Prévenir l’allergie aux arachides grâce au microbiote ?

Est-ce qu’un déséquilibre du microbiote intestinal pourrait jouer un rôle dans le développement de l’allergie à l’arachide ? C’est l’hypothèse d’une étude menée pendant près de 10 ans et publiée dans la prestigieuse revue JACI.

Le microbiote intestinal Allergies alimentaires

L'allergie à l'arachide : un défi courant mais sérieux pour nos enfants. Savez-vous que cette allergie touche près de 2% des petits dans les pays occidentaux ? 1 Difficultés respiratoires, gonflement de la gorge, diarrhées, nausées, éruptions cutanées, évanouissement… Les symptômes varient en sévérité mais le plus inquiétant est l'anaphylaxie — une réaction intense du corps en entier qui peut être potentiellement mortelle. 2,3 Cette allergie se manifeste souvent dès la petite enfance et, contrairement à d'autres allergies alimentaires, peut se montrer bien plus sévère et perdurer chez l’adulte dans 80% des cas. 1

2% L'allergie à l'arachide touche près de 2% des petits dans les pays occidentaux

80% Cette allergie peut se montrer plus sévère et perdurer chez l’adulte dans 80% des cas.

Microbiote et allergie alimentaire, un lien ?

Qu’en ait il du microbiote intestinal ? on le sait depuis plusieurs années, les communautés microbiennes qui peuplent l’intestin vont également jouer un rôle clé dans la construction du système immunitaire. Des travaux récents suggèrent même que le microbiote intestinal serait impliqué dans le développement des allergies alimentaires. Les patients avec des allergies alimentaires présentent un microbiote intestinal déséquilibré.

Alors que ce passe t’il pendant la petite enfance avant même que les allergies se soit déclaré ? C’est à cette question que des chercheurs américains ont tenté de répondre en analysant le microbiote de 122 enfants de la petite enfance à l’apparition de l’allergie, leur objectif mieux comprendre comment se développe l’allergie pour pouvoir un jour la prévenir.

Le système immunitaire

Les premières années de vie d’un enfant sont essentielles, c'est durant cette période que le système immunitaire se développe intensément, influençant grandement sa capacité à combattre les infections et les allergies plus tard dans la vie.

Dis-moi quel est ton microbiote, je te dirais ta future allergie…

Premier constat des chercheurs : les patients qui ont développé une allergie à l’arachide vers l’âge de 9 ans avaient un microbiote intestinal peu diversifié durant leurs premiers mois de vie. Leurs communautés microbiennes évoluaient de manière plus dynamique avec une répartition des espèces moins homogène comparé au microbiote des enfant qui n’ont pas développé d’allergie, leurs flores intestinales avaient, quant à elle ; une évolution plus continue et homogène dans le temps.

Allergie au lait de vache et microbiote intestinal sont-ils liés ?

En savoir plus

Deuxième constat : certaines espèces du genre Clostridium étaient plus présentes chez les nourrissons non allergiques à l’arachide par la suite tandis que les Streptococcus sp étaient, à l’inverse, plus présents chez ceux amenés à développer cette allergie. Vers l’âge de neuf ans, les Bifidobacterium, bactéries bénéfiques bien connues étaient plus présent chez les patients non allergiques.

En plus de ces changements d’abondance de certaines bactéries qui diffèrent entre les deux groupes d’enfants, les auteurs ont observé que les métabolites produits par le microbiote, le métabolome, étaient différents chez les enfants qui ont développé une allergie. En particulier, certains (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) diminuaient au cours du temps comme le butyrate et isovalerate chez les petits patients qui développeront une allergie. Or l’isovalerate serait déjà connu pour ces propriétés protectrices contre l’allergie (asthme et atopie).

Le développement de l’allergie à l’arachide était associé à des changements au niveau de 139 métabolites, en particulier associés à une voie du métabolisme de l’histidine, précurseur de l’histamine, une molécule bioactive qui est libérée lors des réactions allergiques.

Vers une prévention précoce de cette allergie ?

Les auteurs émettent l’hypothèse que le développement de l’allergie pourrait être lié à un microbiote moins divers chez les nourrissons, associé à des changements d’abondance dans certaines bactéries spécifiques à un âge de développement clé du système immunitaire. Ces informations permettent de mieux comprendre le mécanisme derrière le développement de l’allergie à la cacahuète et pourront conduire à des thérapies basées sur le microbiote pour les prévenir.

Summary
Off
Sidebar
On
Migrated content
Désactivé
Updated content
Désactivé
Hide image
Off
Actualités

Prédire le risque de prématurité via le microbiote vaginal ?

Au cours de la grossesse, la structure génétique de la population bactérienne du microbiote vaginal semble suivre une trajectoire spécifique, lorsque la gestation aboutit à une prématurité. Gardnerella spp. pourrait en être une signature.

Complications respiratoires, gastro-intestinales et neurodéveloppementales : la (sidenote: Prématurité naissance avant 37 semaines de grossesse. Il existe des sous-catégories de prématurité, en fonction de l’âge gestationnel :
- la très grande prématurité (moins de 28 semaines) ;
- la grande prématurité (entre la 28e et la 32e semaine) ;
- la prématurité moyenne, voire tardive (entre la 32e et la 37e semaine). Source : OMS
)
est la principale cause de morbidité et de mortalité néonatales. Le microbiote vaginal semble impliqué, mais les mécanismes sous-jacents demeurent mal compris. Or cette flore peut rapidement évoluer durant la gestation, sous la pression des changements hormonaux, des infections génitales, d’antibiotiques... Une équipe de chercheurs et de cliniciens provenant des états de New-York et de Virginie ont donc suivi, tout au long de leur grossesse, l’évolution du génome du microbiote vaginal de 175 Américaines (40 ayant par la suite connu un accouchement prématuré spontané, 135 ayant accouché à terme).

