Enfants, adolescents, adultes… difficile de passer au moins une fois dans sa vie à côté d’une gastroentérite. Celle-ci représente la 2ème cause de mortalité dans le monde1. Rassurez-vous, la gastroentérite infectieuse peut être évitée via des mesures d’hygiènes. Elle est cependant de mieux en mieux traitée2. De plus, en agissant sur la restauration de votre microbiote intestinal, l’importance et la durée des symptômes pourraient être limitées3.
Qu’est-ce que la gastroentérite infectieuse ? Quel est le lien avec le microbiote intestinal ?
La gastroentérite est une maladie diarrhéique, avec des symptômes souvent impressionnants qui disparaissent rapidement dans la plupart des cas4. Un déséquilibre du microbiote intestinal est observé chez les patients atteints5. Celui-ci peut persister après la résolution de l’infection, et être associée à un risque accru de développer des troubles chroniques6.
Le saviez-vous ?
Le mot « gastroentérite » vient du mot grec gastron, qui signifie « estomac », et enteron, qui signifie « intestin grêle ». Ce terme signifie qu’il s’agit d’une inflammation de l’estomac et de l’intestin grêle7.
Généralement bénigne dans les pays occidentaux, la gastroentérite infectieuse est une des principales causes de mortalité dans les pays en voie de développement, particulièrement chez les enfants de moins de 5 ans4, où elle est un problème majeur de santé public puisqu’elle représente 10% des causes de décès chez les enfants1. Le plus fort taux de mortalité se trouve dans les pays en voie de développement8 où l’hospitalisation est souvent9 liée aux cas graves de déshydratation qu’elle engendre. Sa cause ? L’ingestion d'un microorganisme (sidenote:
Pathogène
Un pathogène est un microorganisme qui cause, ou peut causer, une maladie.
Pirofski LA, Casadevall A. Q and A: What is a pathogen? A question that begs the point. BMC Biol. 2012 Jan 31;10:6.) : – un virus -c’est le cas le plus fréquent-, il s’agira alors d’une gastroentérite virale.
Le rotavirus est d’ailleurs l’un des principaux virus responsables des gastroentérites virales dans le monde et des diarrhées mortelles chez les enfants dans les pays en voie de développement, ceci malgré la disponibilité d’un vaccin10. D’autres virus peuvent bien sûr être responsables (norovirus, adénovirus...)4. Mais la gastroentérite peut être aussi provoquée par une bactérie (gastroentérite bactérienne) ou un parasite, particulièrement lors d’un voyage7. Néanmoins, il s’avère que le pathogène est rarement confirmé11.
La contamination se fait via des aliments ou de l’eau contaminés, ou directement par un contact physique d’un individu à un autre aggravé par de faibles mesures d’hygiènes6. Les données faisant état de l’association entre le microbiote intestinal et la gastroentérite sont encore très limitées. Néanmoins, on observe un déséquilibre intestinal ( (sidenote:
Dysbiose
La « dysbiose » n’est pas un phénomène homogène : elle varie en fonction de l’état de santé de chaque individu. Elle est généralement définie comme une altération de la composition et du fonctionnement du microbiote, provoquée par un ensemble de facteurs environnementaux et liés à l’individu, qui perturbent l’écosystème microbien.
Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232.)) chez les patients pendant l’infection, quelle qu’en soit la cause5,12,13. Des études rapportent que les enfants souffrant de gastroentérite virale sévère et compliquée, et particulièrement ceux infectés par le rotavirus, ont une diversité réduite au sein de leur microbiote intestinal comparativement aux enfants sains14. Enfin, d’autres études suggèrent que les modifications du microbiote intestinal peuvent persister sur le long terme et pourraient avoir des conséquences néfastes sur la santé, en favorisant notamment le développement d’un syndrome de l’intestin irritable15. Mais les données actuelles sur la contribution du microbiote intestinal dans le développement, les complications et l’évolution de la maladie nécessitent de plus amples investigations.
Des symptômes parfois impressionnants mais qui ne durent pas longtemps
En plus des diarrhées (définie par au moins 3 émissions de selles molles ou liquides dans une journée6), d’autres symptômes peuvent apparaître comme des nausées, des vomissements, des crampes abdominales, de la fièvre ou encore de l’anorexie16. Les symptômes de la gastroentérite virale durent généralement moins d’une semaine, en s’améliorant le plus souvent au bout de 1 à 3 jours4. Une attention particulière doit être portée aux enfants, personnes âgées et immunodéprimées, qui sont plus à risque de souffrir de déshydratation4. Dans certains cas, le médecin peut être amené à vous prescrire des examens complémentaires (analyse des selles, bilan sanguin etc..) pour écarter d'autres pathologies4.
Les antibiotiques souvent inutiles, voire contre-productifs
Quelle que soit la cause de la gastroentérite infectieuse, le traitement est symptomatique4. En cas de diarrhée, la réhydratation constitue le principal traitement6. Loin d'être indispensable, le traitement antibiotique ne se justifie que si la cause bactérienne de la diarrhée est établie11. Lorsque l’origine est essentiellement virale, les antibiotiques pourraient même s'avérer contre-productifs11 ! A l'inverse, la prise de probiotiques, qui ont pour objectif de restaurer le microbiote intestinal, pourrait limiter l'importance et la durée des symptômes7,17.
Cet article est issu de sources scientifiques validées mais ne se substitue pas à un avis médical. En cas de symptômes, consultez votre médecin généraliste ou le pédiatre de vos enfants.
Le microbiote ORL (oreille, nez, gorge) est constitué de trois flores bactériennes distinctes : le microbiote oral, le microbiote auriculaire, et le microbiote nasopharyngé.
Diverses maladies peuvent résulter de leur déséquilibre.
Le terme ORL englobe trois parties du corps : Oto pour les oreilles, Rhino pour le nez et Laryngo pour la bouche et la gorge.
Le microbiote oral fait cohabiter plus de 700 espèces bactériennes, qui contribuent à la bonne santé de la bouche (dents, gencives, langue...), et, plus globalement, de l'organisme. Une rupture de cet équilibre (dysbiose), due à une mauvaise hygiène buccale, une baisse de l'immunité ou d'origine génétique, peut provoquer des infections locales (caries, parodontites...), susceptibles de migrer et de provoquer des maladies plus graves, comme les maladies cardiovasculaires. L'hygiène et les soins buccodentaires restent le moyen de prévention le plus efficace.
Au niveau du conduit auditif externe, la composition du microbiote auriculaire est voisine de celle de la peau. Des travaux récents ont mis en évidence la présence inoffensive d'Alloiococcus otitis et Corynebacterium otitidis, deux espèces bactériennes jusqu'alors associées exclusivement à des infections de l'oreille moyenne. Cette découverte suggèrerait que le conduit auditif externe servirait de réservoir infectieux pour l'oreille moyenne.
