Microorganismes : de précieux microbes pour la santé humaine

Petite créatures, invisibles mais bien vivantes et ultrasophistiqués, les microorganismes sont indispensables à la vie sur Terre et à notre bonne santé. Quels services nous rendent-ils ? Comment les protéger ? Pourquoi certains d’entre eux provoquent des maladies ? On vous dit tout !

Microorganismes : des créatures microscopiques aux maxi pouvoirs

Les microorganismes sont des êtres vivants invisibles à l’œil nu, parfois appelés « microbes » ou « germes ». Ils sont généralement composés d’une seule cellule et sont présents partout : des abysses jusqu’au fond de nos intestins, en passant par l’air, les sols, les plantes et les cours d’eau.

Microorganismes : d’infatigables travailleurs de l’ombre

Les microorganismes sont essentiels à la vie sur Terre grâce à leurs superpouvoirs. Citons ainsi leur rôle-clé joué dans la décomposition des déchets végétaux et animaux ou leur fonction essentielle dans la fixation du carbone et de l’azote. Ils sont ainsi les maillons clés du fonctionnement des écosystèmes terrestres, les alliés incontournables de la santé des êtres vivants.

Notre corps constitue lui aussi un véritable écosystème au sein duquel des populations composées de milliards de microorganismes « amis » vivent en harmonie en nous rendant de multiples services ; on parle de flore ou de (sidenote: Microbiote Le microbiote est la communauté de microorganismes – bactéries en majorité, mais également virus, champignons et archées – colonisant l’organisme humain. Les types, le nombre et la distribution de ces microorganismes sont très différents selon les zones du corps. Le microbiote de l’intestin – également appelé « microbiote intestinal » ou « flore intestinale » - est celui qui contient le plus grand nombre de microorganismes. C’est aussi le plus étudié. Chez l’Homme, on trouve des microbiotes dans le vagin (microbiote vaginal), à la surface de la peau (microbiote cutané), dans les voies urinaires (microbiote urinaire), dans les voies respiratoires (microbiote pulmonaire) et au niveau la zone bouche-gorge-nez (microbiote ORL). Ces nombreux microbiotes interagissent entre eux et jouent un rôle dans les fonctions digestives, métaboliques, immunitaires et neurologiques. ) . On retrouve ce type de communautés microbiennes chez les animaux et les plantes, mais aussi dans les sols, ou encore dans les océans. 1

500 millions C’est le nombre de rhinovirus, le virus responsable du rhume, que pourrait contenir une sphère de la taille d’une tête d’épingle.

1 milliard C’est le nombre de bactéries et le nombre de virus que contient 1 g de selle.

1 milliard C’est aussi le nombre de bactéries et le nombre de champignons que contient 1 g de sol.

Le microbiote est la communauté de microorganismes – bactéries en majorité, mais également virus, champignons et archées – colonisant l’organisme humain. Les types, le nombre et la distribution de ces microorganismes sont très différents selon les zones du corps.

Le microbiote de l’intestin – également appelé « microbiote intestinal » ou « flore intestinale » - est celui qui contient le plus grand nombre de microorganismes. C’est aussi le plus étudié.

Autant de bactérie que de services rendus à l’Homme

  • Les bactéries Rhizobium, en fixant l’azote de l’atmosphère dans le sol aux niveaux des racines des légumineuses, favorise leur croissance tout en limitant l’usage d’engrais chimiques ;
  • Les bactéries Lactobacillus acidophilus et Streptococcus thermophilus transforment le lait en yaourt ; 
  • Le champignon Penicillium roqueforti transforme le lait caillé et fermenté en fromage bleu ou en Roquefort ;
  • Des virus appelés « phages » nous permettent de guérir certaines infections causées par des bactéries résistantes aux antibiotiques ;
  • La levure Saccharomyces cerevisiae transforme les sucres du blé ou de l’orge en alcool pour la fabrication de la bière ;
  • Enfin, c’est un ensemble de bactéries, de champignons et d’archées qui assurent la purification de l’eau dans les stations d’épuration.

100 milliards C’est le nombre de bactéries qu’il y a dans 1 g de plaque dentaire.

L’épopée des microorganismes

  • - 3,4 à 3,7 mds d’années : apparition des premières bactéries et archées (première forme de vie sur Terre).
  • 1665 : le scientifique anglais Robert Hook observe pour la première fois des microorganismes au microscope (moisissures).
  • 1674 : le drapier hollandais Antoni van Leeuwenhoek observe pour la première fois des bactéries au microscope ; il les nomme « animalcules ».
  • 1838 : le naturaliste et zoologiste allemand Christian Gottfried Ehrenberg crée le mot « bactérie ».
  • 1857 : Louis Pasteur met en évidence le rôle des bactéries dans la fermentation.
  • 1882 : Robert Koch découvre le bacille responsable de la tuberculose.
  • 1918 : épidémie de grippe espagnole causée par le virus H1N1 (25 millions de morts).
  • 1930 : première observation de virus au microscope électronique.
  • 1917 : Félix d’Hérelle et Frédérick Tword découvrent les bactériophages.
  • 1929 : Alexander Fleming découvre la pénicilline (antibiotique).
  • 1977 : Carl Woes découvre les archées bactéries.
  • 1995 : l’équipe de Craig Venter séquence le premier génome bactérien dans son intégralité. 
  • 2019 : pandémie de COVID-19 (virus SARS-CoV-2).

Des définitions des microorganismes

Bactéries

Virus (dont phages)

Protozoaires

Microalgues

Champignons

Archées bactéries

Bactéries

Ces microorganismes sont, certainement avec les virus, les plus connus du grand public. Sur le plan microscopique, elles révèlent des formes très variées (bâtonnets, sphères, tire-bouchon…) et sont retrouvées partout : plantes, animaux, humains, sol, océans… Les bactéries jouent un rôle essentiel dans la décomposition de la matière organique animale et végétale. Heureusement pour nous, seul un petit nombre d’entre elles sont des parasites ou des pathogènes. Certaines détériorent les aliments tandis que d’autres améliorent leur goût et leur conservation (fermentation). La majorité des bactéries vivant en symbiose avec l’Homme se trouvent dans son système digestif (microbiote). Dans les sols, les Nitrobacter des sols transforment les nitrites en nitrates et les Methanobacterium, les carbonates en méthane. Les bactéries propioniques, quant à elles, transforment le lactose du lait et donne un arôme noisette à l’emmental et au gruyère, alors que certains staphylocoques non pathogènes contribuent à l’affinage des fromages et à la formation de la croûte. 4 

Malheureusement certaines bactéries sont davantage connues pour leurs effets néfastes sur la santé. Dans notre microbiote intestinal, la plupart des Escherichia coli sont inoffensives mais certaines souches peuvent provoquer une intoxication alimentaire. La bactérie Shigella est par exemple responsable d’une maladie appelée shigellose et de 212 438 décès dans le monde en 2016. Le Vibrio cholerae est quant à lui responsable des redoutées épidémies de choléra et de 107 290 décès enregistrés en 2016, généralement dans des populations pauvres n’ayant pas d’accès à l’eau potable. 5 Autre exemple tristement célèbre avec Clostridium tetani qui synthétise une toxine responsable du tétanos, ou encore Clostridioides difficile, une bactérie résistante aux antibiotiques, principale responsable des diarrhées infectieuses nosocomiales pouvant être mortelle chez l’adulte. 5

Virus (dont phage)

Dans la grande famille des microorganismes, les virus sont identifiés comme les plus petits. Leur structure est ultrasimple : une molécule d’ADN ou d’ARN entourée de protéines formant une « capside ». L’une des particularités des virus est qu’ils sont complètement dépendants d’une cellule hôte. En d’autres termes, ils doivent pénétrer la cellule pour en détourner la machinerie afin de se répliquer, avant d’aller infecter de nouvelles cellules voisines. C’est le cas des virus infectant l’Homme (virus du Sida, du rhume, de la grippe…). Une fois libérés, cette cellule hôte meurt et les nouveaux virus peuvent attaquer d’autres cellules. 

Avec leur étiquette souvent très négative, les virus ne sont pourtant pas tous pathogènes pour l’Homme, certains s’avèrent même être nos alliés. C’est le cas des virus appelés bactériophages ou phages (littéralement « mangeurs de bactéries ») qui n’infectent que les bactéries. Très utile pour réguler certaines populations bactériennes, les bactériophages offrent ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques et une alternative aux antibiotiques. 4 Parmi eux, on retrouve les Siphoviridae, les Myoviridae et les Podoviridae qui diffèrent des virus « classiques » par la présence d’une queue qui leur permet de se fixer sur les bactéries. Les bactériophages représentent la moitié des espèces de virus connues à ce jour. 4

Dans le microbiote, l’ensemble des communautés virales forment ce qu’on appelle le « virome ».

Protozoaires

Moins connus du grand public, les protozoaires sont des microorganismes unicellulaires ayant des formes très variées, changeante, comme l’amibe, ou fixe et complexe, comme la paramécie. On les retrouve principalement dans des environnements variés et humides, notamment l’eau douce, les milieux marins ou le sol. Ils peuvent se déplacer en mouvements « amiboïdes » grâce à des cils, ou se propulser grâce à des flagelles. Certains protozoaires peuvent infecter les plantes et les animaux, notamment l’Homme. C’est le cas du Plasmodium falciparum tristement célèbre dans le monde pour causer des formes graves de paludisme (ou malaria) et redouté lors de voyage dans certains pays. 4

Microalgues

On les trouve dans l’eau douce ou l’eau de mer, notamment au fond des océans, des lacs ou des rivières. Elles peuvent se développent parfois dans les sols et sur les roches humides, et dans le pelage de certains animaux. Elles contiennent de la chlorophylle qui leur permet de synthétiser leur propre nourriture à partir du rayonnement solaire. Les diatomées sont des microalgues qui, en fin de vie, se déposent sur le fond marin. La partie molle se décompose et la paroi minérale en silice sédimente sous l’effet de la pression de l’eau. 4

Le phytoplancton regroupe l’ensemble des microalgues présentes dans l’eau de mer. Il fait partie, avec les bactéries et les virus qui y vivent aussi, du « microbiote marin ». Cette population diversifiée de microorganismes représente plus des deux tiers de la biomasse marine. Elle influence positivement l’écosystème océanique et contribue à la santé de la planète. 1

