Un axe intestin-cerveau-peau ?

Le microbiote cutané Dermatite atopique : les microbiotes nasal et cutané associés à la sévérité Rôle du microbiote dans la communication intestin cerveau Exposition aux antibiotiques de 0 a 6 ans : un microbiote intestinal perturbe, un developpement de l’enfant altere

Plus qu’un axe intestin-peau, faut-il aller plus loin en impliquant le cerveau ?

Dès 1930, les dermatologues Stokes et Pillsbury26 estimaient que les états émotionnels (anxiété, dépression) pouvaient altérer le microbiote intestinal et induire des inflammations locales puis systémiques27. Ils recommandaient à l’époque l’utilisation de lait fermenté pour réintroduire des microorganismes bénéfiques.

Plus précisément, le stress conduirait à la sécrétion de neurotransmetteurs (sérotonine, norépinéphrine et acétylcholine) entrainant une perméabilité intestinale et une inflammation locale et systémique via la circulation sanguine11,23.

Par exemple, le cortisol, hormone du stress, altèrerait la composition du microbiote intestinal, les niveaux des molécules neuroendocrines circulantes (tryptamine, la triméthylamine et la sérotonine), et in fine la barrière cutanée et l’inflammation de la peau25.

La peau pourrait-elle aussi agir sur l’intestin via le système nerveux?

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Axe intestins peau cerveau_schéma

ACNÉ ET DERMATITE ATOPIQUE

Cet axe intestin-cerveau-peau est mis en cause dans des pathologies cutanées. Par exemple, une régulation à la hausse et une forte expression de la substance P (un neurotransmetteur et neuromodulateur des systèmes nerveux centraux et périphériques) sont observées à la fois dans l’acné et la dysbiose intestinale. La substance P est connue pour déclencher l’expression de nombreux médiateurs pro-inflammatoires dont ceux impliqués dans la pathogenèse de l’acné (IL-1, IL-6, TNF-α, PPAR-γ)22,23.

L’axe intestin-cerveau-peau serait également impliqué dans la dermatite atopique25 : un microbiote intestinal altéré modifierait la production de divers neurotransmetteurs et neuromodulateurs, affectant le fonctionnement de la barrière cutanée et le système immunitaire, deux paramètres clés de la pathophysiologie de la dermatite atopique25.

Le tryptophane produit par le microbiote intestinal provoquerait des démangeaisons cutanées, tandis que des lactobacilles et bifidobactéries inhiberaient ces sensations25. D’ailleurs, certains chercheurs s’interrogent sur un effet bidirectionnel de cet axe intestin- cerveau-peau : la peau pourrait-elle aussi agir sur l’intestin via le système nerveux22?

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Psoriasis, dermatite atopique, rosacée : l’axe intestin-peau impliqué

Fortement vascularisés, densément innervés, largement impliqués dans les systèmes immunitaires, massivement colonisés par des communautés microbiennes : l’intestin et la peau partagent un certain nombre de caractéristiques communes22. Mais ce n’est pas tout : depuis quelques années, les preuves s’accumulent pour souligner l’existence d’un lien entre l’intestin et la peau (l’axe intestin-peau) voire intestin-cerveau-peau23.

 

Le microbiote cutané Dermatite atopique : les microbiotes nasal et cutané associés à la sévérité Rôle du microbiote dans la communication intestin cerveau Exposition aux antibiotiques de 0 a 6 ans : un microbiote intestinal perturbe, un developpement de l’enfant altere

Human microbiome, conceptual image. Computer illustration showing the microbiome of the human body, including the colon (large intestine, lower centre). The microbiome is the collection of microbes (micro-organisms including bacteria, archaea, protists, fungi and viruses) found on and in the human body.

Le microbiote intestinal semble jouer un rôle actif dans la pathogénèse de diverses maladies cutanées comme le psoriasis, la rosacée ou encore la dermatite atopique.

Et ce via trois mécanismes : la composition du microbiote cutané, son effet barrière ou sa réponse immunitaire.

Intestins-peau_bactéries

Ulcères cutanés ou psoriasis chez les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI); dermatite et psoriasis chez ceux souffrant de maladie coeliaque ; dysbiose intestinale et infection à H. pylori chez les personnes atteintes de rosacée ; etc. : nombreux sont les exemples d’associations entre pathologies digestives et cutanées22. Bien qu’encore en partie inconnus, plusieurs scénarios ont été proposés pour expliquer cet axe intestin-peau.

