Infection courante, le papillomavirus (HPV) est à l’origine d’un cancer du col de l’utérus chez certaines femmes… mais pas chez d’autres, qui éliminent ce virus en quelques mois. Une résistance qui pourrait tenir à quelques bactéries du microbiote vaginal.
Le cancer du col de l’utérus est le quatrième cancer le plus courant chez la femme. Dans 99 % des cas, il est consécutif à une infection par un virus extrêmement courant qui se transmet sexuellement : le papillomavirus (HPV). Heureusement, dans 80 % des cas, ce virus disparaît spontanément dans les deux ans suivant l’infection. Mais chez 1 femme sur 5, il persiste et peut entraîner un cancer du col de l’utérus. Pourquoi certaines femmes ne parviennent-elles pas à l’éliminer ? Et pourquoi chez certaines d’entre elles, le virus entraine l’apparition de lésions précancéreuses ? Autant de questions auxquelles ont tenté de répondre des chercheurs chinois.
Leur hypothèse : une implication du microbiote vaginal. En effet, des études antérieures ont observé une dysbiose vaginale chez des patientes infectées; une forte abondance de certains lactobacilles semble réduire le risque d’infection tandis que le lactobacille L. iners serait plus fréquent chez les patientes infectées. Mais les observations s’avèrent parfois contradictoires entre études. D’où ces travaux complémentaires menés à Shangaï auprès de 73 femmes infectées par le papillomavirus et présentant de premières lésions du col de l’utérus.
27%
Seules 27% des femmes interrogées savent que le microbiote vaginal est équilibré lorsque les bactéries sont peu diversifiées
Pratiquement 2 patientes sur 3 sont parvenues à éliminer le papillomavirus au bout d’un an, mais pas les autres. Or, ni l'âge des patientes, ni le stade de leur maladie, ni le sous-type de papillomavirus, ni le type de communauté bactérienne du microbiote vaginal (il existe 5 grands types de communautés chez les femmes, un peu comme des groupes sanguins) ni la diversité de la flore vaginale n’expliquait la persistance, ou non, du virus. En revanche, la présence de deux bactéries spécifiques semblait liée : les femmes présentant moins d’entérocoque ASV_62 et davantage de lactobacilles L. iners au niveau de leur col avaient moins de chances d’avoir éliminé le papillomavirus 12 mois plus tard.
99%
des cancers du col de l’utérus sont liés à une infection par un papillomavirus humain (HPV), un virus extrêmement courant qui se transmet par contact sexuel.
4ème
Le cancer du col de l’utérus est le quatrième cancer le plus courant chez la femme.
604 000
En 2020, 604 000 femmes ont reçu un diagnostic de cancer du col de l’utérus dans le monde et environ 342 000 sont décédées de cette maladie.
Ciblera-t-on demain ces deux bactéries (pour favoriser l’une et réduire l’autre) afin de chasser les papillomavirus et prévenir le cancer de l’utérus ? Peut-être, si d’autres études viennent corroborer ces résultats. Dans l’attente, la vaccination contre le papillomavirus pour les adolescents et adolescentes et un dépistage régulier du cancer du col de l'utérus (frottis pour repérer les lésions précancéreuses) pour toutes les femmes de 25 à 65 ans permettent d’éviter la plupart des cas de cancer du col de l’utérus.
La maladie Parkinson s’accompagne d’une dysbiose intestinale majeure qui pourrait être impliquée dans plusieurs de ses mécanismes pathogéniques, révèle une large étude métagénomique parue dans Nature Communications1.
Après avoir doublé en prévalence en 25 ans, la maladie de Parkinson aurait atteint 8,5 millions de personnes dans le monde en 20192, entrainant une morbidité et une mortalité majeures. Son étiologie reste mal comprise : elle serait la résultante entre une susceptibilité génétique et des facteurs environnementaux. Aujourd’hui, la maladie de Parkinson est considérée comme un trouble neurodégénératif non seulement moteur, mais aussi multi-systémique. Impliquant constipation (le signe le plus précoce en général), une altération de la barrière intestinale et inflammation, son lien avec le système digestif est établi.
