Appel à textes

Vous êtes chercheur.euse et vous avez mené à bien une recherche innovante et fondée sur des preuves démontrant un lien évident entre le microbiote intestinal et certaines maladies, ou bien un lien entre les troubles digestifs et le microbiote ? Vous proposez une application clinique concrète ? Vous avez déjà publié votre travail et vous souhaitez le partager à l'échelle mondiale ?  Et si votre travail paraissait dans une revue internationale, publiée en 5 langues en version papier et numérique ?

Microbiota Mag, le magazine spécialisé dans le microbiote, vous offre l'opportunité de publier un résumé de votre article sur le rapport entre microbiote intestinal, santé et maladies.

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Article

2 500 mots (espaces compris). Ce court article doit être rédigé en anglais. Il doit :

  • Être envoyé via le formulaire ci-après ;
  • Contenir des intérêts opposés (aucun conflit d'intérêts, etc.), la déclaration de disponibilité des données, etc. Veuillez fournir suffisamment de détails afin d'éviter tout retard dans le traitement de votre article ;
  • Inclure une liste de références conforme à la charte éditoriale de Microbiota Mag 

3 auteurs, et al. Titre. Nom de l'article (italique). Année de publication, volume, édition, nombre de pages + insérer le lien hypertexte PubMed.

Critères
  • Cet appel à textes est ouvert à tous les médecins, titulaires d'un doctorat et pharmaciens travaillant dans les domaines suivants : gastroentérologie, pédiatrie, microbiologie, maladies infectieuses, médecine interne, etc.
  • Nous prendrons uniquement en compte les recherches portant sur le microbiote intestinal.
  • L'objectif est de soutenir les chercheurs ; en particulier ceux ayant récemment commencé à publier dans des revues scientifiques à comité de lecture (de 2015 à maintenant).
  • Les articles en cours de soumission ne seront pas pris en considération (ou publiés sur bioRxiv.org)
  • Aucune limite géographique ne s'applique aux candidats. 
  • Toutes les candidatures seront examinées par un comité scientifique indépendant selon les critères suivants :
    • impact scientifique ;
    • bénéfice pour la santé humaine ;
    • application clinique concrète ;
    • recherche axée sur le microbiote intestinal uniquement.

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Syndrome de l'intestin irritable et microbiote : existe-t-il un lien ?

Afin de mieux sensibiliser au syndrome de l'intestin irritable (SII), le Microbiota Institute donne la parole à un expert dans ce domaine, le Pr Premysl Bercik, clinicien et chercheur à l'Université McMaster, au Canada.
Quels sont les symptômes ? Pourquoi développe-t-on le SII ? Est-ce lié au microbiote ? Existe-t-il un axe microbiote-intestin-cerveau ? Voici les réponses à toutes vos questions.

Le microbiote intestinal Le syndrome de l’intestin irritable (SII) TFI Adulte / Enfant Troubles anxieux Troubles de l'humeur Gastroentérite infectieuse Maladies du foie Les probiotiques La transplantation fécale
SII
IBS and microbiota

52% Seule 1 personne sur 2 ayant souffert d’une pathologie digestive impliquant le microbiote fait le lien

Qu'est-ce que le syndrome de l'intestin irritable (SII) ?

Le SII est un trouble de l'interaction intestin-cerveau, caractérisé par des douleurs abdominales chroniques et un transit perturbé (modification de la fréquence ou de la consistance des selles) en l'absence de lésions tissulaires. Mais les symptômes gastro-intestinaux ne surviennent pas seuls ; en effet, le SII est souvent accompagné d'une détresse psychologique (anxiété, stress ou dépression). 1

Pr. Premysl Bercik

"Ces dix dernières années, une attention particulière a été accordée au microbiote intestinal, suspecté de jouer un rôle essentiel dans le SII"

Pr. Premysl Bercik

Combien de personnes sont touchées par le SII ?

Prof. Premysl Bercik: Les données diffèrent selon les pays, mais on estime que le SII concerne entre 5 et 10 % de la population mondiale. 2 Les femmes ont près de deux fois plus de risques que les hommes d'être atteintes du SII. Elles se plaignent également davantage de fatigue et de détresse psychologique. Hommes et femmes peuvent développer le SII à tout âge, mais ce syndrome se manifeste généralement entre 20 et 30 ans. 

5 à 10% on estime que le SII concerne entre 5 et 10 % de la population mondiale

2 patients sur 3 sont des femmes

La qualité de vie des patients souffrant du SII est profondément affectée, car cette maladie s'immisce dans leur quotidien et entraîne fréquemment des absences au travail ou à l'école. 3

Qu'est-ce qui déclenche les symptômes du SII ? Pourquoi développe-t-on le SII ?

