Le microbiote intestinal en tant que déterminant d’une alimentation saine

Par Anissa M. Armet 1 , João F. Mota 2,3 et Jens Walter 3
1 Département des sciences agricoles, alimentaires et nutritionnelles, Université de l’Alberta, Edmonton, Alberta, Canada
2 Faculté de nutrition, Université fédérale de Goiás, Goiânia, Goiás, Brésil
3 APC Microbiome Ireland, Faculté de microbiologie, Département de médecine, et APC Microbiome Institute, University College Cork – National University of Ireland, Cork, Irlande

Les maladies non transmissibles (MNT) chroniques ont atteint des proportions épidémiques dans les pays industrialisés, une évolution clairement liée à l’adoption d’un comportement alimentaire de type occidental. Les MNT sont également liées au microbiote intestinal, et la recherche sur des modèles animaux a établi l’importance des interactions alimentation-microbiote dans le développement des pathologies, ainsi que les mécanismes sous-jacents. Nous discutons ici de ce qui constitue une alimentation saine du point de vue de la science du microbiote et soutenons qu’une compréhension mécanistique des interactions alimentation microbiote peut éclairer les discussions sur les controverses concernant la nutrition et aider au développement de régimes plus sains.

Des données de plus en plus nombreuses montrent que le microbiote intestinal a un impact significatif sur la santé humaine. L’alimentation occupe une place centrale dans cette relation, et les habitudes alimentaires occidentales ont joué un rôle majeur dans l’exacerbation récente des maladies non transmissibles (MNT) chroniques dans les pays développés sur le plan socio-économique. Nous discutons ici de ce qui constitue une alimentation saine du point de vue de la science du microbiote et appliquons ces données pour éclairer les controverses actuelles dans le domaine de la nutrition et le développement de stratégies nutritionnelles ciblant le microbiote. Cet article se concentre sur les recommandations diététiques pour la population générale à des fins de prévention des maladies, et non pour les patients souffrant de pathologies qui ont souvent des besoins diététiques spécifiques et devraient consulter un nutritionniste ou un diététicien diplômé.

Alimentation saine du point de vue du microbiote

Aliments complets d’origine végétale versus aliments transformés

Selon toutes les recommandations que nous avons examinées [1], les aliments complets d’origine végétale (légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses et noix) ayant subi une transformation limitée devraient constituer la majeure partie de l’alimentation quotidienne (figure 1). Les observations du microbiote confirment ces recommandations (figure 2 et 3). Les aliments complets d’origine végétale constituent la seule source naturelle de fibres alimentaires, dont certaines sont fermentescibles et fournissent des substrats de croissance pour les micro-organismes. La variété des végétaux peut maintenir la diversité du microbiote, et la fermentation des fibres produit des métabolites tels que les acides gras à chaîne courte (AGCC) qui entraînent de nombreux effets métaboliques (libération d’hormones liées à la satiété et amélioration de la sensibilité à l’insuline), physiologiques (augmentation de la production de mucus et de l’expression des jonctions serrées) et écologiques (inhibition des agents pathogènes) [2]. En outre, la fourniture de substrats pour les bactéries prévient la dégradation du mucus, l’inflammation et les infections consécutives chez les souris [3]. Les composés phytochimiques présents dans les aliments complets d’origine végétale, dont la plupart ne sont pas absorbés dans l’intestin grêle, font également l’objet d’une biotransformation par le microbiote intestinal qui augmente leur biodisponibilité, leur absorption et leurs effets antioxydants et immunomodulateurs [4], mais la signification de ces interactions sur le plan de la santé est moins bien comprise. Enfin, les caractéristiques fonctionnelles et la qualité nutritionnelle (par exemple, la composition en nutriments et l’accessibilité) de la plupart des aliments complets d’origine végétale sont largement supérieures à celles des aliments transformés, qui en outre contiennent souvent des additifs alimentaires altérant la composition du microbiote et la fonction barrière de l’intestin (figure 2).

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Infographie sur les recommandations alimentaires mondiales : privilégier fruits, légumes, céréales complètes, limiter sucres, sel et graisses pour soutenir la santé intestinale et le microbiote.
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Résumé visuel des recommandations diététiques internationales : une alimentation saine repose principalement sur des fruits, légumes et céréales complètes, avec des portions modérées de protéines végétales et animales, tout en limitant les aliments transformés, riches en sucres, en sel et en graisses saturées. Ces conseils contribuent à la santé du microbiote intestinal.

Céréales complètes

Le rôle potentiel du microbiote intestinal dans les bénéfices métaboliques et immunologiques bien établis des céréales complètes est de plus en plus étudié. La couche de son des céréales complètes contient des fibres alimentaires telles que des arabinoxylanes et des β-glucanes qui sont métabolisées par le microbiote intestinal par un processus de fermentation. Les effets anti-inflammatoires des céréales complètes ont été liés à l’enrichissement des producteurs d’AGCC [5]. Kovatcheya-Datchary et al. ont démontré que des souris originellement axéniques colonisées par le microbiote fécal d’humains qui réagissent au pain complet à base de grains d’orge et qui contiennent des Prevotella, connaissent une amélioration de la tolérance au glucose qui reflète l’effet chez les humains [6]. En outre, des personnes en surpoids hébergeant la bactérie Prevotella à l’inclusion dans l’étude ont montré une perte de poids importante avec une alimentation riche en céréales complètes [7]. Ces études suggèrent qu’au moins une partie des bénéfices métaboliques des céréales complètes sont médiés par le microbiote intestinal (figure 3).

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Sources de protéines

La plupart des recommandations diététiques préconisent de consommer des aliments contenant des protéines végétales (par exemple, légumineuses, noix), et du poisson (par exemple, poisson gras) et de la volaille plutôt que d’autres sources de protéines animales, en particulier la viande rouge (figure 1). Les légumineuses et les noix sont riches en fibres et contiennent des composés phytochimiques et des acides gras oméga-3 qui influencent les interactions hôte-micro-organismes (figure 3). La supplémentation quotidienne en noix et amandes a augmenté les abondances relatives des producteurs de butyrates, en particulier de Roseburia [8]. La supplémentation en haricots mungo a réduit la prise de poids et l’accumulation de graisses chez des souris recevant une alimentation riche en graisse mais pas chez les souris axéniques recevant la même alimentation, ce qui établit un rôle causal du microbiote [9]. Parmi tous les aliments contenant des protéines animales, il est probable que le poisson gras présente les plus grands bénéfices immunologiques et métaboliques liés au microbiote [1].

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Infographie comparant aliments végétaux et transformés : les premiers renforcent le microbiote et la barrière intestinale, les seconds favorisent inflammation et maladies chroniques.
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Comparaison des effets des aliments complets d’origine végétale et des aliments transformés sur la santé intestinale et le microbiote : les fibres et composés phytochimiques des aliments végétaux soutiennent le microbiote, améliorent la fonction barrière intestinale et réduisent les risques de maladies chroniques, tandis que les aliments transformés favorisent l’inflammation, perturbent le microbiote et augmentent le risque de pathologies métaboliques.