8,5 millions
La maladie de Parkinson aurait atteint 8,5 millions de personnes dans le monde en 2019.
L’hypothèse d’une neurotoxine bactérienne entérique déclenchant la maladie gagne en intérêt scientifique (hypothèse de Braak). Cependant, toutes les études intégrant l’étude du microbiote intestinal rapportent des résultats controversés, impliquant des cohortes limitées en taille et utilisant une technologie de séquençage souvent de résolution limitée.
La plus vaste étude du microbiome intestinal jamais réalisée
Une équipe de recherche américaine a rassemblé une cohorte d’ampleur inédite incluant 490 patients atteints de Parkinson et 234 sujets neurologiquement sains Une cinquantaine de variables ont été analysés, comme la présence de troubles digestifs, la prise de médicaments ou l’alimentation. Le microbiome intestinal des participants a été analysé par séquençage ADN à haute résolution (shotgun sequencing)
Sans surprise, les cas de constipation étaient beaucoup plus nombreux dans la cohorte de personnes avec Parkinson. Au niveau du microbiome, jusqu’à 30% des espèces, gènes bactériens et voies de signalisation sont altérées chez les sujets malades. 55 espèces sont enrichis chez les patients, comme Bifidobacterium dentium, Actinomyces oris, Streptococcus mutans et Lactobacillus fermentum, et 29 autres déplétés comme Roseburia, Eubacterium, Ruminococcus et Faecalibacterium prausnitzii, des espèces connues pour produires des (sidenote:
Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC)
Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau.
Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25.) (AGCC).
Une profonde dysbiose favorisant des mécanismes connus de la maladie
Plusieurs processus caractéristiques de la maladie de Parkinson ont ainsi été identifiés. Parmi les 55 espèces enrichies dans le microbiote intestinal des patients, 11 espèces sont des pathogènes opportunistes (Porphyromonas asaccharolytica, Escherichia coli, Klebsiella) qui possèdent à leur surface des lipopolysaccharides : ces molécules entrainent une réaction immunitaire par la libération de cytokines pro-inflammatoires dans le corps.
D’autre part on observe la réduction des espèces, gènes et des voies qui dégradent les polysaccharides et produisent des AGCC. Dans l'intestin, des niveaux inadéquats d'AGCC ont été liés à la constipation, fragilisant la barrière intestinale et favorisant l’inflammation : des symptômes caractéristiques de la maladie.
Enfin, Ils ont également constaté une dérégulation de la synthèse et du métabolisme des voies impliquant la dopamine, le GABA, la sérotonine et le glutamate ; une prépondérance de molécules induisant la pathologie de l’alpha-synucléine et de métabolites toxiques ; une réduction de facteurs anti-inflammatoires et neuroprotecteurs, comme le nicotinamide ou le tréhalose.
Les chercheurs confirment ainsi des observations faites précédemment chez l’animal. Ils se sont fixés pour objectifs d’approfondir leurs investigations et en poursuivant l’étude du microbiome intestinal : son analyse permettrait de définir des sous-types de la maladie, identifier des biomarqueur de progression de la maladie et sa manipulation serait potentiellement utile pour prévenir, traiter et ralentir la progression de la maladie.
Découvrez nos articles sur les liens entre Parkinson, microbiote intestinal, santé et symptômes :
Selon une étude longitudinale menée en Chine, l'abondance relative vaginale de la bactérie L. iners réduirait les chances d’éliminer spontanément le papillomavirus humain (HPV) 12 mois après l’infection. Une potentielle cible thérapeutique à approfondir pour prévenir le cancer du col de l’utérus.
L'infection sexuelle par un papillomavirus humain (HPV) est courante et généralement transitoire : elle disparaît dans les 24 mois dans 80 % des cas. Mais chez 1 femme sur 5, l’infection persiste. Or, le papillomavirus humain à haut risque (HPV-HR) est la principale cause de cancer du col de l'utérus. Les facteurs déterminant l’infection initiale, puis la disparition ou non du HPV-HR et l’éventuelle progression vers un cancer sont multiples : activité sexuelle, tabagisme, contraception orale… Une liste de facteurs auxquels s’ajoute depuis quelques années le microbiote vaginal. D’où l’intérêt de cette étude qui a suivi le microbiote cervical de femmes chinoises prises en charge pour une infection à HPV-HR et présentant des lésions cervicales confirmées histologiquement, en majorité de bas grade.