27% Seules 27% des femmes interrogées savent que le microbiote vaginal est équilibré lorsque les bactéries sont peu diversifiées

Une diversité génétique plus élevée

L’étude montre que les 2 types de grossesses se distinguent en termes de composition du microbiote vaginal : certaines espèces bactériennes du genre Lactobacillus comme L. helveticus, L. crispatusL. gasseri ou L. jensenii sont associées à des grossesses menées jusqu’à leur terme, tandis que les bactéries Megasphaera genomosp., Gardnerella spp. et Atopobium vaginae vont de pair avec la prématurité.
Autre enseignement : la diversité génétique du microbiote vaginal est plus élevée durant la première moitié des grossesses qui se termineront prématurément, en raison de l'espèce Gardnerella. Plus précisément, la (sidenote: Diversité nucléotidique nombre de différence de nucléotides pour une séquence donnée pour 2 individus (ici 2 bactéries) sélectionnés au hasard dans la population. ) de Gardnerella spp. augmente au début des grossesses qui se termineront prématurément –avec un pic vers la 13e semaine de gestation, puis un retour à sa valeur initiale vers la 20e semaine de gestation– alors qu’elle demeure stable en cas de grossesse menée jusqu’à terme. Ainsi, la diversité génétique de Gardnerella spp. durant la première moitié de la grossesse affecterait l'issue de la grossesse et pourrait peut-être être utilisée comme biomarqueur du diagnostic précoce de la prématurité.

3,4 millions de nourrissons nés prématurément (avant 37 semaines révolues de gestation) en 2020.

900 000 décès liés à la prématurité en 2019, principale cause de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans.

4 % à 16 % de naissances prématurées selon les pays, en 2020.

Une évolution adaptative de Gardnerella

Mais comment expliquer ce pic de diversité nucléotidique de Gardnerella ? Comparativement aux autres bactéries, Gardnerella affiche un taux de croissance 1,5 fois plus élevé au début de la grossesse, des (sidenote: Recombinaison génétique échange d’information génétique (fragment d’ADN ou d’ARN chez certains virus) permettant de créer de nouvelles combinaisons génétiques et donc des génomes nouveaux, assurant un brassage génétique et le maintien d’une diversité permettant de s’adapter à une éventuelle modification de l’environnement. ) plus fréquentes et une plus forte sélection des mutations apportant un bénéfice à cette bactérie (et l’élimination accrue des mutations délétères).
Antibiotiques et autres xénobiotiques seraient impliqués. En effet, le pool génétique plus diversifié de G. swidsinskii semble correspondre à une adaptation aux médicaments, confirmant un effet déjà suggéré des xénobiotiques de l'environnement vaginal ; (sidenote: présence accrue de gènes de résistance aux antibiotiques transmis par les phages. ) .

Du microbiote vaginal à l’hôte

Ainsi, la variation génomique des bactéries vaginales affecterait les phénotypes de l'hôte (dont l’issue de la grossesse). Pour autant, les auteurs n’écartent pas une autre explication, même s’ils la jugent peu probable : les associations entre la diversité génétique microbienne et les issues de grossesse pourraient également être une conséquence de facteurs confondants (médicaments, composés chimiques…) non mesurés qui agiraient sur les deux variables.

Summary
Off
Sidebar
On
Migrated content
Désactivé
Updated content
Désactivé
Hide image
Off
Actualités Pédiatrie

Le transfert de microbiote vaginal est-il le remède miracle pour les bébés nés par césarienne ?

Le microbiote des enfants nés par césarienne est différent de celui des enfants nés par voie basse, et il est associé à un risque accru de développer certaines maladies. Plusieurs recherches récentes ont établi que le transfert de microbiote vaginal (TMV) à des nouveau-nés pouvait contrer les perturbations du microbiote liées à une naissance par césarienne. Mais le TMV est-il sûr et efficace ? Découvrons-le ensemble.

TMF

30% Seule une femme sur trois sait que l’accouchement (par voie basse ou par césarienne) a un impact sur le microbiote intestinal d’un nouveau-né

La césarienne est un type d'accouchement courant partout dans le monde. Le taux global moyen de césariennes est de 21 %, mais il varie largement entre 0,6 % et 58,1 % selon les régions. Toutefois, l'accouchement par césarienne a été associé à un risque accru de développer des problèmes de santé, notamment des maladies auto-immunes, des troubles métaboliques, une altération du microbiote intestinal et même des troubles du neurodéveloppement chez les nourrissons 1. Quelques recherches émergentes envisagent le transfert de microbiote vaginal (TMV) comme intervention potentielle en vue d'améliorer la maturation du microbiote intestinal et le neurodéveloppement chez les bébés nés par césarienne. Cependant, sa sécurité et son efficacité font toujours débat.

Comment fonctionne le TMV ? 

Deux heures avant la césarienne, une gaze imbibée de solution saline stérile est placée sur le bas du vagin de la future maman. Cette gaze reste in situ pendant environ une heure, puis elle est retirée 30 minutes avant l'administration des antibiotiques prophylactiques en prévision de l'accouchement par césarienne.

Immédiatement après la naissance, un infirmier qualifié place cette même gaze en contact avec le nouveau-né. La gaze est appliquée sur ses lèvres, son visage, sa poitrine, ses bras, ses jambes, ses organes génitaux et ses fesses. Ensuite, l'infirmier essuie son dos. Cela dure environ 15 secondes. Les bébés ne prennent pas de bain pendant 12 heures 2.

Qu'en est-il de la sécurité et de l'efficacité du TMV ? 

Une nouvelle recherche publiée dans Cell Host & Microbe porte sur un essai contrôlé et randomisé, mené en triple aveugle, qui visait à évaluer la sécurité et l'efficacité du TMV quant à l'amélioration du neurodéveloppement, du microbiote intestinal et du métabolome de bébés nés par césarienne 2. Cette étude concernait 76 femmes enceintes pour lesquelles une césarienne était programmée.