P.-B.: Le SII est un trouble complexe, dont la genèse est probablement plurifactorielle et encore insuffisamment comprise.  En général, il découle d'une mauvaise interaction intestin-cerveau, c'est-à-dire d'un problème de communication bidirectionnelle entre l'appareil digestif et le système nerveux central. Plusieurs mécanismes périphériques ont été identifiés s'agissant du SII, notamment l'hypersensibilité intestinale, l'altération de la motilité intestinale, l'augmentation de la perméabilité intestinale et l'inflammation de bas grade. Dans le cerveau, les signaux en provenance de l'intestin peuvent être mal interprétés, puis amplifiés. Le cerveau envoie alors des signaux erronés à l'intestin.  Ces dix dernières années, une attention particulière a été accordée au microbiote intestinal, suspecté de jouer un rôle essentiel dans le SII 4,5.

Quelles sont les preuves scientifiques de l'implication du microbiote intestinal dans le SII ? 

P.-B.: Plusieurs éléments prouvent que le microbiote est impliqué dans le SII : 

  • Premièrement, l'infection intestinale (gastroentérite) est le facteur de risque le plus important du SII, avec 11 à 14 % des patients développant des symptômes chroniques après une infection aiguë par une bactérie pathogène (Salmonella, E. coli ou Campylobacter). 6
  • Deuxièmement, différentes études cliniques ont prouvé que les traitements visant le microbiote avaient un effet sur les symptômes du SII. En effet, certains antibiotiques améliorent les symptômes chez de nombreux patients atteints du SII, tandis que chez les personnes asymptomatiques, ils peuvent déclencher les symptômes du SII. Quelques probiotiques spécifiques ont démontré qu'ils amélioraient les symptômes du SII, comme les douleurs abdominales, la diarrhée ou les ballonnements, bien qu'à l'heure actuelle il n'existe aucun consensus quant aux probiotiques à recommander d'un point de vue clinique. 2
  • Troisièmement, la composition du microbiote intestinal et l'activité métabolique diffèrent chez les patients atteints du SII et chez les personnes en bonne santé, et sont associées non seulement aux symptômes intestinaux, mais également à l'anxiété et à la dépression. Toutefois, les résultats issus d'études individuelles varient, et il semble n'y avoir aucun profil microbien unique pouvant être attribué au SII. 7
  • Enfin et surtout, plusieurs études ont démontré que le dysfonctionnement des intestins et l'anxiété associée pouvaient se transmettre par le biais d'une transplantation de microbiote entre des patients atteints du SII et des souris sans microbiote (germ-free). 8,9,10

Syndrome de l'intestin irritable (SII) : rôle du microbiote

En savoir plus

Vous avez parlé d'interaction intestin-cerveau. Existe-t-il un axe microbiote-intestin-cerveau ? 

P.-B.: L'axe intestin-cerveau implique des signaux immunitaires, neuronaux et hormonaux, et des preuves toujours plus nombreuses laissent à penser que le microbiote intestinal joue un rôle essentiel dans cette communication. Bien que la plupart des données aient été obtenues à partir d'études animales, de nombreuses études cliniques soutiennent ce concept. 11 Pour n'en citer que quelques-unes, des changements soudains de comportement ont été décrits chez des patients sous antibiotiques. Une récente étude menée au sein de la population a démontré que l'utilisation d'antibiotiques durant la petite enfance était associée à un risque accru de développer plus tard des troubles mentaux. Le cas le plus parlant concerne des patients atteints d'une maladie du foie en phase terminale (cirrhose), pour lesquels on a diagnostiqué une (sidenote: Hepatic encephalopathy (HE) Hepatic encephalopathy (HE) refers to changes in the brain that occur in patients with advanced, acute (sudden) or chronic (long-term) liver disease. It is one of the major complications of cirrhosis. https://britishlivertrust.org.uk/information-and-support/living-with-a-liver-condition/liver-conditions/hepatic-encephalopathy/ ) . Ces patients manifestent des troubles du comportement et cognitifs qui s'amplifient rapidement et radicalement après l'administration d'antibiotiques ou de laxatifs, ou bien de transplantation de microbiote fécal 12. En outre, plusieurs études ont démontré que les profils microbiens différaient chez les patients souffrant de troubles psychiatriques et chez les personnes en bonne santé. 13

5 points à retenir concernant le syndrome de l'intestin irritable (SII) :

  1. Le SII se caractérise par des douleurs abdominales et un transit perturbé. 
     
  2. Sa prévalence tourne autour de 5 à 10 %, il affecte majoritairement les femmes et il a un fort impact socio-économique.
     
  3. Sa pathophysiologie n'est pas parfaitement comprise ; on le considère comme un trouble de l'interaction intestin-cerveau.
     
  4. Une multitude de données cliniques et animales sous-entendent que les bactéries intestinales sont impliquées dans les troubles cognitifs, du comportement et de l'humeur (dépression, anxiété, etc.).
     