COMPOSITION DU MICROBIOTE CUTANÉ

Le microbiote intestinal pourrait influencer la composition du microbiote cutané23. Les acides gras à chaîne courte (AGCC : acétate, propionate…), produits de la fermentation des fibres par le microbiote intestinal, seraient impliqués : ils modifieraient la prédominance de certains microorganismes ou profils microbiens au niveau de la peau. Par exemple, la bactérie intestinale (voir tableau) Propionibacterium produit principalement de l’acétate et du propionate. Or, l’acide propionique possède un effet antimicrobien contre certains pathogènes cutanés, notamment un Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline23. A l’inverse, les bactéries cutanées commensales S. epidermidis et Cutibacterium acnes s’avèrent beaucoup plus tolérantes aux variations des AGCC23.

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Axe intestins peau

INTÉGRITÉ DE LA BARRIÈRE CUTANÉE

Les enfants souffrant de dermatite atopique semblent également souffrir de dysbiose intestinale. Or, lorsque la barrière intestinale est lésée, la pénétration d’antigènes alimentaires, de toxines bactériennes ou de pathogènes augmente14. Par exemple, le phénol libre et le p-crésol, susceptibles de déséquilibrer la barrière cutanée et de réduire la production de kératine, peuvent être produits par les bactéries intestinales, notamment Clostridiales difficile14,22,23. Enfin, la vitamine D, dont le faible niveau a été associé à la dermatite atopique et au psoriasis, pourrait être régulé par le microbiote intestinal et participer à un mécanisme de signalisation entre le microbiote et l’hôte14.

Dans le cas de l’acné, les métabolites microbiens réguleraient diverses fonctions de la peau (prolifération cellulaire, métabolisme des lipides, etc.) via d’autres voies métaboliques14. Ainsi, une charge glycémique élevée, typique des repas adolescents des pays développés, influerait sur le métabolisme de l’insuline, et déclencherait l’hyperprolifération des glandes sébacées, de la lipogenèse et de l’hyperplasie des kératinocytes, contribuant ainsi au développement de l’acné14,23. Et cette influence serait bidirectionnelle : la voie métabolique impliquée affecterait en retour la composition du microbiote intestinal via la barrière intestinale. D’où un possible cercle vicieux via un rétrocontrôle positif de l’inflammation23.

RÉPONSE IMMUNITAIRE DE LA PEAU

Les mécanismes par lesquels le microbiote intestinal agirait sur le microbiote cutané mettraient également en jeu l’effet modulateur des microorganismes intestinaux sur l’immunité systémique22. Certains microbes et métabolites intestinaux vont faciliter les réponses anti-inflammatoires24. Par exemple, les AGCC exerceraient des effets anti-inflammatoires locaux et distants, notamment au niveau cutané22. À l’inverse, d’autres métabolites participeraient à la boucle inflammatoire et à l’apparition de pathologies cutanées : des bactéries filamenteuses favoriseraient par exemple l’accumulation de cellules pro-inflammatoires Th17 et Th123.

Dans le cas de la rosacée, certains auteurs suggèrent un lien avec Helicobacter pylori : la bactérie pourrait exercer des effets pro-inflammatoires par le biais de peptides11,22. D’autres mécanismes sont évoqués dans le psoriasis, mettant en jeu une diminution d’espèces bénéfiques comme Faecalibacterium prausnitzii13 ou encore Akkermansia muciniphila, une espèce jugée protectrice de l’intégrité de l’épithélium intestinal et des pathologies inflammatoires11. Chez ces patients dont le sang contient de l’ADN bactérien, des niveaux significativement plus élevés de marqueurs de réponse inflammatoire systémique (IL-1β, IL-6, IL-12, facteur de nécrose tumorale, interféron γ) sont observés11.

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Affections cutanées non pathologiques associées à une dysbiose

Une évolution du microbiote cutané peut également être observée dans des affections cutanées non pathologiques. La peau est en effet constamment exposée à divers facteurs endogènes, exogènes et liés au mode de vie qui peuvent affecter la barrière cutanée dans ses propriétés physiques, mécaniques ou microbiennes19.

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Nappy rash. Close-up of perianal dermatitis in a 1 month old female patient, showing red and inflamed skins. 

INCONFORT, IRRITATION, ÉRYTHÈME FESSIER

La peau sensible est décrite comme « tirant », picotant, brûlant, en réponse à des stimuli qui ne devraient normalement pas provoquer de telles sensations ; elle est observée à la fois chez des personnes à peau normale ou présentant une perturbation de la barrière cutanée19. L’hyperréactivité du système nerveux cutané, la barrière cutanée et le microbiote cutané seraient impliqués19. L’altération de la couche cornée chez les sujets sensibles pourrait ainsi contribuer à une pénétration d’agents chimiques, environnementaux et microbiens associés avec une sensibilité accrue de la peau19.

L’érythème fessier concerne pour sa part uniquement la peau exposée au frottement des couches, à une hydratation excessive, à un pH variable et en contact constant avec l’urine et les selles. Candida albicans et Staphylococcus aureus pourraient être impliqués20.

