Les relations entre les individus constituent un moteur majeur de la formation du microbiote, et donc du métabolisme associé. Par exemple, cohabiter avec quelqu’un, c’est partager en moyenne 12% des espèces de son microbiote intestinal et 32% des souches orales.
A la différence du génome hérité de nos parents et stable, le microbiote, ensemencé à la naissance, évolue au fil du temps en fonction de notre alimentation, notre mode de vie… et, plus surprenant, des individus que nous côtoyons ! C’est en effet ce que tendent à démontrer les résultats d’une étude analysant un large panel de données métagénomiques, couvrant 4 continents. Soit au total 9 715 échantillons de microbiote, dont 7 646 issus de selles et 2 069 de salive.
Plus de distance géographique, moins de partage microbien
Premier enseignement : le partage de souches de personne à personne suit un gradient basé sur la distance géographique, réseau d’interaction social et la parenté. Globalement, si l’on se penche sur le microbiote intestinal, les taux de partage de souche de personne à personne les plus élevés sont observés entre les mères et leur progéniture de 0 à 3 ans (34%), suivis par les individus (> 4 ans) du même foyer (12%), les jumeaux adultes non cohabitants (8%), et enfin les adultes vivant dans la même commune mais pas sous le même toit (8%). Selon les auteurs, ce profil microbien partagé au sein d’un même village serait dû aux interactions physiques et à l’environnement partagé entre les individus du village. A l’inverse, les individus ne vivant ni sous le même toit ni dans la même commune ont un taux de partage de souche très faible.
38%
Un couple partage 38% de son microbiote oral.
La transmission maternelle à la loupe
Pour mieux comprendre la transmission maternelle, 3 598 échantillons provenant de 711 paires mère-enfant ont été analysés. Ils mettent en évidence des taux de partage de souches intestinales diminuant progressivement, de 65% à 1 jour, 50% à 1 semaine, 47% à 1 an, 27% entre 1 et 3 ans, 19% jusqu'à 18 ans et 14% jusqu'à 30 ans. Cette baisse progressive du taux de partage de souches intestinales est sans doute associée à la réduction de la proximité physique et de l’accès à de nouveaux environnements. Néanmoins, une filiation du microbiote intestinal demeure : entre 50 et 85 ans, les enfants partagent encore 16% de souches intestinales avec leur mère, même s’ils ne vivent plus sous le même toit.
65%
Un nouveau-né et sa mère partagent 65% de leur microbiote intestinal le jour de la naissance.
Côté microbiote oral, l’étude de données américaines et des îles Fidji montre des dynamiques très différentes : les taux de partage mère-enfant augmentent avec l'âge de l’enfant, surtout après 3 ans, coïncidant avec l'accumulation croissante d'espèces de micro-organismes dans son microbiote oral. Néanmoins, les partages entre un jeune enfant et sa mère (30%) ou son père (24%) n’égalent jamais ceux d’un couple (38%), du fait de l’intimité des partenaires.
Peu d’effet des modes de vie sur la transmission des microbiotes
Enfin, les modes de vie (occidentaux ou non) montrent bien moins d’incidence qu’anticipé sur la dynamique de transmission du microbiome : les taux de partage de souches entre individus apparaissent remarquablement similaires, quel que soit le pays. La plus grande richesse en micro-organismes observée dans les communautés non occidentalisées ne paraît donc pas tenir à une transmission accrue via d'autres membres du ménage. Elle pourrait être davantage une conséquence de l'interaction avec l'environnement et des régimes alimentaires et modes de vie favorisant la diversité des micro-organismes.
Douleurs abdominales récurrentes, ballonnements, troubles du transit… Le syndrome de l'intestin irritable (SII) est le plus fréquent des troubles de l'interaction intestin-cerveau, autrefois appelés « troubles fonctionnels intestinaux ». Si ses principaux symptômes concernent l'intestin, le SII s’associe souvent à de l’anxiété et de la dépression. On sait aujourd'hui que des perturbations des communications sur l'axe intestin-cerveau, dans lequel intervient le microbiote intestinal, entrent en jeu dans ce syndrome.
Les « troubles de l’interaction intestin-cerveau », (DGBI pour Disorder of Gut Brain interaction) sont aussi appelés « troubles fonctionnels intestinaux ». On les dit fonctionnels parce qu’il n’y a aucune anomalie structurelle au niveau des organes et tissus digestifs. Le syndrome de l’intestin irritable (SII) a également été appelé « colopathie fonctionnelle », « colite spasmodique » ou « syndrome du côlon irritable » 2.
Qu’est-ce qui provoque le syndrome de l’intestin irritable ?
Les causes du syndrome de l’intestin irritable sont complexes et demeurent encore aujourd’hui partiellement identifiées. La survenue d’un SII serait le fruit d’un ensemble de facteurs de différentes natures et d’importance variable selon les individus 2 : une prédisposition génétique, certains antécédents médicaux et traitements, le stress, l’alimentation, etc.