  5. Plusieurs éléments prouvent que le microbiote intestinal est impliqué dans le SII :
  • la gastroentérite bactérienne est le facteur de risque le plus important du SII ;
  • les traitements visant le microbiote (antibiotiques, probiotiques) peuvent améliorer les symptômes du SII ; 
  • le métabolisme et les profils de microbiote diffèrent chez les patients atteints du SII et chez les personnes en bonne santé ;
  • la transplantation de microbiote issu de patients atteints du SII provoque un dysfonctionnement au niveau des intestins et des troubles du comportement chez des souris sans microbiote (germ-free).

Est-il possible de réguler le microbiote intestinal en vue d'améliorer la santé mentale ? 

P.-B.: Chez les animaux, certains probiotiques ont démontré des effets bénéfiques sur le comportement et la neurochimie, laissant entendre qu'ils pourraient être utilisés à des fins thérapeutiques dans certains troubles mentaux. Les résultats des quelques études cliniques réalisées jusque-là suggèrent que les probiotiques, utilisés dans le cadre d'un traitement adjuvant, améliorent les symptômes chez les patients souffrant de dépression majeure. 13 Quant à notre récente étude pilote, elle a démontré que le traitement par probiotiques améliorait les scores de dépression et les symptômes intestinaux chez les patients atteints du SII, et qu'il modifiait leurs schémas d'activation cérébrale. 14 Au total, cela indique que certains probiotiques pourraient être utiles non seulement pour les patients souffrant de troubles fonctionnels intestinaux, mais également pour ceux atteints de troubles mentaux. Toutefois, cela devra encore être confirmé par des études cliniques rigoureuses à grande échelle. 

Image

BMI-23.14

À savoir

L'objectif du Biocodex Microbiota Institute est de sensibiliser le grand public et les professionnels de santé au microbiote humain. Il n'a pas pour vocation de fournir des avis médicaux. Pour toute question ou demande, veuillez consulter un professionnel de santé.

Sources

1. Lacy BE, Pimentel M, Brenner DM, et al. ACG Clinical Guideline: Management of Irritable Bowel Syndrome. Am J Gastroenterol. 2021;116(1):17-44.

2. Ford AC, Sperber AD, Corsetti M, et al. Irritable bowel syndrome. Lancet. 2020 Nov 21;396(10263):1675-1688.

3. Black CJ, Ford AC. Global burden of irritable bowel syndrome: trends, predictions and risk factors. Nat Rev Gastroenterol Hepatol 2020; 17: 473-86.

4. Simrén, M., Tack, J. New treatments and therapeutic targets for IBS and other functional bowel disorders. Nat Rev Gastroenterol Hepatol 15, 589–605 (2018).

5. Moayyedi P, Mearin F, Azpiroz F, et al. Irritable bowel syndrome diagnosis and management: A simplified algorithm for clinical practice. United European Gastroenterol J. 2017;5(6):773-788.

6. Barbara G, Grover M, Bercik P, et al. Rome Foundation Working Team Report on Post-Infection Irritable Bowel Syndrome. Gastroenterology. 2019;156(1):46-58.e7.

7. Pittayanon R, Lau JT, Yuan Y. Gut Microbiota in Patients With Irritable Bowel Syndrome-A Systematic Review. Gastroenterology. 2019;157(1):97-108.

8. De Palma G, Lynch MD, Lu J, et al. Transplantation of fecal microbiota from patients with irritable bowel syndrome alters gut function and behavior in recipient mice. Sci Transl Med 2017;9(379):eaaf6397.

9. Constante M, De Palma G, Lu J, . Saccharomyces boulardii CNCM I-745 modulates the microbiota-gut-brain axis in a humanized mouse model of Irritable Bowel Syndrome. Neurogastroenterol Motil 2021;33(3):e13985.

10. De Palma G, Shimbori C, Reed DE, et al. Histamine production by the gut microbiota induces visceral hyperalgesia through histamine 4 receptor signaling in mice. Sci Transl Med. 2022;14(655):eabj1895.

11. Morais LH, Schreiber HL 4th, Mazmanian SK. The gut microbiota-brain axis in behaviour and brain disorders. Nat Rev Microbiol. 2021;19(4):241-255.

12. Acharya C, Bajaj JS. Chronic Liver Diseases and the Microbiome-Translating Our Knowledge of Gut Microbiota to Management of Chronic Liver Disease. Gastroenterology 2021;160(2):556-572.

13. Nikolova VL, Cleare AJ, Young AH, et al. Updated Review and Meta-Analysis of Probiotics for the Treatment of Clinical Depression: Adjunctive vs. Stand-Alone Treatment. J Clin Med 2021;10(4):647.

14. Pinto-Sanchez MI, et al. Probiotic Bifidobacterium longum NCC3001 Reduces Depression Scores and Alters Brain Activity: A Pilot Study in Patients With Irritable Bowel Syndrome. Gastroenterology 2017;153(2):448-459.