Plus de L. iners, moins de guérisons spontanées
L'analyse du microbiote (ARNr 16S) des 73 femmes incluses, âgées de 24 à 68 ans, met en évidence une disparition du HPV chez 45 femmes (61,6 %) à l’issue des 12 mois de l’étude. Ni l'âge des patientes, ni le stade de leur maladie, ni le sous-type de HPV, ni le (sidenote:
Type de communauté vaginale
5 types de communautés vaginales ont été décrits, 4 dominées par des lactobacilles (Lactobacillus crispatus, L. gasseri, L. iners, ou L. jensenii) et un cinquième caractérisé à l’inverse par une faible teneur en lactobacilles.
) ni la diversité de ce microbiote n’expliquent l’élimination, ou non, du virus. En revanche, certaines espèces bactériennes semblent impliquées : les femmes présentant une moindre présence cervicale de l'entérocoque ASV_62 et un enrichissement en Lactobacillus iners à leur inclusion dans l’étude avaient moins de chances d’avoir éliminé le HPV-HR 12 mois plus tard. Seule exception : les 22 femmes ayant bénéficié d’un traitement chirurgical (conisation) du fait de lésions de haut grade, peut-être parce que l’effet immédiat de la résection de la lésion sur la disparition de l'HPV masque l’effet de la flore.
99 %
des cancers du col de l’utérus sont liés à une infection par un papillomavirus, un virus extrêmement courant qui se transmet par contact sexuel.
4ème
Le cancer du col de l’utérus est le quatrième cancer le plus courant chez la femme.
570 000 femmes
En 2018, environ 570 000 femmes ont reçu un diagnostic de cancer du col de l’utérus dans le monde et environ 311 000 sont décédées de cette maladie.
Un possible lien entre L. iners et l’HPV-HR avait déjà été rapporté : une méta-analyse avançait un risque doublé voire triplé de HPV-HR persistant lorsque le microbiote vaginal était dominé par L. iners. Cette bactérie serait aussi flexible qu’adaptable : elle domine le microbiote vaginal de certaines femmes lors de leurs menstruations ou d'épisodes de vaginose bactérienne. A l'inverse, un microbiote vaginal dominé par L. iners (CST III) est aussi le plus commun des types de communauté bactérienne vaginale au sein de la population asiatique féminine en âge de procréer. La littérature actuelle ne permet donc pas encore de dire si ce lactobacille particulier doit être considéré comme bénéfique, pathogène… ou ambivalent. D'autres travaux restent également nécessaires pour clarifier les mécanismes par lesquels L. iners pourrait favoriser la persistance de l’infection ou la progression des lésions, d’autant que l’étude actuelle porte sur un petit nombre de patientes, que certains facteurs de confusion comme le tabac n’ont pas été pris en compte et qu’elle n’a duré qu’un an alors qu’un suivi de 24 mois serait nécessaire.
Un régime qui privilégie les aliments agissant sur les processus cérébraux via le microbiote intestinal réduirait la perception du stress en à peine 4 semaines, révèle une étude parue dans Molecular Psychiatry. Les auteurs voient dans ces résultats le potentiel d’approches nutritionnelles destinées à moduler le microbiote intestinal pour améliorer la santé mentale.
De nombreux travaux scientifiques ont mis en évidence l’implication du microbiote intestinal dans les processus cérébraux, la santé mentale, le comportement et la fonction cognitive. Ils ont ouvert la voie aux psychobiotiques, c’est-à-dire à des interventions ayant un impact sur le cerveau par la modulation du microbiote intestinal. Des prébiotiques et probiotiques ont déjà donné des résultats prometteurs dans des études sur l’animal et chez l’homme. De plus, on sait que l’alimentation joue un rôle majeur dans la composition du microbiote intestinal et serait impliqué dans certaines pathologies mentales.