Champignons

Les champignons vivent pour la plupart dans les sols et sur les végétaux. On distingue 3 grands groupes de champignons : les moisissures filamenteuses pluricellulaires, les champignons filamenteux macroscopiques et les levures microscopiques unicellulaires. 4 Dans la nature, les moisissures et les champignons filamenteux participent au cycle du carbone en développant de longs filaments ramifiés (mycélium) capables de décomposer la matière végétale. Le plus grand mycélium connu, situé dans l’Oregon (États-Unis), s’étale sur 9,7 km2. En santé, le Penicillium notatum est à l’origine de la découverte accidentelle de la pénicilline par Alexander Fleming en 1928, l’une des découvertes scientifiques majeures encore à ce jour. 6 En agroalimentaire, la domestication de certains champignons filamenteux est à l’origine de la fabrication de fromages. Le Penicillium roqueforti est utilisé pour l’affinage des fromages bleus, et le complexe d’espèces Penicillium camemberti est utilisé pour la fabrication de fromages à pâte molle comme le camembert et le brie. 6 Les levures, comme Saccharomyces, sont des cellules qui bourgeonnent à partir d’une cellule mère. L’espèce Saccharomyces cerevisiae est utilisée pour la production de vin et de bière. 6

Certains champignons sont des parasites de plantes à l’origine de maladies, comme le mildiou ou la gale. Seul un petit nombre de champignons affectent la santé humaine (teigne, muguet…) ou encore la levure Candida albicans dans le cas de candidose. 4

Archées bactéries

Très similaires aux bactéries avec lesquelles elles ont été longtemps confondues, les archées sont des microorganismes unicellulaires qui forment parfois des filaments ou des amas. Dans les années 1970, les recherches ont montré qu’elles étaient distinctes, sur le plan évolutif, des bactéries. Ainsi, elles partagent des points communs avec les cellules eucaryotes (dont les nôtres font partie) qui ont une structure plus complexe que les bactéries procaryotes. Les archées bactéries sont capables de vivre dans des environnements extrêmes (sources d’eau chaude, geysers, glaces de l’Antarctique, etc.), à des pressions et des taux de salinité élevés et à très basse ou au contraire très haute température. 4 Les Halobacterium ou les Halococcus vivent dans les lacs salés et, grâce à leurs pigments, leur donne une couleur rouge ou jaune, alors que les Pyrobaculum se reproduisent sous terre, dans les réservoirs de pétrole, à plus de 100 °C.

Aimez vos microbes, ils vous le rendront bien

Si vous pensiez que les microbes n’étaient bons qu’à être éliminés, vous avez compris que vous faisiez fausse route ! La grande majorité d’entre eux sont indispensables à la vie et aux activités humaines. Sachez qu’ils sont également essentiels au fonctionnement de notre organisme et à notre maintien en bonne santé.

Échanges de bons procédés 3, 7, 8

Nous sommes en effet l’hôte d’une multitude de microorganismes variés que l’on qualifie de « commensaux » - pour les différencier des microorganismes pathogènes – et avec lesquels nous formons une véritable symbiose. Car, en échange du gîte et du couvert, les microbes nous rendent d’inestimables services.

Quelques chiffres étonnants

5000 milliards de milliards de milliards (soit 5 x 1030)
C’est le nombre de bactéries et d’archées vivant sur la planète.
C’est, de loin, la forme de vie la plus répandue sur Terre.

100 millions d’années-lumière
C’est la distance que couvrirait l’alignement des 1031 virus vivant sur Terre.

Il y a 10 fois plus de bactéries que de cellules chez l’Homme. 2

Il y a 50 à 150 fois plus de gènes différents dans le microbiote que dans les cellules de l’organisme humain. Le microbiote représente donc un véritable « second génome ». 3

Dans l’intestin, les bactéries du microbiote se nourrissent des fibres alimentaires – que nous sommes incapables de dégrader – et libèrent en échange de précieux composés appelés (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) . Ces molécules vont nourrir les cellules intestinales, participer à leur croissance et leur différenciation et renforcer leur fonction de barrière. Les microbes vont également synthétiser des substances bioactives utiles, comme des acides aminés ou des vitamines (K2, B5, B6…).

Ils vont aussi participer à la maturation des cellules immunitaires, particulièrement nombreuses dans la paroi de l’intestin, et, en occupant le terrain et en synthétisant certaines protéines antibactériennes appelées bactériocines, nous protéger contre la prolifération de microorganismes pathogènes. Enfin, ils synthétisent des (sidenote: Métabolites Petites molécules produites au cours du métabolisme cellulaire ou bactérien. Les acides gras à chaine courte sont par exemple des métabolites produits par le microbiote intestinal lors de la fermentation de sucres complexes non digestibles (fibres…).  Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25.  Lamichhane S, Sen P, Dickens AM, et al An overview of metabolomics data analysis: current tools and future perspectives. Comprehensive analytical chemistry. 2018 ; 82: 387-413 ) capables de réguler certaines de nos fonctions physiologiques, notamment immunitaire et neuronale. Il existe par exemple une communication permanente entre le microbiote et le cerveau que l’on appelle axe microbiote-intestin-cerveau.

L'axe intestin-cerveau: quel est le rôle du microbiote?

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Comment chouchouter ses microbes 3, 7, 8

La bonne santé du microbiote dépend de multiples facteurs : génétique, âge, lieu de vie, mode d’accouchement… Mais le modulateur le plus puissant du microbiote intestinal reste l’alimentation. Pour que celle-ci soit favorable à un microbiote « sain », c’est-à-dire riche et diversifié, elle doit apporter suffisamment de végétaux variés (fruits, légumes, oléagineux, céréales complètes, légumineuses…), qui vont fournir les bons « substrats » aux microorganismes – la nourriture dont ils raffolent –, mais également des bactéries vivantes (aliments fermentés tels que choucroute, kombucha, kéfir…).

L’alimentation ne doit pas non plus contenir trop d’aliments néfastes, tels que ceux contenant des émulsifiants et des édulcorants. 

La modération de certains médicaments (antibiotiques, antiacides, laxatifs, anxiolytiques…), la suppression l’alcool et de la cigarette et la pratique d’une activité physique régulière sont aussi des moyens puissants de favoriser le bon équilibre du microbiote.

Actu GP: Grippe : prendre soin de son microbiote intestinal pour prévenir les complications ?

Quand les microbes vont mal, c’est notre corps qui trinque

Vous le savez, les microbes sont responsables d’une multitude de maladies infectieuses : le rhinovirus engendre le rhume, le virus SARS-CoV-2 la COVID-19, la bactérie Salmonella la gastro-entérite, le champignon Candida la candidose… Fort heureusement, les antimicrobiens (antibiotiques, antiviraux, antifongiques…) permettent aujourd’hui de soigner la majorité des infections causées par les microorganismes.

Résistance des microorganismes aux antimicrobiens : attention danger !

Problème : en raison d’une utilisation excessive de ces traitements, on assiste depuis quelques années à la prolifération de bactéries, de virus et de champignons qui y sont devenus résistants. Par exemple, certaines bactéries pathogènes ne répondent plus à aucun antibiotique ; on parle de bactéries « multirésistantes » ou « superbactéries ». Ainsi, certaines maladies qu’il était possible de soigner (infections urinaires, infections sexuellement transmissibles ou nosocomiales, diarrhées, tuberculose…) peuvent aujourd’hui être difficiles, voire impossibles à prendre en charge.9

Reconnue par l’OMS comme une cause de santé publique, la résistance aux antimicrobiens pourrait tuer jusqu’à 10 millions de personnes par an d’ici 2050 (autant que le cancer). 10 L’OMS recommande de limiter le recours aux antimicrobiens, notamment aux antibiotiques, dans l’élevage, la santé humaine ou l’agriculture, mais surtout appelle à trouver de nouveaux traitements plus efficaces pour lutter contre les infections.

Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens

La Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens (en anglais : WAAW pour World AMR Awareness Week) est célébrée chaque année du 18 au 24 novembre. En 2023, le thème retenu est « Prévenir la résistance aux antimicrobiens ensemble », comme en 2022. En effet, cette résistance représente une menace pour les êtres humains, mais aussi les animaux, les plantes et l'environnement.

L’objectif de cette campagne est donc à la fois de sensibiliser à la résistance aux antimicrobiens et de promouvoir les meilleures pratiques, selon le concept « Une seule santé », ou « One health », auprès de toutes les parties prenantes (grand public, médecins, vétérinaires, éleveurs et agriculteurs, décideurs…) afin de réduire l'apparition et la propagation d'infections résistantes.

Des déséquilibres qui font le lit des maladies de civilisation 3, 5, 8

Mais les microorganismes ne sont pas seulement responsables de maladies infectieuses. Saviez-vous qu’ils étaient aussi impliqués dans l’obésité, le diabète, l’ostéoporose, le cancer ou encore les maladies vasculaires et neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer…) ? 

Les études montrent en effet que les personnes qui souffrent de ces maladies présentent un déséquilibre de leur microbiote appelé (sidenote: Dysbiose La « dysbiose » n’est pas un phénomène homogène : elle varie en fonction de l’état de santé de chaque individu. Elle est généralement définie comme une altération de la composition et du fonctionnement du microbiote, provoquée par un ensemble de facteurs environnementaux et liés à l’individu, qui perturbent l’écosystème microbien. Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232. ) . La dysbiose est caractérisée par une perte de richesse et de diversité des populations microbiennes, notamment intestinales. De nombreuses études montrent que ce déséquilibre peut impacter négativement le fonctionnement de notre organisme et favoriser la survenue ou l’aggravation des maladies.

Les données actuelles ne permettent pas de savoir précisément si la dysbiose est une cause de maladie, ou si la maladie une cause de dysbiose. Cependant, les études suggèrent qu’en favorisant un microbiote « sain » riche et diversifié, ou en le rééquilibrant, il serait possible de préserver sa santé.

Have you heard of dysbiosis

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Moduler son microbiote pour prévenir et même… guérir !

Plusieurs moyens existent pour moduler positivement le microbiote intestinal en cas de dysbiose ou de maladie 3, 7 :

  • L’alimentation et le mode de vie (voir ci-dessus) ;
  • Les prébiotiques (inuline, galacto-oligosaccharides ou GOS, fructo-oligosaccharides ou FOS et lactulose) : ces composés sont capables de nourrir spécifiquement des groupes de bactéries bénéfiques, comme Bifidobacterium et Lactobacillus, et ainsi de favoriser leur prolifération. 11
  • Les probiotiques (souches spécifiques de bactéries ou de levures vivantes ayant prouvé un effet sur la santé) : les preuves scientifiques de leur efficacité ne concernent à ce jour que la diarrhée de l’enfant ou celle associée à la prise d’antibiotiques, certaines maladies inflammatoires de l’intestin ou encore l’entérocolite nécrosante, mais leur potentiel thérapeutique fait l’objet de nombreuses recherches. 11
  • Les (sidenote: Métabolites Petites molécules produites au cours du métabolisme cellulaire ou bactérien. Les acides gras à chaine courte sont par exemple des métabolites produits par le microbiote intestinal lors de la fermentation de sucres complexes non digestibles (fibres…).  Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25.  Lamichhane S, Sen P, Dickens AM, et al An overview of metabolomics data analysis: current tools and future perspectives. Comprehensive analytical chemistry. 2018 ; 82: 387-413 ) bioactifs : ceux-ci sont sélectionnés pour leur capacité à moduler la physiologie de microorganismes cibles ;
  • Le transfert de microbiote fécal (TMF) : il consiste à transférer le microbiote intestinal d’une personne en bonne santé dans l’intestin d’une personne malade. Par exemple, cette technique a montré des résultats particulièrement concluants (90 % de guérison) pour les infections à Clostridium difficile 12 mais pourrait être également utile pour soulager les symptômes de l’autisme. 13

Le monde microbien, un réservoir infini de pistes thérapeutiques

Les microorganismes constituent un champ d’exploration précieux pour les chercheurs. Par exemple, pour mieux lutter contre la résistance bactérienne aux antibiotiques et pouvoir disposer d’outils de surveillance, les scientifiques ont besoin de mieux comprendre comment les bactéries échangent leurs gènes, comme elles acquièrent des résistances aux antimicrobiens et par quelles voies ces dernières circulent entre l’environnement, l’homme et l’animal. 10

Les techniques de génomique à haute résolution et de métagénomique, largement utilisées dans les études sur le microbiote humain, constituent à ce titre de puissants outils d’exploration des dynamiques microbiennes.