Bien que proche du microbiote oral, le microbiote nasopharyngé, qui tapisse les voies nasales et le pharynx, est composé de germes très différents.
L'analyse de la sphère ORL et de son microbiote pourrait servir à diagnostiquer à un stade précoce diverses maladies apparues en cas de (sidenote:
Dysbiose
La « dysbiose » n’est pas un phénomène homogène : elle varie en fonction de l’état de santé de chaque individu. Elle est généralement définie comme une altération de la composition et du fonctionnement du microbiote, provoquée par un ensemble de facteurs environnementaux et liés à l’individu, qui perturbent l’écosystème microbien.
Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232.) et participer au développement d'une médecine personnalisée, à base de probiotiques.
Arweiler NB, Netuschil L. The oral microbiota. A. Schwiertz (ed.), Microbiota of the Human Body, Advances in Experimental Medicine and Biology 902.
Kloos, WE, Schleifer KH. "Staphylococcus auricularis sp. nov.: an Inhabitant of the Human External Ear". International Journal of Systematic Bacteriology. 1983 ; 33 (1): 9–14.
Pourquoi le microbiote pulmonaire est-il si important pour la santé ?
Pendant longtemps les chercheurs pensaient qu’un poumon sain était un poumon stérile1. Faux ! La richesse du microbiote pulmonaire est devenue une réalité médicale il y a seulement une dizaine d’années2. Et depuis, il peine à livrer ses secrets…
A la différence de son grand frère le microbiote intestinal, le microbiote pulmonaire n’a été étudié que très récemment. Ce retard s’explique en partie par la difficulté à obtenir des échantillons et à accéder à l’organe, deux opérations qui nécessitent souvent une méthode invasive3. De plus, le risque de contamination par les bactéries des voies respiratoires supérieures constitue un réel enjeu4. La première mise en évidence d’une flore pulmonaire remonte à 20105, et depuis, très peu d’études ont été réalisées pour décrypter le rôle des communautés de microorganismes y résidant3.
Néanmoins, nous pouvons résumer les connaissances sur la composition du microbiote pulmonaire en trois points :
Une faible densité bactérienne5.
Une forte biodiversité. Chez les individus sains, les bactéries dominantes au niveau du poumon appartiennent aux genres Prevotella, Veillonella, Streptococcus, Neisseria, Fusobacterium et Haemophilus5. Son équilibre repose sur le rythme de respiration, entre les inspirations et les expirations6.
Une grande abondance de bactéries dites « anaérobies », c’est-à-dire se développant en l’absence d’oxygène7. Il s’agit des espèces bactériennes appartenant aux genres Fusobacterium, Porphyromonas, Prevotella et Veillonella7.
De plus, les bactéries ne sont pas les seuls (sidenote:
Micro-organismes
Organismes vivants qui sont trop petits pour être vus à l'œil nu. Ils incluent les bactéries, les virus, les champignons, les archées, les protozoaires, etc… et sont communément appelés "microbes".
What is microbiology? Microbiology Society.) qui se développent au niveau du microbiote pulmonaire d’individus sains ! Des champignons (espèces appartenant aux genres Eremothecium, Systenostrema et Malassezia et à la famille Davidiellaceae) ainsi que des virus (espèces appartenant à la famille Anelloviridae, ainsi qu’un grand nombre de (sidenote:
Bactériophage
Virus qui infecte les bactéries
Scitable by Nature education_2014. Bacteriophage definition)) y résideraient également2. Plus récemment, des découvertes ont mis en évidence la présence d’ (sidenote:
Archées
Type de microorganismes (différents des bactéries), que l’on retrouve dans tous les environnements, et également des milieux extrêmes.
Archaea. Microbiology Society) au niveau pulmonaire8. Finalement, bien que ces micro-organismes prennent pleinement part au microbiote pulmonaire, un nombre limité de données sont actuellement disponibles.
Pourquoi le microbiote pulmonaire est-il un acteur majeur de notre santé ?
Le microbiote pulmonaire a un rôle clef pour le maintien de l’équilibre de la fonction pulmonaire. 4 grandes fonctions lui sont attribuées :
Il fonctionne comme une barrière contre les pathogènes, et aide à résister contre les infections respiratoires9, exactement de la même manière que le microbiote intestinal
Il intervient dans la maturation du système immunitaire pulmonaire, afin de permettre entre autres une tolérance aux allergènes12
Il influence la morphologie des poumons, plus précisément le nombre d’alvéoles pulmonaire, d’après des travaux menés chez la souris13
Quelles sont les maladies associées à un déséquilibre du microbiote pulmonaire ?
Lorsque la composition du microbiote pulmonaire est déséquilibrée chez certains patients, une (sidenote:
Dysbiose
La « dysbiose » n’est pas un phénomène homogène : elle varie en fonction de l’état de santé de chaque individu. Elle est généralement définie comme une altération de la composition et du fonctionnement du microbiote, provoquée par un ensemble de facteurs environnementaux et liés à l’individu, qui perturbent l’écosystème microbien.
Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232.)14 apparaît, pouvant être associée à différentes maladies. À ce jour, les études scientifiques n’ont toujours pas permis de déterminer si la dysbiose est la cause ou la conséquence de ces maladies.
Examinons de plus près certains des troubles associés à une dysbiose pulmonaire :
les infections respiratoires hivernales, telles que le rhume, la grippe (le plus souvent d’origine virale) où l’on observe un déséquilibre de l’immunité pulmonaire, ainsi qu’une dysbiose pulmonaire et intestinale15
l’asthme16 : une maladie chronique du système respiratoire qui touche plus de 260 millions de personnes dans le monde17. Un déséquilibre du microbiote pulmonaire16, mais également intestinal18 et nasal19 est associé à cette pathologie
la mucoviscidose, une maladie génétique rare qui touche principalement les voies respiratoires et le système digestif20
la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), caractérise par un rétrécissement progressif et une obstruction permanente des voies aériennes et des poumons, entraînant une gêne respiratoire16
L'axe intestins-poumons
Ces pathologies mettent en évidence la communication bidirectionnelle entre les intestins et les poumons, on parle alors d’« axe intestins-poumons »15. Le microbiote intestinal participe aux réponses immunologiques pulmonaires, et les pathologies pulmonaires peuvent également influer sur la composition du microbiote intestinal15. En effet, de nombreuses pathologies respiratoires sont souvent accompagnées de troubles gastro-intestinaux21, et, dans l’autre sens, la dysbiose intestinale est souvent associée à des pathologies pulmonaires16. L’implication de cet axe dans les pathologies pulmonaires constitue un domaine très prometteur22.
Comment prendre soin de son microbiote pulmonaire ?