Le plus reconnu des facteurs de risque du SII est un antécédent d’infection intestinale aigüe : 10% des personnes ayant un SII estiment que leurs troubles ont commencé après un épisode : gastro-entérite virale, diarrhée du voyageur, (sidenote:
Diverticulite
Une diverticulite est une inflammation ou une infection atteignant les diverticules, de petits replis (hernies) présents au niveau de la paroi interne du côlon.
https://www.cancer.gov/publications/dictionaries/cancer-terms/def/diverticulitis), etc 1,4,5. Après un tel épisode, le risque de SII serait ainsi quadruplé au bout d’un an. 1
2 sur 3
2 personnes souffrant de SII sur 3 dans les pays occidentaux sont des femmes
Les dernières recherches sont de plus en plus formelles : le microbiote intestinaljouerait un rôle clé dans l’apparition du SII : 6,7 un déséquilibre de la composition du microbiote intestinal, ou dysbiose, est même reconnu par les experts comme une cause plausible de SII. 5 Les dysbioses dues à la prise d’antibiotiques ont d’ailleurs également été associées au développement du SII. 1
La communauté scientifique porte également un grand intérêt à l’alimentation dans le SII. En effet, plus de 60% patients atteints du SII rapportent que leurs symptômes sont apparus ou se sont intensifiés après les repas. 8,9 On parlerait alors d’hypersensibilité de l’intestin. La présence de certains composés alimentaires (blé, lait…) déclencherait une réaction exagérée l’intestin, d’ordre immunitaire ou non. 10,11 De plus comme le microbiote intestinal est souvent influencé par les habitudes alimentaires, son altération peut conduire à une fermentation anormale des aliments ingérés et jouerait un rôle crucial dans la distension intestinale. 10
Le SII est également favorisé par des événements traumatisants ou pénibles (deuil, divorce, abus, conflits…), des stress aigus ou chroniques et d’autres troubles psychologiques : déprime, anxiété…1,2,7 En effet, ils entraîneraient des altérations au niveau du (sidenote:
Système nerveux entérique
Le système nerveux entérique (ENS) est le système nerveux propre à l'intestin. Composé d'un réseau de neurones qui tapisse les parois du tractus gastro-intestinal, il contrôle l'activité sensorielle, motrice et sécrétoire du système digestif.
Watson C., Kirkcaldie M., Paxinos G. The brain: an introduction to functional neuroanatomy – Chapter 4 - Peripheral nerves. Academic Press, 2010. 43-54) qui contrôle la motricité, la barrière muqueuse, la sensibilité et les sécrétions intestinales. 1
Aux origines du SII, une défaillance dans la communication entre l’intestin et le cerveau ?
L’axe intestin-cerveau, ça vous dit quelque chose ? Le cerveau communique avec le système nerveux entérique dans les deux sens : ce qui se passe dans le cerveau a un impact sur les intestins et inversement. Mais ce n’est pas tout : les neurones situés dans les intestins sont en ligne directe avec le microbiote intestinal, entretenant lui-même une communication bidirectionnelle avec notre système hormonal et notre système immunitaire.
Les perturbations retrouvées dans le SII vont se traduire par :
une hypersensibilité intestinale et des altérations du contrôle de la douleur au niveau du système nerveux central
les mouvements normaux de l’intestins sont perçus par le cerveau comme de la douleur ;
des troubles de la motricité intestinale
les intestins se contractent anormalement ;
des perturbations du système immunitaire intestinal
(dans 50% des cas), avec une stimulation immunitaire excessive après une infection5 ou une hypersensibilité face à certains aliments ; 6
une perte de l’intégrité de la barrière intestinale
qui laisse passer des fragments de bactéries hors des intestins et entraîne une inflammation chronique diffuse; 7,12
une dysbiose intestinale
retrouvée chez les 2/3 des personnes atteintes de SII. Elle peut être impliquée dans toutes les perturbations précitées et les symptômes du SII. 2,7
Quels sont les principaux symptômes du SII ?
Selon des critères bien établis, le SII se caractérise par la présence simultanée de plusieurs symptômes : des douleurs abdominales et des troubles du transit. Ces symptômes doivent être suffisamment fréquents et anciens (> 1 jour/semaine au cours des 3 derniers mois) : 13,14
Des douleurs liées à la défécation ;
Ballonnements;
Modification de la consistance des selles ;
Modification de la fréquence des selles.
Des douleurs abdominales récurrentes (au moins 1 jour par semaine) ;
Quelques précisions et explications peuvent être utiles !
