Le microbiote intestinal des patients post Covid-19 induit une inflammation pulmonaire et un dysfonctionnement cérébral chez la souris [1]

Viviani Mendes de Almeida
Laboratoire de microbiote et d’immunomodulation - Département de biochimie et d’immunologie, Institut des sciences biologiques, Universidade Federal de Minas Gerais - UFMG, Belo Horizonte, Brésil

Angélica Thomaz Vieira
Laboratoire de microbiote et d’immunomodulation - Département de biochimie et d’immunologie, Institut des sciences biologiques, Universidade Federal de Minas Gerais - UFMG, Belo Horizonte, Brésil

Daiane Fátima Engel
Département d’analyse clinique, École de pharmacie, Universidade Federal de Ouro Preto - UFOP, Ouro Preto, Brésil et Centre de neurosciences sociales et affectives, Université de Linköping, Linköping, Suède

Viviani Mendes de Almeida

est doctorante sous la direction du professeur Angélica Thomas Vieira. Viviani Mendes a été sélectionnée dans le cadre de l’appel à textes spécial de Microbiota Mag. Elle nous donne un aperçu de sa récente publication sur l’influence du microbiote dans les effets post-Covid. Son étude a été publiée dans Gut Microbes [1].

Que sait-on déjà à ce sujet ?

La Covid-19 a fait des ravages dans le monde entier, avec des millions de cas confirmés et de décès en mars 2023. Les complications à long terme de la Covid-19 sont fréquentes et peuvent même concerner les cas légers ou asymptomatiques. Parmi les réponses physiopathologiques déclenchées par l’infection à SARSCoV-2, plusieurs études ont montré des associations entre symptômes gastro-intestinaux et altération du microbiote intestinal dans la Covid-19 pendant et après l’infection. Lors de l’infection à SARSCoV-2, un nombre croissant de preuves montre le rôle du microbiote intestinal dans la sévérité de la Covid-19 et les effets post-Covid [2].

La dysbiose, un déséquilibre de la composition du microbiote intestinal, est un facteur essentiel dans le développement de différentes maladies. Les cas sévères de Covid-19 ont été associés à une altération du microbiote intestinal pouvant persister jusqu’à un an après l’infection initiale [3, 4]. Cependant, jusqu’à présent, on savait que la Covid-19 pouvait altérer la composition du microbiote intestinal, mais on ignorait les effets causaux que le microbiote post-Covid pouvait avoir sur la physiologie de l’hôte.

Quels sont les principaux résultats apportés par cette étude ?

L’analyse du microbiote de 72 personnes présentant des antécédents de Covid-19 (groupe post-Covid) et de 59 témoins sains n’a montré aucune différence significative au niveau de la diversité du microbiote intestinal (diversité α et β) entre les groupes, mais les patients post-Covid présentaient une prévalence plus élevée de souches Enterobacteriaceae avec un phénotype pharmacorésistant. Une proportion plus importante de patients post-Covid a rapporté avoir utilisé des antibiotiques, probablement dans le cadre du traitement de la Covid-19. Point important, les souches Klebsiella, associées à une résistance aux antimicrobiens (RAM), étaient sensiblement augmentées dans le microbiote intestinal post-Covid (figure 1).

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Pour comprendre la contribution directe du microbiote post-Covid chez l’hôte, une transplantation de microbiote fécal (TMF) a été réalisée chez des souris axéniques à l’aide d’échantillons de donneurs post-Covid et témoins. Les souris postCovid ont présenté une inflammation pulmonaire (figure 2A).

Elles étaient également davantage sensibles à l’infection par une souche multirésistante de Klebsiella pneumoniae, montrant une pathologie pulmonaire et une infiltration de cellules inflammatoires plus sévères mais une moins bonne efficacité pour éliminer la bactérie. Les taux accrus d’Enterobacteriaceae retrouvés dans le sang des souris post-Covid suggéraient une translocation systémique. De plus, une réduction des taux sériques d’acétate a été observée chez les souris post-Covid infectées par Klebsiella pneumoniae (figure 2A).

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Les souris post-Covid présentaient des troubles de la mémoire lors des tests cognitivo-comportementaux, ainsi qu’une augmentation de l’expression de TNF et une diminution de facteurs neuroprotecteurs dans l’hippocampe (figure 2B). L’administration d’une souche probiotique à des souris infectées par un coronavirus murin a permis de prévenir les troubles de la mémoire et de réduire la perte de poids et l’inflammation du tissu pulmonaire.