Habitudes alimentaires

La prise de conscience que la santé n’est pas principalement influencée par des aliments ou des nutriments individuels, mais par leur interconnexion et leurs effets synergiques, a conduit à souligner le rôle des régimes alimentaires dans plusieurs directives diététiques récemment mises à jour, telles que les Dietary Guidelines for Americans (directives diététiques pour les Américains) 2020-2025 et le guide alimentaire canadien. Le régime méditerranéen combine de nombreux groupes d’aliments qui ont des effets favorables sur les interactions hôte-micro-organismes. Plusieurs essais contrôlés randomisés ont été conduits pour explorer ces interactions et ont montré que les bénéfices métaboliques, immunologiques et cognitifs du régime méditerranéen étaient liés à une abondance accrue de Faecalibacterium prausnitzii et Roseburia [10].

De quelle manière le microbiote intestinal peut-il éclairer les controverses autour de l’alimentation saine ?

Viandes rouges et transformées

La plupart des recommandations diététiques et plusieurs sociétés savantes préconisent de réduire la consommation de viande rouge et d’éviter les viandes transformées, bien qu’une série d’études systématiques datant de 2019 ait conclu qu’il n’y avait que peu de preuves de leur lien avec des effets néfastes sur la santé [11]. Le microbiote intestinal apporte une perspective utile dans cette controverse. La fermentation protéolytique des protéines animales par les micro-organismes intestinaux augmente les métabolites toxiques tels que l’ammoniac, le p-crésol et le sulfure d’hydrogène [12]. Riches en graisses saturées, les viandes transformées stimulent davantage la sécrétion d’acides biliaires dans l’intestin grêle, qui sont ensuite transformés en acides biliaires secondaires par les micro-organismes. En outre, les agents de conservation utilisés dans les viandes transformées, les nitrates et les nitrites, sont des substrats pour la biotransformation microbienne en composés N-nitrosés. Les considérations toxicologiques soutiennent donc les recommandations diététiques actuelles (figure 3). Les métabolites résultant de la fermentation des protéines (par exemple, le sulfure d’hydrogène, l’ammoniac) sont moins toxiques et ne sont pas actuellement classés comme cancérogènes pour l’homme, ce qui permet de conclure qu’une consommation modérée de viande rouge maigre ne présente probablement qu’un risque limité. En revanche, les composés N-nitrosés et les acides biliaires secondaires qui résultent de la consommation de viandes transformées sont cancérogènes, ce qui va dans le sens des recommandations préconisant d’éviter ou de réduire le plus possible la consommation de viande transformée.

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Recommandations centrées sur le microbiote pour une alimentation saine

  • Suivre les recommandations diététiques (figure 1).
  • Diversifier au maximum les sources végétales consommées et essayer d’aller au-delà des taux de fibres actuellement recommandés (25-38 grammes/jour).
  • Réduire au minimum les aliments transformés contenant de grandes quantités de sucres ajoutés, de sel, de graisses saturées et trans, ainsi que les viandes transformées et les produits laitiers à forte teneur en matières grasses.
  • Inclure des aliments fermentés avec des micro-organismes vivants (sans traitement thermique) à faible teneur en sucres, en graisses et en sel comme les yaourts, les légumes fermentés, le kéfir et le kombucha.

Produits laitiers

La plupart des recommandations diététiques préconisent la consommation de produits laitiers écrémés ou à faible teneur en matières grasses (0-2 %) et suggèrent d’éviter les produits laitiers à forte teneur en matières grasses (> 25%) (par exemple, certains fromages, produits à base de crème, beurre). Toutefois, il n’existe pas de consensus concernant les produits au lait entier (~ 3,5 %), qui sont déconseillés dans certaines recommandations diététiques, bien que leurs effets nocifs aient été contestés. Les interactions entre les graisses contenues dans les produits laitiers et le microbiote intestinal doivent faire partie de cette discussion. Les acides gras saturés dérivés du lait favorisent la présence de Bilophila wadsworthia, qui est pro-inflammatoire et a provoqué des maladies telles que la colite [13] chez des modèles de souris. Ces résultats mécanistiques soutiennent les recommandations diététiques visant à limiter les produits laitiers aux produits à faible teneur en matières grasses (figure 3).

Régimes pauvres en glucides

Les régimes pauvres en glucides sont populaires car ils peuvent permettre de perdre rapidement du poids et d’obtenir des bénéfices métaboliques remarquables à court terme, mais les résultats ne sont pas toujours durables. Ces régimes sont riches en matières grasses et/ou en protéines et souvent pauvres en fibres. Par conséquent, ils induisent un profil métabolique à risque, avec des concentrations accrues en composés N-nitrosés et des taux réduits de butyrates et de composés phénoliques anti-inflammatoires [14]. En raison de leurs effets sur le microbiote intestinal, les régimes pauvres en glucides pourraient donc être néfastes pour la santé lorsqu’ils sont consommés sur des périodes prolongées.

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Une alimentation plus saine grâce au microbiote

Bien que les recommandations diététiques internationales soient très cohérentes et donnent d’excellentes orientations sur ce qui constitue une alimentation saine, des améliorations et des innovations restent possibles par une prise en compte plus systématique du microbiote.

Évolution et restauration du microbiote

La symbiose homme-microbiote évolue depuis des millions d’années dans des contextes environnementaux et nutritionnels très différents. L’industrialisation, qui a conduit à une augmentation importante des MNT, a appauvri la diversité du microbiote, réduit la capacité de ses enzymes à utiliser les glucides, entraîné un enrichissement en organismes et enzymes dégradant le mucus et conduit à une perte de symbiontes microbiens. Sur la base de cette évolution, il serait donc justifié d’augmenter l’apport en fibres au-delà des 25 à 38 grammes par jour actuelle ment recommandés, cet argument étant corroboré par des études tant observationnelles qu’interventionnelles [15]. Outre la promotion d’un apport accru en fibres issues d’aliments complets, il existe une puissante justification scientifique à la correction de l’impact de l’industrialisation sur le microbiote intestinal à travers des stratégies prébiotiques, probiotiques et synbiotiques. Des produits tentant de restaurer la diversité du microbiote sont déjà sur le marché, mais cette recherche et la validation clinique n’en sont qu’à leurs balbutiements (voir ci-dessous).

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Schéma sur l'impact des aliments sur le microbiote : végétaux, poisson gras et produits fermentés soutiennent l’équilibre intestinal, viande rouge et aliments transformés le perturbent.
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Effets différenciés des groupes d’aliments sur le microbiote intestinal : les aliments d’origine végétale, le poisson gras et les produits laitiers fermentés pauvres en matières grasses soutiennent un microbiote sain et réduisent les risques inflammatoires. Les produits transformés, riches en graisses saturées, protéines et composés nitrosés, altèrent l’équilibre microbien et augmentent les risques de maladies chroniques. Ce schéma illustre les mécanismes microbiotiques justifiant les recommandations diététiques.

Probiotiques et prébiotiques

Bien que de nombreuses études aient montré les bénéfices cliniques de l’utilisation des probiotiques et des prébiotiques pour des objectifs médicaux spécifiques, peu d’allégations de santé ont été approuvées par les agences réglementaires. En outre, il existe peu de preuves que leur consommation réduise le risque de MNT, et la grande majorité des recommandations diététiques nationales ne préconisent pas leur inclusion dans le cadre d’une alimentation saine. Il existe un fort potentiel de développement des probiotiques et des prébiotiques et leur combinaison (synbiotiques) assure une prévention plus systématique des maladies chroniques. La recherche en cours explore l’utilisation de ces stratégies pour corriger l’impact de l’industrialisation sur la diversité et la fonction du microbiote intestinal. Des produits ont été développés et commercialisés dans ce domaine, mais ils sont en attente d’une validation clinique dans le cadre d’essais cliniques randomisés bien contrôlés, et la recherche disponible est trop peu avancée pour formuler des recommandations générales.