Des menus riches en prébiotiques bénéfiques au microbiote intestinal
La plupart des études portant sur les interactions entre le microbiote intestinal et l’hôte se concentrent sur l’effet de la supplémentation en certains aliments. Une équipe irlandaise a pris le parti de mesurer celui d’une alimentation psychobiotique au travers d'une étude clinique simple aveugle, randomisée et contrôlée. Pendant 4 semaines, l’impact de cette alimentation sur le microbiote intestinal, l’humeur et la perception de stress était ainsi évalué. Les chercheurs ont recruté 24 participants et 21 témoins adultes (18-59 ans) en bonne santé. Au premier groupe été proposé un régime incluant chaque jour des céréales complètes (5 à 8 portions), des fruits et légumes à haute teneur en prébiotiques (6 à 8 portions d’oignons, de laitue, de chou, de pomme…), d’autres légumes (3 à 4 portions) et des aliments fermentés (2 à 3 portions de choucroute, de kéfir ou de kombucha). Il leur était demandé de réduire les friandises, les sodas et le « fast-food ». Les participants ont également bénéficié de conseils diététiques généraux : pyramide alimentaire, recommandations caloriques journalières selon le sexe, etc. Les sujets contrôles ont uniquement reçu ces conseils diététiques. Le stress ressenti par l’ensemble des sujets a été auto-évalué par l’échelle du stress perçu de Cohen (Perceived Stress Scale [PSS]) à l’inclusion et à la fin de l’étude.
Une diminution du stress et des modifications de l’activité métabolique bactérienne
Au bout des 4 semaines, les deux groupes ont tiré bénéfice de la modification de leurs habitudes alimentaires, avec une diminution du niveau de stress perçu. Mais cette réduction n’a été significative que dans le groupe sous régime psychobiotique. En outre, la réduction du score PSS était corrélée au degré d’adhésion au régime psychobiotique. De légères différences dans la composition du microbiote intestinal du groupe psychobiotique par rapport à l’inclusion ont été observées (augmentation de Blautia wexlerae et B. obeum, diminution de Coprococcus comes, Dorea longicatena, Eubacterium rectale, Gemmiger formicilis et Bifidobacterium longum. Cependant, l’analyse métabolomique a révélé un changement significatif de 40 métabolites lipidiques dans le groupe sous régime psychobiotique, et non dans le groupe témoin. Cette modification pourrait résulter de la réduction de l’apport en graisses alimentaires du régime psychobiotique, mais aussi suggérer que le microbiote intestinal influe sur l’humeur en régulant le métabolisme lipidique.
Des résultats qui nourrissent de futures recommandations nutritionnelles ?
Selon les auteurs, le développement d’approches psychobiotiques qui permettent de moduler l’axe intestin-cerveau offrent des possibilités de réduction du stress et des troubles associés. Des études de plus grande ampleur doivent confirmer l’effet d’un tel régime sur le stress, mais aussi éclaircir les mécanismes sous-jacents et le rôle du microbiote intestinal dans ces bénéfices. Leurs résultats pourraient donner plus de place aux interventions diététiques dans les futures recommandations nutritionnelles, en prévention ou en traitement de troubles mentaux.
Réduire son anxiété, gérer son stress au quotidien, un vœu pieu pour une grande partie de la population coincée dans la routine métro, boulot… K.O ! Opter pour une alimentation riche en composés bénéfiques au microbiote intestinal, ou « psychobiotiques », serait l’un des moyens d’y parvenir, révèle une étude.
Avoir la peur au ventre, se faire de la bile, mal digérer une mauvaise nouvelle… On sait « viscéralement » que notre intestin et notre tête dialoguent constamment au gré de nos émotions. Cet « axe intestin-cerveau », qui transite par le microbiote digestif, représente aujourd’hui un véritable boulevard vers de nouveaux horizons de connaissances… et de solutions pour améliorer notre bien-être physique et mental. Ainsi, de nombreux travaux scientifiques révèlent que le microbiote intestinal est impliqué dans nos mécanismes cérébraux, donc notre santé (sidenote:
Cognition
Ensemble des processus mentaux liés à la connaissance qui mettent en jeu l’attention, l’apprentissage, l’intelligence, le langage, la mémoire, la perception, la prise de décision, la résolution de problèmes, le raisonnement, etc.
