolutionner la prise en charge de la maladie.  

C’est le deuxième cancer le plus fréquent chez l’homme et le cinquième cancer le plus meurtrier au monde avec plus de 375 000 décès en 20202. Malgré ces chiffres, le cancer de la prostate se caractérise par une évolution très hétérogène (aux Etats-Unis, on estime à 90% la survie à 5 ans1).
Aujourd’hui, c’est l’agressivité de la tumeur qui guide en premier lieu les décisions de traitement. Elle est évaluée entre autres par le score histopathologique de Gleason après biopsie, une procédure invasive. L’identification de marqueurs urinaires permettant, en combinaison avec les données cliniques, de détecter les formes agressives de la maladie suscite donc un vif intérêt chez les cliniciens. 

2ème cancer le plus fréquent chez l’homme

5ème cancer le plus meurtrier au monde

Le microbiote urinaire décortiqué par l’imagerie moléculaire et la génomique

Des études avaient déjà révélé un lien entre le cancer de la prostate et un profil microbien urinaire particulier, mais aussi des différences dans la communauté bactérienne prostatique selon le score de Gleason. C’est donc vers le microbiome prostato-urinaire, encore incomplètement caractérisé, que des chercheurs anglais se sont tournés pour explorer son potentiel pronostic1. Grâce à des outils comme la microscopie à fluorescence, la culture bactérienne anaérobie et le séquençage génomique, ils ont analysé des échantillons d’urine et de sécrétions de tissu prostatique collectés auprès de plus de 600 individus examinés à l’hôpital pour une suspicion de cancer de la prostate ou une hématurie. Les sujets ont été répartis en groupes cliniques et les patients diagnostiqués avec un cancer de la prostate stratifié selon le score d’Amico.

Des bactéries anaérobies associées à la progression tumorale 

Les chercheurs ont mis en évidence une association significative entre la présence de bactéries dans les urines et un risque augmenté de cancer de la prostate. Ils ont également découvert quatre nouvelles espèces bactériennes dans les échantillons urinaires, les sécrétions prostatiques ainsi que les tissus, appartenant aux phyla des Firmicutes (Fenollariasp. nov. et Peptoniphilus sp.nov), des Actinobacteria (Varibaculum sp.nov) et des Bacteroidetes (Porphyromonas sp.nov). Cinq espèces anaérobies, dont trois parmi ces nouvelles bactéries, étaient associées à un risque multiplié par 2,6 d’évolution défavorable de la maladie, et pourraient servir de biomarqueurs potentiels de pronostic

Un potentiel pronostic, voire thérapeutique, qui stimule la poursuite des travaux

Les chercheurs sont parvenus à une hypothèse : ces bactéries anaérobies agiraient sur certains processus métaboliques.
Comme la conversion du cholestérol en androstènedione, un précurseur de la testostérone qui stimule la croissance tumorale, ou la dégradation du citrate, un marqueur connu d’agressivité du cancer prostatique. Mais un lien causal entre la surreprésentation de ces bactéries chez les patients et la progression de la maladie ne peut être établi à ce stade.

 

De nouvelles recherches doivent donc être engagées dans ce sens : si ce lien est confirmé, un test urinaire pronostique très pratique pour la clinique pourrait être mis au point. Mieux, des traitements antibiotiques ciblés pourraient contrôler, voire de prévenir, la progression de la maladie.

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Sources

1. Hurst R, Meader E, Gihawi A, et al. Microbiomes of Urine and the Prostate Are Linked to Human Prostate Cancer Risk Groups. Eur Urol Oncol. 2022 Apr 18:S2588-9311(22)00056-6. 

2. Wang L, Lu B, He M, et al. Prostate Cancer Incidence and Mortality: Global Status and Temporal Trends in 89 Countries From 2000 to 2019. Front Public Health. 2022 Feb 16;10:811044

3. Survival Rates for Prostate Cancer_American Cancer Society

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Infections urinaires : rompre le cercle vicieux

A en croire de récents travaux, les antibiotiques ne seraient qu’une solution à court terme face aux infections urinaires…perturbant le microbiote intestinal et mettant à mal le système immunitaire, cela encouragerait même le retour des crises
Décryptage.