Le microbiote à la croisée des recherches

Des études toujours plus nombreuses sont également mises en place pour mieux comprendre comment les microorganismes du microbiote interagissent avec l’Homme, comment ils contribuent au bon fonctionnement de ses cellules, quels profils microbiens sont les plus favorables à la santé et quelles modifications contribuent aux maladies. 3

Objectif : trouver de nouvelles pistes thérapeutiques et de nouvelles bactéries probiotiques permettant de moduler le microbiote et de prendre en charge plus efficacement certaines pathologies aiguës et chroniques.

Quelques pistes prometteuses

• Certaines substances produites naturellement par les bactéries, comme les bactériocines, pourraient être utilisées pour mettre au point au point de nouveaux traitements destinés à éliminer les microorganismes pathogènes ou à freiner leur développement. D’autres molécules issues du métabolisme des bactéries, comme les (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) , pourraient également être utilisée pour leurs multiples bienfaits sur la santé, notamment leurs effets anti-inflammatoires ou anticancer.

• La modulation génétique de bactéries comme Escherichia coli pourrait les rendre capables de produire différents types de molécules intéressante en médecine : certaines destinées à moduler positivement le microbiote en cas de dysbiose induite par des antibiotiques, d’autres agissant comme un vaccin pour lutter contre Vibrio cholera (la bactérie responsable du choléra), et d’autres encore capables de tuer spécifiquement certains pathogènes comme Pseudomonas aeruginosa, une bactérie qui fait des ravages chez les personnes immunodéprimées.

• Les bactériophages pourraient enfin être utilisés pour cibler très spécifiquement les bactéries résistantes aux antibiotiques en cas d’infection, constituant une alternative potentiellement puissante aux antibiotiques.

Vous l’aurez compris, les microorganismes ont beau être invisibles et avoir mauvaise réputation, ils méritent toute notre estime et notre attention. Car nous avons clairement besoin d’eux pour vivre !

Si les communautés qu’ils forment, les interactions qu’ils ont avec l’environnement et le rôle qu’ils jouent dans notre organisme sont encore remplis de mystères, il n’y a pas un jour sans qu’une nouvelle étude prouve l’importance de leur présence à nos côtés, et donc celle de renforcer notre symbiose avec eux !

Microbiota: a well-connected network that influences health

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Sources

1. Site Web : Fondation Tara

2. Microbiology by numbers. Nat Rev Microbiol. 2011 Sep;9(9):628.

3. Aggarwal N, Kitano S, Puah GRY, et al. Microbiome and Human Health: Current Understanding, Engineering, and Enabling Technologies. Chem Rev. 2023 Jan 11;123(1):31-72. 

4. Site Web Microbiology Society : What is Microbiology ?

5. GBD 2016 Diarrhoeal Disease Collaborators. Estimates of the global, regional, and national morbidity, mortality, and aetiologies of diarrhoea in 195 countries: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2016. Lancet Infect Dis. 2018 Nov;18(11):1211-1228.

6. Ropars J, Caron T, Lo YC, et al. “La domestication des champignons Penicillium du fromage” [The domestication of Penicillium cheese fungi]. Comptes rendus biologies vol. 343,2 155-176. 9 Oct. 2020.

7. Hou K, Wu ZX, Chen XY, et al. Microbiota in health and diseases. Signal Transduct Target Ther. 2022 Apr 23;7(1):135.

8. McFarland LV. Normal flora diversity and functions, Taylor & Francis Online 2000, Vol. 12 P.193-207.

9. Aslam B, Khurshid M, Arshad MI, et al. Antibiotic Resistance: One Health One World Outlook. Front Cell Infect Microbiol. 2021 Nov 25;11:771510. 

10. Un nouveau rapport appelle à agir d’urgence pour éviter une crise due à la résistance aux antimicrobiens – OMS, 29 avril 2019.

11. Quigley EMM. Prebiotics and Probiotics in Digestive Health. Clin Gastroenterol Hepatol. 2019 Jan;17(2):333-344.

12. Stone L. Faecal microbiota transplantation for Clostridioides difficiles infection. Nature Reviews Urology, June 2019.

13. Kang DW, Adams JB, Coleman DM, et al. Long-term benefit of Microbiota Transfer Therapy on autism symptoms and gut microbiota. Sci Rep. 2019 Apr 9;9(1):5821.

14. Quigley EMM, Gajula P. Recent advances in modulating the microbiome. F1000Res. 2020 Jan 27;9:F1000 Faculty Rev-46.

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Vaginose bactérienne : transmission sexuelle et données génomiques

Une nouvelle recherche porte sur la manière dont la vaginose bactérienne pourrait se propager par contact sexuel. Elle utilise une analyse génétique détaillée et une méthode de recrutement unique pour suivre les bactéries dans les réseaux personnels.

44% Des femmes savent que la vaginose bactérienne est associée à un déséquilibre du microbiote vaginal.

La  (sidenote: Vaginose bactérienne La vaginose bactérienne (VB) est un type d'inflammation vaginale causée par un déséquilibre des espèces de bactéries qui sont normalement présentes dans le vagin. ) (VB) est souvent un signe caractéristique d'un déséquilibre dans le microbiote vaginal, une maladie qui pourrait résulter de la transmission sexuelle de bactéries. Bien que la communauté scientifique reconnaisse l'éventualité d'une telle transmission, la compréhension définitive nous échappe encore. Des chercheurs américains de l'University of Maryland School of Medicine ont étudié comment des souches bactériennes similaires se comportaient entre des partenaires sexuels et au sein de réseaux sexuels plus vastes, afin de mieux comprendre la transmission sexuelle et d'améliorer la prise en charge de la maladie pour les deux partenaires. 1

L'effet boule de neige expliqué

L'investigation clinique a employé une méthode appelée « recrutement en boule de neige » ; il s'agit d'une technique par laquelle les participants à l'étude initiale recrutent eux-mêmes les futurs candidats parmi leurs réseaux personnels. Cette approche garantit un échantillonnage naturaliste de la population, reflétant les interactions dans le monde réel. Dans ce cas, l'étude s'est déroulée en quatre vagues et incluait 138 participants, majoritairement de jeunes hommes et femmes afro-américains, tous testés positifs à des infections sexuellement transmissibles telles que la chlamydia ou la gonorrhée.

Les chercheurs ont recueilli et analysé des échantillons de prélèvements vaginaux et péniens à l'aide du séquençage métagénomique global, une méthode permettant de lire l'intégralité des séquences ADN présentes dans un échantillon, afin d'analyser en détail la communauté microbienne. Ils ont utilisé des outils comme inStrain pour évaluer la « concordance des souches », ou le degré de similitudes génétiques, entre les bactéries trouvées chez différents individus, en vue d'identifier si les souches sont partagées par contact sexuel.

Seule 1 femme sur 2 savait que la composition de son microbiote vaginal variait lors des différentes étapes de sa vie.

Schémas de transmission

Sur 54 participants, l'étude a identifié 115 cas de recoupements de souches bactériennes parmi 25 espèces. Étonnamment, Lactobacillus iners a été transmis chez 6 % des participantes, ce qui suggère des voies de transmission directe lors d'interactions entre personnes de même sexe. Des comparaisons directes ont révélé un taux de partage de souches bactériennes bien supérieur en cas de contacts sexuels par rapport à l'absence de contact.

La majorité (94 %) des événements concordants se produisaient entre contacts non sexuels, notamment un partage important de souches de Gardnerella swidsinskii et de Lactobacillus crispatus parmi les femmes, contre 6 % parmi les contacts, soulignant ainsi le rôle marqué de l'activité sexuelle dans la dissémination de souches bactériennes spécifiques. Le haut degré de concordance inattendu parmi les contacts non sexuels suggère que la communauté et les facteurs environnementaux jouent un rôle important dans la transmission de bactéries, laissant entendre un échange de réseau de bactéries plus complexe qu'on ne le pensait auparavant.

Implications cliniques : un appel à l'action pour les professionnels de santé

Une enquête surprenante de l'Observatoire International des Microbiotes a révélé que sur 6 500 participantes, seules 18 % comprenaient parfaitement ce qu'était le microbiote vaginal. Seule 1 femme sur 3 sait que les bactéries du microbiote vaginal sont bénéfiques pour le vagin des femmes (37 %) et que la vaginose bactérienne est associée à un déséquilibre dans le microbiote vaginal (35 %). 2 Ce manque de connaissance souligne la nécessité de mettre en place une approche transformative en matière de prise en charge de la vaginose bactérienne (VB) et des maladies associées.

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Actualités

Tout ce que vous devez savoir sur le microbiote et le sport

A l'occasion d'une année 2024 riches en rencontres sportive, le Biocodex Microbiota Institute révèle le rôle du microbiote dans la santé et le sport. Le microbiote agirait-il comme un coach invisible ? Éléments de réponses ci-dessous.

Photo Observatoire: Running
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Actualités Gastroentérologie

Microbiote & sport : des micro-organismes de compétition

Pour célébrer une année 2024 riche en événements sportifs, le Biocodex Microbiota Institute met en lumière le rôle du microbiote dans la santé et dans le sport. Le microbiote intestinal serait-il notre coach invisible ? Éléments de réponses ci-dessous.

Le microbiote intestinal
Photo Observatoire: Running

Bactéries, virus, champignons (y compris des levures) et même parasites : toute une flore, appelée « microbiote intestinal », habite notre système digestif.

Et ce pour notre plus grand bien : le microbiote intestinal favorise la digestion, participe à la maturation de notre système immunitaire, nous protège de pathogènes et de toxines intestinales, etc. Une liste de bienfaits loin d’être exhaustive car le microbiote intestinal a bien d’autres cordes à son arc, y compris en matière de sport : ce coach invisible pourrait nous aider dans l’effort, améliorer nos chronos et nous motiver pour les entrainements !