Micro-organismes vivants

Une autre caractéristique de l’industrialisation est la réduction de l’exposition microbienne. Selon l’hypothèse de la biodiversité, un contact avec des environnements naturels est nécessaire pour enrichir le microbiote humain, favoriser l’équilibre immunitaire et assurer une protection contre les allergies et les maladies inflammatoires. Les probiotiques apportent des micro-organismes vivants et sont étudiés et commercialisés dans ce contexte depuis des décennies (voir encadré « Probiotiques et prébiotiques »). En outre, les aliments fermentés, comme le kéfir, le yaourt, le kombucha et la choucroute, peuvent, lorsqu’ils sont consommés crus, contenir un nombre important de micro-organismes vivants (bactéries et champignons). Bien que les micro-organismes présents dans les aliments fermentés ne colonisent pas l’intestin humain du fait de leur nature non native dans cet écosystème, ils restent détectables dans le microbiote fécal humain et pourraient interagir directement avec l’hôte.

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Certaines recommandations diététiques intègrent les aliments fermentés, comme le yaourt et les laits fermentés, dans leurs préconisations. Leurs bénéfices sont de plus en plus fréquemment rapportés dans des études observationnelles et des essais contrôlés randomisés de plus petite taille, mais un plus grand nombre d’essais contrôlés dans l’espèce humaine sont nécessaires.

Nutrition de précision

Tout le monde ne réagit pas de la même manière aux interventions alimentaires, ce qui remet en cause l’approche universelle adoptée actuellement dans les recommandations diététiques. La nutrition de précision ou personnalisée vise à adapter les préconisations nutritionnelles à la biologie de la personne (gènes, métabolisme, etc.). Les analyses du microbiote pourraient devenir une composante clé des stratégies de nutrition de précision. Bien que plusieurs entreprises offrent déjà des conseils diététiques personnalisés basés sur le microbiote fécal, ces services ne sont validés par aucune autorité réglementaire, laissant planer un doute quant à la justesse des recommandations. Les directives diététiques nationales actuelles ne tiennent pas compte des approches de précision ou personnalisées, et leur mise en œuvre sera difficile à l’échelle d’une population. Bien qu’il existe une justification scientifique à la personnalisation de la nutrition, il est important de souligner que la plupart des individus tireront des bénéfices des recommandations diététiques discutées ci-dessus.

Conclusion

Le microbiote intestinal pourrait constituer la « boîte noire » de la recherche sur la nutrition, car de nombreux effets physiologiques de l’alimentation pourraient être influencés par les interactions entre alimentation, micro-organismes et hôte. Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour déterminer dans quelle mesure le microbiote contribue aux effets physiologiques de l’alimentation et quels mécanismes détectés dans les modèles animaux s’appliquent à l’espèce humaine. Néanmoins, les preuves disponibles indiquent que le microbiote intestinal joue un rôle important dans les effets de l’alimentation, soulignant qu’une compréhension mécanistique des interactions alimentation-microbiote peut éclairer les controverses concernant la nutrition et aider au développement de régimes plus sains.

Sources

1. Armet AM, Deehan EC, O’Sullivan AF, et al. Rethinking healthy eating in light of the gut microbiome. Cell Host Microbe 2022; 30: 764-85.
2. Blaak EE, Canfora EE, Theis S, et al. Short chain fatty acids in human gut and metabolic health. Benef Microbes 2020; 11: 411-55.
3. Desai MS, Seekatz AM, Koropatkin NM, et al. A dietary fiber-deprived gut microbiota degrades the colonic mucus barrier and enhances pathogen susceptibility. Cell 2016; 167: 1339-53 e21.
4. Chang SK, Alasalvar C, Shahidi F. Superfruits: phytochemicals, antioxidant efficacies, and health effects - a comprehensive review. Crit Rev Food Sci Nutr 2019; 59: 1580-604.
5. Martínez I, Lattimer JM, Hubach KL, et al. Gut microbiome composition is linked to whole grain-induced immunological improvements. ISME J 2013; 7: 269-80.
6. Kovatcheva-Datchary P, Nilsson A, Akrami R, et al. Dietary fiber-induced improvement in glucose metabolism is associated with increased abundance of Prevotella. Cell Metab 2015; 22: 971-82.
7. Roager HM, Christensen LH. Personal diet-microbiota interactions and weight loss. Proc Nutr Soc 2022: 1-28.
8. Creedon AC, Hung ES, Berry SE, Whelan K. Nuts and their effect on gut microbiota, gut function and symptoms in adults: a systematic review and meta-analysis of randomised controlled trials. Nutrients 2020; 12: 2347.
9. Nakatani A, Li X, Miyamoto J, et al. Dietary mung bean protein reduces high-fat diet-induced weight gain by modulating host bile acid metabolism in a gut microbiota-dependent manner. Biochem Biophys Res Commun 2018; 501: 955-61.
10. Kimble R, Gouinguenet P, Ashor A, et al. Effects of a mediterranean diet on the gut microbiota and microbial metabolites: a systematic review of randomized controlled trials and observational studies. Crit Rev Food Sci Nutr 2023; 63: 8698-719.
11. Johnston BC, Zeraatkar D, Han MA, et al. Unprocessed red meat and processed meat consumption: dietary guideline recommendations from the Nutritional Recommendations (NutriRECS) Consortium. Ann Intern Med 2019; 171: 756-64.
12. Louis P, Hold GL, Flint HJ. The gut microbiota, bacterial metabolites and colorectal cancer. Nat Rev Microbiol 2014; 12: 661-72.
13. Devkota S, Wang Y, Musch MW, et al. Dietary-fat-induced taurocholic acid promotes pathobiont expansion and colitis in Il10-/- mice. Nature 2012; 487: 104-8.
14. Russell WR, Gratz SW, Duncan SH, et al. High-protein, reduced-carbohydrate weight-loss diets promote metabolite profiles likely to be detrimental to colonic health. Am J Clin Nutr 2011; 93: 1062-72.
15. Reynolds A, Mann J, Cummings J, et al. Carbohydrate quality and human health: a series of systematic reviews and meta-analyses. Lancet 2019; 393: 434-45.

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Article Microbiote intestinal

Effet du microbiote intestinal sur la vaccination Covid, et vice-versa

On soupçonnait une interaction bidirectionnelle entre le microbiote intestinal et la vaccination. Des travaux viennent de la confirmer, en caractérisant les bactéries liées à la durabilité de l’immunité, et les effets de deux technologies vaccinales (ARN et virus désactivé) sur le microbiote.

