Quid des prébiotiques ?

Le microbiote intestinal Prébiotiques : l'essentiel pour comprendre

Idem côté prébiotiques, ces sucres non digestibles présents dans les légumes, céréales complètes, légumineuses, tubercules, fruits, fruits à coque, herbes, épices… qui servent à nourrir les « bonnes » bactéries et les faire proliférer au détriment des mauvaises. Car si leurs bénéfices pour enrayer l’obésité ont été largement prouvés en laboratoire, les essais chez l’Homme ont donné des résultats divergents6.

Certains prébiotiques ont induit une baisse significative du poids, de l’IMC et du tour de taille chez des adultes obèses ou en surpoids, d’autres en revanche n’ont eu aucun effet6. Globalement, les études mettent en évidence un effet des prébiotiques sur la satiété7, mais celui-ci ne se traduit malheureusement pas par une perte de poids6.

Si les prébiotiques restent une piste de recherche enthousiasmante, il est encore prématuré de les recommander dans la prise en charge de l’obésité et du surpoids, estiment les experts6.

Image
Summary
Off
Sidebar
Off
Migrated content
Activé
Updated content
Désactivé
Old content type
gp_dossiers_article
Hide image
Off
Détail du dossier

Les probiotiques, une piste d’avenir ?

Les probiotiques sont des « micro-organismes vivants (bactéries, levures) qui, lorsqu’ils sont ingérés en quantité suffisante, ont un effet bénéfique sur la santé de l’hôte12,13 ». On trouve ces microorganismes dans les aliments fermentés (yaourt, kéfir, choucroute…), sous forme de médicaments ou de compléments alimentaires. Leur capacité à restaurer l’équilibre du microbiote en fait des candidats prometteurs à la lutte contre l’obésité3.

Le microbiote intestinal Les probiotiques
Bandeau_Article4_DTO

Pour en observer les effets sur la perte de poids, la capacité à réguler le taux de sucre dans le sang malgré une alimentation riche en graisses, le sentiment de satiété, la baisse de l’indice de masse corporelle (IMC), la diminution de la masse grasse… des souris de laboratoire ont été examinées sous toutes les coutures après avoir reçu des probiotiques3,4,6,14,15. Entre autres résultats : certains (sidenote: Lactobacilles Bactérie en forme de batônnet, dont la caractéristique principale est de produire de l’acide lactique. C’est pour cela que l’on parle de « bactéries lactiques ».  Ces bactéries sont présentes chez l’homme au niveau des microbiotes oral, vaginal, intestinal, mais aussi sur les plantes ou chez les animaux. On peut les consommer dans les produits fermentés : produits laitiers comme certains fromages et yaourts, mais aussi des d’autres types d’aliments fermentés : les cornichons, la choucroute etc.. Les lactobacillus sont aussi consommés dans les probiotiques, certaines espèces étant reconnues pour leurs propriétés bénéfiques.     W. H. Holzapfel et B. J. Wood, The Genera of Lactic Acid Bacteria, 2, Springer-Verlag, 1st ed. 1995 (2012), 411 p. « The genus Lactobacillus par W. P. Hammes, R. F. Vogel Tannock GW. A special fondness for lactobacilli. Appl Environ Microbiol. 2004 Jun;70(6):3189-94. Smith TJ, Rigassio-Radler D, Denmark R, et al. Effect of Lactobacillus rhamnosus LGG® and Bifidobacterium animalis ssp. lactis BB-12® on health-related quality of life in college students affected by upper respiratory infections. Br J Nutr. 2013 Jun;109(11):1999-2007. ) , (sidenote: Bifidobactéries Bactéries, en forme de batônnet, en Y. La plupart des espèces sont bénéfiques pour l’homme. Elles sont retrouvées dans les intestins de l’homme, mais également certains yaourts.  Ces bactéries :
- Protègent la barrière intestinale 
- Participent au développement du système immunitaire, aident à lutter contre l’inflammation 
-
Favorisent la digestion, améliorent les symptômes gastro intestinaux Sung V, D'Amico F, Cabana MD, et al. Lactobacillus reuteri to Treat Infant Colic: A Meta-analysis. Pediatrics. 2018 Jan;141(1):e20171811.  O'Callaghan A, van Sinderen D. Bifidobacteria and Their Role as Members of the Human Gut Microbiota. Front Microbiol. 2016 Jun 15;7:925. Ruiz L, Delgado S, Ruas-Madiedo P, et al. Bifidobacteria and Their Molecular Communication with the Immune System. Front Microbiol. 2017 Dec 4;8:2345.
)
, d’autres bactéries aux noms complexes (Akkermansia, Hafnia, Pediococcus, Bacteroides…) ou encore une levure sortent positivement du lot. Ces probiotiques participeraient à l’amélioration du profil métabolique et à la réduction du gain de poids chez la souris6,14,15. L’une d’entre elles aurait même un effet coupe-faim prometteur et favoriserait le sentiment de satiété16,14,15.