Inversement, l’activité physique modulerait la composition de notre microbiote, favorisant certaines bactéries capables d’optimiser nos performances. Tout comme le microbiote, l’exercice physique est aussi affaire d’équilibre voire, de modération : un entrainement trop intense peut s’avérer contre-productif et déséquilibrer ce cercle vertueux. Tout donner, oui ; mais en évitant le claquage !

Les perspectives ouvertes par la découverte de ces liens entre microbiote, système digestif et sport sont immenses : pourra-t-on optimiser les performances des athlètes via une approche personnalisée du microbiote ?

Plongée au cœur d’un monde microscopique à la découverte de cette relation bidirectionnelle avec nos performances musculaires et notre mental.

Plongez au coeur de l'exposition microbiote et sport

Exposition : "Microbiote, le coach invisible"

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Microbiote & sport : une exposition photo met en lumière les fabuleux pouvoirs de ce coach invisible

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Apprenez-en plus sur le lien entre microbiote et sport 

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Le microbiote, un coach invisible au service de la performance sportive

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Du sport – avec modération – pour un microbiote intestinal en pleine santé

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Nutrition sportive personnalisée : le futur est dans le microbiote ?

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Avis d'expert 

Dr Henrik Roager est un professeur associé et un chercheur à l'Université de Copenhague. Il dirige le groupe de recherche Microbiome & Metabolomics, qui s'intéresse à la manière dont le microbiote intestinal contribue à la digestion, à la santé et aux performances sportives. Regardez la vidéo pour savoir ce que le Dr Henrik Roager a à dire sur la contribution du microbiote dans le sport.

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Photo: vignette video Henrik Roagers - Sport et microbiote

Pour aller plus loin

Découvrez notre sélection d'articles sur les bienfaits du sport sur la santé et sur le microbiote

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Microbiote & sport : une exposition photo met en lumière les fabuleux pouvoirs de ce coach invisible

À l’occasion d’une année placée sous le signe du sport, le Biocodex Microbiota Institute vous donne rendez-vous, du 22 au 26 mai 2024, à la Cité des Sports d’Issy-les-Moulineaux pour l’exposition photographique Le microbiote, notre coach invisible. Une plongée fascinante au coeur de nos entrailles pour découvrir la relation microbiote-sport.

Bactéries, virus, champignons (y compris des levures) et même parasites : toute une flore, appelée « microbiote intestinal », peuple notre système digestif. Et ce pour notre plus grand bien ! Le microbiote intestinal favorise la digestion, participe au bon fonctionnement de notre système immunitaire, nous protège des bactéries pathogènes… Une liste de bienfaits loin d’être exhaustive car le microbiote intestinal a bien d’autres cordes à son arc, et notamment en matière de sport ! D’après plusieurs études scientifiques, ce « coach invisible » nous aiderait dans l’effort, serait susceptible d’améliorer nos chronos et même source de motivation pour les entraînements ! Inversement, une activité physique régulière modulerait la composition de notre microbiote, favorisant certaines bactéries capables d’optimiser nos performances.

Rendre visible l’invisible

Fidèle à sa mission d’éduquer le grand public aux fascinants pouvoirs des microbiotes humains, le Biocodex Microbiota Institute profite d’une année riche en événements sportifs pour mettre la lumière sur la relation bidirectionnelle entre microbiote et sport. « Nous nous sommes plongés dans les études scientifiques qui démontrent la relation bidirectionnelle entre le microbiote et l’activité physique, indique Murielle Escalmel, directrice scientifique du Biocodex Microbiota Institute. Hydratation, immunité, équilibre, énergie et résilience, sur ces cinq fonctions clés de notre organisme, le microbiote joue un véritable rôle de coach invisible. Les bases scientifiques étant réunies, il nous fallait désormais toucher le plus grand nombre avec un défi de taille : rendre visible l’invisible. »

« Le microbiote joue un véritable rôle de coach invisible. »

Olivier Valcke, Directeur scientifique du Biocodex Microbiota Institute

Le Biocodex Microbiota Institute a confié au photographe Laurent Hini la délicate mission de lever le voile sur les mécanismes en oeuvre. « Au-delà du défi technique, j’ai été séduit par le message qui consistait à mettre en lumière le lien intrinsèque entre le sport et le microbiote, analyse Laurent Hini. J’ai suggéré d’aborder le sujet sous la forme d’un diptyque avec deux images distinctes : un premier portrait de l’athlète en mouvement auquel répond, en effet miroir, un second volet représentant le microbiote en coach invisible. »

5 sports, 5 couleurs, 6 athlètes… et un coach !

Surf et hydratation, judo et défense, breakdance et équilibre… L’exposition se présente comme un parcours de 5 diptyques grand format pour 5 sports associés à 5 fonctions du microbiote. 6 athlètes se sont prêtés à l’exercice. Le projet a été conçu comme un vis-à-vis entre une photographie en plan large de l’athlète et une image représentant son « coach microbiote ».

Pour le microbiote, une technique mixte associant photo et Intelligence Artificielle visuelle générative a été utilisée pour matérialiser la fonction du microbiote. L’exposition repose sur cet équilibre entre le perceptible (l’athlète) et l’invisible (son microbiote). Une dominance chromatique a ensuite été associée à chaque diptyque : rouge pour l’énergie, orange pour l’équilibre, blanc pour la défense… La couleur revêt un caractère important dans l’exposition : elle est le liant entre les deux volets de chaque diptyque, la signalétique qui va orienter, informer le public au sein de l’exposition sur les pouvoirs insoupçonnés des microbiotes humains. Et le convaincre à se (re) mettre au sport !

Visiter l’exposition

Du mercredi 22 au dimanche 26 mai 2024
À la Cité des Sports

92 Rue du Gouverneur Général Éboué
92130 Issy-les-Moulineaux

À propos du Biocodex Microbiota Institute

Le Biocodex Microbiota Institute est un carrefour international de connaissances ayant pour but de promouvoir une meilleure santé en communiquant sur le microbiote humain. Pour ce faire, il s’adresse aux professionnels de santé ainsi qu’au grand public afin de les sensibiliser au rôle central de cet organe peu connu.

Contact presse du Biocodex Microbiota Institute

Olivier Valcke
Relations publiques et directeur des publications
+33 6 43 61 32 58
o.valcke@biocodex.com

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Microbiote & sport : une exposition photo met en lumière les fabuleux pouvoirs de ce coach invisible pour vos patients

À l’occasion d’une année placée sous le signe du sport, le Biocodex Microbiota Institute vous donne rendez-vous, du 22 au 26 mai 2024, à la Cité des Sports d’Issy-les-Moulineaux pour l’exposition photographique "Le microbiote, notre coach invisible". Une plongée fascinante au cœur de nos entrailles pour découvrir la relation microbiote-sport.

Bactéries, virus, champignons (y compris des levures) et même parasites : toute une flore, appelée « microbiote intestinal », peuple notre système digestif. Et ce pour notre plus grand bien ! Le microbiote intestinal favorise la digestion, participe au bon fonctionnement de notre système immunitaire, nous protège des bactéries pathogènes… Une liste de bienfaits loin d’être exhaustive car le microbiote intestinal a bien d’autres cordes à son arc, et notamment en matière de sport ! D’après plusieurs études scientifiques, ce « coach invisible » nous aiderait dans l’effort, serait susceptible d’améliorer nos chronos et même source de motivation pour les entraînements ! Inversement, une activité physique régulière modulerait la composition de notre microbiote, favorisant certaines bactéries capables d’optimiser nos performances. 

Rendre visible l’invisible 

Fidèle à sa mission d’éduquer le grand public aux fascinants pouvoirs des microbiotes humains, le Biocodex Microbiota Institute profite d’une année riche en événements sportifs pour mettre la lumière sur la relation bidirectionnelle entre microbiote et sport. « Nous nous sommes plongés dans les études scientifiques qui démontrent la relation bidirectionnelle entre le microbiote et l’activité physique, indique Murielle Escalmel, directrice scientifique du Biocodex Microbiota Institute. Hydratation, immunité, équilibre, énergie et résilience, sur ces cinq fonctions clés de notre organisme, le microbiote joue un véritable rôle de coach invisible. Les bases scientifiques étant réunies, il nous fallait désormais toucher le plus grand nombre avec un défi de taille : rendre visible l’invisible. »
 

“Le microbiote joue un véritable rôle de coach invisible.”
 

Olivier Valcke, directeur scientifique du Biocodex Microbiota Institute

Le Biocodex Microbiota Institute a confié au photographe Laurent Hini la délicate mission de lever le voile sur les mécanismes en œuvre. « Au-delà du défi technique, j’ai été séduit par le message qui consistait à mettre en lumière le lien intrinsèque entre le sport et le microbiote, analyse Laurent Hini. J’ai suggéré d’aborder le sujet sous la forme d’un diptyque avec deux images distinctes : un premier portrait de l’athlète en mouvement auquel répond, en effet miroir, un second volet représentant le microbiote en coach invisible. »

5 sports, 5 couleurs, 6 athlètes… et un coach !


Surf et hydratation, judo et défense, breakdance et équilibre… L’exposition se présente comme un parcours de 5 diptyques grand format pour 5 sports associés à 5 fonctions du microbiote. 6 athlètes se sont prêtés à l’exercice. Le projet a été conçu comme un vis-à-vis entre une photographie en plan large de l’athlète et une image représentant son « coach microbiote ». 
Pour le microbiote, une technique mixte associant photo et Intelligence Artificielle visuelle générative a été utilisée pour matérialiser la fonction du microbiote. L’exposition repose sur cet équilibre entre le perceptible (l’athlète) et l’invisible (son microbiote). Une dominance chromatique a ensuite été associée à chaque diptyque : rouge pour l’énergie, orange pour l’équilibre, blanc pour la défense… La couleur revêt un caractère important dans l’exposition : elle est le liant entre les deux volets de chaque diptyque, la signalétique qui va orienter, informer le public au sein de l’exposition sur les pouvoirs insoupçonnés des microbiotes humains. Et le convaincre à se (re) mettre au sport !
 

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Du mercredi 22 au dimanche 26 mai 2024    
À la Cité des Sports 

92 Rue du Gouverneur Général Éboué
92130 Issy-les-Moulineaux
 

À propos du Biocodex Microbiota Institute 


Le Biocodex Microbiota Institute est un carrefour international de connaissances ayant pour but de promouvoir une meilleure santé en communiquant sur le microbiote humain. Pour ce faire, il s’adresse aux professionnels de santé ainsi qu’au grand public afin de les sensibiliser au rôle central de cet organe peu connu.