Les douleurs abdominales se manifestent par des spasmes, des sensations de brûlure ou de tension, des ballonnements. Elle se situent autour du nombril, au niveau du bas-ventre ou « en cadre », semblant suivre le trajet du côlon. Les douleurs sont liées à la défécation : elles peuvent être aggravées ou soulagées par l’émission de gaz ou de selles. 2
Les anomalies de la consistance et de la fréquence des selles vont de selles trop molles et/ou trop fréquentes (de type diarrhée) à trop dures et/ou trop rares (de type constipation). Les périodes de diarrhée et de constipation peuvent alterner. Ces troubles du transit s'accompagnent parfois d'autres inconforts comme des envies urgentes d'aller à la selle, la présence de mucosités dans les selles ou des sensations d'évacuation incomplète des selles. 5
Les altérations de la fréquence ou de la consistance des selles permettent de classer le SII en quatre sous-types :
SII-C : SII avec prédominance de la constipation (au moins 1/4 des selles) ;
SII-D : SII avec prédominance de la diarrhée (au moins 1/4 des selles) ;
SII-M : SII mixte avec alternance de diarrhée et de constipation (au moins 1/4 des selles avec constipation, 1/4 avec diarrhée). C’est le sous-type le plus fréquent (40% des personnes avec SII);
SII-I : SII indéterminé qui ne répond pas aux critères de SII-C, D ou M : il n’y a que rarement des selles anormales. 15,16
A noter que chez une personne atteinte de SII, le sous-type peut changer au cours du temps. 3
Les symptômes du SII sont de sévérité variable d’une personne à l’autre et au cours du temps chez une même personne. 3,5 Ils peuvent être de gênants jusqu’à très handicapants, les formes sévères de SII concernant 20 à 25% des patients. 3 D’une manière générale, ils nuisent à la qualité de vie personnelle, sociale et professionnelle. 1,3
Le diagnostic d’un SII ne peut être réalisé que par un médecin, dès lors qu’il a pu éliminer une autre affection digestive. 2 Comme il n’existe actuellement aucun test diagnostique du SII, le médecin se base sur les symptômes décrits par son(sa) patient(e) : dans le SII, l’examen clinique et l’imagerie sont le plus souvent normaux. 3
Quels sont les troubles et pathologies associés au SII ?
Chez les personnes atteintes de SII, on constate une plus grande fréquence de certains troubles et pathologies.
Autres troubles digestifs : Dans plus de 20% des cas, le SII s’accompagne de ballonnements, de flatulences, 4 de nausées ou d’aigreurs d’estomac. 16 Certaines personnes auraient également des intolérances à certains aliments. 5
Troubles psychologiques : S’il peut y avoir une composante psychologique dans l’apparition d’un SII, une partie des personnes atteintes peut aussi développer des troubles psychologiques suite à un SII, 1 comme de l’anxiété, du stress, de la dépression, de l’insomnie et des troubles du comportement alimentaire. 5
Troubles génito-urinaires : Le SII peut s’accompagner de douleurs pelviennes, de troubles urinaires, de douleurs au moment des rapports sexuels chez la femme et de dysfonctions érectiles chez l’homme. 4,5
Endométriose : Des études montrent que les femmes souffrant d’endométriose ont un risque multiplié par 3 de développer un SII. 17
Troubles généraux : Certaines personnes atteintes de SII éprouvent de la fatigue, une sensation de léthargie, des maux de tête et des douleurs musculaires. 2, 4, 5 Le SII est plus fréquent chez les personnes atteintes de fibromyalgie et de fatigue chronique. 1
Bien que douloureux et éprouvant au quotidien, le SII est un trouble bénin 2. Il n’empêche, vos symptômes de SII doivent être soulagés le plus tôt possible afin d’améliorer votre qualité de vie 3. Pour cela, votre médecin traitant vous donnera des conseils d’hygiène de vie et vous recommandera une combinaison optimale de médicaments spécifiques et de solutions alternatives.
De bonnes habitudes nutritionnelles peuvent réduire les symptômes du SII 6,18:
prendre ses repas à des horaires réguliers et éviter de sauter des repas ;
éviter les repas « pantagruéliques », les plats épicés et trop gras ;
bien mâcher ses aliments ;
s’hydrater suffisamment ;
limiter l’alcool, la caféine et le tabac ;
pratiquer une activité physique régulière.
Les médicaments
Certains symptômes du SII peuvent être diminués par des médicaments prescrits par le médecin : antispasmodiques, régulateurs du transit, laxatifs en cas de SII-C, antidiarrhéiques en cas de SII-D, parfois antidépresseurs 9. Cependant, ces médicaments ne sont pas efficaces chez tout le monde 16 et à ce jour, aucun d’entre eux ne peut soulager l'ensemble des symptômes du SII.
Beaucoup de personnes ayant un SII estiment que certains aliments aggravent ou améliorent leurs symptômes, mais ce ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Les symptômes du SII peuvent donc être améliorés en modifiant l’alimentation, mais il faut toujours le faire avec l’aide d’un professionnel de santé (médecin, diététicien) pour une solution personnalisée et prévenant tout déséquilibre nutritionnel 16.
Avec le médecin, vous pouvez par exemple détecter les aliments qui ne vous « réussissent pas » (le lait, le blé, les légumineuses…) pour les limiter 9. Il est aussi possible d’augmenter les fibres dans l’alimentation si vous avez un SII-C - sans excès pour ne pas favoriser les douleurs ou ballonnements 6.