Vous connaissez désormais le rôle important que joue le microbiote pulmonaire et l’axe intestin-poumon sur votre santé. Les chercheurs l’ont bien saisi et travaillent actuellement sur des études et des stratégies visant à prévenir ou guérir les infections pulmonaires23,24.
Concernant la prévention des infections respiratoires hivernales, l’association de probiotiques avec des prébiotiques a montré des résultats encourageants25. Chez le nourrisson, certains probiotiques permettraient de prévenir les infections hivernales dès les premiers mois de vie26. Enfin, quelques études réalisées chez des étudiants ont montré l’intérêt des probiotiques en traitement, pour diminuer significativement la durée des symptômes27,28.
Toutes les informations contenues dans cet article sont issues de sources scientifiques autorisées. N’oubliez pas que ces informations ne sont pas exhaustives. Retrouvez ici la liste des études d’où ces informations ont été extraites.
Les probiotiques : c’est quoi au juste ?
Il a fallu attendre le 21e siècle pour qu’ils aient leur définition « officielle ». Pourtant, la consommation de ces micro-organismes bienfaisants remonte à la nuit des temps.
Le saviez-vous ? Nos ancêtres consommaient les ancêtres des probiotiques d’aujourd’hui !1 Dès le Néolithique, ils ont constaté que la fermentation de certains aliments avait des vertus insoupçonnées. Lait, blé ou légumes devenaient plus faciles à conserver, plus savoureux, plus digestes… et meilleurs pour la santé1,2.
A l’aube de l’Antiquité, il y a au moins 5000 ans, les Egyptiens, les Romains et les Hindous appréciaient déjà le lait fermenté2. Quant aux anciens Turcs, ils le considéraient comme un élixir de vie. Est-ce le secret de leur force légendaire ? Trois siècles avant notre ère, les ouvriers chinois construisant la Grande Muraille mangeaient du chou fermenté pour leur bien-être2. De son côté, le célèbre Hippocrate, « père de la médecine » conseillait du fromage aux athlètes olympiques1. Même pour les soldats du terrible Genghis Khan, le lait fermenté était source de force et vigueur pour remporter les batailles !3 Ce n’est qu’à partir du début du 20ème siècle, notamment suite aux travaux de Louis Pasteur, qu’on a découvert que ces vertus provenaient de micro-organismes bénéfiques1.
C’est quoi un probiotique ?
Les probiotiques sont « des micro-organismes vivants qui, lorsqu'ils sont administrés en quantités adéquates, confèrent un bénéfice pour la santé de l'hôte » !4.5. Besoin de sous-titres pour cette version originale d’experts ?
Des micro-organismes…
Comme des bactéries ou des levures.
vivants…
En pleine forme pour agir : des micro-organismes morts ne sont pas probiotiques !
qui, lorsqu'ils sont administrés en quantités adéquates…
Ni trop, ni trop peu pour agir efficacement et sans danger.
confèrent un bénéfice pour la santé de l'hôte.
Dans ce cas, les probiotiques ont un effet positif sur la santé de celui ou celle qui les prend6.
Un probiotique, ce n’est pas…
… un antibiotique, au contraire ! Le terme « probiotique » (pour la vie) a justement été proposé par des chercheurs dans les années 60 pour s’opposer à « antibiotique » (contre la vie)1.
… un microbiote, qui décrit tous micro-organismes présents dans un environnement donné -comme les intestins. Le microbiome, c’est tout simplement le génome (tous les gènes) de l’ensemble de ces micro-organismes7!
… un prébiotique, des fibres alimentaires non digestibles particulières qui nourrissent » spécifiquement les bonnes bactéries du microbiote et ainsi, apportent un bénéfice pour la santé8. Quand ils sont ajoutés à des probiotiques dans des produits spécifiques, on les appelle des symbiotiques9.
… un aliment fermenté, qui est un aliment élaboré avec des micro-organismes vivants choisis et grâce à certaines transformations enzymatiques : yaourt, fromage, choucroute… Même s’il a des vertus pour la santé, un aliment fermenté n’est pas forcément probiotique10.
… une transplantation de microbiote fécal (TMF), un traitement consistant à soigner le microbiote d’une personne malade en lui transplantant celui d’un donneur en bonne santé. La TMF est aujourd’hui uniquement utilisée en d’infection intestinale récidivante par une bactérie appelée « Clostridioides difficile »11.
Qui sont les micro-organismes probiotiques ?
Familièrement appelés « microbes » ou encore « germes », les micro-organismes sont de des êtres vivants « microscopique » c’est-à-dire qu’il est impossible de les voir à l’œil nu12. Souvent, ils n’ont qu’une seule cellule !
Parmi eux, on compte les bactéries, qui vivent partout dans notre environnement : dans la terre, dans l’eau, et même sur et dans notre corps !12,13 On trouve également les champignons microscopiques : levures (de la levure de boulanger Saccharomyces aux Candida responsables de mycoses) ou moisissures (comme Penicillium, qui donne le « bleu » du Roquefort mais aussi la pénicilline, ce célèbre antibiotique)12,14,15,16. Les virus sont aussi des micro-organismes mais, incapables de survivre sans infecter une cellule, ils ne sont pas toujours considérés comme des « êtres vivants »12,17. Il y a aussi les amibes, les microalgues…18,19 Ce petit monde est gigantesque : il y a un déjà milliard de bactéries dans une petite cuillérée de terre ! Rassurez-vous : plus de 99% d’entre elles sont inoffensives pour nous12,20.
Les micro-organismes les plus utilisés comme probiotiques sont :
des levures comme Saccharomyces boulardii, issue la peau des litchis3,15.
Tous sont désignés par un nom latin précis
Avec d’abord leur genre, par exemple Lactobacillus,
Ensuite leur espèce au sein de ce genre, ce qui donne par exemple Lactobacillus « acidophilus »,
Et enfin, leur souche au sein de cette espèce, sous forme d’une suite de lettres et/ou de chiffres qui tel un code-barres indique et identifie précisément le microorganisme. La souche distingue les particularités génétiques de chaque espèce de micro-organisme. C’est elle qui rend chaque probiotique unique !21
Par exemple Lactobacillus acidophilus XYZ123.
Vous en perdez votre latin ?
Pensez à une salade de fruits avec prunes, cerises, pêches et nectarines. Tous viennent du même genre d’arbre, le Prunus ! L’espèce Prunus avium donne par exemple des cerises et Prunus persica donne des pêches - dont il existe encore des centaines de variétés : jaunes, blanches, lisses ou duveteuses, rondes ou plates !22.
Comment sont choisis les probiotiques ?