 

La sensibilité de la peau serait liée à une hyperactivité du système nerveux cutané, à la barrière cutanée et au microbiote hébergé par la peau.

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Dysbiose cutanée

CICATRISATION DES PLAIES

En réponse à la rupture physique du tissus cutané, le processus de cicatrisation d’une plaie débute par une inflammation qui résulte d’une coopération étroite entre les cellules immunitaires et les bactéries impliquées dans ce processus21. Les bactéries commensales telles que Staphylococcus, Streptococcus, Pseudomonas, Corynebacterium présentent des effets à la fois bénéfiques et négatifs pour la cicatrisation : elles stimulent le système immunitaire de l’hôte et réduisent l’invasion d’autres microbes pathogènes mais cette perte de diversité microbienne va souvent de pair avec une inflammation prolongée, risquant de retarder la cicatrisation21. Cette relation étroite entre l’hôte et son microbiote cutané dans les processus de cicatrisation pourrait ouvrir la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques, comme des crèmes riches en peptides antimicrobiens, en probiotiques destructeurs de biofilms ou en bactéries anti-inflammatoires12,21.

ODEURS CORPORELLES

Les odeurs corporelles humaines résultent de la métabolisation, par des bactéries, des composants de la sueur (acides aminés, acides gras et glycérols), aboutissant à la production de molécules malodorantes : odeur « sulfureuse » ou « aigre » de l’acide acétique produit par Staphylococcus spp chez les enfants et adolescents, odeur «aigre» des thioalcools produits par Corynebacterium et Staphylococcus spp chez les adultes, etc.7 L’utilisation répétée de déodorants et d’antitranspirants modifie la diversité bactérienne axillaire, favorisant les staphylocoques au détriment des Corynebacterium, ce qui serait contreproductif chez les adolescents7.

AVIS D’EXPERT
Les probiotiques peuvent-ils également offrir une 3e voie pour traiter la question des odeurs corporelles , en sus des 2 stratégies classiques actuelles (déodorants à l’alcool ou antitranspirants) ?
"Je pense qu’il est possible que l’application régulière et à long terme d’un produit contre les odeurs corporelles contenant des microorganismes vivants puisse modifier le microbiote de l’aisselle de manière à ce qu’elle soit moins sujette à la production d’odeurs. Cependant, je suppose que cet effet est très léger et probablement moins efficace que l’effet antimicrobien de l’alcool. De plus, les probiotiques ne pourront pas empêcher l’humidité des aisselles (production de sueur) avec la même efficacité que le chlorhydrate d’aluminium qui bloque les pores sudoripares dans les antitranspirants."
DR. MARKUS EGERT
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Pathologies cutanées associées à une dysbiose

Le microbiote cutané est un système dynamique dans lequel les micro-organismes sont en perpétuelle compétition pour survivre. Parfois, cet équilibre se rompt, des bactéries commensales deviennent des pathogènes opportunistes1,4 et apparaît une dysbiose, caractéristique d’affections cutanées pathologiques (acné, psoriasis, dermatite…) ou non (irritation, plaie, odeur). Reste à savoir si ce déséquilibre en est la cause ou la conséquence2.

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Acné, psoriasis, rosacée… : de nombreuses pathologies cutanées sont associées à des dysbioses qui pourraient avoir un caractère diagnostique et prédictif, voire ouvrir la voie à des pistes thérapeutiques potentielles.

CANCER CUTANÉ

Physiopathologie :

dans plusieurs néoplasmes cutanés, des dysbioses semblent impliquées dans la promotion de la cancérogenèse12. A l’inverse, un microbiote sain pourrait inhiber l’apparition de tumeurs en régulant le système immunitaire et contrôlant l’inflammation.

Implication du microbiote :

  • possible induction d’un état d’inflammation chronique, conduisant à un cancer cutané, par S. aureus, Streptococcus pyogenes et Pseudomonas aeruginosa, le papillomavirus humain b, le virus Epstein Barr et les champignons Malassezia ou Candida16,
  • lien entre l’infection par S. aureus et la gravité du lymphome cutané à cellules T12.

PSORIASIS

Physiopathologie :

pathologie multifactorielle à médiation immunitaire, impliquant des facteurs génétiques, des perturbations du système immunitaire et des déclencheurs environnementaux13.

Prévalence :

2-3 % de la population ; apparaît souvent vers 15-20 ans11 avec souvent deux pics d’incidence (à 20-30 puis à 50-60 ans)13.

Implication du microbiote :

  • altération de la composition du microbiote cutané et perte de diversité11, affectant non seulement les lésions, mais aussi l’ensemble du microbiote cutané11.
  • microorganismes associés à la maladie encore mal identifiés1,11, avec de nombreuses données contradictoires. Néanmoins S. aureus serait plus présent et participerait à l’inflammation (accroit la réponse des lymphocytes Th17, libérant des cytokines pro-inflammatoires) 11,
  • souvent associé à une dysbiose intestinale14.