Parmi les régimes testés scientifiquement pour soulager le SII, le régime pauvre en FODMAPS (Fermentable Oligosaccharides Disaccharides Monosaccharides and Polyols) semble donner les meilleurs résultats 6,16, mais il n’est pas efficace pour tout le monde 2. Les FODMAPs sont des sucres peu absorbés au niveau de l’intestin grêle et qui vont fermenter sous l’action des bactéries du microbiote intestinal. Dans le SII, cette fermentation exacerbe les ballonnements et les douleurs.
Le régime consiste à réduire fortement les aliments riches en FODMAPs : aliments contenant du lactose, certaines céréales, certains fruits et légumes, les édulcorants de synthèse, les plats industriels… Potentiellement contraignant, il doit être encadré par un médecin et suivi pendant 4 à 6 semaines. Si les symptômes s’améliorent, les aliments contenant des FODMAPs seront ensuite progressivement réintroduits un par un. Il deviendra ainsi possible de déterminer quel ou quel(s) aliment(s) aggravent vos symptômes et les éviter 2,19.
Les probiotiques, les prébiotiques et la transplantation de microbiote fécal
Différentes études soulignent l’importance du microbiote intestinal dans la survenue du SII et montrent des différences de composition entre le microbiote intestinal de personnes atteintes et celui des personnes saines 5. Des solutions permettant de moduler le microbiote intestinal pour améliorer les symptômes du SII peuvent donc être proposées 20.
Les probiotiques représentent une option prometteuse, selon les experts. Les études montrent leur effet positif global sur les symptômes du SII, grâce à une action sur différents mécanismes comme l’hypersensibilité viscérale et la motricité intestinale 9. Les probiotiques peuvent notamment renforcer la barrière colique, diminuer l’inflammation, améliorer l’immunité intestinale… 20 Certains pourraient même agir sur l’axe intestin-cerveau en améliorant les symptômes dépressifs 9. Tous ces effets seraient bénéfiques au bien-être : une récente étude a montré qu’en 30 jours, la prise d’une souche de bifidobactérie réduisait la sévérité des symptômes et améliorait la qualité de vie de 60% des personnes ayant un SII 21.
Des études sur l’effet sur le SII des symbiotiques, associant probiotiques et prébiotiques, sont également en cours 9 et de premiers tests de transplantation de microbiote fécal ont donné des résultats encourageants chez certains patients avec SII, avec une amélioration des symptômes et de la qualité de vie 1.
62%
des répondants ont assimilé la consommation de probiotiques comme favorable au maintien d’un équilibre et du bon fonctionnement des microbiotes
Éternuements à répétition, nez qui coule et/ou bouché, yeux irrités… l’arrivée du printemps marque le retour des allergies respiratoires, notamment de la rhinite allergique. Quels sont les symptômes ? Comment les prévenir ? Le microbiote joue-t-il un rôle dans ces allergies respiratoires ?
Le Biocodex Microbiota Institute passe en revue l’état des connaissances sur ces troubles respiratoires dont la prévalence ne cesse de progresser.
Cohabiter, c’est partager en moyenne 12% des espèces (bactéries, virus, champignons…) de son microbiote intestinal et 32% des souches orales, ces chiffres variant selon le type de relation (mère-enfant, conjoints, etc.). Soit bien plus qu’on ne le croyait.
Embrasser son conjoint, allaiter et serrer contre soi son nourrisson, partager une pizza entre colocataires, ou simplement partager à un moment donné le même espace : cohabiter, se rencontrer c’est partager bien plus qu’un toit. C’est aussi partager un microbiote, et ce de façon plus ou moins marquée selon l’âge, le type de relation, la durée de vie ensemble, etc. Une nouvelle étude apporte un nouvel éclairage sur l’importance de nos interactions avec les autres sur les microbiotes intestinal et oral.
Un microbiote intestinal sous influence maternelle
Premier facteur d’influence : la parenté. A sa naissance, un bébé partage avec sa mère 65% de souches intestinales, sorte de « kit de démarrage » fourni lors de l’accouchement. Puis, progressivement, ce taux va diminuer, du fait d’une moindre intimité :
50% à 1 semaine ;
47% à 1 an ;
27% entre 1 et 3 ans ;
19% jusqu'à 18 ans ;
et 14% jusqu'à 30 ans.
Pour autant, un reliquat non négligeable de l’empreinte maternelle parvient à défier les années et l’éloignement : entre 50 et 85 ans, les enfants partagent encore 16% de souches intestinales avec leur mère (même s’ils ne vivent plus sous le même toit).
65%
Un nouveau-né et sa mère partagent 65% de leur microbiote intestinal le jour de la naissance.