 

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Actualités

Des liens avérés entre microbiote intestinal et migraine

Les migraineux présentent une dysbiose intestinale, variable selon le type de migraine (épisodique ou chronique). Et certaines bactéries semblent liées à la fréquence et l’intensité des céphalées. 1

Des liens avérés entre microbiote intestinal et migraine

Une modification de la composition du microbiote intestinal a déjà été rapportée dans les troubles métaboliques, cardiovasculaires, oncologiques, neurologiques et psychiatriques. Une longue liste à laquelle il va falloir ajouter la migraine, au regard des résultats publiés début 2023 par une équipe sud-coréenne. En pratique, les chercheurs ont étudié les selles de 42 migraineux épisodiques, 45 (sidenote: Migraine chronique Plus de 15 jours de céphalée par mois, dont plus de 8 jours avec des caractéristiques de migraine, et ce depuis plus de 3 mois.  Weatherall MW. The diagnosis and treatment of chronic migraine. Ther Adv Chronic Dis. 2015 May;6(3):115-23. ) et 43 témoins sains, âgés de 19 à 65 ans. Ont été exclus les patients sous traitement médical ou psychiatrique autres que pour l'anxiété, la dépression et la fibromyalgie ; ceux ayant modifié en profondeur leurs habitudes alimentaires dans les 6 mois précédents ; et ceux ayant consommé des probiotiques ou antibiotiques l'année précédente.

Néanmoins, tous les patients inclus prenaient des traitements en cas de crise et 60% des traitements de fond (antiépileptiques, bêtabloquants…), ce qui peut représenter un biais (impact sur le microbiote) et a été pris en compte dans l’analyse des résultats.

Prévalence

  • La migraine touche 15% de la population mondiale. 2

  • La migraine concerne 20% des femmes. 3

  • La migraine concerne 10% des hommes.

  • La migraine est 2 fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes en raison des influences hormonales. 4

Un microbiote variable selon les groupes

Aucune différence significative n’était observée entre les trois groupes en termes de diversité (sidenote: Diversité α Une mesure indiquant la diversité d'un échantillon unique, soit le nombre d’espèces différentes présentes chez un individu. Hamady M, Lozupone C, Knight R. Fast UniFrac: facilitating high-throughput phylogenetic analyses of microbial communities including analysis of pyrosequencing and PhyloChip data. ISME J. 2010;4:17-27. https://www.nature.com/articles/ismej200997 ) et (sidenote: Diversité β Une mesure indiquant la diversité des espèces entre les échantillons, elle permet d’évaluer la variabilité de la diversité du microbiote entre les sujets. Hamady M, Lozupone C, Knight R. Fast UniFrac: facilitating high-throughput phylogenetic analyses of microbial communities including analysis of pyrosequencing and PhyloChip data. ISME J. 2010;4:17-27. https://www.nature.com/articles/ismej20099 ) du microbiote intestinal. En revanche, la composition du microbiote intestinal différait significativement :

  • entre les 87 migraineux et les 43 témoins : la classe des Tissierellia et l’ordre des Tissierellales étaient surreprésentés chez les migraineux. Au niveau du genre, Roseburia, Eubacterium_g4, Agathobacter, PAC000195_g et Catenibacterium étaient plus abondants.
  • et entre les types de migraineux : la classe des bacilles et l'ordre des Selenomonadales et Lactobacillales étaient moins abondants chez les migraineux chroniques, de même que la classe des Selenomonadaceae et Prevotellaceae. Au niveau du genre, la bactérie PAC001212_g prédominait chez les migraineux chroniques, alors que Prevotella, Holdemanella, Olsenella, Adlercreutzia et Coprococcus caractérisaient les migraineux épisodiques.

Environ 2,5% des individus souffrant de migraines épisodiques développeront une migraine chronique.

1% à 2% La migraine chronique affecte 1% à 2% de la population mondiale.

Des bactéries liées à la fréquence ou l’intensité des céphalées

Des analyses supplémentaires montrent un lien entre certains genres bactériens et les caractéristiques cliniques de la migraine : plus le microbiote intestinal était riche en PAC000195_g, plus la fréquence des céphalées diminuait ; et plus le microbiote intestinal était riche en Agathobacter, moins les céphalées sévères étaient intenses.
Si ces résultats fournissent des preuves d'une dysbiose intestinale chez les migraineux, seules des études longitudinales permettront de mieux comprendre la relation entre microbiote intestinal et migraine (quelle est la cause et la conséquence) et, à terme, d’envisager un possible traitement prophylactique de la migraine via le microbiote intestinal.