Trouver les « heureux élus » parmi les milliards d’espèces de micro-organismes : dure tâche pour les chercheurs ! C’est peut-être pour saluer leurs efforts que les espèces probiotiques portent souvent leur nom : Saccharomyces boulardii a ainsi été isolé par Henri Boulard23 et Lactobacillus reuterii (dont le nouveau nom est Limosilactobacillus reuteri24) par Gerhard Reuter25.
Qu’elles proviennent du lait, des fruits ou du corps humain, les espèces de micro-organismes potentiellement bénéfiques sont étudiées sous toutes les coutures de façon à trouver les souches les plus intéressantes.
Première étape, on les identifie, suivant les caractéristiques de leur génome. Les microorganismes sont classés. On leur attribue un nom avec un numéro de souche4,26.
Deuxième étape, on réduit peu à peu les candidats potentiels en fonction de leurs propriétés bénéfiques comme des actions anti-pathogènes, anti-cholestérol ou encore régulateur du transit intestinal4,26…
Troisième étape, on vérifie leur innocuité, c’est-à-dire qu’ils sont sans danger pour la santé ; les chercheurs regardent alors s’ils n’ont pas gènes de résistances aux antibiotiques, de toxine ou ne provoquent pas d’effets indésirables mais aussi si les candidats probiotiques sont capables de survivre dans certaines conditions extrêmes comme le milieu intestinal (température, pH, acides biliaires…)4,26.
Quatrième étape, et non des moindres, on valide l’efficacité du probiotique chez l’homme on parle alors d’« essais cliniques » qui devront suivre les recommandations précises des autorités de santé (locales/nationales). C’est à ce stade que le microorganisme testé peut être qualifiées de probiotique4,26.
Dernière étape, on s’assure que le probiotique est vivant et à la dose efficace tout au long de la durée vie du produit. Les probiotiques sont ensuite déposés dans une « banque internationale de souches microbiennes »4,27.
A quoi servent les probiotiques ?
Notre organisme compte plusieurs microbiotes. Le plus important se trouve dans les intestins (c’est la « flore intestinale »), mais il y a aussi un microbiote de la peau, du vagin, de la bouche, des voies respiratoires28,29… Dans ces microbiotes, des milliards de micro-organismes travaillent en harmonie28,30. La plupart sont inoffensifs ou bénéfiques à la santé31. Certains sont potentiellement pathogènes, autrement dit pourraient provoquer des maladies, mais leur développement est freiné par les micro-organismes « amies »32. Pour différentes raisons, comme une alimentation pas assez saine, un stress, une maladie ou une prise d’antibiotiques, l’équilibre du microbiote peut se rompre : on parle de « (sidenote:
Dysbiose
La « dysbiose » n’est pas un phénomène homogène : elle varie en fonction de l’état de santé de chaque individu. Elle est généralement définie comme une altération de la composition et du fonctionnement du microbiote, provoquée par un ensemble de facteurs environnementaux et liés à l’individu, qui perturbent l’écosystème microbien.
Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232.) »28,30. La composition du microbiote est altéré, il s’appauvrit, les micro-organismes bénéfiques sont moins abondants, et les pathogènes en profite pour coloniser l’espace et se multiplier33…
En venant « en renfort » dans le microbiote, les probiotiques peuvent aider celui-ci à maintenir ou retrouver son équilibre, agir sur notre système de défense immunitaire en diminuant l’inflammation, nous protéger en s’attaquant aux (sidenote:
Pathogène
Un pathogène est un microorganisme qui cause, ou peut causer, une maladie.
Pirofski LA, Casadevall A. Q and A: What is a pathogen? A question that begs the point. BMC Biol. 2012 Jan 31;10:6.) ou leurs toxines. Et ainsi, à prévenir ou corriger les troubles et maladies liés à une dysbiose34,35,36. Cependant, selon les souches, les probiotiques ont des modes d’action différents, un effet bénéfique spécifique ne pourra pas être extrapolable d’une souche à une autre37.
Pourquoi prendre des probiotiques ?
Quel bénéfice ? Qu’est-ce que cela m’apporte ?
Les bénéfices des probiotiques sur notre santé sont nombreux. Cependant, suivant l’efficacité que chacune des souches de probiotique a démontré dans des études sur l’homme, ils ont prouvé leur intérêt dans des situations bien précises5,38 :
Troubles de l’appareil digestif comme les diarrhées dues aux antibiotiques39, les diarrhées à C. difficile40, les gastro-enterites41, les diarrhées du voyageur (ou « touristas »)42, troubles fonctionnels intestinaux (ou « intestin irritable »)43,44, les troubles de la digestion du lactose21, les maladies inflammatoires des intestins (MICI)45…,
Infections respiratoires hivernales46,
Maladies cutanées47,
Infections urinaires48,
Infections vaginales49.
Comment sont fabriqués les probiotiques ?
La fabrication des probiotiques exige la maîtrise d'un procédé technique délicat et des contrôles stricts répétés à chaque étape de la chaîne de production. Elle doit en effet garantir au consommateur un produit fini répondant à toutes les normes de qualité et de sécurité. Les micro-organismes probiotiques doivent rester vivants, en nombre suffisant et stable jusqu'à la fin de la durée de conservation du produit, être correctement dosés pour le bénéfice annoncé et être exempts de contaminants5,6,51.
Cette infographie est une représentation simplifiée et non exhaustive d’un processus de sélection puis de fabrication de probiotiques avec des exemples théoriques de point de contrôle.
Les différentes étapes de fabrication6,52:
Ce processus par étape est un exemple simplifié et non exhaustif de fabrication de probiotiques.
Mise en culture
Le micro-organisme sélectionné est mis en culture avec des substances nutritives stérilisées afin qu’il se multiplie.
Après leur multiplication, les micro-organismes sont séparés de leur milieu de culture par centrifugation ou filtration.
Lyophilisation
La pâte obtenue contenant les microorganismes va ensuite subir une congélation rapide puis une déshydratation pour en extraire l'eau, c’est la lyophilisation qui va permettre d’évaporer au moins 96%53 de l’humidité restante. Ainsi les micro-organismes se conservent mieux tout en restant vivants.
La poudre est ensuite conditionnée dans son format définitif (gélules, sachets, ampoules...). Le choix et la qualité du format utilisé doit permettre d’augmenter la stabilité du produit. Ils sont enfin emballés dans leur contenant final ou boite.
Stockage
Les probiotiques empaquetés sont stockés dans des environnements contrôlés (température, humidité…).
Distribution des lots
Ils sont enfin livrés sur leur point de vente, par exemple en pharmacie.
A chaque étape de la production - voire même plusieurs fois au cours d’une même étape - des contrôles doivent être réalisés sur les échantillons pour vérifier que le produit est conforme, c’est-à-dire que la qualité et la pureté sont optimales6. Il est nécessaire que les micro-organismes soient toujours vivants et sans danger pour leur consommation6. Pour que les consommateurs puissent avoir le maximum de confiance dans la qualité de leurs produits, certains laboratoires ont recours, en plus de leurs propres contrôles, à des organismes extérieurs et indépendants qui vérifient que l’ensemble des processus de fabrication et de contrôle qualité sont conformes à la réglementation et aux bonnes pratiques27.