Microbiote oral : les pouvoirs insoupçonnés de la cohabitation
Côté microbiote oral, les dynamiques sont très différentes : au lieu de décroitre, les taux de partage augmentent avec l'âge de l’enfant, surtout après 3 ans, âge charnière où le microbiote oral voit ses espèces se multiplier. Pour autant, les pères et mères devront se faire une raison : leur enfant devenu grand partagera bien plus de bactéries orales avec ses colocataires ou pire, avec son conjoint (38%) qu’il n’en a jamais partagé avec sa mère (30%) ou son père (24%).
Plus surprenant, l’étude révèle que les échanges de bactéries dépassent les murs de la maison. Des adultes ne vivant pas sous le même toit mais dans une même commune partagent 8% de leurs souches intestinales et 3% des souches orales avec leurs voisins et autres membres du village (contre 0% entre villages différents), sans doute en raison de leurs interactions physiques et de l'environnement qu’ils partagent.
Effet de l’occidentalisation
En revanche, les chercheurs indiquent que les modes de vie (occidentaux ou non) ont bien moins d’incidence qu’anticipé sur la transmission de micro-organismes entre personnes. Certes, les microbiotes occidentaux se distinguent par leur faible richesse en micro-organismes. Néanmoins, les taux de partage de souches s’avèrent similaires quel que soit le pays où l’on vit, laissant penser que la plus grande richesse des flores intestinale et orale des habitants de pays non-occidentaux ne tiendrait pas à une transmission accrue entre personnes, mais davantage à des interactions avec l'environnement et des régimes alimentaires favorisant la diversité.
Le microbiote des femmes souffrant de diabète gestationnel comporte, dès le premier trimestre, une signature bien spécifique. Elle pourrait être en cause dans la pathogenèse de ce trouble ouvrant ainsi la porte à des outils de diagnostic plus précoces et performants. 1
Sera-t-il bientôt possible de prédire le diabète gestationnel (DG) dès le 1er trimestre de la grossesse ? C’est ce que suggère une récente étude parue dans la revue Gut.
Des chercheurs israéliens ont recruté 394 femmes, enceintes depuis moins de 3 mois et âgées de 18 à 40 ans. Ils ont recueilli leurs selles pour analyser leur microbiote, et prélevé des échantillons de sang (glycémie, cytokines sériques…). Les chercheurs ont également noté les antécédents médicaux et les habitudes alimentaires.
Les volontaires ont ensuite été suivies durant 27 à 30 semaines. Au second trimestre, 44 d’entre elles ont développé un DG (11%).
De nettes différences chez les femmes souffrant de diabète gestationnel
Les résultats de l’analyse sanguine montrent que, dès le 1er trimestre, les femmes ayant un DG présentent une intolérance au glucose et un taux de cytokines plus élevé, notamment d’interleukines-6 (IL6), ce qui n’était pas le cas des femmes sans DG. Plusieurs études ont montré que l’IL6, en favorisant l’inflammation, est impliquée dans diverses formes de diabète, notamment gestationnel.
L’analyse du microbiote intestinal montre que les femmes souffrant de DG présentent également, dès le premier trimestre :
Une diminution des acides gras à chaîne courte (AGCC), notamment de l’isovalérate et de l’isoburate, connus pour améliorer la sensibilité à l’insuline et abaisser la réponse inflammatoire ;
Une plus faible abondance de Prevotella, dont la présence est associée à une amélioration du métabolisme du glucose ;
Un enrichissement de certaines voies métaboliques, comme celle du mévalonate qui est liée à l’augmentation des niveaux d’IL-6.
Des symptômes reproduits chez la souris grâce au transfert de microbiote
Pour savoir si ces caractéristiques pouvaient jouer un rôle dans la pathogenèse du DG, les chercheurs ont ensuite procédé à un transfert du microbiote fécal des femmes de l’étude (TMF) dans des souris axéniques (sans microbiote).
Chez les souris ayant reçu le microbiote de femmes DG, les chercheurs ont observé les mêmes symptômes que ceux observés chez les femmes : intolérance au glucose et niveaux plus élevés d’IL-6. Ceci laisse penser que le microbiote est impliqué dans la pathogenèse du DG.
Le résultat était le même quand le TMF était réalisé avec des microbiotes fécaux de femmes enceintes de deux autres cohortes finlandaise et américaine, ce qui suggère une « universalité » des modifications du microbiote associées au DG.
Un enjeu de santé publique mondial
Depuis le milieu des années 1970, l’obésité est en constante augmentation dans de nombreux pays. Le surpoids étant un des facteurs de risque majeur de diabète gestationnel, cette « épidémie » s’est accompagnée d’un accroissement du nombre de femmes concernées par ce trouble du métabolisme du glucose et d'une multiplication de ses complications périnatales.
Aujourd’hui, en moyenne, 10% des femmes enceintes seraient touchées par le diabète gestationnel.
Selon une méta-analyse publiée en 2022, les prévalences les plus hautes se trouvent en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (27,6%) ;
ainsi qu’en Asie du Sud-Est (20,8%).