→ www.biocodexmicrobiotainstitute.com

Contact presse du Biocodex Microbiota Institute

Olivier VALCKE
Relations publiques et directeur des publications
+33 6 43 61 32 58
o.valcke@biocodex.com

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Exposition : "Microbiote, le coach invisible"

Pour célébrer une année 2024 riches en événements sportifs, le Biocodex Microbiota Institute met en lumière le rôle du microbiote dans la santé et dans le sport à travers une exposition photographie. Breakdance, basket, rugby, surf et judo... Plongez au coeur de ces pratiques sportives et des microbiotes !

Le microbiote intestinal
Photo: Exhibition

Assistez au vernissage de l'exposition 

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Le Biocodex Microbiota Institute a confié au photographe Laurent Hini la délicate mission de lever le voile sur les mécanismes en œuvre.

Le projet a été conçu comme un vis-à-vis entre une photographie en plan large de l’athlète et une image représentant son « coach microbiote ». Pour le microbiote, le travail en technique mixte photo et IA visuelle générative permet de matérialiser la fonction du microbiote. Le portrait en action est réalisé en technique photographique « classique ». L’intelligence artificielle n’est pas une substitution de la photo, mais est hybridée avec celle-ci. Elle donne corps au « coach microbiote ». Toute l’exposition repose sur cet équilibre entre le représentatif et le non figuratif, entre le perceptible (l’athlète) et le dissimulé (son microbiote).

Une dominance chromatique a ensuite été associée à chaque diptyque : rouge pour l’énergie, orange pour l’équilibre, blanc pour la défense... La couleur revêt un caractère important dans l’exposition : elle est le liant entre les deux volets de chaque diptyque et agit comme une signalétique, un balisage qui guide le visiteur au sein de l’exposition. Et accentue la plongée au cœur de chaque microbiote.

Au total, nous avons 5 diptyques grand format pour 5 sports associés à 5 fonctions du microbiote. Plongez au cœur de chaque microbiote !

Le breakdance, l'équilibre 

Avec Paola Soares da Silva
Le saviez-vous ? Notre microbiote est constitué de centaines de milliards de micro-organismes vivants mais invisibles à l’œil nu. Ces micro-organismes, tels que des bactéries, levures, virus, champignons et parasites, cohabitent en symbiose avec notre corps et œuvrent tous ensemble à maintenir notre microbiote intestinal (ou flore intestinale) équilibré. Un microbiote équilibré se caractérise par une diversité et une abondance de micro-organismes. La diversité du microbiote est un indicateur clé de notre santé. Mais cet équilibre demeure fragile et il convient d’en prendre soin. De nombreux travaux scientifiques montrent que la pratique régulière d’une activité physique augmenterait la diversité bactérienne intestinale au profit des espèces bénéfiques. Le sport contribue donc à l’équilibre du microbiote, préservant cette symbiose essentielle à notre santé et notre bien-être.

En apprendre plus sur Paola Soares da Silva

Engagée dans la communauté artistique et sportive du Breakdance, Paola Soares da Silva est une athlète emblématique et inspirante. Elle est devenue vice-championne Île de France et Centre Val de Loire 2021 de Breaking puis championne Centre Val de Loire 2024. En parallèle de sa carrière sportive, elle est également fondatrice et responsable de l’association Breaking Journey, une association qui œuvre pour la diffusion et la promotion des cultures urbaines et du Breakdance en France.

Le basket, la résilience 

Avec Sidney Attiogbé
Petit, invisible… mais très résistant ! Alimentation riche en graisses, stress, infections… Divers facteurs peuvent perturber le bon équilibre du microbiote intestinal (on parle alors de dysbiose). Bonne nouvelle, le microbiote intestinal est résilient, c’est-à-dire qu’il est capable de se rétablir après une perturbation. Autre bonne nouvelle, il est désormais prouvé que l’exercice physique participe à cette résilience. Ainsi, l’exercice physique intense est corrélé avec le stress oxydatif (phénomène naturel lié à la production de radicaux libres dans l'organisme. La résilience du microbiote est essentielle à plus d’un titre : elle participe à une bonne digestion et l’absorption des nutriments, elle lutte contre le stress oxydant et l’inflammation, enfin elle renforce le système immunitaire et contribue à la prévention de certaines maladies. Convaincu ? Alors tous à vos baskets !

En apprendre plus sur Sidney Attiogbé

Ancien joueur de l’équipe de France en catégorie U23, Sidney Attiogbé s’est donné pour mission de faire découvrir sa discipline, le basket fauteuil, au plus grand nombre. Cet athlète professionnel contribue à élargir la visibilité et l’accessibilité du handisport notamment via des projets et événements qu'il mène en étroite collaboration avec des entreprises.

Le rugby, l'énergie 

Avec Jonathan Laugel et Maxime François
Besoin d’un fortifiant ? Puisez dans votre microbiote intestinal ! Les bactéries du microbiote intestinale jouent un rôle important dans la production d'énergie pour les sportifs. Comment ? Le microbiote intestinal va fermenter les glucides complexes provenant de l'alimentation qui vont à leur tour produire des (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) (AGCC), reconnues comme source d'énergie capitale pour les cellules intestinales et d'autres tissus du corps. Ces dernières contribuent ainsi à l'endurance et à la récupération pendant la pratique sportive. Un cercle vertueux !

En apprendre plus sur Jonathan Laugel

Membre de l’équipe nationale de rugby à 7, Jonathan Laugel est un rugbyman professionnel depuis 12 ans, recordman français du nombre de sélection avec son équipe, cumulant 93 tournois soit plus de 450 matchs joués. Il participe aux Jeux Olympique de Rio en 2016, et remporte diverses médailles lors des étapes du championnat mondiale comme une médaille d’argent à Hong Kong en 2024. Il est également double médaillé d'or au Championnat d'Europe de Rugby à 7.

En apprendre plus sur Maxime François

Maxime François, son coach, est un ancien athlète de lutte de haut niveau. Dans cette discipline, il remporte six fois le titre de champion de France en individuel, et trois fois en équipe. Il se classe aussi 5ème aux jeux méditerranéen 2018 en lutte et 3ème au championnat du monde de grappling 2014. Aujourd'hui reconverti en entraîneur de lutte de MMA, il met son expérience et son expertise à la disposition de Jonathan. Grâce au travail de Maxime, Jonathan a décuplé ses performances sportives. Une relation forgée par des années d'amitié et des valeurs sportives communes.

Le surf, l'hydratation 

Avec Ainhoa Leiceaga
L’eau, source de vie. Si l'hydratation est primordiale pour tous, elle est d'autant plus cruciale pour les athlètes dont les performances et la récupération dépendent d'un apport hydrique optimal. Cela tombe bien, le microbiote intestinal achemine l'eau et les électrolytes – minéraux qui permettent de stabiliser le taux d’hydratation du corps – par la paroi intestinale. Des études scientifiques ont montré que la composition du microbiote intestinal influence l’absorption de sodium et d’autres solutés essentiels à l’hydratation dans le sang, participant ainsi à l'hydratation. Les athlètes sont plus à risque de se déshydrater à cause de la transpiration importante liée à l'exercice. Un microbiote équilibré participe donc à l'intégrité de la barrière intestinale et une bonne hydratation du corps, tous deux essentiels pour la performance sportive.

Apprenez-en plus sur Ainhoa Leiceaga

Membre du collectif national de surf, Ainhoa Leiceaga est une surfeuse française de haut niveau. Son parcours est jalonné de succès : elle remporte notamment une troisième place au classement européen junior et termine 4ème française du circuit européen 2022-2023. En parallèle de ses performances sportives et de son engagement dans la protection et la préservation des océans, Ainhoa est étudiante en physique-chimie.

Le judo, la défense 

Avec Raymond Demoniere
Attaque et… contre-attaque ! Le microbiote intestinal agit comme un bouclier contre les attaques de bactéries (sidenote: pathogènes Un pathogène est un microorganisme qui cause, ou peut causer, une maladie Pirofski LA, Casadevall A. Q and A: What is a pathogen? A question that begs the point. BMC Biol. 2012 Jan 31;10:6. ) . Comment ? Les bactéries dialoguent à bâtons rompus avec le système immunitaire intestinal pour lui permettre d'être en état de vigilance permanent et de protéger, si besoin, la barrière intestinale. L'activation de la réponse immunitaire jouerait notamment un rôle clé dans l'endurance. Se dépasser oui, mais d’abord se protéger ! Il existerait une relation entre l'intensité du sport et l'altération de la réponse immunitaire de l'hôte. De récentes recherches suggèrent que le microbiote intestinal pourrait aider à contrer les réponses inflammatoires provoquées par un exercice intense. Des athlètes ayant une composition spécifique du microbiote intestinal présentaient un état inflammatoire plus faible. Ces effets anti-inflammatoires du microbiote intestinal retarderaient les symptômes de fatigue lors d'un effort d'endurance. A bon entendeur ! 

En apprendre plus sur Raymond Demoniere

Raymond Demoniere est judoka français détenteur de la ceinture noire 6ème dan. Figure respectée dans le monde du judo, il est aujourd’hui entraîneur diplômé d'État. Une influence qui va au-delà de son propre parcours, car c’est au côté de son fils, Romain, vainqueur de l’European Cup 2024 en catégorie cadet, qu’il s'entraîne et poursuivent ensemble une carrière de judoka de haut niveau. Leur duo incarne la force et la résilience, mais aussi le respect et la discipline, valeurs fondamentales dans le judo. 

Microbiote & sport : des micro-organismes de compétition

Retournez consultez les contenus : microbiote et sport

Le mot de la directrice scientifique de l'Institut

Ce projet est né de ce questionnement… et d’une opportunité : la venue des une année 2024 riche en événements sportifs à Paris ! Nous nous sommes plongés dans les études scientifiques qui démontrent la relation bidirectionnelle entre le microbiote et l’activité physique. Hydratation, défense, équilibre, énergie et résilience, sur ces cinq fonctions clés de notre organisme, le microbiote joue un véritable rôle de coach invisible. Les bases scientifiques étant réunies, il nous fallait désormais toucher le plus grand nombre avec un défi de taille : rendre visible l’invisible. La photographie, associée à une intelligence artificielle, nous a semblé le dispositif le mieux adapté pour illustrer les formidables pouvoirs du microbiote. Invisibles mais solides ! 

Merci à tous les athlètes qui ont participé au projet. 

"Tout comme le sport, le microbiote est indispensable au bon fonctionnement et à la protection de notre organisme."

Olivier Valcke, Directeur de l'Institut des Microbiotes
Copyrights

Crédits photo : Laurent Hini.
Images manipulées par l'Intelligence Artificielle, et développées par Laurent Hini.

Sources

Mach N, Fuster-Botella D. Endurance exercise and gut microbiota: A review. J Sport Health Sci. 2017 Jun;6(2):179-197.

Recommandé par notre communauté

"Un travail étonnant et une vidéo qui montre vraiment la bonne humeur du projet et de l'exposition. 🙏🏼"  - Ainhoa Leiceaga (De Biocodex Microbiota Institute sur LinkedIn)

"Super intéressant 🤩❤️"  - Paola Soares (De Biocodex Microbiota Institute sur LinkedIn)

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Nutrition sportive personnalisée : le futur est dans le microbiote ?