Cognition_National Cancer Institute) et mentale.
L’anxiété, la dépression et certains troubles de l’humeur seraient ainsi associées à une dysbiose intestinale. Or l’alimentation joue un rôle important dans l’équilibre de notre microbiote intestinal. Elle peut donc représenter un moyen de soutenir notre moral, en particulier si elle contient des composés psychobiotiques (qui agissent sur le cerveau via le microbiote intestinal), par exemple des aliments fermentés ou naturellement riches en prébiotiques.
Qu’est-ce qu’un régime psychobiotique ?
Particulièrement bénéfique pour le microbiote intestinal, le régime psychobiotique privilégie la consommation d’aliments prébiotiques (oignons, laitue, chou, pomme, banane, céréales complètes…) et fermentés (choucroute, kéfir, kombucha…).
L’effet des psychobiotiques par le menu
Une équipe de chercheurs a donc exploré l’impact d’un régime psychobiotique pendant 4 semaines sur le microbiote intestinal ainsi que sur l’humeur et la sensation de stress de 24 adultes en bonne santé, comparés avec 21 sujets contrôles. Le régime du groupe « psychobiotique » privilégiait des aliments bénéfiques au microbiote intestinal avec des céréales complètes, des fruits et légumes à haute teneur en prébiotiques (oignons, laitue, chou, pomme, banane…) et des aliments fermentés (choucroute, kéfir, kombucha) et réduisait à la portion congrue les friandises, les sodas et le « fast-food ». Celui du groupe contrôle a simplement été orienté par des conseils diététiques classiques d’équilibre alimentaire.
Image
Moins de stress en moins d’un mois
Au bout des 4 semaines, les deux groupes ont tiré parti de la modification de leurs habitudes alimentaire, avec une diminution du niveau de stress perçu par les participants par rapport au début de l’étude. Mais cette réduction n’a été significative (32%) que dans le groupe « psychobiotique », et d’autant plus importante que leur régime était suivi avec plus d’assiduité. L’analyse d’échantillons de selles des participants n’a révélé que de légères différences dans la composition de leur microbiote intestinal. Cependant, un changement significatif de certains composés, appelés (sidenote:
Métabolites
Petites molécules produites au cours du métabolisme cellulaire ou bactérien. Les acides gras à chaine courte sont par exemple des métabolites produits par le microbiote intestinal lors de la fermentation de sucres complexes non digestibles (fibres…).
Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25.Lamichhane S, Sen P, Dickens AM, et al An overview of metabolomics data analysis: current tools and future perspectives. Comprehensive analytical chemistry. 2018 ; 82: 387-413) lipidiques, a été observé dans le groupe « psychobiotique » (et pas dans le groupe contrôle). Selon les chercheurs, il peut résulter de la réduction de l’apport en graisses alimentaires du régime psychobiotique, mais aussi suggérer que le microbiote intestinal influe sur l’humeur en régulant le métabolisme des graisses.
Bien nourrir notre microbiote intestinal pourrait donc nous aider à réduire notre stress … Désormais, des études incluant un plus grand nombre d’individus et plus longues sont nécessaires pour confirmer l’effet d’un régime psychobiotique sur le stress, mais aussi pour éclaircir les mécanismes sous-jacents et le rôle du microbiote intestinal dans ces bénéfices.
Elles explorent et étudient le microbiote, et sensibilisent le grand public à son importance pour la santé. À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science (le 11 février), le Biocodex Microbiota Institute donne la parole à des femmes scientifiques particulièrement actives dans la recherche sur le microbiote.
Journée internationale des femmes et des filles de science
Lancée par les Nations Unies en 2015, la Journée internationale des femmes et des filles de science (le 11 février) s’attache à souligner le rôle essentiel que jouent les femmes et les filles dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM) et à promouvoir les initiatives visant à atteindre l’égalité des genres dans le domaine scientifique.