Les prévalences les plus faibles sont en Amérique du Nord et dans les Caraïbes (7,1%) ;
ainsi qu’en Europe (7,8%). 2
Vers de nouveaux outils de détection ?
Les chercheurs ont ensuite utilisé un modèle de prédiction pour savoir quelles données du 1er trimestre (composition du microbiome, profil cytokinique, antécédents médicaux ou caractéristiques alimentaires) étaient les plus pertinentes pour prédire le DG. Les résultats indiquent que le modèle intégrant le dossier médical est le plus performant (odds ratio OR de 3,2) suivi du modèle basé sur le microbiote fécal. Et en utilisant le dossier médical et le microbiote fécal, l’OR est passé à 4.
Même si des études complémentaires s’avèrent nécessaires pour savoir si la dysbiose est due au diabète ou si le diabète induit la dysbiose, ces résultats laissent entrevoir la possibilité d’une prise en charge plus précoce du DG, mais surtout d’une atténuation des conséquences néfastes de ce trouble sur la santé des mères et de leurs bébés !
Dès le premier trimestre de grossesse, des modifications associées au diabète gestationnel sont présentes dans le microbiote des femmes enceintes. Ceci pourrait permettre de mettre au point une détection plus précoce et une meilleure prise en charge des mères et de leurs bébés. 1
C’est une idée reçue qui a la peau dure : le diabète gestationnel (DG) se déclencherait au 2e ou 3e trimestre de grossesse. Faux, rétorque une récente étude publiée dans la revue Gut. Des modifications du microbiote intestinal liées à ce trouble du métabolisme du sucre apparaîtraient clairement dès le 1er trimestre, ce qui ouvrirait la porte à de nouveaux outils de prédiction.
Près de 400 femmes enceintes suivies pendant plusieurs semaines
Pour mettre ces résultats en évidence, les chercheurs de la Faculté de médecine de Safed en Israël ont recruté 394 femmes enceintes depuis moins de 3 mois et âgées de 18 à 40 ans. Les scientifiques ont recueilli leurs selles pour analyser leur microbiote et prélevé des échantillons de sang pour mesurer le niveau d’inflammation et divers paramètres. Les femmes volontaires ont ensuite été suivies durant plusieurs semaines. Au cours de ce suivi, 44 femmes ont développé un DG (11%).
Le diabète gestationnel, c’est quoi ?
Le diabète gestationnel, parfois appelé « diabète de grossesse » est un trouble métabolique caractérisé par un excès de sucre dans le sang qui disparaît après l’accouchement. Il s’accompagne de nombreux risques pour la mère (prééclampsie, complications lors de la délivrance, risque de diabète de type 2…) et pour le bébé (gros poids de naissance, hyperglycémie…).
Véritable enjeu de santé publique, le diabète gestationnel touche en moyenne 10% des femmes enceintes 2. Le diagnostic se fait habituellement entre la 24e et la 28e semaine d’aménorrhée.
Le surpoids, l’âge avancé (plus de 35 ans), les antécédents familiaux de diabète, le fait d’avoir déjà accouché d’un bébé de haut poids de naissance ou d’avoir la peau noire augmentent les risques.
La prise en charge repose surtout sur l’activité physique, l’alimentation et la prise d’insuline. A noter que la prise de probiotiques tôt pendant la grossesse préviendrait également le risque de diabète gestationnel.
Diabète : le microbiote impliqué dans l’inflammation
En comparant leurs résultats sanguins à ceux des femmes non touchées, les chercheurs ont découvert que, dès le 1er trimestre, les femmes souffrant de DG présentaient des problèmes de régulation du glucose et un taux de messagers inflammatoires plus élevé, notamment d’interleukines-6 (IL-6). Plusieurs études ont montré que l’IL-6, en favorisant l’inflammation, est impliquée dans diverses formes de diabète, notamment gestationnel.
Par ailleurs, l’analyse des microbiotes montrait, chez les femmes souffrant de DG, que certaines communautés de bactéries étaient modifiées ( (sidenote:
Dysbiose
La « dysbiose » n’est pas un phénomène homogène : elle varie en fonction de l’état de santé de chaque individu. Elle est généralement définie comme une altération de la composition et du fonctionnement du microbiote, provoquée par un ensemble de facteurs environnementaux et liés à l’individu, qui perturbent l’écosystème microbien.
Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232.)). Il y avait également moins d’acides gras à chaîne courte ( (sidenote:
Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC)
Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau.
Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25.)), des composés produits par les bactéries qui abaissent l’inflammation et améliorent la sensibilité à l’insuline (et donc la gestion du sucre sanguin).
En transférant le microbiote de femmes touchées par le DG sur des souris sans microbiote, les chercheurs ont réussi à reproduire les symptômes de DG, notamment l’inflammation liée à une augmentation de l’IL-6, ce qui prouve que la dysbiose est bien en jeu dans l’apparition de DG.
Vers des outils de prédiction précoces et performants ?