Les données sont moins nombreuses chez l’Homme, et seulement certains probiotiques spécifiques ont eu un impact sur le poids, l’IMC, le tour de taille, la masse grasse et le profil métabolique3,4,6. Même si ces résultats sont encourageants, tout reste à poursuivre et à confirmer chez l’Homme3,6.

Image
Summary
Off
Sidebar
Off
Migrated content
Activé
Updated content
Désactivé
Old sources

 

 

Old content type
gp_dossiers_article
Hide image
Off
Détail du dossier

Revoir d'urgence son assiette

Faire fondre ses kilos en rééquilibrant son microbiote, un espoir à portée de main ? Peut-être, au moins à condition de mieux comprendre comment l’alimentation, les pro- et prébiotiques ou encore la transplantation de microbiote fécal (TMF) influencent l’écosystème microbien intestinal. Si elle n’est pas encore gagnée, la guerre contre l’obésité est résolument déclarée !

Le microbiote intestinal Quels aliments pour un microbiote équilibré ?
Bandeau_Article3_DTO

Premier facteur de risque d’obésité, l’alimentation est aussi le principal levier de modulation du microbiote. Sans surprise, l’intestin est donc façonné par les préférences alimentaires : par exemple, une plus grande variété de bactéries chez les omnivores que chez les végétariens, la domination de certaines espèces spécifiques chez les amateurs de protéines et de graisses animales, etc3. En théorie, le « remède » semble enfantin… Faux !

Les réponses sont variables d’un individu à l’autre ; et malgré de très nombreuses études, aucun lien catégorique n’a, pour le moment, été établi entre action sur la flore et importance de la perte pondérale11. Selon certains auteurs, la variabilité des réponses à un régime serait due à la composition initiale de notre microbiote intestinal7,11; pour d’autres, il permettrait carrément d’en prédire le succès7.

Une seule certitude dans cette controverse : manger équilibré, même si nous ne sommes pas égaux face à la prise de poids !

La chirurgie bariatrique

Parmi les traitements proposés aux patients souffrant d’obésité morbide, l’un des plus efficaces est la chirurgie bariatrique. Elle consiste à réduire le volume de l’estomac ou à court-circuiter tout ou partie de l’intestin grêle11. En plus d’une perte de poids, le traitement a un impact sur le microbiote intestinal7,9. Les chercheurs pensent même que le microbiote modifié après la chirurgie serait directement responsable de la diminution de la masse graisseuse et d’une capacité réduite de l’hôte à utiliser les aliments comme carburant9.

Summary
Off
Sidebar
Off
Migrated content
Activé
Updated content
Désactivé
Old sources

 

 

Old content type
gp_dossiers_article
Hide image
Off
Détail du dossier

Microbiote intestinal et corpulence sont-ils liés ?

Les 100 000 milliards de micro-organismes (bactéries, virus et champignons) hébergés par le tube digestif participent activement à la bonne assimilation des aliments par notre organisme. Mais en cas d’alimentation trop riche en sucres et en graisses, notre balance énergétique est déréglée. Perturbé à son tour (moins riche et moins diversifié), l’écosystème microbien de l’intestin ne parvient plus à réguler l’excès d’énergie absorbée et participe lui-même au maintien de ce déséquilibre.

Le microbiote intestinal Quels aliments pour un microbiote équilibré ?