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Actualités Gastroentérologie Médecine générale

Quand la migraine prend aux tripes

La migraine ne touche pas que la tête : elle prend aussi aux intestins, le microbiote intestinal des migraineux différant de ceux de témoins sains. Certaines bactéries semblent même prédire l’intensité et la fréquence des céphalées. Plongée au cœur de l’axe intestin-cerveau. 1

Le microbiote intestinal
Quand la migraine prend aux tripes

On savait les individus migraineux davantage sujets à des troubles gastro-intestinaux, notamment la diarrhée, la constipation et le reflux gastro-œsophagien. Une étude sud-coréenne publiée début 2023 montre que ces patients présentent en outre une altération de leur microbiote intestinal.

Qu’est-ce que la migraine ?

La migraine est une céphalée ou mal de tête d’intensité variable, mais souvent forte (on parle alors de crises migraineuses) qui se déclenche à la puberté. Les crises peuvent durer de quelques heures à 2 ou 3 jours, et en fréquence se déclencher entre une fois par semaine à une fois par an. Cette maladie s’accompagne parfois de nausées ou d’une intolérance au bruit, à la lumière. C’est une maladie qui peut devenir chronique et qui altère la qualité de vie des patients. 2

Prévalence
  • La migraine touche 15% de la population mondiale. 3

  • La migraine concerne 20% des femmes. 4

  • La migraine concerne 10% des hommes.

  • La migraine est 2 fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes en raison des influences hormonales. 5

Une flore intestinale modifiée chez les migraineux

En analysant les bactéries présentes dans les selles de 87 patients migraineux (42 migraineux épisodiques et 45 (sidenote: Migraine chronique Plus de 15 jours de céphalée par mois, dont plus de 8 jours avec des caractéristiques de migraine, et ce depuis plus de 3 mois.  Weatherall MW. The diagnosis and treatment of chronic migraine. Ther Adv Chronic Dis. 2015 May;6(3):115-23. ) ) et de 43 témoins sains, les chercheurs ont en effet observé des différences dans la composition du microbiote intestinal : chez les migraineux, les bactéries des genres Roseburia, Eubacterium, Agathobacter, PAC000195 (une bactérie non décrite jusque-là) et Catenibacterium étaient plus abondantes que chez les personnes non sujettes à cette maladie. Certaines bactéries de la flore intestinale différaient également selon le type de migraine (épisodique ou chronique) : les bactéries PAC001212 étaient caractéristiques des migraineux chroniques, alors que Prevotella, Holdemanella, Olsenella, Adlercreutzia et Coprococcus allaient de pair avec la migraine épisodique.

Environ 2,5% des individus souffrant de migraines épisodiques développeront une migraine chronique.

1% à 2% La migraine chronique affecte 1% à 2% de la population mondiale.

Quand la bactérie signe la sévérité de la céphalée

Mais ce n’est pas tout : la présence de certaines bactéries semble prédire des paramètres clés de la migraine. Ainsi plus le microbiote intestinal était riche en PAC000195, plus la fréquence des céphalées, diminuait ; et plus le microbiote intestinal regorgeait d’Agathobacter, moins les céphalées sévères étaient intenses.

Le microbiote intestinal

En savoir plus

Microbiote et migraine : qui de la poule ou de l’œuf…

Mais attention : on ne peut en conclure que ces bactéries protègent des migraines et de leurs récidives, ou que d’autres les exacerbent. Les résultats de cette étude ne démontrent que l’existence d’une dysbiose intestinale chez les migraineux. Et on ne saurait dire si le déséquilibre observé est la cause ou la conséquence de la migraine. Seul moyen de trancher : réaliser des études longitudinales, qui suivent ces patients dans le temps et recherchent si des variations du microbiote précèdent ou suivent les crises de migraine, afin de savoir quel facteur déclenche l’autre. Ce qui pourrait laisser espérer, dans la foulée, des traitements pour venir à bout de ce mal.

"C'est tellement vrai. Je pense que je l'ai toujours su. Merci pour cet article." Theresa LaSalle (De My health, my microbiota)

 "Très bonne information." David Shepherdson (De My health, my microbiota)

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Actualités

Binge drinking : un lien entre dysbiose et addiction ?

Le microbiote intestinal des jeunes adeptes du « binge drinking », ou  « beuverie express » présente des altérations qui accéléreraient le passage à une future addiction alcoolique, suggère une étude publiée dans The Lancet eBioMedicine. Alors que son rôle dans le développement des troubles de l’usage d’alcool se précise, pourrait-on le moduler pour réduire le risque de dépendance ?

Binge drinking : une dysbiose intestinale liée à l’alcool favoriserait l’addiction

Des perturbations de l’axe intestin-cerveau font-elles le lit de l’alcoolisme ?

Des dysbioses intestinales et une augmentation des marqueurs inflammatoires ont déjà été retrouvées chez les alcooliques chroniques, notamment en cas de TUA sévères et de besoins compulsifs à boire. Elles entraîneraient une neuroinflammation engendrant des troubles cognitifs et comportementaux, notamment sociaux.
Or des déficits de cognition sociale ont été rapportés chez des jeunes « binge drinkers ». Ces dysbioses et ces perturbations de l’axe intestin-cerveau pourraient ainsi être impliquées dans le passage vers une addiction à l’alcool.