Les chercheurs ont enfin utilisé un modèle de prédiction pour savoir quels paramètres étaient les plus pertinents pour prédire un DG de manière précise et précoce. Si les données du dossier médical (poids, taille, antécédents, glycémie…) sont les plus performantes, celles du microbiote permettent d’améliorer fortement le niveau de prédiction.
Malgré certaines limites, cette étude est un pas de plus dans la compréhension du DG. Elle ouvre également la porte à des méthodes de détection de haute précision permettant une meilleure prise en charge et une diminution des risques associés au DG.
Une excellente nouvelle à l’heure où l’incidence de ce trouble est en progression partout dans le monde en raison de la flambée du surpoids et de l’obésité !
Vous êtes chercheur.euse et vous avez mené à bien une recherche innovante et fondée sur des preuves démontrant un lien évident entre le microbiote intestinal et certaines maladies, ou bien un lien entre les troubles digestifs et le microbiote ? Vous proposez une application clinique concrète ? Vous avez déjà publié votre travail et vous souhaitez le partager à l'échelle mondiale ? Et si votre travail paraissait dans une revue internationale, publiée en 5 langues en version papier et numérique ?
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impact scientifique ;
bénéfice pour la santé humaine ;
application clinique concrète ;
recherche axée sur le microbiote intestinal uniquement.
Afin de mieux sensibiliser au syndrome de l'intestin irritable (SII), le Microbiota Institute donne la parole à un expert dans ce domaine, le Pr Premysl Bercik, clinicien et chercheur à l'Université McMaster, au Canada.
Quels sont les symptômes ? Pourquoi développe-t-on le SII ? Est-ce lié au microbiote ? Existe-t-il un axe microbiote-intestin-cerveau ? Voici les réponses à toutes vos questions.
Qu'est-ce que le syndrome de l'intestin irritable (SII) ?
Le SII est un trouble de l'interaction intestin-cerveau, caractérisé par des douleurs abdominales chroniques et un transit perturbé (modification de la fréquence ou de la consistance des selles) en l'absence de lésions tissulaires. Mais les symptômes gastro-intestinaux ne surviennent pas seuls ; en effet, le SII est souvent accompagné d'une détresse psychologique (anxiété, stress ou dépression). 1
"Ces dix dernières années, une attention particulière a été accordée au microbiote intestinal, suspecté de jouer un rôle essentiel dans le SII"
Pr. Premysl Bercik
Combien de personnes sont touchées par le SII ?
Prof. Premysl Bercik: Les données diffèrent selon les pays, mais on estime que le SII concerne entre 5 et 10 % de la population mondiale. 2 Les femmes ont près de deux fois plus de risques que les hommes d'être atteintes du SII. Elles se plaignent également davantage de fatigue et de détresse psychologique. Hommes et femmes peuvent développer le SII à tout âge, mais ce syndrome se manifeste généralement entre 20 et 30 ans.
5 à 10%
on estime que le SII concerne entre 5 et 10 % de la population mondiale
2 patients sur 3
sont des femmes
La qualité de vie des patients souffrant du SII est profondément affectée, car cette maladie s'immisce dans leur quotidien et entraîne fréquemment des absences au travail ou à l'école. 3
Qu'est-ce qui déclenche les symptômes du SII ? Pourquoi développe-t-on le SII ?
P.-B.:Le SII est un trouble complexe, dont la genèse est probablement plurifactorielle et encore insuffisamment comprise. En général, il découle d'une mauvaise interaction intestin-cerveau, c'est-à-dire d'un problème de communication bidirectionnelle entre l'appareil digestif et le système nerveux central. Plusieurs mécanismes périphériques ont été identifiés s'agissant du SII, notamment l'hypersensibilité intestinale, l'altération de la motilité intestinale, l'augmentation de la perméabilité intestinale et l'inflammation de bas grade. Dans le cerveau, les signaux en provenance de l'intestin peuvent être mal interprétés, puis amplifiés. Le cerveau envoie alors des signaux erronés à l'intestin. Ces dix dernières années, une attention particulière a été accordée au microbiote intestinal, suspecté de jouer un rôle essentiel dans le SII 4,5.
Quelles sont les preuves scientifiques de l'implication du microbiote intestinal dans le SII ?