Le tube digestif est peuplé de bactéries, virus et champignons. Parmi eux, les deux principales familles bactériennes (les Bacteroidetes et les Firmicutes, dont les (sidenote: Lactobacilles Bactérie en forme de batônnet, dont la caractéristique principale est de produire de l’acide lactique. C’est pour cela que l’on parle de « bactéries lactiques ».  Ces bactéries sont présentes chez l’homme au niveau des microbiotes oral, vaginal, intestinal, mais aussi sur les plantes ou chez les animaux. On peut les consommer dans les produits fermentés : produits laitiers comme certains fromages et yaourts, mais aussi des d’autres types d’aliments fermentés : les cornichons, la choucroute etc.. Les lactobacillus sont aussi consommés dans les probiotiques, certaines espèces étant reconnues pour leurs propriétés bénéfiques.     W. H. Holzapfel et B. J. Wood, The Genera of Lactic Acid Bacteria, 2, Springer-Verlag, 1st ed. 1995 (2012), 411 p. « The genus Lactobacillus par W. P. Hammes, R. F. Vogel Tannock GW. A special fondness for lactobacilli. Appl Environ Microbiol. 2004 Jun;70(6):3189-94. Smith TJ, Rigassio-Radler D, Denmark R, et al. Effect of Lactobacillus rhamnosus LGG® and Bifidobacterium animalis ssp. lactis BB-12® on health-related quality of life in college students affected by upper respiratory infections. Br J Nutr. 2013 Jun;109(11):1999-2007. ) ) représentent près de 90 % des bactéries du microbiote3. Les 10 % restants sont composés de protéobactéries (dont Escherichia coli, connue pour être parfois néfaste) et d’Actinobactéries, dont les bénéfiques (sidenote: Bifidobactéries Bactéries, en forme de batônnet, en Y. La plupart des espèces sont bénéfiques pour l’homme. Elles sont retrouvées dans les intestins de l’homme, mais également certains yaourts.  Ces bactéries :
- Protègent la barrière intestinale 
- Participent au développement du système immunitaire, aident à lutter contre l’inflammation 
-
Favorisent la digestion, améliorent les symptômes gastro intestinaux Sung V, D'Amico F, Cabana MD, et al. Lactobacillus reuteri to Treat Infant Colic: A Meta-analysis. Pediatrics. 2018 Jan;141(1):e20171811.  O'Callaghan A, van Sinderen D. Bifidobacteria and Their Role as Members of the Human Gut Microbiota. Front Microbiol. 2016 Jun 15;7:925. Ruiz L, Delgado S, Ruas-Madiedo P, et al. Bifidobacteria and Their Molecular Communication with the Immune System. Front Microbiol. 2017 Dec 4;8:2345.
)
. En lien avec l’intestin, un microbiote équilibré participe à la bonne santé et a de nombreuses fonctions : il aide à la digestion et au bon fonctionnement des cellules intestinales, interagit avec le système immunitaire, empêche les molécules et organismes nuisibles de franchir la muqueuse intestinale, et enfin communique avec le cerveau. Chez les personnes obèses ou en surpoids justement, la flore serait déséquilibrée ( (sidenote: Dysbiose La « dysbiose » n’est pas un phénomène homogène : elle varie en fonction de l’état de santé de chaque individu. Elle est généralement définie comme une altération de la composition et du fonctionnement du microbiote, provoquée par un ensemble de facteurs environnementaux et liés à l’individu, qui perturbent l’écosystème microbien. Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232. ) ) : globalement moins riche et moins diversifiée9 elle compterait moins de « bonnes » bactéries comme Akkermansia muciniphila et les bifidobactéries, et davantage de bactéries potentiellement néfastes participant à la prise de poids via des mécanismes encore mal compris9.

La dysbiose, un cercle vicieux

Cause ou conséquence, le microbiote intestinal joue un rôle dans l’obésité ; lorsqu’il est altéré, les répercussions sont multiples et entraînent des perturbations au niveau de la digestion, du système de défense et de sa capacité à communiquer avec le cerveau pour gérer la faim8. Ces perturbations entretiennent elles-mêmes la dysbiose du microbiote intestinal9. Plus qu’une maladie métabolique, l’obésité serait donc un trouble du cerveau et du système immunitaire qui se manifeste par un comportement alimentaire anormal auquel participerait le microbiote intestinal3,4,8,10. On vous explique !