Les réponses immunitaires au vaccin contre le COVID-19 dépendent de multiples facteurs, dont la composition du microbiote intestinal. Inversement, la vaccination pourrait moduler la flore intestinale. Pour mieux comprendre cette interaction bidirectionnelle, une étude prospective longitudinale a été menée à Hong Kong. Et ce, via le recueil d’échantillons de sang et de selles (à l’inclusion puis 1 et 6 mois après la vaccination) de sujets vaccinés soit avec le (sidenote: BNT162b2 Vaccin anti-covid 19 à ARN incorporé dans des nanoparticules de lipides du laboratoire BioNTech-Pfizer, commercialisé sous le nom "Comirnaty" dans l'UE. ) (n=121 sujets, âge moyen = 42 ans), soit avec le (sidenote: CoronaVac Vaccin anti-covid 19 à virus entier inactivé, adjuvé (adjuvant : hydroxyde d'aluminium) de Sinova. Autorisé dans de nombreux pays d'Asie et d'Amérique du Sud. En Europe, il est autorisé en Bosnie, en Ukraine et en Turquie. Source : www.mesvaccins.net/ ) (40 sujets, âge moyen = 55 ans), et n’ayant pas contracté le Covid durant l’étude.

Effet du microbiote sur la réponse vaccinale

L'immunogénicité du BNT162b2 (vaccin ARNm) s’est avérée plus forte et plus durable que celle du CoronaVac, les sujets présentant des taux d’anticorps à 6 mois plus élevés.

Chez les sujets vaccinés BNT162b2, une plus grande abondance de Bifidobacterium adolescentis, de B. bifidum et de Roseburia faecis au moment de la vaccination allait de pair avec une meilleure réponse vaccinale. L’abondance de trois espèces bactériennes (B. adolescentis, Lachnospira pectinoschiza et Lactococcus lactis) à l’inclusion permettaient même de prédire la réponse vaccinale à 6 mois. 28 métabolites, dont l'acide nicotinique (Vitamine B) et γ-aminobutyrique (GABA), étaient associés, positivement ou négativement, avec la réponse au vaccin.

Chez les vaccinés CoronaVac (virus inactivé), davantage d’anticorps à 6 mois allaient de pair avec davantage de bactéries productrices d'acide gras à chaîne courte comme Phocaeicola dorei, Blautia massiliensis et Dorea formicierans et avec une moindre abondance de Faecalibacterium prausnitzii à l'inclusion. L’abondance de trois espèces bactériennes (Clostridium fessum, Actinomyces sp. ICM47, et Enterrotcloster citroniae) à l’inclusion prédisaient les anticorps à 6 mois. 42 métabolites, dont le L-tryptophane, s’avéraient associés négativement aux anticorps à 6 mois. Ainsi, chaque technologie vaccinale est associée à une réponse immunitaire particulière, dépendante de la composition initiale du microbiote.

Effet du vaccin sur le microbiote

Inversement, le vaccin, quel qu’il soit, modifiait le microbiote intestinal : réduction de la diversité ; augmentation de Bacteroidota et Pseudomonadota et moindre abondance de Bacillota et Actinomycetota ; réduction des voies de biosynthèse de l'histidine et accroissement de celles de dégradation de la méthionine et de l'arginine. Les altérations du microbiote intestinal liées à la vaccination de CoronaVac ressemblaient davantage à celles induites par l'infection par le SRAS-CoV-2. La technologie de ce vaccin (virus entier inactivé) pourrait expliquer cette différence.

Enfin, le microbiote intestinal du groupe BNT162b2 a plus rapidement retrouvé sa diversité, mais une plus grande proportion (58,0 %) des espèces modifiées par la vaccination n’était pas revenue aux niveaux initiaux 6 mois après la vaccination, comparativement au CoronaVac (21,6 %).

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Actualités Médecine générale Gastroentérologie

Votre microbiote intestinal peut-il prédire l’efficacité du vaccin anti-COVID ?

Une nouvelle étude vient de mettre en évidence que certaines caractéristiques du microbiote intestinal pourraient être un indicateur du niveau des anticorps anti-COVID 6 mois après la vaccination. Une première !

Dis-moi à quoi ressemble ton microbiote, je te dirai comment le vaccin anti-COVID te protégera. 

C’est ainsi que l’on pourrait résumer les résultats d’une étude 1 publiée en septembre dernier dans la revue Signal Transduction and Targeted Therapy.

Les chercheurs ont réussi à démontrer que la présence, avant la première injection, de certaines bactéries et de certaines molécules dans l’intestin pourrait renforcer l’immunité conférée par le vaccin, allongeant ainsi sa durée d’action. 

Une piste prometteuse pour la mise au point d’adjuvants.

  • 161 participants
  • 2 vaccins anti-Covid 19
  • 6 mois de suivi

Ce résultat a été mis en évidence grâce à la participation de 161 volontaires enrôlés pendant 6 mois. 

121 d’entre eux ont reçu 2 injections du Comirnaty, le vaccin de Pfizer BioNTech (vaccin à ARNm), et les 40 autres le CoronaVac, le vaccin du Chinois Sinovac Biotech (virus inactivé). Aucun volontaire n’a été infecté par la Covid durant l’étude. Juste avant la vaccination, puis 1 mois et 6 mois après, les scientifiques ont prélevé chez eux :

  • des échantillons de sang pour mesurer les concentrations en anticorps ; 
  • des échantillons de selles pour identifier les bactéries de leur microbiote intestinal et pour doser les substances produites par le patient et ses bactéries (vitamine B3, GABA, acide fumarique… constituant le fameux « métabolome »).

Les calculs des chercheurs montrent d’abord que le Comirnaty permet d’obtenir une meilleure immunité que le CoronaVac. 

Vaccin: comment ça marche ?

Se défendre efficacement contre une maladie implique de bien connaître son ennemi ! C’est ce à quoi sert la vaccination contre les virus

  1. On injecte un antigène, c’est à dire le pathogène inactivé, atténué, ou un fragment de celui-ci ; 
  2. Les cellules immunitaires fabriquent des anticorps spécifiques dirigés contre cet antigène ; 
  3. En réponse, le corps met en réserve des cellules « mémoires » ; 
  4. En cas d’infection par le vrai pathogène, l’activation des cellules mémoires du système immunitaire est rapide et efficace (davantage que si le corps le découvrait pour la première fois) ;
  5. Le pathogène est détruit. 

Fabriqué à base de virus SARS-CoV-2 inactivés, le CoronaVac fonctionne sur ce principe. Le Comirnaty est un peu différent : il contient une sorte de « plan de construction » (le fameux ARN messager) qui permet aux cellules de fabriquer des protéines identiques à celles présentes à la surface du virus du COVID ; ce sont ces protéines qui joueront le rôle d’antigène pour la fabrication d’anticorps.

Source : OMS 2

L’état de la flore intestinale module la réponse immunitaire induite par le vaccin

Dans le groupe Comirnaty, les patients dont le microbiote intestinal présentait, avant la première injection, une abondance de bactéries comme Bacterium adolescentis, (sidenote: Bifidobactéries Bactéries, en forme de batônnet, en Y. La plupart des espèces sont bénéfiques pour l’homme. Elles sont retrouvées dans les intestins de l’homme, mais également certains yaourts.  Ces bactéries :
- Protègent la barrière intestinale 
- Participent au développement du système immunitaire, aident à lutter contre l’inflammation 
-
Favorisent la digestion, améliorent les symptômes gastro intestinaux Sung V, D'Amico F, Cabana MD, et alLactobacillus reuteri to Treat Infant Colic: A Meta-analysis. Pediatrics. 2018 Jan;141(1):e20171811.  O'Callaghan A, van Sinderen D. Bifidobacteria and Their Role as Members of the Human Gut Microbiota. Front Microbiol. 2016 Jun 15;7:925. Ruiz L, Delgado S, Ruas-Madiedo P, et al. Bifidobacteria and Their Molecular Communication with the Immune System. Front Microbiol. 2017 Dec 4;8:2345.
)
bifidum
et Roseburia faecis avaient, 6 mois après dans leur sang, des taux d’anticorps anti-SARS CoV-2 plus élevés que les autres. Le même type d’immunité plus forte et plus durable était retrouvé chez ceux qui avaient un métabolome plus riche en vitamine B3 et en GABA.

