Le monde microbien de votre lave-vaisselle

De nombreuses études ont montré que les bactéries et autres champignons colonisent notre quotidien : de la machine à café à la machine à laver, les microorganismes sont partout. C’est pourquoi une équipe internationale s’est intéressée à ceux du lave-vaisselle et à l’impact qu’ils pourraient avoir sur notre santé.

 

Objet de notre quotidien, le lave-vaisselle héberge une communauté microbienne très peu étudiée. Pourtant, des germes s’y développent dans des conditions hostiles, laissant craindre une possible contamination des différents objets lavés, voire un impact sur notre santé. Pour l’observer, les chercheurs ont prélevé les joints de 24 lave-vaisselles issus de logements privés. Fréquence des lavages, âge de l’appareil, dureté de l’eau : autant d’éléments impactants pour les germes et pris en compte pour l’analyse des différentes espèces présentes.

La vie en milieu extrême

Malgré des conditions extrêmes, les « mauvaises » bactéries et champignons les plus robustes se sont développés sur le métal, le plastique et les joints du lave-vaisselle. Ils ont dû résister à l’alternance de périodes sèches puis humides, à des changements de température rapides pendant des cycles de lavage allant jusqu’à 74°C, à l’action de détergents puissants au pH élevé, ou encore au cisaillement provoqué par les jets d’eau. Comment survivre à ce déluge ? Grâce à la résistance des germes acquise par la formation d’une couche protectrice, appelée « biofilm ». Certains microbes se retrouvent dans tous les prélèvements ; la plupart sont typiques des environnements extrêmes (résistance aux radiations UV, à des températures et pH élevés, à la présence de métaux lourds comme l’arsenic) ; et capables de survivre en dégradant de grosses molécules contenues, entre autres, dans les lessives.

Des bactéries responsables de maladies ?

Les chercheurs ont également retrouvé des microorganismes composant le microbiote humain (intestin, peau), probablement reflets des résidents du logement, et dont l’aptitude à vivre en environnement extrême réside dans la formation d’un biofilm protecteur. Parmi eux, les prélèvements ont mis en avant certains germes pathogènes : le champignon Candida en tête et les bactéries Escherichia, Shigella et Pseudomonas, lesquelles habitaient près des deux tiers des lave-vaisselle. Tous ces germes potentiellement pathogènes, appartenant à notre flore intestinale, peuvent également être impliquées dans des maladies intestinales parfois graves. Même si leur nocivité n’a pas été testée dans l’étude, leur présence pourrait être une source potentielle d’infection domestique.

 

Sources :

Raghupathi, P. K. et al. Microbiomes in Dishwashers: Analysis of the microbial diversity and putative opportunistic pathogens in dishwasher biofilm communities. Appl. Environ. Microbiol. (2018). doi:10.1128/AEM.02755-17