Chez les sportifs de haut niveau, la recherche de performance est une quête permanente. Ainsi, une nouvelle approche basée sur la science cherche à « nourrir » le microbiote intestinal de ces athlètes pour optimiser leurs chronos.

Le microbiote intestinal Quels aliments pour un microbiote équilibré ?
Nutrition sportive personnalisée

Les athlètes ont-ils un microbiote spécifique ?

Plusieurs études ont observé à la loupe de microbiote de sportifs de haut niveau pour essayer d’y trouver d’éventuelles spécificités, voire dénicher les éventuelles bactéries associées à leurs performances. De manière générale, la flore des (sidenote: Athlete Sportif pratiquant un sport en compétition qui recherche un haut niveau de performance par le biais d’un entraînement.
Source : Rousseau AS. Nutrition, santé et performance du sportif d’endurance / Nutrition, health and performance of endurance athletes. Cahiers de Nutrition et Diététique. 2022 eb ;57(1) : 78-94
)
semble effectivement différente.

Première différence : le microbiote intestinal des athlètes se révèle plus diversifié. Ainsi, une étude menée auprès de rugbymen montre que le microbiote intestinal des athlètes compte un plus grand nombre d’espèces bactériennes. 1 Or, la condition physique cardio-respiratoire des athlètes, et plus précisément leur consommation maximale d'oxygène ou (sidenote: VO2max Ce critère propre à chaque sportif représente la quantité maximale d'oxygène que son corps est capable d'extraire de l'air, puis de transporter jusqu'aux fibres musculaires lors d'un exercice pour subvenir à ses besoins. Plus la VO2max est élevée, plus la performance pourra être au rendez-vous ; si elle est faible, les capacités sportives seront limitées et un entraînement spécifique sera nécessaire pour la booster. ) , semble liée à la diversité de ce microbiote intestinal. 2

Le microbiote intestinal

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Seconde différence : le microbiote des sportifs s’avère plus riche en bactéries bénéfiques (Bifidobacterium, Lactobacilli et Akkermansia) et produirait davantage de précieux acides gras à chaîne courte ( (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) ) 3,4. Pour autant, il existe de grandes différences selon les sports et les sportifs. Ainsi, dans le microbiote de nos précédents rugbymen, plusieurs taxons bactériens sont sur-représentés, à commencer par la bactérie Akkermansiaceae. 1 Chez des marathoniens et skieurs de fond, la flore intestinale s’avère plus riche en bactéries de la grande famille des Firmicutes (qui comprennent les lactobacilles, ces « bonnes bactéries »), et plus pauvre en Bacteroidetes : il en résulte un rapport F/B favorable entre ces deux familles de bactéries, associé à une VO2max plus élevée, élément-clé de la performance. 5

Les groupes des Firmicutes et des Bacteroidetes représentent à eux deux 70 % à 90 % de la communauté bactérienne de notre intestin. 8, 9

Les Prevotella, bactéries associées à de meilleures performances physiques, seraient également sur-représentées chez les marathoniens. 5 Même résultat chez des cyclistes professionnels américains : l'abondance de Prevotella augmentait avec les heures hebdomadaires consacrées à l’entrainement. 2

Reste néanmoins une grande question : le microbiote spécifique des athlètes est-il la cause de leurs performances hors-normes… ou la conséquence de leur pratique sportive très intense, associée à une alimentation très spécifique ? Sans doute un peu des deux, avec l’idée d’un cercle vertueux.

Moduler le microbiote intestinal, une stratégie de choix pour améliorer la santé et les performances des athlètes ?

Conséquence directe de la relation entre microbiote intestinal et performances sportives : la tentation pour les athlètes d’optimiser leur flore intestinale, que ce soit par leur alimentation (pour nourrir leurs bactéries) ou par des probiotiques. 6

Côté alimentation, la recherche commence à s’emparer du sujet, et étudie notamment l’intérêt d’une alimentation riche en fibres pour cocooner le microbiote des sportifs et leur santé digestive. 3 Car les athlètes sont souvent plus « pasta party » que « lentilles & salade party ». Pourtant, leur consommation de fibres devrait être proportionnelle à leurs importants apports caloriques : 14 g de fibres /1000 kcal /jour pour favoriser leur santé gastro-intestinale et leurs performances. Sous réserve néanmoins de les éviter juste avant ou juste après l'effort pour éviter d’ajouter un effet fibres (ballonnements, transit accéléré) à un système digestif déjà mis à mal. 3

Côté probiotiques, la variabilité des souches, des doses, des sports et des sportifs complique les conclusions. 3 Des effets bénéfiques sur la santé générale, et notamment l’immunité, sont néanmoins rapportés par les études scientifiques. Chez des nageuses, un yaourt probiotique contenant Lactobacillus acidophilus spp., Lactobacillus delbrueckii bulgaricus, Bifidobacterium bifidum et Streptococcus salivarus thermophilus, limite les épisodes d'infections respiratoires après la compétition ; chez des rugbymen, un probiotique contenant plusieurs souches réduit également la fréquence des troubles des voies respiratoires supérieures et des symptômes gastro-intestinaux ; d’autres études montrent une amélioration des fonctions immunitaires. 6

Probiotiques, de quoi parle-t-on ?

Les probiotiques sont « des micro-organismes vivants qui, lorsqu'ils sont administrés en quantités adéquates, confèrent un bénéfice pour la santé de l'hôte ». 10, 11 Autrement dit, des bactéries ou des levures en pleine forme qui offrent un bénéfice santé à celui ou celle qui les consomme, sous réserve d’en consommer ni trop ni trop peu !

Les micro-organismes les plus utilisés comme probiotiques sont :

  • des bactéries issues du microbiote humain ou des produits laitiers fermentés, et notamment les lactobacilles (Lactobacillus) et les bifidobactéries‎ (Bifidobacterium). 12, 13
  • des levures comme Saccharomyces boulardii, originellement  issue la peau des litchis. 12, 14

Côté performances, certaines expériences menées chez la souris semblent prometteuses. L’exemple le plus frappant : la bactérie Veillonella atypica, associé aux performances de marathoniens, qui transforme un déchet de leurs muscles (le lactate) en un carburant (le propionate).

Il suffit d’en glisser quelques-unes dans le tube digestif de souris pour qu’elles deviennent les nouvelles stars du tapis roulant. 7 A l’inverse, des souris consommant une alimentation dépourvue de fibres fermentescibles par les bactéries se trainent sur leur tapis d’exercice et perdent leur masse musculaire. 4 Pour autant, il ne s’agit que de premiers résultats chez des rongeurs : des études chez l’homme restent nécessaires pour les confirmer.

Microbiote & sport : des micro-organismes de compétition

En savoir plus
Sources

1. Clarke SF, Murphy EF, O'Sullivan O et al. Exercise and associated dietary extremes impact on gut microbial diversity. Gut. 2014 Dec;63(12):1913-20. 

2. Petersen LM, Bautista EJ, Nguyen H et al. Community characteristics of the gut microbiomes of competitive cyclists. Microbiome. 2017 Aug 10;5(1):98. 

3. Hughes RL, Holscher HD. Fueling Gut Microbes: A Review of the Interaction between Diet, Exercise, and the Gut Microbiota in Athletes. Adv Nutr. 2021 Dec 1;12(6):2190-2215.

4. Sales KM, Reimer RA. Unlocking a novel determinant of athletic performance: The role of the gut microbiota, short-chain fatty acids, and "biotics" in exercise. J Sport Health Sci. 2023 Jan;12(1):36-44.

5. Kulecka M, Fraczek B, Mikula M, et al. The composition and richness of the gut microbiota differentiate the top Polish endurance athletes from sedentary controls. Gut Microbes.2020;11(5):1374-1384.

6. Mach N, Fuster-Botella D. Endurance exercise and gut microbiota: A review. J Sport Health Sci. 2017 Jun;6(2):179-197.

7. Scheiman J, Luber JM, Chavkin TA et al. Meta-omics analysis of elite athletes identifies a performance-enhancing microbe that functions via lactate metabolism. Nat Med. 2019 Jul;25(7):1104-1109.

8. Iebba V, Totino V, Gagliardi A, et al. Eubiosis and dysbiosis: the two sides of the microbiota. New Microbiol. 2016;39(1):1-12.

9. Rinninella E, Raoul P, Cintoni M, et al. What is the Healthy Gut Microbiota Composition? A Changing Ecosystem across Age, Environment, Diet, and Diseases. Microorganisms. 2019;7(1):14.

10. FAO/OMS, Joint Food and Agriculture Organization of the United Nations/ World Health Organization. Working Group. Report on drafting guidelines for the evaluation of probiotics in food, 2002. 

11. Hill C, Guarner F, Reid G, et al. Expert consensus document. The International Scientific Association for Probiotics and Prebiotics consensus statement on the scope and appropriate use of the term probiotic. Nat Rev Gastroenterol Hepatol. 2014;11(8):506-514.

12. Butel, M-J. “Probiotics, gut microbiota and health.” Medecine et maladies infectieuses vol. 44,1 (2014): 1-8.

13.  ILSI Europe, 2013 Probiotics, Prebiotics and the Gut Microbiota. ILSI Europe Concise Monograph. 2013:1-32

14. Guarner F, World Gastroenterology Organisation Global Guidelines : Probiotiques et prébiotiques, février 2017.

15. Rousseau AS. Nutrition, santé et performance du sportif d’endurance / Nutrition, health and performance of endurance athletes. Cahiers de Nutrition et Diététique. 2022 eb ;57(1) : 78-94.

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Du sport – avec modération – pour un microbiote intestinal en pleine santé

Mode de vie, âge, génétique, alimentation… : nombreux sont les facteurs pouvant modifier le microbiote intestinal. Parmi eux, il en est un encore peu étudié : l’impact de l’exercice physique. Et pourtant, les recherches scientifiques s’accordent à démontrer qu’une activité physique régulière va de pair avec une bonne santé digestive et un microbiote sain… mais gare aux pratiques sportives trop intenses !

Le microbiote intestinal
Actu PRO L’activité physique, c'est bon pour le microbiote !

La pratique sportive est-elle bénéfique pour notre santé digestive ?