Le microbiote intestinal

En savoir plus

Dans le groupe CoronaVac, une faible présence de Faecalibacterium prausnitzii et une abondance de Phocaeicola dorei — signature que l’on retrouve chez les patients infectés par la COVID — était associée à une meilleure immunité à 6 mois, tout comme la présence plus marquée d’acide fumarique dans le métabolome, un composé connu pour entraver la réplication du virus.

Autre résultat : dans les microbiotes des volontaires du groupe Comirnaty, une plus grande proportion des souches bactériennes altérées par le vaccin n’avaient pas récupéré leur état d’avant la vaccination par rapport au groupe Coronavac. S’il est encore difficile d’en analyser les conséquences, les chercheurs précisent que certaines souches impactées sont les mêmes que celles que l’on retrouve modifiées chez les personnes souffrant de COVID long.

Vers de nouveaux adjuvants

On savait que le microbiote, la génétique ou le surpoids influençaient l’efficacité du vaccin anti-COVID. Mais c’est la première fois qu’une étude met en évidence que la structure du microbiote et du métabolome avant vaccination peut prédire le niveau d’immunité 6 mois après. 

Si les résultats doivent être confirmés par une étude plus ciblée, ils laissent penser qu’il sera bientôt possible d’utiliser des bactéries ou des composés de métabolome comme adjuvants pour améliorer l’efficacité du vaccin.

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Actualités

Les microbiotes buccal et intestinal au cœur de l’athérosclérose ?

On connaît depuis longtemps la relation entre microbiote et maladie métabolique grâce à l’implication des bactéries des microbiotes intestinal et buccal sur le métabolisme des lipides mais qu’en est-il de la relation entre ces microorganismes et les plaques d’athérosclérose ?

Interférence avec le métabolisme des lipides 1 ; inflammation liée à une translocation bactérienne et des métabolites bactériens… : plusieurs mécanismes pourraient expliquer un lien entre le microbiote digestif, de la bouche au rectum, et l’athérosclérose. Mais les études menées jusqu’alors souffraient de nombreuses limites (interactions avec les traitements des patients, modes de vie…). Ces biais sont en partie levés par une étude suédoise multicentrique menée auprès de 8 973 participants âgés de 50 à 65 ans sans antécédents d’athérosclérose, issus de la cohorte SCAPIS 2. Les microbiotes bucaux et fécaux ont été prélevés et analysés et l'athérosclérose coronaire évaluée à l'aide du (sidenote: Score calcique coronaire évaluation chiffrée de l’étendue des dépôts athéromateux calcifiés observés au niveau des parois des artères du cœur, les coronaires. Plus le score calcique coronaire est élevé, plus le risque cardiovasculaire est important. Source : CHversailles ) et d'une angiographie. Bien qu’asymptomatiques, 40,3 %, des participants présentaient une calcification coronaire et 5,4 % au moins 1 sténose avec une occlusion de plus de 50 %.

64 espèces intestinales et buccales impliquées

La composition et la richesse du microbiote digestif s’avéraient associées à l'athérosclérose subclinique. Ainsi, 64 espèces étaient associées au score calcique coronaire : 51 de façon délétère (les associations les plus fortes étant observées pour Streptococcus anginosus et Streptococcus oralis subsp oralis) et 13 de façon protectrice. 

Sur ces 64 espèces, 19, y compris des streptocoques et d'autres espèces de la cavité buccale, étaient associées à des marqueurs de l'inflammation (protéine C-réactive) et 16 à des marqueurs de l'infection (nombre de neutrophiles). Nombre des espèces incriminées (S. anginosus, S. oralis subsp oralis, S. parasanguinis, S. gordonii) sont, selon les auteurs, des bactéries capables de franchir la barrière buccale ou intestinale à l’occasion de soins dentaires ou de lésions, puis d’infecter les valves et vaisseaux coronaires (endocardite infectieuse).

De la dysbiose digestive à l’athérogénèse

La composition du microbiote intestinal pourrait également contribuer à l'athérogénèse par une altération du métabolisme de l'hôte. Des espèces microbiennes intestinales courantes dans la cavité buccale (par exemple, tous les Streptococcus spp associés à la calcification coronaire, Rothia mucilaginosa, Bifidobacterium dentium et Ligilactobacillus salivarius) allaient de pair avec une moindre présence plasmatique de propionate d'indole (considéré comme protecteur vis-à-vis de l’athérosclérose) et davantage de métabolites plasmatiques dérivés du microbiote comme les acides biliaires secondaires et le propionate d'imidazole (pro-inflammatoire). 

Si d'autres études longitudinales et expérimentales demeurent nécessaires, ce travail fournit les preuves d'une association entre la composition du microbiote du système digestif (notamment Streptococcus spp et d'autres espèces également présentes dans la cavité buccale), l'athérosclérose coronaire et des marqueurs de l'inflammation systémique.

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Actualités Médecine générale Rhumatologie Gastroentérologie

De bonnes bactéries pour faire de vieux os

Et si notre santé osseuse ne tenait qu’à quelques bactéries de notre microbiote intestinal ? C’est l’idée avancée par une étude publiée dans Frontiers in Endocrinology, qui repose sur une large étude menée auprès de plus de 2 000 Américains.

Le microbiote intestinal

Derrière le terme ostéomicrobiologie se cache l’étude des mécanismes reliant le microbiote intestinal et le squelette. Et de nombreuses hypothèses quant aux mécanismes en jeu. Par exemple, la flore intestinale pourrait stimuler certains globules blancs, induisant une inflammation qui favoriserait la fonte osseuse. De nombreux autres mécanismes sont évoqués, certains mettant en jeux les (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) produits par les bactéries à l’issue de la fermentation de fibres dans le côlon, ou encore des composés alimentaires comme les vitamines K ou D. Reste que les études à grande échelle manquent. Ou plutôt manquaient car une étude menée auprès de quelque 2 000 Américains apporte de nouveaux éléments.

Le microbiote intestinal

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Santé osseuse : deux bactéries en ligne de mire

Cette étude regroupait les participants de deux études très différentes : 836 hommes âgés (en moyenne 84,2 ans) d’une part, et 1 227 hommes et femmes cinquantenaires (55,2 ans en moyenne) d’autre part. Malgré cette hétérogénéité des profils en termes d’âge ou de sexe, deux suspects bactériens semblent systématiquement aller de pair avec une moindre santé osseuse, et donc un risque accru (sidenote: Ostéoporose Maladie caractérisée par une diminution de la masse de l’os et une dégradation de la structure du tissu qui le compose. Elle rend les os plus fragiles et accroît donc considérablement le risque de fractures. Source : Inserm ) et de fracture au moindre traumatisme : la bactérie Akkermansia et la bactérie Clostridiales DTU089, plus abondantes chez les personnes ayant une faible activité physique et un apport protéique très limité, soit deux comportements peu recommandés à qui veut garder des os en bonne santé !