Image
Summary
Off
Sidebar
Off
Migrated content
Activé
Updated content
Désactivé
Old content type
gp_dossiers_article
Hide image
Off
Détail du dossier

Un facteur de risque de multiples maladies... aux origines pas si simples à comprendre

"Toute maladie commence dans les intestins" affirmait Hippocrate, père de la médecine moderne. Et l’obésité semble ne pas échapper à l’adage. Car si cette épidémie est certes liée à la malbouffe et à la sédentarité, ses liens potentiels avec d’autres facteurs (dont le microbiote intestinal) sont à l’étude. Trois fois plus nombreuses aujourd’hui qu’en 19751 , les personnes concernées sont encore trop souvent accusées de manquer de volonté et stigmatisées par nos sociétés normées. Un raisonnement simpliste qui a probablement entravé pendant longtemps la prise en charge de ce fléau mondial, à l’origine de graves conséquences socio-économiques et premier facteur de risque de décès prématuré lié au mode de vie, devant le tabac1.

Le microbiote intestinal
Obesity and excess weight

À l’heure où l’on meurt, dans le monde entier, davantage de sur-alimentation que de sous-alimentation, l’obésité est définie par l’accumulation excessive de graisses dans l’organisme1. Elle est caractérisée par un indice de masse corporelle (ou IMC) supérieur ou égal à 30. Entre 1975 et 2014, la proportion mondiale d’adultes obèses a bondi de 7,6 % chez les hommes et de 8,5 % chez les femmes1. Des données qui masquent toutefois d’importantes disparités : au Japon, moins de 4 % des adultes sont obèses, tandis qu’ils sont 10 fois plus nombreux aux États-Unis1. Si presqu’aucun pays n’a échappé à cette pandémie (certaines régions du globe affichent des hausses particulièrement marquées2), seuls le Japon, la Corée du Nord et certains pays d’Afrique sub-saharienne tirent encore leur épingle du jeu.1.

13 % d’adultes obèses à travers le monde (entre 10 et 30 % en Europe)

39 % d’adultes en surpoids (entre 30 et 70 % en Europe)

3,7 % d’adultes obèses au Japon

38,2 % aux Etats-Unis

Image
Data monde_obésité
Augmentation du nombre de cas d’obésité adulte au cours des années. Pourcentage d’adultes obèses par pays en 1975 (partie a) et 2014 (partie b). Le nombre d’adultes obèses a considérablement augmenté entre 1975 et 2014. Base de données de l’Observatoire mondial de la Santé (OMS).

Un facteur de risque de multiples maladies…

Les conséquences du poids excessif ne se remarquent pas toutes au premier coup d’oeil. Pourtant, la science l’affirme : les personnes obèses présentent un risque plus important de développer d’autres affections3 (troubles métaboliques comme le diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, dépression, certains cancers…) et chez l’homme, la surcharge pondérale entraîne des troubles urinaires ou de l’érection, accompagnés d’un retentissement majeur sur la qualité de vie4. Au total, les individus concernés ont une espérance de vie réduite de 7 ans par rapport à ceux de poids normal4.

Image
IMC_obésité FR

… aux origines pas si simples à comprendre

Trop de calories absorbées – graisses et sucres notamment – par rapport aux dépenses énergétiques réelles : c’est l’origine principale, désormais bien connue, de l’obésité et du surpoids1,5. Pourtant parfois, adopter des comportements vertueux (alimentation saine, activité physique…) ne suffit pas à résorber l’excès de poids1. Quelles sont donc les causes cachées ?

Hérédité

La génétique, d’abord : programmé pour résister aux coups durs (famine par exemple), l’être humain a hérité d’un patrimoine qui favorise sa capacité à stocker les calories1. Des travaux chez la souris et chez l’homme suggèrent même que l’obésité, y compris dans ses formes sévères, pourrait être héréditaire à hauteur de 40 à 70 %1. Mais ces formes d’origine génétique ne peuvent expliquer à elles seules l’épidémie à laquelle on assiste.