Les nouveau-nés ont été aléatoirement affectés au groupe TMV (n = 35) ou au groupe témoin (n = 41). Le neurodéveloppement des nouveau-nés a été évalué à 6 mois, grâce au questionnaire ASQ-3 (Ages and Stages Questionnaire), et leur microbiote intestinal ainsi que leur métabolome ont également été analysés. 33 autres femmes enceintes dont l'accouchement était prévu par voie basse ont aussi été intégrées à l'étude pour comparaison.

Quatre points clés ont pu être identifiés :

  • Sécurité : L'étude a démontré que le TMV était vraisemblablement sûr, sans aucun événement indésirable grave (EIG) survenu au cours des 42 jours suivant la naissance.
  • Amélioration du neurodéveloppement : À 6 mois, les nourrissons ayant bénéficié du TMV ont obtenu des scores de neurodéveloppement bien supérieurs à ceux du groupe témoin.
  • Maturation du microbiote intestinal : Le TMV a également entraîné une maturation accélérée du microbiote intestinal chez les enfants nés par césarienne. L'intervention a partiellement normalisé la composition de leur microbiote intestinal, qui était similaire à celui des bébés nés par voie basse.
  • Fonction métabolique : Le TMV a augmenté les niveaux des métabolites fécaux et des fonctions métaboliques essentiels, notamment les glucides, l'énergie et le métabolisme des acides aminés, dans les 42 jours suivant la naissance.

Contrairement à la TMF (transplantation de microbiote fécal), qui comporte des risques importants et n'est pas conseillée dans le cadre d'expérimentations isolées, le TMV se positionne comme une procédure médicale moins dangereuse, qui peut être rapidement enseignée aux infirmiers et aux sages-femmes. Les professionnels de santé devraient envisager le TMV en tant qu'intervention potentielle pour améliorer le microbiote intestinal et le neurodéveloppement des enfants nés par césarienne.

Summary
Off
Sidebar
On
Migrated content
Désactivé
Updated content
Désactivé
Hide image
Off
Actualités Obstétrique

Résistance aux antimicrobiens : Patients, votre comportement est déterminant ! Médecins, votre rôle est essentiel !

En novembre, Biocodex et le Biocodex Microbiota Institute participent à la 4e édition de la Semaine mondiale de sensibilisation à la RAM (WAAW) afin de permettre au plus grand nombre de mieux comprendre la résistance aux antimicrobiens. Reconnu par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme un acteur majeur de la campagne WAAW, le Biocodex Microbiota Institute, un centre de connaissances international spécialisé dans le microbiote, prend part à cette initiative en proposant des contenus exclusifs aux médecins et au grand public. Entre vies sauvées et microbiote perturbé, le Biocodex Microbiota Institute explore les deux facettes des antibiotiques.  

D’après l’Observatoire International des Microbiotes, plus de 9 personnes sur 10 (95 %) ayant bénéficié, de façon répétée, d’informations de la part de leurs professionnels de santé ont adopté des comportements spécifiques afin de conserver un microbiote équilibré. Qu’en est-il des antibiotiques ? Selon la même étude, seul 1 patient sur 3 a déclaré avoir été informé par son professionnel de santé que la prise d’antibiotiques pouvait perturber l’équilibre de son microbiote. Étant donné que les renseignements fournis par les professionnels de santé sont un vecteur de changement de comportement, au cours de la WAAW 2023 (du 18 au 24 novembre), le Biocodex Microbiota Institute met en avant le rôle clé joué par les médecins quant aux informations qu’ils transmettent concernant l’impact des antibiotiques sur le microbiote et la santé.    

Former les médecins : transmettre les informations à leurs patients
Engaging healthcare professionals (antibiotics prescribers) with tailor-made content.  During the WAAW campaign, Biocodex Microbiota Institute federates its physicians ‘community with two “hub” pages gathering all physicians’ tools (thematic folder, accredited training on dysbiosis and the impact of antibiotics, infographics to share with their patients, news, experts ‘interviews…).

Sensibiliser à l’impact des antibiotiques sur le microbiote reste important. Ces deux pages « Hub » ont pour but de fournir aux médecins un contenu bref et facile à utiliser afin de permettre à leurs patients de mieux comprendre l’importance d’utiliser les antibiotiques avec précaution. 

Éduquer le grand public : passez à l’action !


Considérés comme l’une des plus grandes avancées médicales du 20e siècle, les antibiotiques ont sauvé des millions de vies. Aujourd’hui, ils représentent de sérieux défis en matière de santé publique : leur utilisation excessive et inappropriée entraîne l’émergence de nombreuses résistances, qui, à long terme, pourraient finalement les rendre inefficaces. De plus, ils peuvent aussi endommager le microbiote en induisant une dysbiose. Pour le grand public, l’institut enquête sur ce rôle ambivalent avec une page « Hub » regroupant tout le contenu concernant l’impact des antibiotiques sur le microbiote

Des différentes filiales au Biocodex Microbiota Institute, en passant par le site de production de Beauvais, tous les collaborateurs de Biocodex s’engagent !


Pour la campagne WAAW 2023, la page d’accueil du site Web du Biocodex Microbiota Institute, ainsi que ses comptes X (Twitter), Facebook et LinkedIn se sont mis au bleu. Mais les réseaux sociaux de l’institut ne sont pas les seuls… le centre de production et logistique Biocodex de 9 hectares de Beauvais, près de Paris, a rejoint le mouvement en adoptant le bleu pendant toute la WAAW. Plus de 30 projecteurs ont été installés afin que les visiteurs et les collaborateurs de Biocodex puissent voir la vie en bleu. Du 18 au 24 novembre, l’institut invite les collaborateurs de Biocodex, partout dans le monde, à rejoindre la campagne sur les réseaux sociaux grâce à une vignette bleue à ajouter sur LinkedIn.