Ce sont des femmes. Elles viennent de Finlande, de France, des États-Unis, du Canada... Elles sont à l’origine d’avancées majeures dans la recherche sur le microbiote. À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science (le 11 février), le Biocodex Microbiota Institute donne la parole à des femmes scientifiques et médecins particulièrement actives dans la recherche sur le microbiote.
Journée Internationale des Femmes et des Filles de Science
Elles explorent et étudient le microbiote, et sensibilisent le grand public à son importance pour la santé. À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science (le 11 février), le Biocodex Microbiota Institute donne la parole à des femmes scientifiques particulièrement actives dans la recherche sur le microbiote.
"Quel bel hommage aux femmes et aux jeunes filles dans le domaine des sciences ! Merci pour cette aimable mention et bravo à toutes pour vos réalisations." - Vanessa Carter (De Biocodex Microbiota Institute sur LinkedIn)
"Merci pour cette reconnaissance qui renforce mon engagement à promouvoir la science du microbiote auprès du plus grand nombre pour la prévention de la santé. Bravo à tous pour leurs réalisations." - Anne-Sophie ALVAREZ (De Biocodex Microbiota Institute sur LinkedIn)
Chez les adultes schizophrènes, un phénotype pro-inflammatoire, un stress oxydant, une dysbiose et une perméabilité intestinale seraient associés au comportement agressif. De quoi envisager de futures thérapies microbiennes ou anti-inflammatoires ?
La schizophrénie touche 1 % de la population adulte, en particulier les jeunes adultes. Cette maladie psychiatrique multiplierait la propension à l’agressivité sans que l’on sache réellement pourquoi. Néanmoins, quelques pistes se dessinent, impliquant le microbiote intestinal et une possible translocation bactérienne en cas de perte d’étanchéité de la muqueuse intestinale. Suivant cette hypothèse, une récente étude a profilé la diversité et composition du microbiote intestinal, certains (sidenote:
Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC)
Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau.
Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25.) fécaux (acides gras à chaîne courte) et neurotransmetteurs de 50 patients schizophrènes dont 25 avaient des comportements agressifs. Objectif : comprendre le lien entre l’inflammation, l’oxydation, la perméabilité intestinale et le microbiote chez des patients schizophrènes ayant des comportements agressifs.
Un phénotype inflammatoire…
Les résultats montrent que les patients schizophrènes à tendance agressive présentaient des taux largement accrus de biomarqueurs sériques d'oxydation des acides nucléiques et des lipides, comparativement aux patients schizophrènes non agressifs. Ces réponses pro-oxydative et pro-inflammatoire étaient liées à la sévérité de l'agression, suggérant une co-implication de l’inflammation systémique et de l’oxydation dans le développement de l'agressivité chez les schizophrènes.
1%
de la population mondiale souffre de schizophrénie.
facteur 4 à 7
La schizophrénie peut multiplier par un facteur 4 à 7 la propension à l’agressivité.
… doublé d’une dysbiose bactérienne
Les patients schizophrènes à tendance agressive affichaient en outre une bien moindre diversité bactérienne. Cette dysbiose intestinale semble ainsi corrélée à l'étiologie ou à la gravité de l'agressivité chez les individus schizophrènes, sans que l’on puisse conclure pour autant à une relation causale.
De plus, l'abondance du genre Prevotella était significativement augmentée, tandis que Bacteroides, Faecalibacterium, Blautia, Bifidobacterium, Collinsella et Eubacterium coprostanoligenes étaient largement appauvris dans le groupe de patient à tendance agressive. Cette modification allait de pair avec des réductions importantes de certains métabolites, même si les auteurs ne peuvent établir de lien de cause à conséquence : 6 AGCC fécaux (acides acétique, propanoïque, butyrique, isobutyrique, isovalérique et isohexanoïque) et 6 neurotransmetteurs (5-hydroxytryptophane, lévodopa, chlorhydrate de noradrénaline, chlorhydrate d’adrénaline, acide kynurénique et histidine) s’avéraient beaucoup moins présents chez les patients ayant des comportements agressifs.