Environnement "obésogène"

Une génétique liée également à l’environnement. Parce qu’il influence profondément nos comportements, il joue certainement un rôle majeur sur notre corpulence. Et l’augmentation du taux d’obésité au cours des 50 dernières années a coïncidé avec l’évolution de notre mode de vie : excès massif de graisses, de sucres et de sel dans les plats industriels, grignotage et « fastfood » ; modifications de nos activités

professionnelles et de loisir ; sédentarité ; manque ou mauvaise qualité de sommeil ; stress social1… Un cadre de vie quotidien qui, au fur et à mesure du temps, aurait pu entraîner des modifications génétiques transmissibles et prédisposer les générations futures à un risque d’obésité plus important : les mystères de ce qu’on appelle « l’épigénétique »1…

Communication intestin-cerveau brouillée

L’intestin, enfin. Véritable « second cerveau », il dialogue avec notre matière grise via un axe de communication qui veille sur le métabolisme, c’est-à-dire l’équilibre entre prises et dépenses énergétiques6. Quand il « bugge » comme chez les personnes obèses, il devient incapable de réguler l’appétit, la satiété et le stockage de l’énergie7,8. Verdict après expérience chez des souris : si on les prive de microbiote intestinal et qu’on les soumet à un régime riche en graisses, les rongeurs ne grossissent pas ; chez les animaux avec flore intestinale au contraire, la même diète entraîne une prise de poids7. Plus étonnant : si on greffe à une souris mince la flore d’un individu obèse, elle forcit à son tour7 ! Cause ou conséquence ? La recherche peine à répondre pour l’instant, tout comme sur les mécanismes en jeu5,8.

Summary
Off
Sidebar
Off
Migrated content
Activé
Updated content
Désactivé
Old sources

 

 

Old content type
gp_dossiers_article
Hide image
Off
Détail du dossier

Analyser le microbiote intestinal pour déterminer le risque d’ostéoporose ?

Saura-t-on, bientôt, identifier les personnes souffrant d’ostéoporose par une simple analyse de leurs selles ? Mieux, la composition du microbiote intestinale pourra-t-elle, un jour, servir de cible pour des traitements préventifs ou curatifs de cette pathologie en pleine expansion ? L’espoir est permis...

Le microbiote intestinal Quels aliments pour un microbiote équilibré ?
Actu GP : Analyser le microbiote intestinal pour déterminer le risque d’ostéoporose ?

Diminution de la masse osseuse, lésions de la micro-architecture de l’os, fragilité excessive du squelette, risque accru de fracture... L’ostéoporose, fortement liée au vieillissement, est en pleine expansion en Chine où elle représente un véritable problème de santé publique. Dans ce contexte, la confirmation d’un lien avec un déséquilibre du microbiote intestinal - suggéré dans de nombreuses études - constituerait une avancée majeure dans la compréhension des mécanismes impliqués dans son développement et dans la mise au point de traitements préventifs et/ou curatifs.

Un microbiote intestinal différent

Des chercheurs chinois ont comparé le microbiote intestinal de 48 patients souffrant d’ostéoporose primaire à celui de 48 personnes en bonne santé. À la différence de l’ostéoporose secondaire, provoquée par une pathologie, l’ostéoporose primaire n’a pas de cause réelle identifiable : l’âge et la ménopause sont ses principaux facteurs de risque. Globalement plus diversifié, l’écosystème du tube digestif des patients présentant une ostéoporose primaire se distinguait principalement par une quantité plus abondante de bactéries du genre Dialister, déjà soupçonnées d’être impliquées dans la perte de masse osseuse, et associées à un taux accru d’IL-6 : une molécule inflammatoire favorisant la dégradation osseuse. Il était également plus riche en bactéries du genre Faecalibacterium, mais probablement pour la raison inverse, suggèrent les auteurs : le surplus de ces bactéries, impliquées dans la formation de l’os, résulterait d’un ajustement de l’organisme pour contrecarrer la perte de masse osseuse.

Bientôt un outil diagnostique ?

Les chercheurs ont ensuite tenté de déterminer si ces différences au niveau de la composition du microbiote intestinal pouvaient servir de marqueurs diagnostiques de l’ostéoporose. Les résultats montrent que l’analyse des bactéries intestinales permet, chez les Chinois, d’identifier avec une grande précision (à plus de 98%) les personnes atteintes d’ostéoporose. Des découvertes significatives, qui ouvrent de nouvelles perspectives en matière de prévention et de traitement de cette affection.

Summary
Off
Sidebar
Off
Migrated content
Activé
Updated content
Désactivé
Old sources

Sources :

Xu Z, Xie Z, Sun J, et al. Gut Microbiome Reveals Specific Dysbiosis in Primary Osteoporosis. Front Cell Infect Microbiol. 2020;10:160. Published 2020 Apr 21.

Old content type
article
Hide image
Off
Actualités

Le soleil, un allié de votre microbiote intestinal ?