Pas si simple de faire son choix parmi les nombreux probiotiques existants, comme vous l’avez vu, tous les probiotiques ne sont pas identiques. Et aucun d’entre eux, souche ou combinaison de souches probiotiques, n'aura en même temps tous les effets bénéfiques décrits ici50. Demandez conseil a votre médecin ou votre pharmacien, il vous recommandera les produits dont vous avez besoin en fonction de votre état de santé.
Depuis plusieurs années, la recherche sur le microbiote humain et les probiotiques est en pleine effervescence. Stimulée par les progrès technologiques de la biologie, elle nous apporte de nouvelles connaissances scientifiques, parfois surprenantes, sur les interactions fines et complexes au sein des écosystèmes microbiens. Probiotiques de précision, micro-ARN, consortia de probiotiques, postbiotiques… La recherche ouvre la voie à des propositions inédites et prometteuses pouvant répondre, aujourd’hui et demain, aux besoins de santé de chacun d’entre nous.
La science nous a déjà livré quelques-uns des secrets de l’action des probiotiques sur notre santé. On sait aujourd’hui que l’effet bénéfique d’un probiotique est à la fois dépendant de la souche et de certaines caractéristiques de l’individu qui le consomme comme son âge, son alimentation, son état de santé, ses traitements médicamenteux mais aussi son microbiote 54. Cet effet peut donc varier entre les personnes 55. Ces dernières années, des avancées scientifiques majeures ont été réalisées dans la compréhension des interactions entre les microbiotes et le corps humain. Elles suggèrent que la modulation de ces écosystèmes microbiens pourrait apporter des solutions nouvelles à de grands enjeux de nutrition et de santé 56.
Alors comment faire en sorte que les probiotiques de demain soient à la fois plus efficaces, plus ciblés et mieux adaptés au microbiote de chacun ? De nombreuses équipes scientifiques se sont déjà engagées dans ce vaste champ de recherche. Leurs armes pour le défricher :
Les disciplines « -omics » de la biologie d’aujourd’hui.
(sidenote:
Génomique
Etude de l’ensemble des gènes d’un être vivant (génome), y compris les interactions entre les gènes et avec leur environnement.
https://www.genome.gov/about-genomics/fact-sheets/A-Brief-Guide-to-Genomics), (sidenote:
Transcriptomique
Etude de toutes les molécules d'ARN dans une cellule. L'ARN est copié à partir de morceaux d'ADN et contient des informations pour fabriquer des protéines et remplir d'autres fonctions importantes dans la cellule. La transcriptomique est utilisée pour en savoir plus sur la façon dont les gènes sont activés (leur régulation, leur expression) dans différents types de cellules.
https://www.cancer.gov/publications/dictionaries/cancer-terms/def/transcriptomics
https://www.nature.com/subjects/transcriptomics), (sidenote:
Protéomique
Etude des protéines présentes dans une cellule, un tissu ou un organisme (protéome) ou de la structure et du fonctionnement d’une protéine.
https://academic.oup.com/chromsci/article/55/2/182/2333796), (sidenote:
Métabolomique
Etude de l’ensemble des métabolites, substances générées par les processus biologiques au cours du métabolisme, elle permet d’en obtenir l’empreinte chimique spécifique.
Clish CB. Metabolomics: an emerging but powerful tool for precision medicine. Cold Spring Harb Mol Case Stud. 2015;1(1):a000588.), 56…. Ensemble, ces disciplines couvrent l’ensemble des processus et des échanges cellulaires impliqués dans le fonctionnement d’un système de l’organisme, comme le microbiome humain. Quant à la (sidenote:
Bioinformatique
Analyse des données biologiques par ordinateur
Cunningham M, Azcarate-Peril MA, Barnard A et al. Shaping the Future of Probiotics and Prebiotics. Trends Microbiol. 2021;29(8):667-685), elle permet de traiter les énormes volumes de données que ces nouveaux outils génèrent.
L’identification des organismes clés du microbiote :
Les connaissances scientifiques apportées par ces nouvelles méthodes permettent aux chercheurs de comprendre beaucoup plus finement l’organisation du microbiote : comment il fonctionne, comment les microorganismes interagissent entre eux et avec l’individu qui les héberge 56… L’objectif ? Identifier les microorganismes clés pour son équilibre. Les chercheurs peuvent ainsi isoler des souches spécifiques et ciblées selon leurs bénéfices potentiels sur le microbiote et la santé. Ils peuvent aussi observer le mode d’action de ces futurs probiotiques au cœur de leurs cellules, leurs interactions avec le microbiote et la réponse de l’hôte54,57.
Ces nouvelles approches scientifiques et technologiques ont permis l’émergence de probiotiques dits (sidenote:
Probiotiques « de nouvelle génération »
Microorganismes vivants identifiés sur la base d’analyses comparatives du microbiote et qui lorsqu’ils sont administrés en quantités adéquates, sont bénéfiques à la santé de l’hôte.
Martín R, Langella P. Emerging Health Concepts in the Probiotics Field: Streamlining the Definitions.Front Microbiol. 2019;10:1047.). Parmi les plus récemment identifiés figurentRoseburia intestinalis, Faecalibacterium prausnitzii, Akkermansia muciniphila… Issues de ces espèces importantes pour le microbiote humain, ces souches agiraient sur des processus physiologiques (métabolisme, immunité) qui ne seraient pas forcément atteints par les probiotiques classiques 56, mais aussi sur certains mécanismes pathologiques précis intervenant par exemple dans les cancers, l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, inflammatoires, auto-immunes, la douleur…56,58,59,60 . Elles pourraient ainsi entrer dans le cadre des (sidenote:
Produit ou agent biotherapeutique
Produit biologique contenant des organismes vivants, comme des bactéries, et destiné à prévenir ou traiter des troubles ou maladies (les vaccins n'entrent pas dans cette catégorie).
Rouanet A, Bolca S, Bru A, et al. Live Biotherapeutic Products, A Road Map for Safety Assessment. Front Med (Lausanne). 2020;7:237.