Tout comme le reste de notre organisme, notre système digestif a tout à gagner d’une (sidenote: Activité physique Tout mouvement corporel produit par contraction des muscles squelettiques entraînant une augmentation de la dépense énergétique (DE) par rapport à la DE de repos. Par exemple la marche, le vélo, le jeu actif, la pratique sportive, le ménage, le jardinage, le bricolage, sont des exemples d’activités physiques.
  Source: Caspersen CJ, Powell KE, Christenson GM. Physical activity, exercise, and physical fitness: definitions and distinctions for health-related research. Public Health Rep. 1985 Mar-Apr;100(2):126-31.
)
. Ainsi lorsque celle-ci est pratiquée de manière raisonnable (à moins de 50 % de la consommation maximale d'oxygène ou (sidenote: VO2max Ce critère propre à chaque sportif représente la quantité maximale d'oxygène que son corps est capable d'extraire de l'air, puis de transporter jusqu'aux fibres musculaires lors d'un exercice pour subvenir à ses besoins. Plus la VO2max est élevée, plus la performance pourra être au rendez-vous ; si elle est faible, les capacités sportives seront limitées et un entraînement spécifique sera nécessaire pour la booster. ) ) :

  • le transit intestinal connaît un petit coup de fouet,
  • la muqueuse qui tapisse les parois du tube digestif est en meilleur état.

Une étude scientifique montre que, après trois mois d’activité physique modérée, la motilité gastro-intestinale (contractions des muscles du tube digestif nécessaires pour y faire progresser les aliments) est améliorée : le transit s’en trouve donc accéléré, réduisant le temps passé par les futures selles dans le système digestif… et donc la période de contact entre d’éventuels agents pathogènes présents dans ces selles et la barrière intestinale. Même chose après seulement une semaine de vélo à une intensité modérée. Autrement dit, le (sidenote: Sport « Activité physique de loisir structurée pouvant inclure des exercices physiques où les participants adhèrent à un ensemble commun de règles (ou d’attentes) et où un objectif est défini. »
Source : Khan KM, Thompson AM, Blair SN et al. Sport and exercise as contributors to the health of nations. Lancet. 2012 Jul 7;380(9836):59-64.
)
est bon pour le système digestif, dès lors que vous n’êtes pas obsédé du chrono et ne tirez pas excessivement sur la corde de vos capacités. 1

Un bénéfice intestinal dès 2h30 d’activité physique par semaine

Marcher pour aller au travail, prendre les escaliers plutôt que l’escalator, passer l’aspirateur, jardiner, faire du vélo et aller à un cours de gymnastique : 2h30 d’activité physique par semaine suffisent pour obtenir un bénéfice intestinal. Et inutile de se lancer dans un marathon : l’amélioration de la diversité et de la richesse du microbiote est davantage liée au nombre d’heures consacrées à l’activité physique qu’à l’intensité de celle-ci. 10

Même constat du côté de la muqueuse intestinale qui tapisse les parois de notre tube digestif. Le sport (pratiqué de façon raisonnable) va ainsi de pair avec une muqueuse en bonne santé, qui joue parfaitement son rôle de barrière. 1

Votre microbiote a besoin d'exercice : enfilez vos baskets !

Faut-il y voir une conséquence directe de cette bonne santé digestive ? En cas de pratique sportive (non excessive), le microbiote intestinal est en pleine forme. L'exercice physique, coche alors toutes les bonnes cases 1 :

  • il améliore la composition du microbiote intestinal et son fonctionnement, favorisant l’installation d’une flore riche et bénéfique ; 
  • il favorise la synthèse de molécules qui modulent l’immunité et d’autres dotées de propriétés antimicrobiennes qui protègent efficacement d’attaques de pathogènes.

Ainsi, les premiers résultats de la recherche devraient vous inciter à quitter votre canapé ! L’abandonner au profit d’un peu d’exercice provoque une plus grande diversité parmi le phylum des firmicutes qui contribuent à un environnement intestinal plus sain. 2 Chez des adolescents habituellement sédentaires, instaurer une demi-heure de course à pied d’intensité modérée, 4 fois par semaine, modifie leur flore (et réduit leur vague à l’âme) : les bactéries Coprococcus et de Blautia sont davantage présentes. 3 N’hésitez pas à rendre votre pratique régulière et répétée : les rugbymen professionnels affichent un microbiote en pleine forme. 4,5

Enfin, il semblerait qu’il existe un lien avec l’intensité de la pratique 6 : plus des adeptes des arts martiaux sont de grade élevé, plus leur microbiote intestinal est diversifié et riche en bactéries bénéfiques. 

L’exercice physique aurait même des vertus thérapeutiques : pratiqué à une intensité modérée, l’effort semble réduire efficacement le Syndrome du Côlon Irritable (SCI), dont souffre de nombreux athlètes pratiquant des sports d’endurance. Autant de raisons de retrouver une pratique régulière. 1

Du sport, oui mais sans excès !

Brûler ses calories oui ! Mais pas à n’importe quel prix. Comme toujours, l’excès peut être délétère : 60 min d’entraînement d’endurance très intense (à 70 % de la capacité (sidenote: VO2max Ce critère propre à chaque sportif représente la quantité maximale d'oxygène que son corps est capable d'extraire de l'air, puis de transporter jusqu'aux fibres musculaires lors d'un exercice pour subvenir à ses besoins. Plus la VO2max est élevée, plus la performance pourra être au rendez-vous ; si elle est faible, les capacités sportives seront limitées et un entraînement spécifique sera nécessaire pour la booster. ) ) entraînent des douleurs abdominales, nausées et diarrhées. 1 D’autres facteurs, tels que l’altitude, la température ambiante, la mauvaise hydratation ou encore l’âge semblent également contribuer à des désagréments.

Les coureurs à pied seraient 2 fois plus exposés que ceux pratiquant d’autres sports d’endurance comme le cyclisme ou la natation. Et tout particulièrement les stars de la discipline : le phénomène serait 1,5 à 3 fois plus fréquent parmi les (sidenote: Athlete Sportif pratiquant un sport en compétition qui recherche un haut niveau de performance par le biais d’un entraînement.
Source : Rousseau AS. Nutrition, santé et performance du sportif d’endurance / Nutrition, health and performance of endurance athletes. Cahiers de Nutrition et Diététique. 2022 eb ;57(1) : 78-94
)
d’élite comparé aux amateurs. 1 Ainsi, 30 à 50 % des athlètes seraient concernés par des troubles digestifs, voire 90 % de ceux participant à des (sidenote: Épreuves d’ultra-endurance Épreuves extrêmes de souvent plus de 6 heures et plus de 100 km (voire bien plus !), parfois dans des conditions difficiles. Par exemple, Ironman est un triathlon d'une distance totale de 226 kilomètres consistant à enchaîner, le même jour, 3,8 km de natation, 180,2 km de cyclisme puis un marathon 42,195 km ; la Race Across America est une course cycliste de 12 jours maximum sur 4 860 km ; les participants de l’Iditarod Trail Invitational courent, pédalent, skient en Alaska à travers 1 600 km de neige ; etc. ) . 7 Les images de marathoniens confrontés à des crises de diarrhée en plein effort ont fait le tour du web.

30 à 50 % des athlètes seraient concernés par des troubles digestifs, voire 90 % de ceux participant à une épreuve d’ultra-endurance. 7

Comment expliquer une telle épidémie de troubles gastro-intestinaux chez les athlètes ? Par le fait que leur organisme met toutes ses forces pour offrir aux muscles l’oxygène dont ils ont besoin. Ainsi, l’exercice physique intense génère un branle-bas de combat au niveau du système sanguin : des instructions sont données pour redistribuer illico presto le flux sanguin vers nos muscles … au détriment des viscères et de votre système digestif. En parallèle, notre système nerveux sympathique, celui-là même qui fait battre plus vite notre cœur quand on a peur, s’active et affecte notre transit. Un double mécanisme qui explique les douleurs, nausées et diarrhées ressenties. 7

Troubles digestifs

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Le souci, c’est que le système digestif emporte dans son mal-être le microbiote qu’il héberge. Ainsi, que l’on soit amateur ou professionnel, un entraînement trop intense, ou disproportionné par rapport à son niveau physique, provoquerait une altération dans la composition et la fonction du microbiote, appelée dysbiose.

Une « dysbiose » peut être définie comme une altération dans la composition et la fonction du microbiote. Cette altération résulte d’une combinaison de facteurs environnementaux et de facteurs spécifiques à chaque personne. 9

Cette perturbation serait d’autant plus rapide et profonde que l’activité physique qui l’a provoqué serait intense. 8 Avec à la clé une perméabilité intestinale accrue : la membrane du tube digestif n’arrive plus à bien jouer son rôle de barrière et de garde-frontière. D’éventuelles toxines bactériennes ou des molécules pro-inflammatoires peuvent alors pénétrer dans l’organisme de l’athlète, au risque d’impacter sa santé globale. 1

Microbiote & sport : des micro-organismes de compétition

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Sources

1. Ribeiro FM, Petriz B, Marques G et al. Is There an Exercise-Intensity Threshold Capable of Avoiding the Leaky Gut? Front Nutr. 2021 Mar 8;8:627289. 

2. Mach N, Fuster-Botella D. Endurance exercise and gut microbiota: A review. J Sport Health Sci. 2017 Jun;6(2):179-197. 

3. Wang R, Cai Y, Lu W et al. Exercise effect on the gut microbiota in young adolescents with subthreshold depression: A randomized psychoeducation-controlled Trial. Psychiatry Res. 2023 Jan;319:115005

4. Clarke SF, Murphy EF, O'Sullivan O et al. Exercise and associated dietary extremes impact on gut microbial diversity. Gut. 2014 Dec;63(12):1913-20. 

5. Barton W, Penney NC, Cronin O et al. The microbiome of professional athletes differs from that of more sedentary subjects in composition and particularly at the functional metabolic level. Gut. 2018 Apr;67(4):625-633. 

6. Liang R, Zhang S, Peng X, Yang W, Xu Y, Wu P, Chen J, Cai Y, Zhou J. Characteristics of the gut microbiota in professional martial arts athletes: A comparison between different competition levels. PLoS One. 2019 Dec 27;14(12):e0226240. 

7. Rousseau AS. Nutrition, santé et performance du sportif d’endurance / Nutrition, health and performance of endurance athletes. Cahiers de Nutrition et Diététique. 2022 eb ;57(1) : 78-94.

8. Ticinesi A, Lauretani F, Tana C et al. Exercise and immune system as modulators of intestinal microbiome: implications for the gut-muscle axis hypothesis. Exerc Immunol Rev. 2019;25:84-95. 

9. Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232.

10. Shah S, Mu C, Moossavi S, et al. Physical activity-induced alterations of the gut microbiota are BMI dependent. FASEB J. 2023 Apr;37(4):e22882.

11. Caspersen CJ, Powell KE, Christenson GM. Physical activity, exercise, and physical fitness: definitions and distinctions for health-related research. Public Health Rep. 1985 Mar-Apr;100(2):126-31.

12. Khan KM, Thompson AM, Blair SN et al. Sport and exercise as contributors to the health of nations. Lancet. 2012 Jul 7;380(9836):59-64.

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Le microbiote, un coach invisible au service de la performance sportive

Parce que la sédentarité nuit gravement à la santé, il est important de pratiquer une activité physique hebdomadaire. Si se (re)mettre au sport n’est pas toujours simple, tout un chacun dispose d’un allier de taille : le microbiote intestinal.