ACNÉ

Physiopathologie :

maladie inflammatoire chronique multifactorielle qui implique une l’hyperséborrhée, une kératinisation anormale des canaux folliculaires et une dysbiose du microbiote cutané associée à une prédominance des phylotypes virulents de C. acnes9.

Prévalence :

8e maladie cutanée la plus commune touchant 9,38 % de la population mondiale (tous âges confondus), avec une prévalence dans certains pays atteignant 35 à 100 % du groupe d’âge des adolescents10.

Implication du microbiote :

  • perte d’équilibre entre les différents phylotypes de C. acnes (le phylotype IA1, plus virulent, devient dominant et induit une inflammation en activant le système immunitaire inné)9,
  • perte du contrôle réciproque entre C. acnes (maintien d’un pH acide ; inhibe le développement de S. epidermidis) et S. epidermidis (activité anti-inflammatoire ; limite la prolifération de C. acnes)9,
  • rôle pro-inflammatoire secondaire (foliculites) suspecté d’espèces fongiques opportunistes de l’appareil pilo-sébacé (Malassezia et peut-être Candida)11, • effet additionnel de l’alimentation sur la sévérité de l’acné (interaction avec le microbiote intestinal)9.

DERMATITE ATOPIQUE (ECZÉMA)

Physiopathologie :

maladie chronique inflammatoire de la peau associant une forte prédisposition génétique, une perturbation de la barrière cutanée et du système immunitaire (lymphocytes Th2 inflammatoires), d’où une susceptibilité accrue aux infections et aux allergènes11,15.

Prévalence :

jusqu’à 20 % des nourrissons et 3 % des adultes dans le monde11, voire 10 % des adultes dans les pays développés15.

Implication du microbiote :

  • perte de diversité du microbiote cutané11,12 aussi bien au niveau des lésions que des zones saines.
  • augmentation de l’abondance des staphylocoques, prolifération de S. aureus liée à une moindre production de peptides antimicrobiens par les kératinocytes sous l’influence des lymphocytes Th211. En réponse, présence accrue de S. epidermidis chez les formes les moins sévères12.
  • corrélation entre la densité de S. aureus et la sévérité de la maladie, et l’importance de l’inflammation11.

DERMITE SÉBORRHÉIQUE (DS) ET PELLICULES

Physiopathologie :

maladie chronique de la peau reposant sur une interaction complexe entre le champignon Malassezia, les kératinocytes et la réponse inflammatoire induite par une altération de la composition lipidique de la peau12,18.

Prévalence : 3 pics d’incidences (petite enfance, adolescence et après 50 ans) ; la moitié de la population adulte serait touché par la DS et les pellicules11,18.

Implication du microbiote :

  • hydrolyse par Malassezia des lipides de la peau en acides gras libres provoquant une réaction inflammatoire12,
  • présence accrue d’espèces de Malassezia, M. restricta, M. globose et M. furfur étant les plus couramment associées à la dermite séborrhéique. Les deux premières espèces sont les plus virulentes (production d’acides oléiques irritants, entraînant l’activation d’IL8 et IL-17)18,
  • domination du microbiote par les Actinetobacter, Staphylococcus et Streptococcus au niveau des lésions11,
  • corrélation entre la gravité de la maladie et une diminution de la diversité bactérienne ; pas de corrélation avec l’abondance de Malassezia12.

ROSACÉE

Physiopathologie :

maladie chronique inflammatoire dont la pathophysiologie reste incertaine, impliquant une réactivité neurovasculaire, une prédisposition génétique, un dysfonctionnement de la réponse immunitaire innée et des comorbidités gastrointestinales17.

Prévalence :

entre 0,9 % et 10 % des populations américaine et européenne11.

Implication du microbiote :

  • stimulation de la production de peptides inflammatoires et de facteurs de croissance cellulaire par Demodex folliculorum, un acarien des glandes sébacées. Ce dernier pourrait également être porteur de Bacillus oleronius, une bactérie pro-inflammatoire11,
  • implication d’un variant de S. epidermidis, plus virulent que la bactérie commensale11,
  • souvent associé à une dysbiose intestinale14.
Sources

1 Ederveen THA, Smits JPH, Boekhorst J et al. Skin microbiota in health and disease: From sequencing to biology. J Dermatol. 2020 Oct;47(10):1110-1118.

2 Egert M, Simmering R, Riedel CU. The Association of the Skin Microbiota With Health, Immunity, and Disease. Clin Pharmacol Ther. 2017 Jul;102(1):62-69.