Le « binge drinking »

Mode de consommation d’alcool fréquemment adopté par les adolescents, le « binge drinking » ou beuverie express, se définit par des intoxications répétées de grandes quantités d’alcool sur une courte période de temps menant à une alcoolémie d’au moins 0,8g/L. Alors qu’il concerne 1 jeune sur 3 dans les pays occidentaux, il a été associé à des altérations cérébrales anatomiques et cognitives ainsi qu’à un risque augmenté de survenue de psychopathologies et de troubles de l’usage d’alcool (TUA) plus tard dans la vie.

Une équipe irlandaise a mené une étude auprès de 71 jeunes de 18 à 25 ans (37 femmes, 34 hommes) non dépendants à l’alcool afin d’identifier chez ceux pratiquant le « binge drinking » des signes précoces de TUA. Ses chercheurs ont exploré les liens entre dysbiose intestinale, inflammation, besoins de boire, déficits de sociabilité et impulsivité, trait cognitif reconnu pour accélérer le passage à l’addiction alcoolique. Pour cela, ils ont procédé à l’évaluation neuropsychologique des participants, à la mesure des marqueurs inflammatoires dans des échantillons biologiques (sang, salive..) et enfin, au séquençage métagénomique d’échantillons fécaux. Pendant les 3 mois de suivi, les participants ont consigné leur consommation d’alcool et leurs besoins compulsifs d’alcools (cravings).

Des dysbioses associées au binge-drinking et à des troubles cognitifs

Les chercheurs ont observé que le « binge drinking » s’accompagnait de déséquilibres taxonomiques et fonctionnels particuliers du microbiote intestinal, eux-mêmes associés à des troubles de la gestion émotionnelle. Les analyses statistiques ont montré que l’altération de la reconnaissance des émotions était liée à une diminution d’espèces de Clostridium, de Flavonifractor plautii et de Eggerthella lenta et à une augmentation des Coprococcus. L’impulsivité était associée à une baisse des Collinsella et à une hausse des Roseburia et des Parabacteroides. Les besoins compulsifs d’alcools étaient également corrélés à une réduction de Ruthenibacterium lactiformans et à une libération accrue d’interleukines, signe de surstimulation immunitaire. Enfin, un plus grand nombre d’épisodes de « binge drinking » était associé à une baisse de production de l’acide gras à chaîne courte isovalérate et à une plus grande impulsivité.

Moduler le microbiote intestinal dans la période vulnérable de l’adolescence

Non seulement cette étude souligne le rôle du microbiote intestinal dans la régulation de la cognition sociale et l’impulsion, mais elle démontre également que le « binge drinking »  s’associe à des altérations du microbiote intestinal présentes avant même l’apparition d’une dépendance alcoolique. Elle pourrait ouvrir la voie à de nouvelles interventions diététiques ou pré/probiotiques destinées à améliorer la dysbiose liée à la consommation d’alcool durant la période développementale critique de l'adolescence.

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Actualités Gastroentérologie Psychiatrie

Avec le « binge drinking », le microbiote intestinal des jeunes trinque

Boire une grande quantité d’alcool pour s’enivrer en un minimum de temps : c’est le « binge drinking », mode de consommation d’alcool préférée des ados. Le microbiote intestinal de ses adeptes n’est hélas pas à la fête : son déséquilibre participerait même au passage à l’addiction alcoolique plus tard dans la vie, révèle une étude 1.

Le microbiote intestinal
Avec le « binge drinking », le microbiote intestinal des jeunes trinque

Le « binge drinking », traduit par « alcoolisation ponctuelle importante » (API) en France ou plus communément « beuverie express » correspond à un état d’ivresse aiguë. Il concerne principalement les jeunes, entre 15 et 25 ans. Cette pratique a des conséquences néfastes sur la santé à l’adolescence, car l’organisme est encore en pleine construction. Pratiqué de façon répétée, le « binge drinking » altère la structure et le fonctionnement du cerveau tout en augmentant le risque d’un futur trouble de l’usage d’alcool, plus couramment appelé « alcoolisme ».

Qu’est-ce que le « binge-drinking » ?

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), un épisode de binge drinking se définit par une prise d’au moins 60g d’alcool pur (environ 6 « demis ») menant à une alcoolémie d’au moins 0,8g d’alcool par litre de sang 2.