A l’inverse, des flores intestinales riches en Lachnospiraceae et Faecalibacterium étaient associées à des tibias plus costauds. Ainsi, il est possible que certaines bactéries puissent influencer la manière dont l'os se remodèle avec les années qui passent. Possible, mais pas acquis.

Soleil, exercice et équilibre alimentaire !

En effet, il ne s’agit que d’un résultat préliminaire. Des études supplémentaires s’avèrent nécessaires, notamment pour mieux comprendre les mécanismes via lesquels certaines bactéries parviennent à influer sur l’intégrité de notre squelette. Avec à la clé un énorme espoir : celui de pouvoir un jour moduler notre microbiote intestinal pour mieux protéger notre santé osseuse.

Dans l’attente, du temps passé à l’extérieur (pour profiter du soleil et fabriquer la fameuse vitamine D qui facilite l’absorption du calcium), de l’exercice régulier et une alimentation équilibrée participeront à préserver la santé de vos os au fil des années !

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Salade de fruits, jolie, jolie… Et si c’était aussi une étonnante source de bactéries intestinales ?

Se pourrait-il que les produits frais que nos consommons alimentent les milliards de bactéries présentes dans notre intestin ? Une nouvelle étude révèle d’étonnants liens entre les fruits et légumes que nous consommons et la diversité microbienne de notre intestin.

Le microbiote intestinal

Nous avons tous entendu un jour le fameux adage selon lequel « une pomme chaque matin évite le médecin ». Et si ce fruit si croquant alimentait également tout un monde invisible qui fourmille dans notre corps ? Une nouvelle étude 1 révèle que lorsque nous mordons dans une pomme, une carotte ou tout autre produit frais, nous apportons sans doute des microbes qui ensemenceront notre écosystème intestinal, y compris la vaste communauté bactérienne qui réside dans nos intestins. 

Des scientifiques de l’Institut de Biotechnologie Environnementale 2 autrichien ont fait une étonnante découverte : il y aurait un lien entre les fruits et légumes que nous consommons et les bactéries résidant dans nos intestins. Cette nouvelle étude montre que toutes sortes de bactéries intestinales proviennent en fait de produits frais et migrent vers notre tube digestif lorsque nous consommons des fruits, des légumes ou d’autres aliments d’origine végétale.

Le microbiote intestinal

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Ce chiffre est plus élevé chez les jeunes enfants et les gros mangeurs de légumes. Même si leur nombre reste relativement faible, ces bactéries dérivées de produits agricoles apportent des substances qui sont bonnes pour la santé comme (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) , la vitamine B12 et la vitamine K.

2% des microbes intestinaux humains proviennent des fruits et légumes que nous consommons !

À plus de diversité végétale, plus de diversité intestinale

L’étude révèle également des liens entre la consommation de produits agricoles et la santé intestinale. Le fait de manger plus de 10 sortes différentes de fruits et légumes par semaine est associé à une plus grande diversité bactérienne intestinale par rapport à un régime moins varié. Les personnes qui consomment plus de fruits et légumes ont tendance à avoir une plus grande variété de microbes intestinaux.

Mais que se passe-t-il lorsque les produits frais perdent en diversité ?

Cette étude met en lumière un risque alarmant : alors que l'activité humaine dégrade les sols et réduit la biodiversité, nous risquons de priver nos écosystèmes intestinaux de microbes vitaux. Si les fruits et légumes sont essentiels à la transmission des bactéries, quelles sont les conséquences de la consommation de produits issus de l'agriculture intensive et pauvres en microbiome ? Il est peut-être urgent de repenser l'agriculture et la préservation du milieu afin de maintenir le lien entre l'environnement et la santé humaine.

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De la ferme à l’intestin : les étonnants effets des fruits et légumes sur le microbiote intestinal

Pour la première fois, des scientifiques ont observé que plus de 2 % des microbes présents dans l’intestin humain proviennent des fruits et légumes. Ces microbes d’origine végétale subsistent pendant des années et produisent des molécules favorables à la santé qui constituent un complément aux gènes humains.

Des études récentes 1 ont montré que le vieil adage selon lequel « une pomme chaque matin évite le médecin » s’applique aussi aux habitants microscopiques de notre corps, c’est-à-dire, au microbiote intestinal. En effet, des scientifiques ont découvert que les bactéries d’origine végétale migrent vers le tube digestif humain, où elles s’installent. C’est la première fois qu’une étude parvient à démontrer que des microbes d’origine végétale sont transmis à l’intestin par le biais de la consommation.

Les microbes d’origine végétale font du « légume-stop » pour coloniser le microbiote intestinal

Les scientifiques de l’Institut de Biotechnologie Environnementale 2 autrichien ont mené à bien une analyse génomique informatique complexe en reconstituant 156 génomes bactériens à partir d’ensembles de données métagénomiques de fruits et légumes. Ces séquences d’ADN microbien ont servi de référence pour la détection de bactéries dérivées de produits frais au sein de métagénomes fécaux humains accessibles au public. Les chercheurs ont également examiné une cohorte longitudinale de suivi d’échantillons de selles de bébés sur une période de 3 ans afin d’évaluer la persistance bactérienne.

À leur grande surprise, les chercheurs ont observé que les produits frais et les intestins humains possèdent en commun certains genres bactériens. Les principaux genres d’origine végétale détectés dans l’intestin des participants étaient : Enterobacterales, Burkholderiales et Lactobacillales.

Les fruits et légumes sont à l’origine de 2 % du total des bactéries intestinales 

En moyenne, près de 2 % des bactéries intestinales propres à un individu trouvent leur origine dans les fruits et légumes. Cette proportion est plus élevée chez les jeunes enfants et chez les gros mangeurs de légumes.

Même si cette proportion reste faible par rapport à la communauté bactérienne dans son ensemble, ces bactéries d’origine végétale apportent des composants essentiels pour la santé tels que les acides gras à chaîne courte, la vitamine B12 et la vitamine K. Derrière leur faible abondance se cache un rôle fonctionnel majeur, celui de complément des gènes et du métabolisme humains.

2 % des microbes intestinaux humains proviennent des fruits et légumes que nous consommons.

Enfin, l’étude montre que la consommation de plus de 10 fruits et légumes différents par semaine, en comparaison avec une moindre diversité alimentaire, est associée à une plus grande richesse en espèces intestinales. La consommation régulière de fruits et légumes est également associée à une plus grande hétérogénéité structurelle de la communauté bactérienne.

Semer pour le futur de notre microbiome

Alors que l’activité humaine dégrade les écosystèmes naturels et appauvrit les communautés bactériennes environnementales, la diminution de l’apport microbien provenant des produits frais pourrait avoir de lourdes conséquences sur la santé publique que nous commençons à peine à appréhender.

Cette étude met en lumière l'importance insoupçonnée des produits agricoles en tant que vecteurs essentiels de notre écosystème intestinal et suggère que la préservation des végétaux et des sols pourrait « semer » les graines d’un meilleur avenir pour le microbiome à l'échelle mondiale.