9 Dréno B, Dagnelie MA, Khammari A, et al. The Skin Microbiome: A New Actor in Inflammatory Acne. Am J Clin Dermatol. 2020 Sep;21(Suppl 1):18-24.

10 Heng, A.H.S., Chew, F.T. Systematic review of the epidemiology of acne vulgaris. Sci Rep 10, 5754 (2020). https://doi.org/10.1038/s41598-020-62715-3.

11 Ellis SR, Nguyen M, Vaughn AR, et al. The Skin and Gut Microbiome and Its Role in Common Dermatologic Conditions. Microorganisms. 2019;7(11):550.

12 Yu Y, Dunaway S, Champer J, et al. Changing our microbiome: probiotics in dermatology. Br J Dermatol. 2020;182(1):39-46.

13 Rigon RB, de Freitas ACP, Bicas JL, et al. Skin microbiota as a therapeutic target for psoriasis treatment: Trends and perspectives. J Cosmet Dermatol. 2021;20(4):1066-1072.

14 Szántó M, Dózsa A, Antal D et al. Targeting the gut-skin axis-Probiotics as new tools for skin disorder management? Exp Dermatol. 2019 Nov;28(11):1210-1218.

15 Langan SM, Irvine AD, Weidinger S. Atopic dermatitis. Lancet. 2020 Aug 1;396(10247):345-360.

16 Squarzanti DF, Zavattaro E, Pizzimenti S et al. Non-Melanoma Skin Cancer: news from microbiota research. Crit Rev Microbiol. 2020;46(4):433-449.

17 Tutka K, Żychowska M, Reich A. Diversity and Composition of the Skin, Blood and Gut Microbiome in Rosacea-A Systematic Review of the Literature. Microorganisms. 2020;8(11):1756.

18 Adalsteinsson JA, Kaushik S, Muzumdar S et al. An update on the microbiology, immunology and genetics of seborrheic dermatitis. Exp Dermatol. 2020;29(5):481-489.

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Fonctions du microbiote et ses interactions avec l’hôte

Longtemps, le microbiote cutané a été considéré comme une source d’infection potentielle. Désormais, il est accepté comme un facteur important de la santé de l’hôte2, même si ses interactions avec l’organisme commencent seulement à être élucidées.

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Staphylococcus epidermidis.

RÉDUCTION DE LA COLONISATION PAR DES PATHOGÈNES

S’il reste difficile de définir un microbiote cutané « sain », on considère généralement qu’il rime avec une flore diversifiée et la présence de bactéries commensales2. Ce microbiote équilibré participerait à la protection contre les infections, limitant par sa présence la colonisation par des pathogènes. Ainsi, C. acnes, qui vit dans les glandes sébacées, libère des acides gras à partir du sébum, contribuant à l’acidité de la peau qui inhibe la prolifération de pathogènes8.

D’autres bactéries sécrètent des bactériocines et autres facteurs antimicrobiens : S. epidermidis libère une protéase détruisant les biofilms de S. aureus ; la bactérie nasale Staphylococcus lugdunensis produit un peptide antibiotique actif contre de nombreux pathogènes, dont S. aureus, Enterococcus faecalis, Listeria monocytogenes, Streptococcus pneumoniae et Pseudomonas aeruginosa2.

Enfin, Corynebacterium striatum, modifie le programme transcriptionnel de S. aureus, réprimant les gènes liés à la virulence et stimulant ceux associés au commensalisme6,8. Ainsi, le microbiote cutané maintient son équilibre non seulement par exclusion compétitive mais aussi via de subtiles interactions entre microorganismes6.

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Microbiote cutané et interactions

MODULATION DU SYSTÈME IMMUNITAIRE

Le microbiote cutané joue également un rôle clé dans le développement et la régulation des systèmes immunitaires innés et acquis2. Il module ainsi l’expression de facteurs de l’immunité innée (interleukine IL-1a, peptides antimicrobiens…) produits par les kératinocytes et les sébocytes6, voire il produit certains de ces facteurs.

Ainsi, S. epidermidis peut, selon les cas, stimuler ou réduire l’inflammation : il inhibe la libération de cytokines inflammatoires par les kératinocytes et les réponses immunitaires des cellules lésées de la peau ; renforce les mécanismes de défense de la peau contre l’infection en augmentant l’expression des gènes codant pour des peptides antimicrobiens ; module l’expression des lymphocytes T de la peau2. S. epidermidis favorise la tolérance envers le microbiote commensal, tout en ajustant les réponses immunitaires face aux pathogènes ou lors de la cicatrisation8. Roseomonas mucosa, Malassezia spp. ou Corynebacterium accolens peuvent également moduler les réponses immunitaires des kératinocytes et de l’hôte8.