Alimentation, âge, environnement... De nombreux facteurs influencent la composition du microbiote intestinal. L’exposition au soleil, et plus particulièrement aux rayons ultraviolets B, en ferait également partie.

Le microbiote intestinal Quels aliments pour un microbiote équilibré ?
Actu GP : Le soleil, un ami de votre microbiote intestinal ?

L’intensité des UVB dépend de plusieurs paramètres : la latitude, l’altitude, les conditions météorologiques, le moment de la journée et la saison. Le comportement humain et le style de vie interviennent également de manière indirecte. Une étude menée sur des femmes vivant à Vancouver (Canada), exposées de manière artificielle aux UVB, a récemment suggéré que ces derniers augmentaient la diversité et la richesse du microbiote intestinal, contribuant à un bon état de santé.

Le microbiote intestinal modifié par le soleil

Des chercheurs ont reproduit l’étude sur des populations brésiliennes dont le cadre et les conditions de vie étaient très éloignées de celles des Canadiennes. Ils ont comparé le microbiote intestinal de ces citadins à celui de diverses populations de chasseurs-cueilleurs, parmi lesquelles celle des Yanomami : cette ethnie vit dans une région d’Amazonie proche de l’Équateur, très ensoleillée, où les rayons UVB ne sont bloqués ni par la pollution, ni par le port de vêtements, ni par l’application de crème solaire. Le microbiote intestinal des Yanomami semblait, comme celui des Canadiennes, modulé par l’exposition aux UVB ; il présentait les mêmes caractéristiques (plus grande diversité, augmentation de bactéries appartenant aux Firmicutes, réduction de celles appartenant aux Bacteroidetes), qui le distinguaient également de celui des citadins. Et il était, lui aussi, particulièrement riche en protéobactéries, une singularité qui semble mal comprise par les chercheurs…une forte exposition aux UVB, liée à leur mode de vie et aux conditions environnementales uniques dans lesquelles ils vivent pourrait en être responsable, suggèrent-ils.

Les UVB, un facteur à explorer

Les rayons UVB, qu’ils soient d’origine naturelle ou artificielle, méritent d’être considérés comme des facteurs capables d’influencer la composition du microbiote intestinal de l’Homme, estiment les auteurs. Des travaux plus approfondis, tenant compte de la latitude du pays et donc de l’exposition solaire, pourraient apporter un nouvel éclairage sur la relation entre l’hôte, son état de santé, son microbiote intestinal et l’environnement, concluent-ils.

Summary
Off
Sidebar
Off
Migrated content
Activé
Updated content
Désactivé
Old sources

Sources :

Conteville LC, Vicente ACP. Skin exposure to sunlight: a factor modulating the human gut microbiome composition [published online ahead of print, 2020 Apr 27]. Gut Microbes. 2020 Sep 2;11(5):1135-1138.

Old content type
article
Hide image
Off
Actualités

La pollution à l’ozone modifierait le microbiote intestinal

Pour la première fois, une étude montre, chez l’homme, que l’exposition à la pollution de l’air, et en particulier l’ozone, altèrerait la composition et la fonction de la flore intestinale.

Le microbiote intestinal Quels aliments pour un microbiote équilibré ?
Actu GP : La pollution à l’ozone modifierait le microbiote intestinal

L’air que nous respirons n’intoxique pas seulement nos poumons : les particules fines et les polluants atmosphériques sembleraient aussi perturber le microbiote intestinal. Les mécanismes en jeu sont encore méconnus, mais la science commence à identifier plus précisément les coupables, d’après une récente étude réalisée auprès d’une centaine de jeunes Californiens exposés à certains polluants atmosphériques.

L’ozone pointée du doigt

Après avoir mesuré la qualité de l’air autour du domicile des volontaires et analysé leur microbiote intestinal, les chercheurs ont, en effet, découvert que les oxydes d’azote (le monoxyde et dioxyde d’azote issus du trafic routier ou de la production d’énergie) perturberaient la flore intestinale. Mais il apparaît que les dommages les plus importants soient dus à l’ozone (un polluant formé sous l’effet de réactions entre divers polluants). Il entrainerait une diversité réduite au sein du microbiote intestinal et perturberait son fonctionnement. A en croire les résultats, près de 130 espèces bactériennes seraient influencées par ce polluant, contre 9 pour les oxydes d’azote.