#GoBlueForAMR

Quote Murielle Escalmel

« La résistance aux antimicrobiens est un problème de santé publique mondial qui peut transformer le monde de demain. C’est pourquoi nous devons unir nos forces et agir. L’engagement du Biocodex Microbiota Institute est de braquer les projecteurs sur l’impact des antimicrobiens sur le microbiote et d’insister sur l’importance capitale de les utiliser de manière appropriée. » 

Murielle Escalmel, directrice de la communication scientifique corporate au Biocodex Microbiota Institute

Qu’est-ce que la WAAW ?

En 2023, les organisations de l’Alliance quadripartite (FAO, PNUE, OMS et OMSA) ont renommé la Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens en Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (WAAW). La campagne WAAW vise à mieux informer sur la résistance aux antimicrobiens (RAM) au niveau mondial et à encourager les bonnes pratiques pour un usage responsable des antimicrobiens au sein du grand public, des professionnels de la santé et des législateurs, afin d’éviter l’émergence et la propagation d’infections résistantes aux médicaments.

À propos du Biocodex Microbiota Institute

Le Biocodex Microbiota Institute est un centre international de connaissances ayant pour but de promouvoir une meilleure santé en communiquant sur le microbiote humain. Pour ce faire, il s’adresse aux professionnels de santé ainsi qu’au grand public afin de les sensibiliser au rôle central de cet organe peu connu.

Contact presse du Biocodex Microbiota Institute

Olivier Valcke,
Relations publiques et directeur des publications
+33 6 43 61 32 58
o.valcke@biocodex.com

BMI 23.49
Summary
Off
Sidebar
Off
Migrated content
Désactivé
Updated content
Désactivé
Hide image
Off
Salle de presse

Résistance aux antimicrobiens : Médecins, votre rôle est essentiel ! Patients, votre comportement est déterminant !

En novembre, Biocodex et le Biocodex Microbiota Institute participent à la 4e édition de la Semaine mondiale de sensibilisation à la RAM (WAAW) afin de permettre au plus grand nombre de mieux comprendre la résistance aux antimicrobiens. Reconnu par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme un acteur majeur de la campagne WAAW, le Biocodex Microbiota Institute, un centre de connaissances international spécialisé dans le microbiote, prend part à cette initiative en proposant des contenus exclusifs aux médecins et au grand public. Entre vies sauvées et microbiote perturbé, le Biocodex Microbiota Institute explore les deux facettes des antibiotiques.  

D’après l’Observatoire International des Microbiotes, plus de 9 personnes sur 10 (95 %) ayant bénéficié, de façon répétée, d’informations de la part de leurs professionnels de santé ont adopté des comportements spécifiques afin de conserver un microbiote équilibré. Qu’en est-il des antibiotiques ? Selon la même étude, seul 1 patient sur 3 a déclaré avoir été informé par son professionnel de santé que la prise d’antibiotiques pouvait perturber l’équilibre de son microbiote. Étant donné que les renseignements fournis par les professionnels de santé sont un vecteur de changement de comportement, au cours de la WAAW 2023 (du 18 au 24 novembre), le Biocodex Microbiota Institute met en avant le rôle clé joué par les médecins quant aux informations qu’ils transmettent concernant l’impact des antibiotiques sur le microbiote et la santé.    

Former les médecins : transmettre les informations à leurs patients

Engaging healthcare professionals (antibiotics prescribers) with tailor-made content.  During the WAAW campaign, Biocodex Microbiota Institute federates its physicians ‘community with two “hub” pages gathering all physicians’ tools (thematic folder, accredited training on dysbiosis and the impact of antibiotics, infographics to share with their patients, news, experts ‘interviews…).
 

Sensibiliser à l’impact des antibiotiques sur le microbiote reste important. Ces deux pages « Hub » ont pour but de fournir aux médecins un contenu bref et facile à utiliser afin de permettre à leurs patients de mieux comprendre l’importance d’utiliser les antibiotiques avec précaution. 

Éduquer le grand public : passez à l’action !


Considérés comme l’une des plus grandes avancées médicales du 20e siècle, les antibiotiques ont sauvé des millions de vies. Aujourd’hui, ils représentent de sérieux défis en matière de santé publique : leur utilisation excessive et inappropriée entraîne l’émergence de nombreuses résistances, qui, à long terme, pourraient finalement les rendre inefficaces. De plus, ils peuvent aussi endommager le microbiote en induisant une dysbiose. Pour le grand public, l’institut enquête sur ce rôle ambivalent avec une page « Hub » regroupant tout le contenu concernant l’impact des antibiotiques sur le microbiote

Des différentes filiales au Biocodex Microbiota Institute, en passant par le site de production de Beauvais, tous les collaborateurs de Biocodex s’engagent !


Pour la campagne WAAW 2023, la page d’accueil du site Web du Biocodex Microbiota Institute, ainsi que ses comptes X (Twitter), Facebook et LinkedIn se sont mis au bleu. Mais les réseaux sociaux de l’institut ne sont pas les seuls… le centre de production et logistique Biocodex de 9 hectares de Beauvais, près de Paris, a rejoint le mouvement en adoptant le bleu pendant toute la WAAW. Plus de 30 projecteurs ont été installés afin que les visiteurs et les collaborateurs de Biocodex puissent voir la vie en bleu. Du 18 au 24 novembre, l’institut invite les collaborateurs de Biocodex, partout dans le monde, à rejoindre la campagne sur les réseaux sociaux grâce à une vignette bleue à ajouter sur LinkedIn.

#GoBlueForAMR

Quote Murielle Escalmel

« La résistance aux antimicrobiens est un problème de santé publique mondial qui peut transformer le monde de demain. C’est pourquoi nous devons unir nos forces et agir. L’engagement du Biocodex Microbiota Institute est de braquer les projecteurs sur l’impact des antimicrobiens sur le microbiote et d’insister sur l’importance capitale de les utiliser de manière appropriée. » 

Murielle Escalmel, directrice de la communication scientifique corporate au Biocodex Microbiota Institute

Qu’est-ce que la WAAW ?