), c’est-à-dire des médicaments contenant des organismes vivants. Les probiotiques de nouvelle génération sont en premier lieu des souches jamais utilisées auparavant. Mais il peut également s’agir de probiotiques connus mais qui seront génétiquement modifiés pour produire des molécules spécifiques d’intérêt comme des acides gras à chaîne courte (AGCC), pour augmenter leur survie dans le tube digestif ou encore pour améliorer leur métabolisme, leur propriétés immunomodulatrices, leur capacité à combattre certains pathogènes, etc... 60
Des probiotiques de précision pour une médecine personnalisée
L’ère des « probiotiques de précision » est donc déjà en marche. Et prenant l’avantage sur la variabilité de la réponse de l’hôte, celle des probiotiques personnalisés s’annonce ! En effet, le concept de médecine personnalisée reposant sur la prise en compte des spécificités de chaque patient pour vaincre la maladie, les probiotiques « nouvelle génération » peuvent naturellement s’intégrer dans cette approche par leurs capacités à moduler le microbiote de l’hôte en fonction de ses caractéristiques.54
Les chercheurs imaginent aujourd’hui des moyens d’analyser le microbiote intestinal de toute personne pouvant bénéficier d’un probiotique afin de déterminer préalablement le plus adapté. La mise au point de dispositifs miniaturisés à ingérer avec prélèvement d’un échantillon de la flore afin de le caractériser est déjà envisagée. Les scientifiques estiment également que grâce à la démocratisation médicale du séquençage à haut débit, chacun d’entre nous pourrait bientôt disposer du génome de son microbiote et ainsi obtenir des recommandations « sur-mesure » pour rester en bonne santé grâce à la nutrition, aux probiotiques ou aux prébiotiques. 54
Des applications nouvelles de santé publique
Les probiotiques sont aujourd’hui explorés pour répondre à des enjeux de santé publique, en particulier pour des situations où les options thérapeutiques classiques deviennent insuffisantes. Par exemple, face à l’augmentation inquiétante des antibiorésistances dans le monde, des probiotiques aux activités antimicrobiennes ou immunomodulatrices sont étudiés en tant qu’alternative aux antibiotiques. Le potentiel thérapeutique des probiotiques dans d’autres problèmes de santé importants comme l’obésité, les maladies du foie, les problèmes de la fertilité, l’excès de cholestérol ou les troubles de l’humeur, est également testé 56 . Enfin, les probiotiques contribueraient à améliorer la prise en charge des cancers : par exemple, certaines souches semblent optimiser les traitements (et/ou réduire leur toxicité) des cancers du côlon, des poumons, des reins…60,62.
Zoom sur un acteur révélé par la transcriptomique : les microARNs
Découverts dans les années 90, les microARNs intéressent vivement les chercheurs : ces régulateurs fins de l’expression des gènes participent à de nombreux processus cellulaires. Leurs dysfonctionnements engendrant de nombreuses maladies, y compris des cancers 63 , ils sont aujourd’hui explorés en tant que cibles thérapeutiques 64 . Les microARNs régulent également les interactions entre les cellules de l’organisme et les microorganismes du microbiote. Or les probiotiques apparaissent capables de modifier leur expression, par exemple lorsque celle-ci est associée à une inflammation intestinale. La possibilité d’agir sur les microARNs par des probiotiques afin d’équilibrer le microbiote et de traiter certaines pathologies, notamment digestives, est très prometteuse 65 .
Un pouvoir probiotique décuplé : les consortia
Les probiotiques changent aussi de visage : les scientifiques les expérimentent en groupe… ou en morceaux ! En effet, l’équilibre du microbiote dépend des interactions entre ses microorganismes et plusieurs espèces peuvent être anormalement sous-représentées en cas de dysbiose. Inspirés par les succès de la (sidenote:
Transplantation fécale
Cette approche thérapeutique consiste à introduire les selles d’une personne saine dans le tube digestif d'un patient afin de reconstituer sa flore intestinale. Pour le moment, elle n’est autorisée que pour le traitement des infections récurrentes à Clostridioides difficile.
Quigley EMM, Gajula P. Recent advances in modulating the microbiome. F1000Res. 2020;9:F1000 Faculty Rev-46.) qui intègre tout un écosystème bactérien, des chercheurs testent donc actuellement des consortia de probiotiques : des formulations de plusieurs souches agissant en « réseau » et en synergie 56pour un effet thérapeutique défini 66 .
Avez-vous déjà entendu parler des postbiotiques ?
Des post bio…quoi ? Des postbiotiques ! 67 Ce ne sont pas des microorganismes entiers vivants comme doivent l’être les probiotiques, mais des fragments microbiens, des souches inactivées (la cellule est morte et ne se multiplie plus) ou des métabolites bactériens (protéines, enzymes…) capables d’apporter des bénéfices à l’hôte. Avantageux par leur facilité de production et de conservation, ils montreraient certains effets similaires, voire supérieurs, à leurs homologues probiotiques 56,68 . Des études doivent être menées pour confirmer ces premiers résultats encourageants.
Bactériophages : des virus tueurs de bactéries …
Mais ce n’est pas tout : les recherches sur les traitements par les phages, des virus attaquant spécifiquement certaines bactéries pathogènes du microbiote, reprennent après des décennies de mise en sommeil. De récents travaux suggèrent que les phages pourraient entrer dans l’arsenal thérapeutique des infections multirésistantes. Ils pourraient aussi contribuer à la correction de dysbioses associées à certaines maladies ou encore servir de « moyen de transport » pour des médicaments ciblés. Là aussi, des travaux scientifiques et des essais cliniques sont nécessaires avant que la phagothérapie puisse faire partie de nouvelles options efficaces et sûres pour la médecine de demain 69 .
11 Zallot, Camille : Transplantation de microbiote fécal et pathologies digestives, La Lettre de l'Hépato-gastroentérologue, Vol. XXI -n° 1, janvier-février 2018.
La recherche sur le microbiote avance à grand pas. Profitez de formations accréditantes pour vous former et parfaire votre connaissance sur les microbiotes.
From the intestines to the skin, discover how the different microbiotas work and what associated disorders are. This ecosystem can become unbalanced, thus generating various disorders.
Different parts of the human body (intestines, skin...) are home to living microorganisms (bacteria, fungi, viruses...) called microbiota, which are beneficial to our health when they are properly balanced.
Find out more about the day-to-day best practices to prevent microbiota unbalances (also known as "dysbioses"). Diet, probiotics, symbiotics: you have the power to modulate your microbiotas!
Vous le savez sans doute déjà, un microbiote intestinal équilibré, c’est bon pour la santé. D'ailleurs, son rôle ne se limite pas à l’intestin.Découvrez tous les impacts que le microbiote intestinal peut avoir !
De la puberté à la ménopause, en passant par les grossesses et l'accouchement, la vie des femmes est jalonnée de grands évènements au cours desquels leurs microbiotes jouent un rôle majeur.
Microbiote cutané, microbiote ORL, microbiote pulmonaire ou encore urinaire... Quels sont les rôles des micro-organismes, véritables partenaires de notre santé tout au long de notre vie ?