Enfin le profil génétique des bactéries intervient également : les souches de Cutibacterium acnes issues de peaux acnéiques possèdent des gènes codant pour des facteurs de virulence qui pourraient expliquer une activité pro-inflammatoire plus élevée. A l’inverse les souches issues de peaux saines, dont ces facteurs sont absents, favoriseraient la production de cytokines anti-inflammatoires8.

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Un microbiote cutané sous influence

Le microbiote cutané des individus sains semble relativement stable, a minima sur une période de quelques mois ou années3,4. Néanmoins, la composition du microbiote de la peau humaine reste sous l’influence de l’hôte et de l’environnement.

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Staphylococcus epidermidis

EFFETS LIÉS À L’HÔTE

La composition du microbiote cutané est largement influencée par l’hôte et plus spécifiquement par l’âge, le sexe, la génétique, l’état immunitaire, les pathologies présentes (dermatologiques ou non), la zone cutanée, les interactions entre micro-organismes, l’alimentation et le stress2.

La colonisation initiale de la peau du nouveau-né dépend du mode d’accouchement4,7: les enfants nés par voie basse acquièrent des bactéries vaginales (Lactobacillus, C. albicans) ; ceux nés par césarienne des microorganismes cutanés (Staphylococcus, Streptococcus). Quelques heures après la naissance, la sécrétion de sébum augmente fortement, et ce durant quelques jours avant de décroitre2. Le système immunitaire, immature, permet une colonisation aisée, en l’absence de toute réponse inflammatoire4.

À la puberté, le microbiote cutané va profondément se restructurer, sous l’influence des variations hormonales qui stimulent les sécrétions sébacées : il s’enrichit en organismes lipophiles (Cutibacterium, Malassezia) alors qu’il était jusque-là dominé par des Firmicutes, Bacteroidetes et Proteobacteria et présentait une communauté fongique variée4.

 

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Microbiote cutané sous influence

EFFETS DE L’ENVIRONNEMENT

Les facteurs extrinsèques influant sur la composition du microbiote cutané sont également multiples2 : mode de vie, hygiène domestique et personnelle, cohabitation, lieu de vie géographique, rayonnement solaire, métier (et les vêtements qu’il impose), etc. Par exemple, les contacts avec les autres humains, mais également les animaux domestiques et les objets (téléphone, clavier d’ordinateur, salle de classe…) modifient le microbiote cutané et expliquent les similarités observées entre les micro-organismes des membres d’un même foyer ou groupe3.

De plus, les différentes zones de la peau ne sont pas soumises aux mêmes conditions d’un environnement donné : certaines entrent plus souvent en contact (main), d’autres sont moins exposées aux ultra-violet, etc.3,4 Néanmoins, le microbiote cutané demeure relativement stable à l’âge adulte, suggérant l’existence d’interactions bénéfiques réciproques entre les microorganismes et l’hôte6.

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A chacun ses microbiotes cutanés

Quatrième niche du corps humain la plus peuplée2, la peau héberge une communauté complexe de micro-organismes2. Bactéries, champignons, parasites et virus y vivent selon un équilibre unique propre à chaque individu, au point que certains évoquent l’idée d’une empreinte microbienne individuelle5.

Le microbiote cutané Dermatite atopique : les microbiotes nasal et cutané associés à la sévérité Rôle du microbiote dans la communication intestin cerveau Exposition aux antibiotiques de 0 a 6 ans : un microbiote intestinal perturbe, un developpement de l’enfant altere

Staphylococcus epidermidis

Un individu donné ne se caractérise pas par un mais par des microbiotes cutanés. En effet, celui-ci varie « horizontalement » selon les zones de la peau (visage, aiselles...), mais aussi « verticalement » au fil des strates qui constituent l’épithélium cu

DES BACTÉRIES, DES CHAMPIGNONS, DES VIRUS ET DES PARASITES

Bien que facilement accessible, le microbiote cutané demeure encore mal connu. Sa densité serait faible comparée au gros intestin et plutôt comparable à l’intestin grêle, soit de l’ordre de 1011 bactéries1. Le microbiote cutané est ainsi la 4e niche en nombre de microorganismes, juste après le tractus digestif, la cavité buccale et le vagin2.

Il abriterait plusieurs phyla bactériens (Actinobacteria, Firmicutes, Proteobacteria et Bacteroïdetes), des archées et des espèces fongiques majoritairement issues du genre Malassezia2,3. Parmi les espèces bactériennes identifiées, figurent notamment Cutibacterium acnes et Staphylococcus epidermidis, avec néanmoins des souches différentes selon les individus, l’état de leur peau (pathologique ou non) et le site cutané de prélèvement3,6.

Enfin, bien que peu décrits2, divers virus (papillomavirus, adénovirus…) ont été identifiés sur la peau d’individus sains, de même que des phages ciblant C. acnes et S. epidermidis, suggérant l’existence d’un virome complexe. Les parasites (acariens tels que Demodex, …), peu abondants, sont encore plus rarement décrits3.