En 2023, les organisations de l’Alliance quadripartite (FAO, PNUE, OMS et OMSA) ont renommé la Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens en Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (WAAW). La campagne WAAW vise à mieux informer sur la résistance aux antimicrobiens (RAM) au niveau mondial et à encourager les bonnes pratiques pour un usage responsable des antimicrobiens au sein du grand public, des professionnels de la santé et des législateurs, afin d’éviter l’émergence et la propagation d’infections résistantes aux médicaments.

À propos du Biocodex Microbiota Institute

Le Biocodex Microbiota Institute est un centre international de connaissances ayant pour but de promouvoir une meilleure santé en communiquant sur le microbiote humain. Pour ce faire, il s’adresse aux professionnels de santé ainsi qu’au grand public afin de les sensibiliser au rôle central de cet organe peu connu.

Plus d'information ici

 

Contact presse du Biocodex Microbiota Institute

Olivier Valcke, Relations publiques et directeur des publications

+33 6 43 61 32 58

o.valcke@biocodex.com

Summary
Off
Sidebar
Off
Migrated content
Désactivé
Updated content
Désactivé
Hide image
Off
Salle de presse

Vous aimez bronzer ? Gare à votre microbiote cutané !

L’exposition aux rayons du soleil serait susceptible d’entraîner un déséquilibre de la communauté de microorganismes vivant à la surface de la peau. Et ceux qui aiment bronzer seraient les plus à risque.

Le microbiote cutané Le microbiote intestinal Acné et microbiote Eczéma Psoriasis et microbiote Diabète de type 2 Les probiotiques

Vous vous sentez plus beau/belle, en meilleure santé, plus séduisant.e quand vous êtes bronzé.e ? Malheureusement, votre microbiote cutané pourrait ne pas apprécier… Et votre santé également !

C’est ce que suggère une étude 1 menée sur un groupe de 4 hommes et 17 femmes d’Europe du Nord partis en vacances au moins une semaine lézarder au soleil.

Le jour avant leur départ, les chercheurs ont prélevé un échantillon de peau sur la partie la plus bronzée de leurs avant-bras afin d’analyser la composition de leur microbiote cutané. Ils ont fait de même le lendemain de leur retour (J 1), 28 jours après (J 28) puis à 84 jours (J 84). 

Pour connaître leur phototype et l’évolution de leurs bronzages, les scientifiques ont également mesuré la couleur de la peau de leurs « postérieurs » (peu exposée au soleil), et celle de leurs avant-bras, avant et après exposition solaire.

Avertissement :

Une exposition à des doses élevées et excessive aux rayons du soleil peut entrainer plusieurs risques pour la santé, notamment des cancers de la peau. Il existe cependant des moyens de s’en préserver en adoptant de bonnes pratiques de protection solaire pour réduire les risques. Demandez conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

"Les Bronzés" et les autres...

Que montrent les résultats ?

D’abord qu’il était possible de classer les volontaires en trois groupes :

  • Les « amateurs de bronzage », qui avaient beaucoup profité du soleil durant leurs vacances ;
  • Les « déjà bronzés », qui avaient une peau tannée avant le départ et qui l’avaient gardée ;
  • Les « méfiants », qui étaient peu bronzés avant de partir et avaient réussi à se protéger du soleil.

Les chercheurs indiquent ensuite que chez tous les volontaires, trois grandes familles de bactéries, trois « phyllums » – Actinobacteria, Proteobacteria et Firmicutes –regroupaient 95 % de l’ensemble des microorganismes.

Mais juste après leur retour de vacances, à J 1, les « amateurs de bronzage » et les « déjà bronzés » présentaient un microbiote cutané appauvri en Proteobacteria. 

Même si cette diminution de la diversité disparaissait avec le temps et était inexistant à J 28, cette information est d’importance.

Le microbiote cutané est aussi influencé par le microbiote intestinal

Acné, dermatite atopique, psoriasis, rosacée… Autant de maladie de peau liées à un déséquilibre du microbiote cutané ( (sidenote: Dysbiose La « dysbiose » n’est pas un phénomène homogène : elle varie en fonction de l’état de santé de chaque individu. Elle est généralement définie comme une altération de la composition et du fonctionnement du microbiote, provoquée par un ensemble de facteurs environnementaux et liés à l’individu, qui perturbent l’écosystème microbien. Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232. ) ) mais aussi… du microbiote intestinal ! Il existe en effet une communication permanente entre la peau et ces deux populations de microbes. C’est le fameux axe peau-intestin 2. Mais quels en sont les médiateurs ?

Des études ont montré que certains métabolites produits par le microbiote intestinal, appelés acides gras à chaîne courte ( (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) ), étaient capables de diffuser dans l’organisme et d’agir au niveau de la peau 3. L’acétate et le propionate, auraient par exemple un effet anti-inflammatoire, alors que l’acide propionique agirait contre certains staphylocoques à l’origine d’infections de la peau. 

Des modifications du microbiote cutané potentiellement néfastes sur la santé

On sait en effet que des modifications de la teneur du microbiote cutané en Proteobacteria ont déjà été observées chez les personnes souffrant de psoriasis, d’eczéma ou d’ulcères du pied diabétique

Des études ont par ailleurs montré qu’une densité cutanée plus importante de Proteobacteria est associée à une meilleure protection contre les inflammations de la peau liées aux allergies. 

Ces données suggèrent donc qu’un déséquilibre cutané en Proteobacteria chez ceux qui ont tendance à beaucoup s’exposer au soleil pourrait être à l’origine d’une détérioration de leur santé.

Les Protéobacteries néfastes ou bénéfiques ?