Quelles sont les conséquences en pratique ?

Cette étude alerte sur la relation entre la Covid-19 et l’impact mondial de la résistance aux antimicrobiens. Elle met également en lumière pour la première fois l’effet causal du microbiote post-Covid sur des altérations au niveau des poumons et du système nerveux

Points clés
  • Les souches Enterobacteriaceae avec un phénotype antibiorésistant sont très présentes dans le microbiote intestinal des patients post-Covid
  • Les souris transplantées avec les échantillons post-Covid ont présenté une inflammation au niveau des poumons et des difficultés pour gérer une infection pulmonaire par une souche multirésistante de Klebsiella pneumoniae
  • Les souris transplantées avec les échantillons post-Covid ont également présenté une altération des performances cognitives, même après l’élimination du virus

CONCLUSION

Cette étude montre clairement que le microbiote intestinal des personnes infectées par le SARSCoV-2, même après l’élimination du virus, peut entraîner une inflammation pulmonaire, des troubles cognitifs et un sensibilité accrue aux infections secondaires chez la souris. Elle souligne également le potentiel des interventions basées sur le microbiote, comme les probiotiques, pour atténuer les séquelles post-Covid.

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Article

Analyse longitudinale du microbiome intestinal d’adolescents ayant une anorexie mentale : facteurs liés au microbiome associés à l’évolution clinique

ARTICLE COMMENTÉ Rubrique enfant

Par le Pr. Emmanuel Mas
Gastro-entérologie et nutrition, Hôpital des Enfants, Toulouse, France

Commentaire de l’article original de Andreani et al. [1]

Le rôle du microbiote intestinal dans l’anorexie mentale (AN) se confirme un peu plus au fil du temps. Des études ont rapporté que les patients souffrant d’anorexie mentale présentent une dysbiose en comparaison aux témoins sains. Cependant, les mécanismes sous-jacents ne sont pas clairs et les données sur les facteurs d’influence et l’évolution longitudinale des changements du microbiome sont rares. Les auteurs présentent, dans cet article, les données longitudinales de 57 adolescents hospitalisés ayant reçu un diagnostic d’anorexie à neuf moments différents (y compris un examen de suivi d’un an) et les comparent à six moments différents chez 34 témoins sains. Leur étude a permis de conclure que la caractérisation des taxons présentant un intérêt pour le pronostic pourrait être utile pour stratifier les patients à l’admission et pour identifier potentiellement des taxons candidats pour de futures études de supplémentation visant à améliorer le traitement de l’anorexie mentale.

Que sait-on déjà à ce sujet ?

L’anorexie mentale (AM) est une pathologie psychiatrique très fréquente à l’adolescence, avec une mortalité élevée. Elle est caractérisée par une dysmorphophobie, une diminution des apports caloriques et une dénutrition. Si la physiopathologie de l’AM est méconnue, le microbiome intestinal (MI) joue un rôle important. En effet, le MI est impliqué dans l’axe intestin-cerveau, dans la dénutrition mais aussi le surpoids, et il est modifié par l’alimentation.

L’objectif de ce travail était d’étudier les modifications du MI au cours du temps chez des patients souffrants d’AM. L’étude s’est déroulée sur un an, pendant l’hospitalisation des patients jusqu’à leur retour à domicile, avec une évaluation des paramètres cliniques associés au MI dans l’AM.

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Quels sont les principaux résultats apportés par cette étude ?

Il s’agit de la première étude longitudinale sur les modifications du microbiote intestinal chez des patients souffrants d’AM, menée sur une période aussi longue (un an). Ont été inclus 56 patients âgés de 12 à 20 ans avec AM et 34 témoins. Des selles ont été recueillies de l’admission à la sortie (T0-T7) puis un an après l’admission (T8). Huit patients ont été réhospitalisés au cours de l’étude ; les patients ont été séparés entre ceux qui étaient rétablis (IMC ≥ 15e p) et ceux qui avaient toujours un poids diminué (IMC < 15e p).