On pourrait également affirmer que la diminution de l'apport microbien provenant de produits issus de l'agriculture intensive, moins riches en microbiome, pourrait avoir un impact négatif sur la santé publique. Ce coup de projecteur sur les fruits et légumes en tant que vecteurs essentiels, mais vulnérables, qui transmettent les bactéries environnementales à nos intestins, a des implications urgentes pour l'agriculture, la préservation de l’environnement et la médecine.

Recommandé par notre communauté

"Belle recherche..."  -@saifudd62661144 (De Biocodex Microbiota Institute sur X)

"Connaissances et informations complètes"  -@Naznain512345 (De Biocodex Microbiota Institute sur X)

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Actualités Gastroentérologie Médecine générale

Quand les voyages forment la résistance aux antibiotiques

Prudence si vos patients prévoient un voyage à l’étranger : ces déplacements riment avec dysbiose intestinale chez 61 % des voyageurs américains et acquisition de résistances aux antibiotiques chez 38 % d’entre eux. Une sensibilisation aux gestes d’hygiène et aux pays les plus à risque s’impose.

C’est l’un des revers de la médaille des voyages internationaux : ils favoriseraient, entre autres, la propagation de résistances aux antibiotiques. Les connaissances sur le sujet étant encore très parcellaires (études sur de petites cohortes, microorganismes mal caractérisés…) malgré la menace que représentent ces résistances, une équipe a passé au crible les microbiotes de 267 Américains recrutés dans 3 cliniques (Boston, New York et Salt Lake City) avant et après un voyage en dehors des frontières. 

5 millions de décès dans le monde

Aux États-Unis, les organismes résistants aux (sidenote: Antimicrobiens Les antimicrobiens – comme les antibiotiques, les antiviraux, les antifongiques et les antiparasitaires – sont des médicaments utilisés pour prévenir et traiter les infections chez les êtres humains, les animaux et les végétaux. https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/antimicrobial-resistance  ) sont associés à plus de 2,8 millions d'infections et à 35 000 décès par an. En 2019, on estimait que près de 5 millions de décès dans le monde étaient associés à une résistance aux antibiotiques, dont 1,27 million de décès directement causés. 1

Dysbiose du voyageur

Premier enseignement de l’étude : le voyage perturbe le microbiote intestinal, avec une perte significative de diversité microbienne chez 61 % des voyageurs, ce pourcentage variant selon le pays de destination (de 42 % des voyageurs en Amérique centrale à 76 % en Amérique du Sud).

Les abondances d'Escherichia spp. et de plusieurs autres entérobactéries (Klebsiella, Enterobacter et Salmonella) s’accroissent par acquisition de nouvelles souches, tandis que le genre Alistipes disparaît quasiment. Les voyages en Asie du Sud accentuent le risque de revenir avec un passager clandestin intestinal, tandis que la consommation d'eau du robinet non filtrée ou une vaccination préalable contre le typhus semblent le limiter.

Quand les résistances voyagent

Un tiers des 267 voyageurs a signalé une diarrhée, soignée chez 18 % d’entre eux avec un traitement antibiotique.

Mais surtout, au retour de leur déplacement, 38 % des 267 des voyageurs ont acquis au moins l’un des 3 types de bactéries résistantes ciblés par cette étude : parmi eux, 98 % ont acquis des (sidenote: Entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre élargi (EBLSE) Entérobactéries produisant des enzymes (les lactamases à spectre étendu) ayant la capacité d'hydrolyser et de provoquer une résistance à divers types d'antibiotiques plus récents. Klebsiella pneumoniae et Escherichia coli en sont les principaux représentants. Les EBLSE, majoritaires parmi les bactéries multirésistantes, sont à l’origine d’infections potentiellement sévères et de prescriptions d’antibiotiques à large spectre bactérien. Sources :

Pitout JD, Laupland KB. Extended-spectrum beta-lactamase-producing Enterobacteriaceae: an emerging public-health concern. Lancet Infect Dis. 2008 Mar;8(3):159-66. doi: 10.1016/S1473-3099(08)70041-0. Et Vodovar D, Marcadé G, Raskine L et al. Entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre élargi : épidémiologie, facteurs de risque et mesures de prévention [Enterobacteriaceae producing extended spectrum beta-lactamase: epidemiology, risk factors, and prevention]. La Revue de medecine interne, 34(11), 687–693. https://doi.org/10.1016/j.revmed.2012.10.365
)
(dans 98 % des cas une E. Coli), 18 % des entérobactéries résistantes à la colistine, et 3% des entérobactéries productrices de carbapénémase.

Les facteurs de risque favorisant l’acquisition de ces résistances ? Des visites chez des amis ou parents, un voyage en Asie du Sud et la consommation de légumes crus. En revanche, la diversité intestinale avant le départ, la présence d’un taxon bactérien spécifique, la consommation de nourriture de rue et l'utilisation d'antibiotiques ne changeaient pas la donne.

L’une des 10 plus grandes menaces

L’OMS a déclaré que la résistance aux antimicrobiens était l’une des 10 plus grandes menaces pour la santé publique auxquelles se trouve confrontée l’humanité. 2

Limiter les risques

Au rang des résistances acquises durant les voyages, celle à la fluoroquinolone était particulièrement notable : plus d’un voyageur sur 2 (56 %) exempts de résistance avant le voyage revient avec au moins un gène associé à une résistance à un antibiotique de cette classe.

Au total, le groupe de 267 voyageurs est rentré aux États-Unis avec 72 nouveaux gènes de résistance dont 15 préoccupants en termes de santé publique ! Des résultats qui invitent à des mises en garde (surtout dans les destinations les plus à risque) et à un rappel des bons gestes (légumes cuits, lavage des mains…). A l’inverse, la modulation du microbiote intestinal avant le voyage (par des probiotiques par exemple) n’aurait pas de valeur ajoutée dans ce cas précis..

Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens

La Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (en anglais : WAAW pour World AMR Awareness Week) est célébrée chaque année du 18 au 24 novembre. En 2023, le thème retenu est « Prévenir la résistance aux antimicrobiens ensemble », comme en 2022. En effet, cette résistance représente une menace pour les êtres humains, mais aussi les animaux, les plantes et l'environnement.

L’objectif de cette campagne est donc à la fois de sensibiliser à la résistance aux antimicrobiens et de promouvoir les meilleures pratiques, selon le concept « Une seule santé », ou « One health », auprès de toutes les parties prenantes (grand public, médecins, vétérinaires, éleveurs et agriculteurs, décideurs…) afin de réduire l'apparition et la propagation d'infections résistantes.

Antibiorésistance : une menace mondiale, une réponse globale

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Prévenir l’allergie aux arachides via le microbiote ?

Les patients destinés à développer une allergie à l’arachide pourraient avoir une signature microbienne spécifique avant même que l’allergie ne se manifeste, et ce dès les premiers mois de leur vie.

Un nombre croissant de travaux met en avant l’existence de signatures microbiotiques distinctes selon les allergies alimentaires. Ce champ de recherche contribue à positionner le microbiote comme un acteur central dans le développement de ces allergies. Une nouvelle étude longitudinale publiée récemment dans le Journal Of Allergy & Clinical Immunology apporte un nouvel éclairage sur les liens qui pourraient exister entre le développement d’une allergie à l’arachide et le microbiote.
 