Les Protéobacteries « Proteobacteria » n’ont pas toujours bonne presse, vous avez peut-être entendu parler de Escherichia coli ou des salmonelles responsables d’infections. Comme tous groupes bactériens il y a des bactéries bénéfiques, d’autres plus néfastes et certaines opportunistes qui aident le microbiote lorsqu’il est en bonne santé mais deviennent des ennemis lorsque le microbiote présente une dysbiose 4. Par exemple Roseomonas mucosa, une bactérie de la peau appartenant au groupe des protéobactéries, est connu pour lutter contre certains pathogènes de la peau 4,5. Tout est une histoire d’équilibre !

Cette étude présente, certes, un certain nombre de limites (petit nombre de volontaires, surreprésentation des femmes, mesure seulement indirecte de l’exposition au soleil…) et ses résultats doivent être confirmés par des études de plus grande envergure. 

Elle ouvre cependant la possibilité que l’on puisse un jour appliquer des produits à base de certaines bactéries bénéfiques (probiotiques) pour limiter la détérioration du microbiote cutané lors de l’exposition solaire.

Avertissement :

Des doses élevées de rayonnement ultraviolet (UVR) sont associées à une détérioration aiguë et chronique de la santé de la peau. L’exposition chronique aux rayons UV est le facteur de risque de cancer de la peau le plus évitable. Les professionnels de la santé recommandent des pratiques de protection solaire pour réduire les risques.

Les probiotiques

En savoir plus
Summary
Off
Sidebar
On
Migrated content
Désactivé
Updated content
Désactivé
Hide image
Off
Actualités

Immunothérapie couplée à la TMF chez les patients atteints de mélanome réfractaire : une étude de phase I

Une immunothérapie par anti-PD-1 couplée à une TMF(transplantation fécale) n’induit pas plus d’effets indésirables que l’immunothérapie seule, et sa réponse pourrait potentiellement être meilleure au regard d’une étude de phase I sur 20 patients.

Ces 10 dernières années, l’arsenal thérapeutique disponible face au mélanome avancé s’est enrichi. Néanmoins, l’immunothérapie anti-PD-1 est sans bénéfice chez 1 patient sur 2. La bithérapie associant (sidenote: Anti-PD-1 inhibiteurs de points de contrôle (checkpoints) du système immunitaire, qui va lever l’inactivation par la tumeur du système de reconnaissance lié à la protéine PD-1 présente à la surface des lymphocytes T. L’efficacité du système immunitaire contre les cellules tumorales est restaurée. ) et (sidenote: Anti-CTLA-4 inhibiteur de points de contrôle immunitaire ciblant le point de contrôle CTLA-4 ) améliore le taux de réponse, mais provoque des événements indésirables d’origine immunitaire (irAEs). Or, le microbiote intestinal régule le système immunitaire. Quid donc de combiner anti-PD-1 et transplantation de microbiote fécal (TMF) ? Une option explorée par un essai multicentrique de phase I, incluant (sidenote: Âgés de 48 à 90 ans (âge moyen 75,5 ans), dont 12 hommes (60 %) ) , présentant un mélanome non résécable ou métastatique, sans traitement préalable avec des anti-PD-1. Ils ont bénéficié d’une TMF provenant d' (sidenote: 3 donneurs sains mâles (âge moyen 35 ans) ont fourni les fèces utilisés respectivement pour 4, 7 et 9 patients. ) , administrée par voie orale (gélule) et suivie 7 jours plus tard d’un 1er cycle d’ (sidenote: nivolumab ou pembrolizumab ) .

Une sécurité comparable

Le critère d’évaluation principal de l’étude : la sécurité. La TMF a induit tout au plus des effets indésirables de grade 1 ou 2 (diarrhée, flatulences…) chez 8 patients (40 %). Après l’anti-PD-1, 17 patients (85 %) montrent des effets secondaires dont 5 patients (25 %) des irAEs de grade 3 (2 arthrites, 1 fatigue, 1 pneumonie, 1 néphrite), nécessitant l’arrêt temporaire du traitement. Comparativement à l’anti-PD-1 seul (79,5 à 93,2 % d’IrAES dans les essais cliniques de phase III et 13,3 à 34,0 % d’irAEs de grade 3 à 5), le traitement combiné FMT + anti-PD-1 n’a pas augmenté l’incidence de ces évènements.

Une réponse potentiellement meilleure

Côté efficacité, le taux de réponse objective s’avère satisfaisant avec 65 % de répondeurs (13 patients) et donc un taux de réponse supérieur à celui d’anti-PD-1 en monothérapie (54 à 63 % dans les essais randomisés de phase III), même si la petite taille de l'échantillon et l'absence de groupe témoin (anti-PD-1 uniquement) limite l'interprétation des résultats. Le donneur serait sans effet sur le résultat.

Un changement de microbiote intestinal à long terme

Des (sidenote: au départ, juste avant l’anti-PD-1, puis 1 mois et 3 mois après l’anti-PD-1 ) montrent que la diversité du microbiote intestinal des receveurs ne fait que croitre après la TMF. Côté composition, une semaine après la TMF, le microbiote de tous les receveurs ressemblent davantage à ceux de leur donneur respectif… mais cette similarité régresse ensuite chez les futurs non-répondeurs, alors qu’elle se renforce chez les répondeurs. 

Un mois après la TMF, la flore des répondeurs s’enrichit en (sidenote: Ruminococcus, Eubacterium ramuleus. et Faecalibacterium ) et s’appauvrit en (sidenote: Clostridium methylpentosum, Enterocloster aldensis, Erysipelatoclostridium ramosum et Enterocloster clostridioformis ) .

Un effet sur les lymphocytes T ?

L’étude montre également des modifications dans les métabolites plasmatiques des patients, avec un accroissement des acides biliaires primaires et secondaires. Après la TMF, certains lymphocytes T (ICOS+CD8+) augmenteraient dans le sang périphérique des répondeurs uniquement.

Enfin, des modèles de souris traitées aux antibiotiques avant une TMF confirment le rôle de la TMF dans l’augmentation de l’efficacité anti-PD-1.