UNE VARIATION « HORIZONTALE », SELON LES ZONES DE LA PEAU

La peau ne constitue pas un habitat homogène : la surface de la peau est acide, salée et aérobie, alors que les invaginations des follicules pileux offrent un environnement riche en lipides et anaérobie6.

Trois grandes niches sont en général distinguées au regard de propriétés telles que le pH, la température, l’humidité, le niveau de transpiration et la teneur en lipides1,3,4 :

  • les zones sébacées (visage, poitrine, dos) qui sécrètent un sébum riche en lipides ;
  • les zones sèches (avant-bras, paume de la main) ;
  • les zones humides (aisselles, pli du coude, narine, arrière du genou et aine) où les nombreuses glandes sudoripares participent à la thermorégulation (sueur), acidifient la peau et sécrètent des peptides antibactériens.

D’autres auteurs distinguent une 4e zone, au niveau du pied (espace interdigital, ongles et talon)4 (voir tableau).

Ces sites représentent autant de niches écologiques qui favorisent la croissance d’une communauté unique de microorganismes : les zones les plus exposées et sèches comme les mains, sont les plus diverses ; le microbiote cutané de l’aisselle, humide et riche en sueur, est dominé par les espèces Corynebacterium et Staphylococcus, alors que les zones de la peau riches en lipides comme le visage affichent un microbiote bien moins diversifié (des bactéries Cutibacterium, des champignons du genre Malassezia, l’acarien Demodex folliculorum)3.

Les microbiotes sont également plus ou moins denses d’une zone à l’autre : de 102 bactéries par cm2 au bout des doigts ou dans le dos, à 106 bactéries par cm2 au niveau du front ou des aisselles2.

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A chacun ses microbiotes cutanés

UNE VARIATION « VERTICALE » SELON LES STRATES DE LA PEAU

On a longtemps cru que la vie microbienne cutanée se limitait à l’épiderme, aux follicules pileux, aux glandes sébacées et sudoripares. Pourtant, des micro-organismes vivraient également dans les couches plus profondes de la peau, c’est-à-dire le derme et le tissu adipeux sous-jacent2.

En surface, plus la strate cornée est épaisse, moins les micro-organismes sont présents1.

Puis, de la surface vers les régions sous-cutanées, le microbiote évolue et perd progressivement de ses spécificités individuelles4,5.

Dans le derme et les tissus adipeux sous-cutanés, les Proteobacteria seraient plus nombreuses, tandis que les Actinobacteria et les Firmicutes seraient moins représentés qu’au niveau de l’épiderme2.

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Détail du dossier

Le microbiote buccal, facteur de risque de cancer pulmonaire ?

Une première étude prospective menée chez des sujets n’ayant jamais fumé mettrait en évidence un lien entre la diversité du microbiote buccal et le risque de développer un cancer du poumon. Un nouvel éclairage qui nécessite d’être confirmé.

Le microbiote ORL Greffe de poumon : le microbiote pulmonaire, un indicateur fiable pour prédire le rejet ? Le microbiote pulmonaire, un marqueur pronostique de la BPCO ? Le microbiote intestinal impliqué dans le cancer du poumon

Le cancer du poumon est la première cause de décès par cancer dans le monde. Si la consommation active de tabac demeure le principal facteur de risque. 25 % des cas se déclarent chez des non-fumeurs. Un pourcentage élevé que n’expliquent pas complètement les grands risques identifiés : tabagisme passif, pollution, antécédents familiaux… Outre le rôle du microbiote intestinal dans l’apparition de certains cancers gastrointestinaux, d’autres écosystèmes microbiens ont également été associés à un risque cancéreux. Dans cette étude, les auteurs se sont intéressés au microbiote buccal, dont la composition et la capacité à coloniser le tractus respiratoire pourraient participer à la survenue d’un carcinome bronchique.

À pauvre microbiote, risque exacerbé

Leur étude prospective a reposé sur le suivi au long cours de plus de 136 000 habitants de Shanghai n’ayant jamais fumé (61 500 hommes, 75 000 femmes), avec visites de contrôle tous les 2 à 3 ans. Un échantillon salivaire, prélevé lors de l’inclusion, a été analysé chez tous les sujets déclarant un cancer du poumon et sur un nombre identique de sujets contrôles répondant aux mêmes caractéristiques de sexe, âge, date et heure de prélèvement de l’échantillon, traitement antibiotique préalable… Au final, la comparaison réalisée après séquençage métagénomique a porté sur 114 malades pour autant de témoins. Elle a mis en évidence un risque d’autant plus important de développer un cancer du poumon que le microbiote buccal manque de diversité bactérienne.