Le microbiote intestinal
Actu GP Sport et microbiote, un cercle vertueux ?

Pourquoi une activité physique régulière est-elle importante pour notre santé ? Pourquoi est-il si difficile de s’y (re)mettre ?

La (sidenote: Sédentarité « Situation d’éveil caractérisée par une dépense énergétique proche de la dépense énergétique de repos en position assise ou allongée ».  Exemple : temps passé en position assise ou allongée dans la journée, hors temps de sommeil, que ce soit sur le lieu de travail ou à l’école, lors des déplacements en transports motorisés, ou lors des loisirs, notamment devant les écrans.
Source : OMS, Organisation mondiale de la Santé. Lignes directrices de l’OMS sur l’activité physique et la sédentarité: en un coup d’œil. 2020 Nov 25. 17 pages. ISBN: 9789240014862
)
nuit gravement à votre santé : une activité physique insuffisante va de pair avec un risque de décès accru de 20 % à 30 %. 1 A l’inverse, (sidenote: Activité physique Tout mouvement corporel produit par contraction des muscles squelettiques entraînant une augmentation de la dépense énergétique (DE) par rapport à la DE de repos. Par exemple la marche, le vélo, le jeu actif, la pratique sportive, le ménage, le jardinage, le bricolage, sont des exemples d’activités physiques.
  Source: Caspersen CJ, Powell KE, Christenson GM. Physical activity, exercise, and physical fitness: definitions and distinctions for health-related research. Public Health Rep. 1985 Mar-Apr;100(2):126-31.
)
régulière est associée à de multiples bienfaits sur les plans musculaire, cardiorespiratoire, cardiovasculaire, osseux, ou encore de la gestion de poids. 1 Reste qu’il n’est pas toujours facile de se (re)mettre en selle.

La pratique hebdomadaire d’un sport est associée à une réduction de 20 à 40 % de la mortalité toute cause. 8

Pratiquer un (sidenote: Sport « Activité physique de loisir structurée pouvant inclure des exercices physiques où les participants adhèrent à un ensemble commun de règles (ou d’attentes) et où un objectif est défini. »
Source : Khan KM, Thompson AM, Blair SN et al. Sport and exercise as contributors to the health of nations. Lancet. 2012 Jul 7;380(9836):59-64.
)
d’endurance, qu’il s’agisse de course à pied, de vélo, de natation ou d’aérobique, suppose en effet quelques adaptations physiologiques de notre corps, et pas seulement au niveau des muscles. En effet, une activité prolongée va :

  • induire des pertes en eau et en électrolytes (notamment sodium et chlore) du fait de la sudation destinée à refroidir notre corps, 
  • épuiser les réserves de (sidenote: Glycogène Forme de stockage des glucides (« sucres ») dans l’organisme, et principalement dans le foie et les muscles. ) pour nourrir nos muscles en mouvement, 
  • accroître l’inflammation du fait du stress de l’effort, etc.

C’est pour la bonne cause, certes, mais cela représente un sacré challenge pour notre organisme… vis-à-vis duquel le microbiote intestinal pourrait être bien utile.

Motivés, motivés !

Nous ne sommes clairement pas tous autant motivés à faire du sport. Et le microbiote pourrait être responsable du manque d’entrain de certains, et de l’hyper-engagement d’autres. Comment ? Via des bactéries intestinales qui produiraient des molécules boostant la libération de dopamine (hormone du plaisir et de la motivation) pendant l'activité physique, a minima chez la souris chez laquelle ces expériences ont été menées. 10

Pour un même tour de roue, certaines souris vont produire davantage de dopamine, ressentir un plaisir largement supérieur, et devenir accros au sport. Ces souris, dont le microbiote stimule beaucoup cette connexion, ne rêvent donc que d’une chose : enfiler leurs baskets et devenir le nouveau Speedy gonzales de la roue ! Quant aux rongeurs chez lesquels le microbiote active peu le circuit de la dopamine, ils préfèrent pantoufler, étant peu récompensés, en termes de plaisir, de leurs efforts.

Le microbiote au service de nos performances sportives ?

Aussi incroyable que cela puisse paraître, de récentes études scientifiques montrent que notre microbiote intestinal nous aide à relever les challenges hydriques, énergétiques, et inflammatoires liés à la pratique sportive.

Vous le savez : l’hydratation est primordiale lors d’un effort physique soutenu. Or, certaines bactéries intestinales favoriseraient le transport de liquides et de solutés à travers la barrière intestinale et donc le maintien de l’hydratation.

Autre ingrédient indispensable au sport et aux performances : l’énergie. De nouveau, notre flore intestinale peut nous donner un coup de pouce : elle aide nos muscles qui, dans les sports d’endurance, viennent à bout de leurs réserves de glycogène. En effet, des bactéries du microbiote intestinal fermentent les fibres que notre organisme ne sait pas digérer et en extraient de précieux acides gras à chaîne courte ( (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) ) qui serviraient de carburant de secours aux muscles pendant l’effort. 2

Les pertes hydriques engendrées par l’effort sont de l’ordre de 0,6 à 0,8 L/h pour des exercices d’intensité faible à modérée, et peuvent atteindre jusqu’à 2 L/h dans des atmosphères chaudes et humides.

Les pertes minérales via la sueur sont élevées : entre 20 et 70 mmol/L pour le sodium et le chlorure, avec de fortes variations d’un individu à l’autre. 9

Les effets de ce coup de pouce énergétique sont loin d’être négligeables : les AGCC fournissent plus de 10 % des besoins caloriques quotidiens chez l'homme. 3 Et les bénéfices liés aux AGCC sont loin de s’arrêter là : ils favoriseraient le stockage de réserves de glycogène dans le muscle avant l’effort, retardant le moment où l’organisme aura besoin d’un carburant de secours. 2

Enfin, les AGCC réduiraient également l’inflammation induite par l’effort physique intense. 2, 4, 5

Un axe intestin-muscle-cerveau ?

Notre intestin dialogue en permanence avec notre cerveau et vice versa. C'est ce qu'on appelle l'axe intestin-cerveau qui utilise un triple circuit de communication 11 : la voie neuronale (les neurones), la voie endocrinienne (les hormones) et la voie du système immunitaire.

De la même manière, certains chercheurs évoquent l’idée d’un axe intestin-muscles, qui reposerait principalement sur les fameux AGCC, ces petits acides gras à chaîne courte produits par nos bactéries intestinales. 4,5 Ces AGCC, mais aussi différentes hormones libérées sous leur action au niveau du côlon, du tissu adipeux et du pancréas, circuleraient dans le réseau sanguin et interagiraient avec les muscles en charge du mouvement de notre corps.

L’activité physique contribuant à la bonne santé cérébrale, avec un lien démontré entre notre système cognitif et notre niveau d'activité physique, il n’y a qu’un pas pour envisager un triptyque un axe intestin-muscle-cerveau ?

Parfois, le mécanisme est encore plus astucieux : la bactérie transforme un déchet du métabolisme du sportif en ressource ! Telle semble être la prouesse de la bactérie intestinale Veillonella atypica, associée aux performances de marathoniens. 7

Comment est-ce possible ? Lorsque le muscle des coureurs a consommé toutes ses réserves de glycogène, il se met à fermenter pour produire de l’énergie, produisant un déchet appelé lactate (responsable des crampes). Et c’est à ce moment qu’intervient la petite Veillonella : elle transforme le lactate en propionate, que les muscles vont utiliser comme source d’énergie ! Et voilà les performances des (sidenote: Athlete Sportif pratiquant un sport en compétition qui recherche un haut niveau de performance par le biais d’un entraînement.
Source : Rousseau AS. Nutrition, santé et performance du sportif d’endurance / Nutrition, health and performance of endurance athletes. Cahiers de Nutrition et Diététique. 2022 eb ;57(1) : 78-94
)
naturellement reboostées. 7

Le débit sanguin peut être multiplié par 20 entre une situation de repos et une situation d’exercice dynamique intense. 9

Reste que pour que les bactéries produisent des molécules « coup de pouce », encore faut-il disposer des bonnes bactéries dans son tube digestif et les nourrir de manière adaptée. Faute de quoi, des produits délétères pour nos performances peuvent aussi être produites par les micro-organismes. 2,4,8

Microbiote & sport : des micro-organismes de compétition

En savoir plus
Sources

1. OMS, organisation mondiale de la santé. Fact Sheets Activité physique. Mise à jour : 5 octobre 2022.

2. Mach N, Fuster-Botella D. Endurance exercise and gut microbiota: A review. J Sport Health Sci. 2017 Jun;6(2):179-197.

3. den Besten G, van Eunen K, Groen AK et al. The role of short-chain fatty acids in the interplay between diet, gut microbiota, and host energy metabolism. J Lipid Res. 2013 Sep;54(9):2325-40. 

4. Frampton J, Murphy KG, Frost G et al. Short-chain fatty acids as potential regulators of skeletal muscle metabolism and function. Nat Metab. 2020 Sep;2(9):840-848.

5. Przewłócka K, Folwarski M, Kaźmierczak-Siedlecka K et al. Gut-Muscle Axis Exists and May Affect Skeletal Muscle Adaptation to Training. Nutrients. 2020 May 18;12(5):1451. 

6. Scheiman J, Luber JM, Chavkin TA et al. Meta-omics analysis of elite athletes identifies a performance-enhancing microbe that functions via lactate metabolism. Nat Med. 2019 Jul;25(7):1104-1109.

7. Sales KM, Reimer RA. Unlocking a novel determinant of athletic performance: The role of the gut microbiota, short-chain fatty acids, and "biotics" in exercise. J Sport Health Sci. 2023 Jan;12(1):36-44.

8. Khan KM, Thompson AM, Blair SN et al. Sport and exercise as contributors to the health of nations. Lancet. 2012 Jul 7;380(9836):59-64.

9. Rousseau AS. Nutrition, santé et performance du sportif d’endurance / Nutrition, health and performance of endurance athletes. Cahiers de Nutrition et Diététique. 2022 eb ;57(1) : 78-94.

10. Dohnalová L, Lundgren P, Carty et al. A microbiome-dependent gut-brain pathway regulates motivation for exercise. Nature. 2022 Dec;612(7941):739-747.

11. Cryan JF, O'Riordan KJ, Cowan CSM, et al. The Microbiota-Gut-Brain Axis. Physiol Rev. 2019;99(4):1877-2013.

12. Caspersen CJ, Powell KE, Christenson GM. Physical activity, exercise, and physical fitness: definitions and distinctions for health-related research. Public Health Rep. 1985 Mar-Apr;100(2):126-31.

13. OMS, Organisation mondiale de la Santé. Lignes directrices de l’OMS sur l’activité physique et la sédentarité: en un coup d’œil. 2020 Nov 25. 17 pages. ISBN: 9789240014862

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