Perturbation du métabolisme

D’importants mécanismes cellulaires seraient impactés par une forte exposition à l’ozone : la croissance cellulaire, la sécrétion d’insuline ou la synthèse et la dégradation des acides gras. Certains de ces processus pourraient d’ailleurs impacter l’intégrité de la barrière intestinale ainsi que le métabolisme. Ainsi, selon les chercheurs, en impactant le microbiote intestinal, les polluants atmosphériques pourraient faire le lit de troubles métaboliques comme le diabète de type 2 ou l’obésité.

Lutter contre la pollution pour protéger son microbiote

Cette hypothèse devrait être examinée dans de futures études épidémiologiques mais aussi chez l’animal afin d’identifier les mécanismes exacts par lesquels la pollution impacte la flore intestinale et favorise l’apparition de maladies chez l’homme. Néanmoins, ces résultats préliminaires rappellent que la pollution est un enjeu majeur de santé publique et qu’il est important de la diminuer.

Summary
Off
Sidebar
Off
Migrated content
Activé
Updated content
Désactivé
Old content type
article
Hide image
Off
Actualités

Cancer du poumon : le microbiote intestinal signerait un stade précoce

Une dysbiose intestinale apparaîtrait chez les patients atteints d'un cancer du poumon à un stade précoce. De quoi bientôt proposer un test précoce, non invasif, qui hâterait la prise en charge et améliorerait les chances de survie ?

Le microbiote intestinal Greffe de poumon : le microbiote pulmonaire, un indicateur fiable pour prédire le rejet ? Le microbiote pulmonaire, un marqueur pronostique de la BPCO ? Le microbiote buccal, facteur de risque de cancer pulmonaire ?
Photo : Gut microbiota could be an indicator of early-stage lung cancer

Le cancer du poumon, souvent diagnostiqué à un stade avancé, est meurtrier. Un diagnostic plus précoce améliorerait largement la prise en charge et les chances de survie. Et si, comme pour de nombreuses maladies y compris d’autres cancers, une dysbiose intestinale signait le cancer du poumon ?

La dysbiose intestinale signe le stade de la tumeur

Le microbiote intestinal de 42 patients atteints de cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) de (sidenote: Adénocarcinome (37 patients), carcinome de l’épithélium pavimenteux (3 patients), carcinome à grandes cellules (2 patients) ) , à un stade précoce (3 patients seulement avec des métastases), ainsi que celui de 65 témoins en bonne santé, a été analysé par séquençage de l’ARN 16S. Une dysbiose intestinale est observée chez les patients souffrant d’un cancer du poumon, comparativement aux témoins, avec notamment la présence accrue d’espèces appartenant aux genres Ruminococcus et aux familles Lachnospiraceae et Enterobacteriaceae, entre autres. Ainsi, la composition du microbiote pourrait évoluer avec le développement du cancer du poumon. Enfin, la composition du microbiote intestinal signait de manière spécifique le stade de la tumeur : certaines bactéries n’étaient présentes que chez les 3 patients avec métastases.

Un outil de diagnostic ?

Afin de proposer un outil de diagnostic non-invasif du cancer du poumon précoce, 13 biomarqueurs, reposant sur les (sidenote: OTU Pour operational taxonomic unit, ou unités taxonomiques opérationnelles, qui désignent des regroupements de bactéries (qui ne sont pas nécessairement identifiées ou répertoriées dans les bases) présentant au moins. ) , ont été identifiés. Ensemble, ils permettent de prédire avec précision (97,6 %) la présence d’un cancer du poumon. Ce modèle a été confirmé dans une seconde cohorte (34 patients et 40 témoins) : son pouvoir prédictif reste élevé (76,4 %), bien qu'inférieur à celui de la cohorte initiale. A partir de ce modèle a pu être construit un "indice de discrimination des patients", simple à utiliser en pratique clinique (score pondéré) pour repérer les patients avec un cancer pulmonaire précoce. Son pouvoir de prédiction dans la cohorte initiale (92,4%) s’avère également supérieur à celui mesuré dans la cohorte de validation (67,7%). Des cohortes plus larges pourraient améliorer le modèle et son pouvoir de prédiction.

Summary
Off
Sidebar
Off
Migrated content
Activé
Updated content
Désactivé
Old content type
pro_article
Hide image
Off
Actualités Pneumologie Oncologie Gastroentérologie