Summary
Off
Sidebar
On
Migrated content
Désactivé
Updated content
Désactivé
Hide image
Off
Actualités Oncologie Gastroentérologie

Quand un déséquilibre du microbiote à 1 an prédit l’allergie à 5 ans

A partir des selles d’enfants âgés de 1 an des chercheurs canadiens tentent d’identifier les communautés microbiennes qui permettrait de prédire un avenir allergique. L’enjeux : pouvoir un jour changer le cours des choses via leur microbiote intestinal.

Le microbiote cutané Le microbiote ORL Asthme et microbiote Rhinite allergique Allergies alimentaires

C’est au moment de souffler leurs 5 bougies que le diagnostic est tombé pour quelques-uns des milliers d’enfants canadiens qui participaient à une gigantesque étude baptisée (sidenote: https://childstudy.ca/ ) qui les suit depuis leur naissance, ils étaient :

Mais comme leur dossier médical et leurs selles recueillies à 3 mois et 1 an avaient été précieusement conservés dans le cadre de cette étude, des chercheurs ont pu rechercher s’il existait des signes avant-coureurs. Et justement, il s’avère qu’il y en a un, universel pour ces 4 allergies : leur microbiote intestinal.

Retard de diversité et dysbiose

Asthme, eczéma, allergies alimentaires, sous oublier le rhume des foins, quel que soit leur allergie, tous les futurs allergiques présentaient à leur 1 an un microbiote intestinal trop peu diversifié pour leur âge, comme s’ils étaient bien plus jeunes que ce que leur état civil indiquait. Outre ce manque de maturité, les microbiotes des futurs allergiques présentaient une dysbiose : 4 espèces bactériennes bénéfiques étaient en berne, tandis que 5 bactéries généralement considérées comme pathogènes étaient trop abondamment présentes dans leur tube digestif.

Les mécanismes suspectés

Ce déséquilibre précoce expliquerait la moindre production (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. )  bons pour la santé et la surproduction de molécules favorisant l’inflammation. Avec à la clé le développement d’allergies quelques années plus tard… mais aussi l’espoir de pouvoir un jour les faire reculer en corrigeant les dysbioses intestinales.

 « Développer des thérapies qui modifient ces interactions pendant la petite enfance pourrait prévenir le développement de toutes sortes de maladies allergiques pendant l'enfance, qui durent souvent toute la vie. » 2

Dr Turvey, co-directeur de CHILD et co-auteur de cette étude.

Pas tous égaux face à l’allergie

Dans l’attente, rappelons un autre résultat de cette étude : nos enfants ne sont pas égaux devant l’allergie. Les garçons sont davantage touchés, de même que les enfants ayant un père et/ou une mère allergique, ou ceux qui se sont vu prescrire des antibiotiques avant leur 1 an. A l’inverse, l’allaitement jusqu’à 6 mois protège de l’allergie, de même qu’une origine caucasienne. A défaut de choisir l’origine ou le carnet de santé du futur conjoint, l’allaitement peut donc être encouragé et les antibiotiques utilisés avec la plus grande prudence et uniquement sur prescription médicale.

Antibiotiques : quels impacts sur le microbiote et notre santé ?

En savoir plus
Summary
Off
Sidebar
On
Migrated content
Désactivé
Updated content
Désactivé
Hide image
Off
Actualités

Microbiote déséquilibré à 1 an, allergie à 5 ans ?

Un retard de maturation du microbiote intestinal pendant la petite enfance semble signer de manière universelle un développement futur d’allergies. Les métabolites en jeu pourront-ils servir de marqueur voire permettre de prévenir ces allergies ?

Microbiote déséquilibré à 1 an, allergie à 5 ans ?

L'asthme, la rhinite allergique, l'allergie alimentaire et la dermatite atopique sont souvent étudiés de manière isolée malgré de nombreux mécanismes similaires (réponses inflammatoires, IgE). Et si le microbiote intestinal, dont la maturation se fait en parallèle de celle du système immunitaire du nourrisson, était un autre point commun ? Pour le savoir, les données de 1 115 enfants de la vaste étude longitudinale (sidenote: https://childstudy.ca/ ) ont été retenues : 592 enfants diagnostiqués avec un ou plusieurs troubles allergiques après leurs 5 ans et 523 enfants sans aucun signe de sensibilisation allergique. Une régression a fait apparaître plusieurs facteurs de risque comme le sexe masculin, les antécédents paternels ou maternels, ou encore l’utilisation d'antibiotiques avant l'âge de 1 an. L’allaitement jusqu'à l'âge de 6 mois et l’origine caucasienne semblent protecteurs.

Un microbiote intestinal moins mature

L’analyse de selles recueillies lors des visites à 3 mois et 1 an montre un retard de diversification du microbiote des futurs allergiques : autant les enfants témoins présentaient, à leur un an, une flore intestinale correspondant à leur âge, autant les futurs allergiques présentaient un retard de maturation de leur microbiote. Ainsi, une moindre maturation du microbiote à 1 an semble associée à un risque accru d’une maladie allergique à l’âge de 5 ans, quelle que soit l’allergie.

… et dysbiotique

Une dysbiose intestinale à un an caractérise aussi les futurs allergiques : appauvrissement en 4 espèces bactériennes productrices d’acides gras à chaîne courte (Anaerostipes hadrus, Fusicatenibacter saccharivorans et Eubacterium hallii productrices de butyrate, et Blautia wexlerae productrice d’acétate) ; et abondance accrue en 5 bactéries généralement considérées comme pathogènes (Eggerthella lenta, Escherichia coli, Enterococcus faecalis, Clostridium innocuum et Tyzzerella nexilis). L’enrichissement en C. innocuum et T. nexilis serait corrélée à l'utilisation d'antibiotiques ; l’abondance de C. innocuum, E. lenta, E. faecalis et T. nexilis dépendrait de l'allaitement ou non à 6 mois ; celle de C. innocuum et d'E. lenta à l'atopie paternelle ; etc.

Des métabolites pour prédire ou prévenir ?