Cette allergie se développant généralement pendant la petite enfance, les chercheurs ont étudié le microbiote d’enfants susceptibles de manifester une allergie à l’arachide aux âges de 10 mois (SD : 3,1), puis à 9 ans (SD : 0,6). Dans cette population, 35 (28,7%) enfants ont développé une allergie à l’arachide avant l’âge de 9 ans.

Une signature du microbiote intestinal différente dès les premiers mois

Ces 35 enfants du groupe PA (Peanuts Allergy) présentent un microbiote moins divers à l’inclusion (p=0,014) que le groupe NPA (Non Peanuts Allergy). Ce microbiote se diversifie avec l’âge tandis que celui du groupe NPA reste stable.

A l’âge de 9 ans, les deux groupes présentent une diversité microbiotique comparable.

A l’inclusion, le groupe PA présente une plus grande proportion de Clostridium sensu stricto 1 sp tandis que Streptococcus sp est plus présent dans le groupe NPA. A 9 ans, l’abondance relative de ces deux espèces s’est normalisée dans les deux populations. A l’inverse, celle de l’espèce Bifidobacterium sp chute chez le groupe PA jusqu’à devenir plus présente dans la population NPA.

Le développement de l’allergie est identifié comme associé à une modification des niveaux de 139 métabolites du métabolome (FDR≤ 0,05). Ces métabolites sont associés avec une voie de métabolisme de l’histidine (FDR = 0.037, pathway impact =0.28).

Six acides gras à chaines courtes ont été particulièrement étudiés. Le groupe PA montre une baisse des niveaux de butyrate et d’isovalerate tandis que le niveau d’isovalerate reste stable dans le groupe NPA avec une augmentation du butyrate.

Vers un mécanisme physiopathologique de l’allergie à l’arachide ?

Les auteurs émettent l’hypothèse que la plus faible diversité du microbiote des nourrissons PA pourrait suggérer qu'ils ont eu des communautés intestinales moins stables pendant cette phase de développement rapide du système immunitaire.

La baisse de l’abondance relative de Bifidobacterium sp, connu pour son utilisation en probiotique anti-allergique et pour entrainer l’apoptose des mastocytes chez la souris, pourrait également jouer un rôle dans le développement des allergies. 

Les auteurs notent également que les micro-organismes présents dans les intestins des enfants prédisposés à développer cette allergie, abritent des espèces capables de produire des métabolites issus de la voie métabolique de l'histidine, précurseur de l'histamine, effecteur caractéristique des réactions allergiques.

Cette étude permet donc de progresser dans la compréhension des liens étroits entre microbiote et allergie et pose la question du potentiel d’une supplémentation du microbiote intestinal pour prévenir l’allergie à la cacahuète.

Recommandé par notre communauté

"Une aide précieuse pour les personnes confrontées à des allergies" "Très bonne analyse"  -@LoveforSoil (De Biocodex Microbiota Institute sur X)

"Très bien..merci"  -@thinhhoang_tk (De Biocodex Microbiota Institute sur X)

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Actualités Gastroentérologie Pédiatrie

Les voyages forment la jeunesse… mais aussi le microbiote et les résistances aux antibiotiques

Un touriste américain a 61 % de chances de revenir de l’étranger avec un microbiote déséquilibré et 38 % de chances de ramener au moins une résistance à un antibiotique. De quoi réfléchir avant de boucler sa valise !

Le microbiote intestinal

Les voyages sont l’occasion de faire le plein de souvenirs… y compris certains dont on se passerait bien ! Car si l’on ne sera pas surpris d’apprendre qu’un tiers des 267 Américains ayant voyagé hors des frontières de leur pays ont déclaré une diarrhée, il est plus inquiétant d’apprendre que 61 % des voyageurs y ont laissé une partie de leur protectrice diversité microbienne intestinale. Pire, beaucoup sont revenus avec des passagers clandestins intestinaux (Escherichia et autres entérobactéries comme Klebsiella, Enterobacter et Salmonella) et ont sacrifié sur l’autel de l’exotisme leur population intestinale d’Alistipes.

5 millions de décès dans le monde

Aux États-Unis, les organismes résistants aux antimicrobiens sont associés à plus de 2,8 millions d'infections et à 35 000 décès par an. En 2019, on estimait que près de 5 millions de décès dans le monde étaient associés à une résistance aux antibiotiques, dont 1,27 million de décès directement causés. 1

Des bactéries et des résistances aux antibiotiques

Certains diront que ce ne sont que quelques bactéries ! Oui, mais des bactéries associées pour nombre d’entre elles à des résistances aux antibiotiques. Et c’est bien là que le bât blesse. Au retour de leur déplacement, 38 % des 267 voyageurs ont acquis pendant leur voyage au moins l'un des 3 organismes de résistance aux (sidenote: Antimicrobiens Les antimicrobiens – comme les antibiotiques, les antiviraux, les antifongiques et les antiparasitaires – sont des médicaments utilisés pour prévenir et traiter les infections chez les êtres humains, les animaux et les végétaux. https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/antimicrobial-resistance  ) ciblés par cette étude ; et surtout, parmi eux, 98 % ont acquis de très vicieuses entérobactéries (en général une E. coli) capables d’inactiver les effets de nombreux antibiotiques et représentant actuellement l’ennemi N°1 dans la lutte contre les résistances aux antibiotiques.

Au total, le groupe de 267 voyageurs américains suivis dans cette étude est revenu de ses 2 semaines de pérégrination à l’étranger avec 72 nouveaux gènes de résistance dont 15 préoccupants en termes de santé publique !

Conseils aux voyageurs 

A défaut d’oublier toute idée de voyage, que faire pour réduire le risque d’importer une résistance à un antibiotique ?

Connus pour être efficaces dans la prévention de la diarrhée du voyageur 2,3, les probiotiques n’auraient pas ici de valeur ajoutée pour éviter de ramener ces germes multirésistants à la maison selon les auteurs. L’étude suggère que la composition du microbiote avant le départ n’aurait pas d’impact sur l’acquisition de ces bactéries résistantes. Pas la peine de se priver de nourriture de rue une fois sur place, cela ne change rien à la donne.

L’une des 10 plus grandes menaces pour la santé publique

L’OMS a déclaré que la résistance aux antimicrobiens était l’une des 10 plus grandes menaces pour la santé publique auxquelles se trouve confrontée l’humanité. 4

En revanche, consommer des légumes crus semble très à risque ! Ne baissez pas la garde quand vous visitez de la famille ou des amis à l’étranger, ne consommez que des légumes bien cuits, épluchez vos fruits et, comme à la maison, lavez régulièrement vos mains !

Et soyez particulièrement vigilant en cas de voyage en Asie du Sud, destination qui va de pair avec un risque accru de revenir avec un passager clandestin intestinal !

Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens

La Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (en anglais : WAAW pour World AMR Awareness Week) est célébrée chaque année du 18 au 24 novembre. En 2023, le thème retenu est « Prévenir la résistance aux antimicrobiens ensemble », comme en 2022. En effet, cette résistance représente une menace pour les êtres humains, mais aussi les animaux, les plantes et l'environnement.

L’objectif de cette campagne est donc à la fois de sensibiliser à la résistance aux antimicrobiens et de promouvoir les meilleures pratiques, selon le concept « Une seule santé », ou « One health », auprès de toutes les parties prenantes (grand public, médecins, vétérinaires, éleveurs et agriculteurs, décideurs…) afin de réduire l'apparition et la propagation d'infections résistantes.

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