P.-B.:Plusieurs éléments prouvent que le microbiote est impliqué dans le SII :
Premièrement, l'infection intestinale (gastroentérite) est le facteur de risque le plus important du SII, avec 11 à 14 % des patients développant des symptômes chroniques après une infection aiguë par une bactérie pathogène (Salmonella, E. coli ou Campylobacter). 6
Deuxièmement, différentes études cliniques ont prouvé que les traitements visant le microbiote avaient un effet sur les symptômes du SII. En effet, certains antibiotiques améliorent les symptômes chez de nombreux patients atteints du SII, tandis que chez les personnes asymptomatiques, ils peuvent déclencher les symptômes du SII. Quelques probiotiques spécifiques ont démontré qu'ils amélioraient les symptômes du SII, comme les douleurs abdominales, la diarrhée ou les ballonnements, bien qu'à l'heure actuelle il n'existe aucun consensus quant aux probiotiques à recommander d'un point de vue clinique. 2
Troisièmement, la composition du microbiote intestinal et l'activité métabolique diffèrent chez les patients atteints du SII et chez les personnes en bonne santé, et sont associées non seulement aux symptômes intestinaux, mais également à l'anxiété et à la dépression. Toutefois, les résultats issus d'études individuelles varient, et il semble n'y avoir aucun profil microbien unique pouvant être attribué au SII. 7
Enfin et surtout, plusieurs études ont démontré que le dysfonctionnement des intestins et l'anxiété associée pouvaient se transmettre par le biais d'une transplantation de microbiote entre des patients atteints du SII et des souris sans microbiote (germ-free). 8,9,10
Vous avez parlé d'interaction intestin-cerveau. Existe-t-il un axe microbiote-intestin-cerveau ?
P.-B.:L'axe intestin-cerveau implique des signaux immunitaires, neuronaux et hormonaux, et des preuves toujours plus nombreuses laissent à penser que le microbiote intestinal joue un rôle essentiel dans cette communication. Bien que la plupart des données aient été obtenues à partir d'études animales, de nombreuses études cliniques soutiennent ce concept. 11 Pour n'en citer que quelques-unes, des changements soudains de comportement ont été décrits chez des patients sous antibiotiques. Une récente étude menée au sein de la population a démontré que l'utilisation d'antibiotiques durant la petite enfance était associée à un risque accru de développer plus tard des troubles mentaux. Le cas le plus parlant concerne des patients atteints d'une maladie du foie en phase terminale (cirrhose), pour lesquels on a diagnostiqué une (sidenote:
Hepatic encephalopathy (HE)
Hepatic encephalopathy (HE) refers to changes in the brain that occur in patients with advanced, acute (sudden) or chronic (long-term) liver disease. It is one of the major complications of cirrhosis.
https://britishlivertrust.org.uk/information-and-support/living-with-a-liver-condition/liver-conditions/hepatic-encephalopathy/). Ces patients manifestent des troubles du comportement et cognitifs qui s'amplifient rapidement et radicalement après l'administration d'antibiotiques ou de laxatifs, ou bien de transplantation de microbiote fécal 12. En outre, plusieurs études ont démontré que les profils microbiens différaient chez les patients souffrant de troubles psychiatriques et chez les personnes en bonne santé. 13
5 points à retenir concernant le syndrome de l'intestin irritable (SII) :
Le SII se caractérise par des douleurs abdominales et un transit perturbé.
Sa prévalence tourne autour de 5 à 10 %, il affecte majoritairement les femmes et il a un fort impact socio-économique.
Sa pathophysiologie n'est pas parfaitement comprise ; on le considère comme un trouble de l'interaction intestin-cerveau.
Une multitude de données cliniques et animales sous-entendent que les bactéries intestinales sont impliquées dans les troubles cognitifs, du comportement et de l'humeur (dépression, anxiété, etc.).
Plusieurs éléments prouvent que le microbiote intestinal est impliqué dans le SII :
la gastroentérite bactérienne est le facteur de risque le plus important du SII ;
les traitements visant le microbiote (antibiotiques, probiotiques) peuvent améliorer les symptômes du SII ;
le métabolisme et les profils de microbiote diffèrent chez les patients atteints du SII et chez les personnes en bonne santé ;
la transplantation de microbiote issu de patients atteints du SII provoque un dysfonctionnement au niveau des intestins et des troubles du comportement chez des souris sans microbiote (germ-free).
Est-il possible de réguler le microbiote intestinal en vue d'améliorer la santé mentale ?
P.-B.:Chez les animaux, certains probiotiques ont démontré des effets bénéfiques sur le comportement et la neurochimie, laissant entendre qu'ils pourraient être utilisés à des fins thérapeutiques dans certains troubles mentaux. Les résultats des quelques études cliniques réalisées jusque-là suggèrent que les probiotiques, utilisés dans le cadre d'un traitement adjuvant, améliorent les symptômes chez les patients souffrant de dépression majeure. 13 Quant à notre récente étude pilote, elle a démontré que le traitement par probiotiques améliorait les scores de dépression et les symptômes intestinaux chez les patients atteints du SII, et qu'il modifiait leurs schémas d'activation cérébrale. 14 Au total, cela indique que certains probiotiques pourraient être utiles non seulement pour les patients souffrant de troubles fonctionnels intestinaux, mais également pour ceux atteints de troubles mentaux. Toutefois, cela devra encore être confirmé par des études cliniques rigoureuses à grande échelle.
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À savoir
L'objectif du Biocodex Microbiota Institute est de sensibiliser le grand public et les professionnels de santé au microbiote humain. Il n'a pas pour vocation de fournir des avis médicaux. Pour toute question ou demande, veuillez consulter un professionnel de santé.
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