« Les cris de mon nouveau-né ? Le son le plus déchirant qu’il m’ait été donné d’entendre»1, confessent de nombreux parents dans l’incapacité d’apaiser les pleurs inexpliqués de leur bébé et qui arrivent démunis dans le cabinet de leur pédiatre. Les symptômes sont souvent difficiles à identifier et peuvent représenter une épreuve pour les parents… Encore faut-il savoir les reconnaître… et les comprendre ! Et si la clé se trouvait dans le microbiote intestinal de votre nourrisson ?
La colique infantile se caractérise par des pleurs excessifs de cause inconnue chez des nourrissons qui sont par ailleurs en bonne santé. Les potentielles causes de ces coliques seraient à chercher dans les désordres gastro-intestinaux2 (immaturité du tractus gastro intestinal, allergie ou intolérance au lait de vache, reflux des bébés3) mais d’autres causes, sans rapport avec le système gastro-intestinal3 sont aussi étudiées comme le stress parental4 ou encore le tabagisme maternel2.
Les coliques des bébés sont monnaie courante mais leurs symptômes, à commencer par les pleurs continus de l’enfant, peuvent être une source d’inquiétude pour les parents.
Le saviez-vous ?
Le mot « colique » vient du grec “κoλικóς,kolikos” en référence au colon. Cependant, en dépit d’années de recherche, la cause demeure toujours inconnue et rien ne permet d’affirmer avec certitude que les intestins (et donc le colon) du nourrisson sont en cause5.
Quels sont les symptômes de la colique du nourrisson ?
L’enfant pleure beaucoup, il est inconsolable, il grimace et peut avoir le visage rouge. Il garde les poings serrés et peut avoir des gaz5. Pour diagnostiquer la colique du nourrisson, les pédiatres ont longtemps utilisé la « règle des 3 », introduite en 19546. Ces critères ont depuis été adaptés, et une association internationale a fourni une nouvelle définition avec les critères suivants : « périodes récurrentes et prolongées d’agitation, pleurs ou irritabilité du nourrisson, signalés par les parents, qui surviennent sans cause évidente et ne peuvent pas être prévenus ou résolus par les soignants, sans retard de croissance du nourrisson, de fièvre ou de mauvaise santé »7.
Et le microbiote intestinal du nourrisson dans tout ça ?
Un lien entre les coliques du nourrisson et le microbiote intestinal – appelé également flore intestinale – a récemment été établi8. Des études scientifiques ont en effet révélé que le microbiote intestinal des nourrissons concernés différait de celui des autres bébés9 :
A la place, leur microbiote semble être colonisé par d’autres espèces (Escherichia coli5, Klebsielles ou d’autres potentiellement pathogènes5).
Ce déséquilibre du microbiote intestinal, qu’on appelle « (sidenote:
Dysbiose
La « dysbiose » n’est pas un phénomène homogène : elle varie en fonction de l’état de santé de chaque individu. Elle est généralement définie comme une altération de la composition et du fonctionnement du microbiote, provoquée par un ensemble de facteurs environnementaux et liés à l’individu, qui perturbent l’écosystème microbien.
Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232.) », semble fortement associé aux coliques : une des hypothèses est que l’altération de la composition du microbiote intestinal modifierait la motilité intestinale (la manière dont se déplace les aliments dans l’appareil digestif), engendrant un excès de production de gaz5.
Inflammation intestinale : suivez la calprotectine !
C’est une protéine (la calprotectine), qui permet d’ identifier une inflammation intestinale. On la retrouve en grande quantité chez les nourrissons souffrant de colique. Elle est associée à une diversité réduite du microbiote intestinal9.
Soulager les bébés… et les parents ?
La consultation de votre médecin reste le tout premier moyen de diagnostiquer une colique du nourrisson et de rassurer les parents. Il n’existe pas de traitement à proprement parler10 contre les coliques mais des pratiques quotidiennes simples peuvent permettre de faire disparaître les symptômes. Parmi celles-ci, l’allaitement, le portage ou encore l’équilibrage du microbiote intestinal de l’enfant notamment à travers les probiotiques5. Cette piste semble d’ailleurs prometteuse puisque l’apport en « bonnes » bactéries pourraient réduire l’inflammation intestinale6 et aider à réduire la durée journalière des pleurs après quelques mois d’utilisation11. Les probiotiques peuvent être également utilisés en prévention pour maintenir un bon équilibre intestinal5.
Cet article est issu de sources scientifiques validées mais ne se substitue pas à un avis médical. En cas de symptômes, n’hésitez pas à consulter votre médecin généraliste ou le pédiatre de vos enfants.
Pathologie gynécologique la plus fréquente chez les femmes en âge de procréer, la vaginose bactérienne affecte entre 23% à 29% des femmes à travers le monde1. Avec cette pathologie, c’est quitte ou double : elle peut passer totalement inaperçue… ou altérer considérablement la vie des femmes. Bien que la cause demeure encore inconnue à ce jour, la piste du déséquilibre du microbiote vaginal semble se confirmer2.
La vaginose bactérienne est une pathologie pernicieuse et difficilement décelable. Le saviez-vous ? 50% des femmes sont asymptomatiques, d’autres souffrent d’irritations locales ou de pertes malodorantes3.
En pratique, un médecin utilise le score d’Amsel4 pour diagnostiquer une vaginose bactérienne. Cette méthode est basée sur la présence d’au moins 3 des critères suivants :
Un écoulement vaginal mince et homogène ;
Un pH vaginal qui est supérieur à 4,5 ;
Une odeur d’amine (qui correspond en fait à une odeur de poisson) après un test spécifique réalisé sur le frottis vaginal ;
Des pertes vaginales repérées suite à un examen microscopique : présence de cellules du tissu vaginal auxquelles adhèrent de très nombreuses bactéries.
De nombreux facteurs de risques sont associés à cette infection : l’âge, le cycle menstruel, la grossesse, les antécédents sexuels, mais aussi les douches vaginales et le tabagisme3. La (sidenote:
Dysbiose
La « dysbiose » n’est pas un phénomène homogène : elle varie en fonction de l’état de santé de chaque individu. Elle est généralement définie comme une altération de la composition et du fonctionnement du microbiote, provoquée par un ensemble de facteurs environnementaux et liés à l’individu, qui perturbent l’écosystème microbien.
Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232.) vaginale induite par un traitement antibiotique pourrait également participer au développement ultérieur d’une vaginose bactérienne, ce qui constitue un réel cercle vicieux, étant donné qu’ils peuvent être utilisé pour traiter l’infection3.
Enfin, les femmes souffrant de vaginose bactérienne ont une plus forte probabilité de contracter des infections sexuellement transmissibles (IST) : l’herpès, le papillomavirus, le SIDA, et aussi des infections bactériennes5,6.