Or des déséquilibres du microbiote intestinal, ou dysbioses, sont retrouvés chez les alcooliques chroniques, d’autant plus prononcés que les besoins compulsifs à consommer de l’alcool sont fortes. Ils entraîneraient une inflammation atteignant le cerveau, engendrant ainsi des problèmes de gestion des émotions et de (sidenote: Cognition sociale Capacité à comprendre et gérer les interactions sociales. Beaudoin C, Beauchamp MH. Social cognition. Handb Clin Neurol. 2020;173:255-264. ) . Mais des études suggèrent aujourd’hui qu’une dysbiose et des perturbations de l’axe intestin-cerveau pourraient également être impliquées dans le développement de la dépendance à l’alcool.

Identifier des signes d’une vulnérabilité à l’alcoolisme chez des jeunes « binge drinkers » ?

Des chercheurs irlandais ont décidé d’explorer les liens entre dysbiose, inflammation, pulsions à boire et troubles du contrôle des émotions chez des jeunes pratiquant le « binge drinking ». Pour cela, ils ont rassemblé 71 hommes et femmes de 18 à 25 ans, non dépendants à l’alcool. Ils ont procédé à l’évaluation neuropsychologique des participants et recueilli des échantillons de leurs fluides biologiques pour détecter des marqueurs d’inflammation et de leurs selles, permettant d’analyser leur microbiote intestinal. Pendant 3 mois, les participants ont consigné leur consommation d’alcool et leurs pulsions à boire.

Un jeune sur trois Également appelé en français « alcoolisation ponctuelle importante » (API), ou beuverie express le « binge drinking » est le plus fréquent trouble de l’usage d’alcool dans les pays occidentaux : un jeune Européen et nord-Américain sur 3.

(sidenote: Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictive : Le binge drinking.  https://www.drogues.gouv.fr/le-binge-drinking  )

Des troubles cognitifs et un passage à l’addiction alcoolique

A la fin de l’étude, les chercheurs ont constaté que chez les jeunes pratiquant le « binge drinking » apparaissaient des dysbioses spécifiquement liées à des troubles de la cognition. L’altération de la (sidenote: Reconnaissance des émotions Capacité à identifier et décrire ses propres états émotionnels et ceux d’autrui. Cabé N, Laniepce A, Boudehent C et al : Repérage des troubles cognitifs liés à l’alcool, La Revue du Praticien, 20/10/2019, 69(8);904-8 ) , et l’impulsivité étaient chacune associée à une modification de la présence de certains groupes bactériens spécifiques. Les envies irrésistibles de consommer de l’alcool étaient également liées à une réduction d’une autre espèce bactérienne et à une augmentation de marqueurs d’inflammation. Comme les chercheurs s’y attendaient, des épisodes de « binge drinking » plus nombreux augmentaient l’impulsivité, reconnue pour accélérer le passage à l’addiction alcoolique.

Conclusion, le « binge drinking » s’accompagne d’altérations du microbiote intestinal présentes avant même l’apparition d’une dépendance alcoolique. Voyant le verre à moitié plein, les chercheurs estiment que leurs découvertes pourraient contribuer au développement de nouvelles interventions diététiques ou pré/probiotiques destinées à améliorer la dysbiose liée à l'alcool chez les adolescents.

Le microbiote intestinal

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L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

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Actualités

L’axe intestin-cerveau dans le stress lié à la discrimination

Une équipe américaine propose un modèle mettant en évidence l'influence de la discrimination sur la signalisation bidirectionnelle entre le cerveau et le microbiote intestinal. L’inflammation serait le médiateur.

L’axe intestin-cerveau dans le stress lié à la discrimination

S’il est relativement acquis que la discrimination représente un facteur de risque de troubles mentaux et physiques, les mécanismes en jeu restent flous. L’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien a souvent été impliqué. Néanmoins, certains experts se tournent aujourd’hui vers le microbiote intestinal, du fait de sa sensibilité au stress, de son rôle dans l’inflammation et la santé à long terme, et de résultats récents sur l’axe intestin-cerveau. Un travail publié fin 2022 a ainsi étudié les effets de la discrimination dans la dérégulation de l’axe intestin-cerveau.

Altérations de certaines connexions cérébrales

Sur les 154 participants de l’étude, 80 ressentaient une discrimination forte et 74 une faible discrimination, liée à leur couleur de la peau (participants afro-américains, hispaniques et asiatiques) ou au sexe et à l’âge (caucasiens). Une discrimination élevée allait de pair avec des niveaux plus élevés d'anxiété, de dépression, de sensibilité viscérale... Avec des différences néanmoins selon les origines : les personnes afro-américaines ne montraient par exemple aucun lien entre discrimination et santé mentale.

Physiologiquement, les IRM des participants montrent que la discrimination est associée à des altérations des voies cérébrales du stress variables selon les origines : par exemple, on observe une stimulation accrue d’une zone cérébrale associée au traitement intéroceptif autonome, sensoriel, moteur et de récompense chez les asiatiques, une connectivité "chaotique" de nombreux réseaux nerveux chez les personnes caucasiennes ; etc.