Quand l’abondance (de Firmicutes) nuit…

La composition intrinsèque du microbiome buccal semble également jouer un rôle prépondérant. Au sein de cette population de non-fumeurs, une augmentation de l’abondance relative de Spirochaetes et/ou de Bacteroidetes signerait un moindre risque. À contrario, une abondance de bactéries appartenant au phylum des Firmicutes, et en particulier des Lactobacillales, serait associée à une probabilité accrue de développer un cancer pulmonaire. Et les auteurs de préciser que ces résultats coïncident avec ceux de précédentes études mettant en évidence un lien entre Firmicutes et pathologies respiratoires (bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), carcinome squameux de la tête et du cou, cancer pulmonaire…).

Microbiote ORL : des investigations complémentaires pour préciser son champ d'action

Cette caractérisation à large échelle du microbiote buccal fournit un nouvel éclairage sur l’étiologie du cancer du poumon chez les non-fumeurs. L’homogénéité géographique de l’étude renforce la pertinence de ses constats, mais limite leur portée. Des travaux complémentaires, réalisés sur d’autres populations et en d’autres lieux, permettraient de préciser le rôle du microbiote ORL sur le développement du carcinome bronchique et d’autres pathologies respiratoires.

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Actualités Pneumologie Otorhinolaryngologie

Mieux prédire la réponse au traitement des MICI grâce au microbiote intestinal ?

Comprendre, prédire la réponse au traitement et adapter la thérapie. Une nouvelle étude indique que le microbiote intestinal des patients souffrant de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) pourrait être utilisé pour prédire l’efficacité d’un traitement immunosuppresseur. Une avancée significative pour des pathologies particulièrement invalidantes.

Le microbiote intestinal Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin

Elles s’appellent maladie de Crohn ou colite ulcéreuse, appartiennent à la famille des MICI, et ont un point commun : une inflammation incontrôlée de la paroi d’une partie du tube digestif à l’origine des différents symptômes lors des poussées inflammatoires. Si, à l’heure actuelle, ces maladies ne peuvent pas être guéries, il existe néanmoins des traitements pour réduire l’inflammation, comme l (sidenote: Infliximab Une biothérapie anti-TNF-α (protéine responsable de l’inflammation des tissus). ) (IFX). Problème : un tiers des patients ne répondent pas à cette thérapie et aucun (sidenote: Biomarqueur Caractéristique biologique objectivement mesurée qui permet d’évaluer la réponse à un traitement. Cette réponse peut être complète, partielle ou totale. )  ne permet de prédire la réponse au traitement. C’est au sein du microbiote intestinal que les chercheurs de cette étude ont peut-être trouvé la solution.

Un microbiote intestinal différent avant traitement…

Plusieurs études ont démontré une association entre la composition du microbiote intestinal (bactéries et plus récemment champignons) et les MICI. Ainsi, dans le but d’identifier des marqueurs de bonne réponse à la thérapie IFX, les chercheurs ont évalué l'impact du traitement sur la composition du microbiote intestinal (sidenote: 25 patients étaient atteints de maladie de Crohn (MC) et 47 de colite ulcéreuse (CU). )  atteints de MICI et traités par IFX. L’analyse du microbiote intestinal (diversité des bactéries et des champignons) a été réalisée sur des échantillons de selles collectés avant le traitement puis jusqu’à 1 an après l’initiation de la thérapie. Les patients ont été classés en trois groupes selon la réponse au traitement. L'étude révèle qu’avant l’initiation du traitement, la composition en bactéries et champignons des patients atteints de MICI était significativement différente entre les 3 groupes de patients répondant différemment par la suite à la thérapie.

…permettant de prédire la réponse au traitement

Après l’initiation du traitement, des différences significatives entre les 3 groupes de patients étaient également observées : les patients non répondeurs présentaient des quantités réduites de bactéries possédants des propriétés anti inflammatoires et une plus forte abondance de champignons (Candida) et de bactéries aux capacités pro-inflammatoires. Ces résultats suggèrent donc que le microbiote intestinal interviendrait donc dans la réponse au traitement.

Sur la base de cette découverte, les chercheurs ont par la suite identifié certaines bactéries et champignons présents avant l’initiation du traitement dans les intestins des patients, qui pourraient servir d'indicateurs pour estimer la réponse des thérapies à l'IFX. Une identification précoce des patients non répondeurs permettrait de modifier rapidement le traitement, avec pour conséquences de limiter les effets secondaires et de réduire les coûts engendrés. Une démarche 100 % vertueuse !

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Sources:

Ventin-Holmberg R, Eberl A, Saqib S, et al. Bacterial and fungal profiles as markers of infliximab drug response in inflammatory bowel disease. J Crohns Colitis. 2020 Dec 10:jjaa252.

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