50%
des femmes sont asymptomatiques, d’autres souffrent d’irritations locales ou de pertes malodorantes
En cas de vaginose bactérienne, cette flore microbienne est remplacée par une flore polymicrobienne composée de plusieurs bactéries (Gardnerella, Atopobium, Prevotella, Mobiluncus...)2. Ceci entraine une augmentation du pH du microbiote vaginal (qui normalement est très acide), principalement attribuée à la diminution de la flore prédominante en Lactobacillus9. Mais n’est pas si simple ! La seule présence de certaines espèces de cette flore polymicrobienne ne semble pas provoquer d’infection, c’est-à-dire qu’une femme ne va pas forcément déclarer de symptômes si elle est porteuse dans son vagin de l’espèce Atopobium, ou Prevotella… En effet, l’espèce Gardenerella vaginalis est présente chez 90 % des sujets symptomatiques et 45 % des sujets sains4. Cette bactérie a longtemps été considérée comme l’agent pathogène principal de la vaginose bactérienne, avant que de nouvelles voies de recherche mettent en évidence que le vagin pouvait être colonisé par cette bactérie sans déclencher l’infection10. La recherche continue afin de pouvoir identifier plus précisément les causes de cette infection qui restent toujours à déterminer3.
35%
Seule une femme sur trois sait que la vaginose bactérienne découle d’un déséquilibre du microbiote vaginal
69%
Près de 7 femmes sur 10 savent que les antibiotiques peuvent altérer le microbiote vaginal.
Vaginose bactérienne : comment l’éviter ?
Le traitement est seulement préconisé pour les femmes qui présentent des symptômes. Les dernières recommandations médicales visent à prescrire des antibiotiques par voie orale ou vaginale2. Toutefois, si ceux-ci peuvent permettre d’alléger les symptômes, il est malheureusement très fréquent que les patientes rechutent11.
Il existe cependant plusieurs moyens de réduire vos chances d’avoir une vaginose ! Evitez certains facteurs de risques comme les douches vaginales, le tabagisme3... Et, pour restaurer l’équilibre du microbiote vaginal, l’administration de probiotiques par voie vaginale ou orale12,13, peut être conseillé dans le traitement ou la prévention des rechutes de cette pathologie.
Cet article est issu de sources scientifiques validées. En cas de symptômes, n’hésitez pas à consulter votre médecin généraliste ou votre gynécologue.
70 à 75% des femmes souffrent d’un épisode de candidose vaginale au moins une fois au cours de leur vie1. Démangeaisons et pertes vaginales anormales… Les symptômes peuvent être particulièrement gênants au quotidien. Et si cette infection était favorisée par le déséquilibre de votre microbiote vaginal2?
La candidose vaginale est une infection de la vulve et du vagin provoquée par un champignon de type levure : Candida albicans dans la majorité des cas3. Cette infection est considérée comme la seconde pathologie infectieuse vaginale la plus commune après la vaginose bactérienne1. Il est important de consulter un médecin pour confirmer le diagnostic car ses symptômes ne sont pas très spécifiques ; les manifestations cliniques les plus courantes pour cette infection sont des écoulements vaginaux anormaux (leucorrhées), des démangeaisons génitales, une sensation de brûlure accompagnée de douleurs ou d'irritations vaginales qui peuvent mener à une (sidenote:
Dyspareunie
Douleur génitale récurrente ou persistante éprouvée lors d'un rapport sexuel.
) ou une (sidenote:
Dysurie
terme utilisé pour décrire une miction (action d’uriner) douloureuse, souvent décrit par le patient comme une sensation de brûlure, de picotement ou de démangeaison
)1.
42%
Moins d’une femme sur deux indique que son médecin lui a déjà expliqué comment préserver l’équilibre de son microbiote vaginal ou a été sensibilisée à l’importance de préserver autant que possible l’équilibre de son microbiote vaginal
Au cours des différents épisodes de la vie d’une femme, l’écosystème vaginal évolue6. Cette évolution est normale et est influencée par le cycle menstruel, la puberté et la ménopause, l’activité sexuelle, la contraception, l’hygiène intime, les grossesses7,8,9.
Lorsque l’écosystème vaginal est déséquilibré (par un traitement antibiotique, les douches vaginales, le stress, le tabagisme…)2,6 c’est ce qu’on appelle une (sidenote:
Dysbiose
La « dysbiose » n’est pas un phénomène homogène : elle varie en fonction de l’état de santé de chaque individu. Elle est généralement définie comme une altération de la composition et du fonctionnement du microbiote, provoquée par un ensemble de facteurs environnementaux et liés à l’individu, qui perturbent l’écosystème microbien.
Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232.) : les Lactobacillus ne sont plus prédominants, et certaines (sidenote:
Infection opportuniste
Infection provoquée par un microorganisme normalement non pathogène, mais qui peut le devenir lorsque son hôte se déséquilibre (plusieurs facteurs peuvent entrainer un déséquilibre : un affaiblissement du système immunitaire, une maladie, l’âge, certains médicaments…).
) peuvent proliférer. C’est ce qu’il se passe en cas de candidose : les Candida – qui sont des levures normalement présentes dans le vagin et les intestins5 – vont se développer d’une manière anormale et devenir (sidenote:
Pathogène
Un pathogène est un microorganisme qui cause, ou peut causer, une maladie.
Pirofski LA, Casadevall A. Q and A: What is a pathogen? A question that begs the point. BMC Biol. 2012 Jan 31;10:6.) sous des conditions particulières. Par exemple, on estime qu’après un traitement antibiotique, 10 à 30% des femmes vont souffrir de candidose vulvo-vaginale10.
10 à 30%
des femmes vont souffrir de candidose vulvo-vaginale après un traitement antibiotique
D’autres facteurs de risques existent et peuvent augmenter le risque de déclencher une infection: la prise de corticostéroïdes, la grossesse, les pathologies entrainant une diminution des réponses immunitaires, un diabète mal équilibré, mais aussi la contraception orale, le port d’un dispositif intra-utérin… De nombreux facteurs ont été identifiés sans que les mécanismes en soient totalement élucidés.
Antifongiques et probiotiques
Le traitement classique de la candidose vaginale est un traitement antifongique, en administration locale ou orale11. Néanmoins, des rechutes peuvent survenir et de nouvelles voies thérapeutiques sont en cours d’évaluation11. Des travaux récents suggèrent que des probiotiques pris par voie orale ou en application locale (gélules ou ovules) pourraient rééquilibrer le microbiote vaginal et réduire la fréquence des rechutes d’infections à Candida12,13.
Pour réduire les risques d’infection, il est recommandé de suivre certaines pratiques d'hygiène intime14. Des gestes à adopter au quotidien pour soin de votre microbiote vaginal.
Cet article est issu de sources scientifiques validées. En cas de symptômes, n’hésitez pas à consulter votre médecin généraliste ou votre gynécologue.