En parallèle, les chercheurs ont identifié 11 voies métaboliques significativement modifiées dans au moins 2 des diagnostics d'allergie : 9 voies délétères corrélées principalement à E. coli et 2 voies protectrices liées aux bactéries B. wexlerae, F. saccharivorans, A. hadrus et E. hallii.
L’analyse des métabolites aboutit à des associations à l’âge prédit par le microbiote intestinal : des amines traces (phényléthylamine, tryptamine et tyramine) élevés favoriseraient l’inflammation et réduiraient la production de butyrate. Ainsi, l’association entre une maturation altérée du microbiote et les allergies à 5 ans semble médiée par ces métabolites qui pourraient représenter des cibles de choix pour prédire et/ou de prévenir le développement d’allergies pédiatriques.

Le microbiote, une immunité diplomatique ?

En savoir plus
Summary
Off
Sidebar
On
Migrated content
Désactivé
Updated content
Désactivé
Hide image
Off
Actualités Pédiatrie Pneumologie Gastroentérologie

Une bactérie pour prévenir le diabète ?

Pour le moment, ce rêve n’a été validé que dans des éprouvettes et chez la souris, pas encore chez l’homme. Mais la bactérie A. indistinctus pourrait améliorer la résistance à l’insuline chez les personnes prédiabétiques.

Le microbiote intestinal Diabète de type 2

Le (sidenote: Diabète Maladie chronique qui se déclare lorsque le pancréas ne produit pas suffisamment d’insuline, ou lorsque l’organisme n’est pas capable d’utiliser efficacement l’insuline qu’il produit. Avec le temps, le diabète peut causer des lésions vasculaires dans le cœur, les yeux, les reins et les nerfs. ) est une histoire de sucre, et plus précisément de (sidenote: Glycémie Taux de sucre dans le sang. ) . Objectif : éviter les pics (ou hyper-glycémie) après un repas. Chez une personne en bonne santé, l’ (sidenote: Insuline Hormone fabriquée par le pancréas, chargée de faire baisser le taux de sucre du sang pour le ramener autour de 1 g/l. ) s’occupe de réguler ce taux autour de 1g/l. Chez les diabétiques, le corps n’y parvient pas, soit parce que le pancréas ne produit pas assez d’insuline (diabète de type I), soit parce que l’organisme résiste aux ordres de cette insuline (diabète de type II). Le microbiote intestinal semble impliqué dans la résistance à l’insuline observée chez les diabétiques de type II, mais les mécanismes en jeu demeurent flous. Ou plutôt « demeuraient » car une étude publiée dans la prestigieuse revue Nature éclaire le sujet.

Des mini-sucres favorisant la résistance à l’insuline

Le constat des chercheurs : plus nos selles sont riches en certaines molécules, plus notre degré d’insulinorésistance est élevé. Ainsi, les fèces des volontaires résistants à l’insuline contenaient bien plus de (sidenote: Glucides Famille de macronutriments regroupant les sucres (ou « glucides simples »), qui présentent souvent une saveur sucrée (glucose, fructose, galactose, maltose, lactose, saccharose) et les amidons (ou « glucides complexes »). ) fécaux, en particulier de tous petits (sidenote: Sucres Fructose, galactose, mannose et xylose. ) fabriqués par les bactéries. Or, ces mini-sucres sont loin d’être inoffensifs : ils favorisent l’accumulation de graisses, stimulent notre système immunitaire au point de créer une inflammation (certes faible mais prolongée et délétère) et conduisent, in fine, à la résistance à l’insuline.

2 millions de décès liés au diabète (1,5 million) et aux maladies rénales dues au diabète (0,5 million) en 2019.

422 millions 108 millions de diabétiques en 1980, contre 422 millions en 2014.

+ 3% Entre 2000 et 2019, le taux de mortalité due au diabète selon l’âge a augmenté de 3 %.

Image
Infographie sur le cycle de la résistance à l’insuline : excès de sucre, stockage en graisse, fatigue et faim.
Legend

Le cycle de la résistance à l’insuline : un déséquilibre métabolique où, malgré la sécrétion d’insuline par le pancréas après un repas, les cellules résistent à son action. Le glucose reste dans le sang, est stocké en graisse, et génère fatigue et faim. Ce mécanisme favorise le diabète de type 2.

Les bactéries impliquées

Deux types de bactéries semblent impliquées :

  • des bactéries de la famille des Lachnospiraceae qui vont de pair avec une production plus élevée de ces petits sucres et une résistance à l’insuline ;
  • et des bactéries de type Bacteroidales (Bacteroides, Alistipes et Flavonifractor) qui réduisent ces sucres et la résistance à l’insuline.

Un effet direct des « gentilles » Bacteroidales a même été mesuré : en éprouvette, elles dévorent les mini-sucres. La plus gloutonne ? L’espèce Alistipes indistinctus qui met à son menu la plus grande variété de mini-sucres. Et cela fonctionne également chez des souris obèses : une pincée de A. indistinctus abaisse la quantité de mini-sucres dans les selles, la glycémie des animaux et les rend plus sensibles à l’insuline. 

Les implications de ces travaux sont doubles, même si des essais chez l’homme sont bien entendu indispensables avant toute recommandation :

• Lachnospiraceae pourrait être un biomarqueur du pré-diabète

• et le probiotique A. indistinctus pourrait améliorer la sensibilité à l’insuline chez les personnes prédiabétiques.

Conclusion

En résumé, cette découverte ouvre de nouvelles pistes pour prévenir le diabète et mieux réguler la glycémie. En agissant tôt sur les symptômes, les patients pourraient réduire le risque de complications liées à cette maladie. Associée à un traitement adapté, une bonne hygiène de vie,  incluant une activité physique régulière, reste essentielle pour maintenir sa santé. 

Le microbiote intestinal

En savoir plus
Summary
Off
Sidebar
On
Migrated content
Désactivé
Updated content
Désactivé
Hide image
Off
Actualités