Dysbiose du microbiote intestinal

Outre ces altérations des réseaux cérébraux, la discrimination apparait aussi liée à une dysbiose intestinale et à des niveaux accrus de la bactérie pro-inflammatoire Prevotella copri chez les afro-américains et Hispaniques comparativement aux personnes caucasiennes. Les métabolites bactériens sont également impactés, avec des variations selon les populations : concentration moindre d’un sous-produit de la synthèse de la carnitine (anti-inflammatoire) chez les afro-américains ; augmentation des métabolites impliqués dans le métabolisme des lipides chez les asiatiques ; etc.

Une discrimination aux conséquences variables selon l’origine ?

Selon les auteurs, la discrimination altèrerait l’axe intestin-cerveau, avec des conséquences variables d’une communauté à l’autre.

  • Chez les afro-américains, elle rime avec davantage de biomarqueurs inflammatoires mais cette population semble moins sujette à l’anxiété et affiche des scores de résilience les plus élevés.
  • Chez les hispaniques, discrimination rime aussi avec inflammation mais de meilleures stratégies d'adaptation.
  • Dans la population asiatique, les résultats suggèrent une compensation du stress via des aliments gras.
  • Chez les personnes caucasiennes, les perturbations cérébrales observées pourraient refléter une difficulté à faire face.

"Un article sur la discrimination ethnique/raciale qui mérite d'être lu…" Syeda Safia Hashmi (De Biocodex Microbiota Institute sur X)

"Cet article est intéressant. La discrimination n'affecte donc pas seulement le cerveau, mais aussi l'équilibre des bactéries intestinales d'une personne. Les résultats varient selon les groupes ethniques. La prochaine étude devrait utiliser un échantillon plus important pour vérifier si ces résultats sont cohérents." -Greenleaf (De Biocodex Microbiota Institute sur X)

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Actualités Gastroentérologie Psychiatrie Médecine générale

La discrimination difficile à digérer

Traiter défavorablement une personne en raison de ses caractéristiques personnelles (sexe, origine, religion…). Fléau de nos sociétés, la discrimination semble avoir des effets variables selon les origines des individus. Ces effets pourraient s’expliquer par des altérations de l’axe intestin cerveau. Explications.

Le microbiote intestinal Troubles anxieux Troubles de l'humeur
La discrimination difficile à digérer

Couleur de peau, âge, sexe, … : la discrimination peut prendre de nombreuses formes mais nourrit le même dessein : le rejet, la mise à l’écart d’une personne ou d’un groupe de personnes. Selon une étude menée sur différentes populations américaines, la discrimination altèrerait à la fois le système digestif (le microbiote intestinal précisément) et le système cérébral, et l’axe de communication qui les relie (on parle d’axe intestin-cerveau). Plus surprenant, les effets et mécanismes en jeu dépendraient de l’origine des personnes.

Effet de la discrimination : un microbiote intestinal chamboulé chez les afro-américains

Chez les afro-américains, une forte discrimination, généralement en lien avec leur couleur de peau, va jusqu’à modifier les bactéries présentes dans le microbiote intestinal : c’est ce qu’on appelle la dysbiose.

Les chercheurs relèvent par exemple des niveaux accrus de bactéries, et notamment de la bactérie pro-inflammatoire Prevotella copri, chez les personnes qui subissent une forte discrimination. Une imagerie de leur cerveau (Imagerie par Résonance Magnétique : IRM) montre l’activation de zones impliquées dans la régulation des émotions négatives. Sur le plan mental, l’anxiété et le stress augmentent en cas de forte discrimination (comme dans toutes les autres populations) mais aucun lien n’est trouvé entre discrimination et santé mentale (à la différence des autres communautés). Ainsi, selon les auteurs, chez les afro-américains, la discrimination créerait une forte inflammation mais cette population serait moins sujette à la dépression et plus résiliente.

Des mécanismes différents pour les autres communautés

Des analyses similaires du microbiote intestinal, des marqueurs sanguins, de l’activité cérébrale et de l’état mental montrent des réponses très différentes dans les autres populations.

  • Chez les hispaniques, discrimination rime aussi avec inflammation mais de meilleures stratégies d'adaptation et un contrôle cognitif pourraient contrebalancer.
  • Dans la population asiatique, les mécanismes semblent très différents : une discrimination accrue va de pair avec davantage de métabolites sanguins liés au cholestérol et une activité cérébrale qui suggère une compensation du stress via des aliments gras.
  • Enfin, chez les personnes d’origine caucasienne, la discrimination est généralement liée à l’âge et au sexe. Elle va de pair avec de l'anxiété mais sans inflammation. Au niveau intestinal on observe un taux de bactéries P. Copri réduit par rapport aux communautés hispaniques et afro-américaines. L’IRM de ces personnes montrent également des perturbations cérébrales qui pourraient refléter une difficulté à faire face.

Le microbiote intestinal

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