Le microbiote intestinal Cystite et microbiota Prostatite et microbiote Le microbiote urinaire

Les infections urinaires (UI) sont parmi les infections bactériennes les plus courantes dans le monde, elles surviennent lorsque des bactéries, provenant de la peau ou du rectum, pénètrent dans l'urètre et infectent les voies urinaires.1,2 Une récente étude américaine a permis de suivre durant un an une trentaine de femmes souffrant d’infections urinaires et sous traitements antibiotiques. Le constat est sans appel : c’est un véritable cercle vicieux pour les femmes sujettes aux infections urinaires. Les antibiotiques prescrits pour soulager la crise du moment pourraient faire le lit de la suivante.

20 à 30% des femmes avec une infection urinaire diagnostiquée connaîtront des infections urinaires récurrentes (IUr).

Au commencement, le microbiote intestinal

Tout commencerait dans l’intestin. Quelques bactéries appelées Escherichia coli remonteraient via la vulve, située à proximité de l’anus, dans les voies urinaires. Jusque-là, rien d’anormal puisque l’on observe le même phénomène chez les femmes non sujettes à de telles infections. Habituellement, le système immunitaire se charge d’éliminer les indésirables. Sauf que chez les femmes sujettes aux infections urinaires chroniques, le système immunitaire ne serait pas au top de sa forme. La faute, sans doute, aux traitements antibiotiques répétés qui ont en partie éliminé les bactéries en charge de réguler notre immunité via de petites molécules fabriquées dans nos intestins et qui passent ensuite dans notre sang.

Conséquence directe : E. coli déclenche une nouvelle infection urinaire… et le médecin, démuni, prescrit un nouveau traitement antibiotique. Et c’est reparti pour un tour puisque ce nouveau traitement va certes éliminer les bactéries de la vessie, mais pas le réservoir de ses sœurs dorlotées dans notre tube digestif.
Pire : le traitement risque de perturber davantage les gentilles bactéries de notre microbiote intestinal qui tentaient, tant bien que mal, de réguler notre système immunitaire pour qu’il puisse lutter contre les E. coli remontant dans la vessie.

Le microbiote intestinal

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Changer de stratégie

Bilan des courses : 20 à 30 % des femmes verront rapidement revenir leur infection urinaire.
Sans parler du développement de résistances aux antibiotiques qui compliquent le traitement de la nouvelle crise. Comment sortir de ce cercle vicieux ? Peut-être en changeant de stratégie. Au lieu de tenter d’éliminer les indésirables, quitte à faire des victimes collatérales (les gentilles bactéries qui régulent notre immunité) et donc des dommages à long terme, quid de bichonner les bactéries qui assurent l’équilibre de notre microbiote intestinal ? Car les femmes sujettes aux infections urinaires ont un microbiote intestinal en berne, moins diversifié et moins riche en gentilles bactéries.

D’où la suggestion des auteurs de se concentrer sur les thérapies du microbiote pour restaurer la communauté bactérienne des femmes sujettes aux infections.

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Nature et microbiote : quels effets sur votre santé ?

Profitez des vacances d’été pour prendre une cure de nature et un grand bol d’air frais ! Votre microbiote vous remerciera !
Le saviez-vous ? La nature mais aussi la pollution et votre cadre de vie peuvent influencer la composition de votre microbiote, et in fine, impacter votre santé.

Retrouvez notre sélection d'articles qui vous donneront, cet été, encore plus envie de profiter du grand air !

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Préparez votre rentrée grâce à votre microbiote

La fin de l’été approche… Il est temps de reprendre vos bonnes habitudes pour bien préparer votre rentrée. Et si le microbiote avait un rôle à jouer ?

Alimentation, sommeil, immunité… : découvrez notre sélection d’articles pour vous aider à retrouver votre rythme et atteindre vos objectifs post vacances.

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