Une hypothèse à confirmer
Considérant ces résultats dans leur ensemble, les auteurs émettent l'hypothèse que le phénotype pro-inflammatoire systémique précédemment constaté chez les schizophrènes à tendance agressive impliquerait des altérations du microbiote intestinal et de ses métabolites, une hyper-perméabilité de la paroi intestinale permettant aux bactéries intestinales de rejoindre la circulation générale en entrainant un stress oxydatif, lié à la sévérité du caractère agressif. Ainsi, l’hyper-inflammation aurait conduit, via le microbiote intestinal, à l’hyper-oxydation et in fine à l’agressivité. Une hypothèse qui reste encore à valider dans des études à plus large échelle.
Quel rapport entre la choucroute, le kombucha, le pain au levain ou le kéfir1? Ce sont tous des aliments fermentés, et leurs bienfaits sur la santé intéressent de plus en plus les scientifiques. Une étude américaine2 révèle qu’en à peine 6 semaines, manger chaque jour une portion de légumes fermentés a des bénéfices sur le microbiote intestinal.
Selon leur définition scientifique officielle, les aliments fermentés sont « des aliments préparés à l’aide d’une croissance microbienne et de conversions enzymatiques de composants alimentaires » 3. Plus simplement, ils sont transformés avec des microorganismes tels que des lactobacilles (on parle alors d’aliments lacto-fermentés) et autres espèces de bactéries, des champignons filamenteux ou des levures3. Sources de microorganismes bénéfiques, de vitamines, de prébiotiques et de composés bioactifs d’origine végétale équilibrants pour le microbiote intestinal, ces aliments nous apporteraient des bienfaits digestifs et métaboliques, selon différentes études3,4.
5000 aliments fermentés
Plus de 5 000 aliments et boissons fermentés sont recensés dans le monde, contribuant entre 5 et 40 % de l’alimentation humaine.
Alors pourquoi ne pas intégrer des aliments fermentés dans notre alimentation quotidienne pour améliorer notre forme ? Des chercheurs ont ainsi décidé d’évaluer la faisabilité et l’effet de la consommation de légumes fermentés (choux et cornichons) pendant 6 semaines sur la composition du microbiote intestinal de 31 femmes. Les participantes ont été partagées en trois groupes : le premier consommant 100 g de légumes fermentés par jour, le deuxième 100 g des mêmes légumes en saumure (non fermentés mais conservés par acidification3) par jour, et le troisième groupe control, à qui l’on a demandé de poursuivre leur alimentation habituelle. Des échantillons de selles ont été recueillis au début et à la fin de l’étude pour analyse du microbiote intestinal.
Plus de bactéries bénéfiques dans le microbiote intestinal
Résultats : le microbiote intestinal des femmes ayant consommé des légumes fermentés était plus riche en bactéries Faecalibacterium prausnitzii, qui selon des études seraient abondantes chez les personnes en bonne santé et protégeraient contre l’inflammation, le stress oxydant et les germes pathogènes. Il comprenait également moins de Ruminococcus torques, des bactéries qui favoriseraient l’inflammation et des problèmes métaboliques. Globalement, leur microbiote présentait une plus grande diversité microbienne, ce qui est bénéfique à son équilibre.
Côté digestion, les femmes consommant des légumes fermentés avaient davantage de ballonnements que les femmes ne consommant pas de légumes, ce qui était attendu de la part du chou, fournisseur bien connu de gaz naturel ! Mais elles avaient aussi moins de diarrhée que celles consommant des légumes en saumure, ce qui suggère que la fermentation des légumes améliore la consistance des selles, et moins de maux de ventre que les deux autres groupes. Enfin, côté assiduité, si 70 à 90% des femmes des groupes « choux-cornichons » se sont bien tenues à leur régime, quelques-unes ont commencé à le trouver pénible vers la fin des 6 semaines…
Cette étude pilote indique que consommer 100 g de légumes fermentés par jour pendant 6 semaines, c’est faisable et bénéfique pour le microbiote intestinal : d’autres travaux doivent maintenant être menés pour déterminer si les légumes fermentés pourraient lutter efficacement contre les dysbioses. Ses auteurs suggèrent de proposer aux participants des légumes plus variés afin de réduire les effets indésirables et la lassitude.
Chez les hommes, les urétrites idiopathiques sont largement traitées par antibiothérapie probabiliste. Afin d’envisager une approche plus ciblée de ces infections communes, des chercheurs1 ont analysé le microbiote urinaire et urétral de sujets symptomatiques en tenant compte de leur orientation sexuelle. De « nouvelles » bactéries potentiellement en cause ont été identifiées, dont Haemophilus influenzae.
L’urétrite est une infection sexuellement transmissible (IST) principalement due à Neisseria gonorrhoeae, mais aussi à Chlamydia trachomatis ou Mycoplasma genitalium, moins souvent à un virus comme herpès simplex. Mais jusqu’à 50% des urétrites non-gonococciques sont considérées idiopathiques. Non infectieuses dans de rares cas, leur étiologie est le plus souvent indéterminée, ce qui pose un défi diagnostique et thérapeutique aux cliniciens. L’antibiothérapie probabiliste est largement appliquée dans ces cas, mais peut aboutir à des traitements inadéquats ou excessifs dans un contexte de risques d’antibiorésistances. Par ailleurs, de récentes études suggèrent que les agents infectieux responsables d’urétrites non-gonococciques diffèrent entre les hommes ayant des relations sexuelles avec des femmes (HSF) et les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH).
Une exploration du microbiote urinaire et urétral en fonction de l’orientation sexuelle
Des chercheurs australiens ont souhaité déterminer quels agents infectieux, hormis ceux déjà connus, pouvaient contribuer aux urétrites non-gonococciques chez l’homme et ce, en tenant compte des pratiques sexuelles et du genre de leur partenaire. Pour cela, ils ont réalisé une étude cas incluant 199 hommes, parmi eux, 96 présentaient des symptômes d’urétrite idiopathique et les 103 qui n’en présentaient pas, servaient de sujets contrôles. D’âge médian de 31 ans, 73 ont eu une relation avec un homme dans le mois précédent l’inclusion (classés HSH), les autres étant classés HSF. Pour tous, les chercheurs disposaient d’échantillons de microbiote urinaire et urétral utilisables pour une analyse par séquençage.
Des urétrites pas si « idiopathiques » que cela : vers des traitements plus ciblés
Leurs résultats ont montré qu’Haemophilus influenzae, qui colonise naturellement le microbiote du nasopharynx, était plus abondante chez les HSH avec urétrite idiopathique. De plus, H. influenzae était bien associée à des caractéristiques cliniques telles que sensations de brûlure urétrale, dysurie et écoulement purulent. Selon les chercheurs, le sexe oral sans préservatif pourrait être le principal mode de contamination par cette bactérie. Le genre Corynebacterium était quant à lui augmenté chez les HSF atteints, ce qui est surprenant car il est considéré commensal dans le microbiote génital masculin. Certaines espèces spécifiques de Corynebacterium pourraient devenir pathogènes lorsque leur charge est élevée, d’après les scientifiques. Ureaplasma, Staphylococcus haemolyticus, Streptococcus pyogenes, Escherichia et Streptococcus pneumoniae étaient également augmentés dans le microbiote urinaire et urétral des sujets symptomatiques et pourraient donc tous favoriser l’urétrite.
De possibles causes infectieuses d’urétrites non-gonococciques jusque-là qualifiées d’idiopathiques, variables selon l’orientation sexuelle, ont ainsi été découvertes. Si ces résultats sont confirmés par d’autres études, les médecins pourraient à terme proposer des traitements plus ciblés à leurs patients.
Académie du Microbiote Urogénital
Biocodex Microbiota Institute est un partenaire institutionnel de l'Académie du microbiote urogénital (AMUR). L'AMUR a été fondée pour enrichir les connaissances sur le microbiote et développer des approches novatrices visant à prévenir et traiter les troubles de la sphère urogénitale.
Pour en savoir plus sur le microbiote urogénital visitez AMUR