La composition du MI était significativement différente à l’admission lors de la phase aiguë de dénutrition, sans différence en termes d’alpha-diversité (figure 1). Des différences du MI des patients AM vs témoins, même minimes, persistaient tout au long de l’étude. Chez les adolescents ayant un IMC < 15e p à un an, l’alpha-diversité (index Chao1) était diminuée significativement pendant l’hospitalisation par rapport à l’admission, la sortie et le suivi à un an. Il existait une tendance similaire chez les AM ayant récupéré un IMC ≥ 15 par rapport aux témoins. À l’admission, l’analyse PERMANOVA montre une diminution significative des genres Legionella, Dialister, Ruminococcaceae UCG-003 et Limnobacter en comparaison aux témoins. Au cours du traitement en hospitalisation, les différences ont été réduites entre AM et témoins, ne persistant qu’au niveau des variants de séquences amplifiées (ASVs). À un an, il existe des différences significatives entre les AM ayant un IMC < 15e p et les témoins au niveau des phyla, classes et ordres (p = 0,001 à < 0,001), alors qu’elles sont plus faibles entre AM ayant IMC ≥ 15e p et témoins (p = 0,063 au niveau ASVs) (figure 2).

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Entre l’admission et le suivi à un an, les AM ayant un IMC < 15e p ont une réduction significative de l’abondance relative des genres Anaerostipes, Clostridium sensu stricto 1 et Romboustia (p = 0,02) alors que de manière surprenante, le MI des AM ayant récupéré un IMC ≥ 15e p était plus similaire au cours du suivi. Il en était de même pour l’évolution du MI entre la sortie d’hospitalisation et le suivi à un an : abondance quatre fois supérieure du genre Escherichia-Shigella (p = 0,04) et deux fois supérieure d’Alistipes (p = 0,03) chez les AM ayant un IMC < 15e p.

L’analyse du MI à l’admission a montré une association significative avec la durée de la maladie (niveau phylum à famille, p = 0,011 à 0,022) et de la quantité de perte de poids (niveau classe à genre, p = 0,030 à 0,047). L’analyse longitudinale PERMANOVA, avec correction pour l’utilisation de laxatifs, a montré une association significative entre le MI et la quantité de calories ingérées (p = 0,003, R2 = 0,009), l’IMC en SDS (p = 0,006, R2 = 0,008) et la leptine dosée à l’admission, à la sortie et à un an (p = 0,02, R2 = 0,02). Les genres Ruminiclostridium 5 (p = 0,006) et Intestinibacter (p = 0,03) étaient associés au risque de réhospitalisation. Un modèle d’analyse linéaire, corrigé pour l’utilisation de laxatifs, la durée de la maladie, la perte de poids et l’IMC en SDS à l’admission, a montré que 4 genres à l’admission étaient associés à l’IMC en SDS à 1 an de suivi : Sutterella, Parasutturella, Lachnospiraceae FCS020 group et Clostridium stricto sensu (p = 0,008 à 0,04) (figure 3).

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Quelles sont les conséquences en pratique ?

Il existe une dysbiose en phase aiguë d’AM qui est améliorée en partie par la prise en charge. La composition du MI à l’admission peut aider à prédire le risque de rechute au cours de la première année et l’amélioration de l’IMC à un an. Ainsi, l’analyse du MI à l’admission pourrait identifier les genres et taxas Parasutturella, Lachnospiraceae FCS020 group, Clostridium stricto sensu et uncultured Alistipes comme étant des facteurs de mauvais pronostic. Une abondance plus élevée de Sutterella étant un indicateur d’évolution favorable, ce pourrait être une cible comme probiotique.

Points clés
  • L’analyse du MI est intéressante chez des adolescents ayant une AM
  • Certains microbes seraient des facteurs de risque d’évolution défavorable alors que Sutterella pourrait être bénéfique et une cible en tant que probiotique

CONCLUSION

Cette étude a montré que la composition du MI est associée à la durée de l’AM et la perte de poids à l’admission, mais aussi que l’évolution du MI au cours de la prise en charge est influencée par les calories ingérées, la prise de poids et la leptine.

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Article commenté

Transplantation de microbiote fécal associée à une immunothérapie anti-PD-1 dans le cadre d’un mélanome avancé : essai de phase I

ARTICLE COMMENTÉ - Rubrique adulte

Par le Pr. Harry Sokol
Gastro-entérologie et nutrition, Hôpital Saint-Antoine, Paris, France

Commentaire de l’article de Routy et al., Nature Medicine 2023 [1]

La transplantation de microbiote fécal (TMF) représente une stratégie potentielle pour surmonter la résistance aux inhibiteurs de points de contrôle immunitaire chez les patients atteints de mélanome réfractaire ; cependant, le rôle de la TMF dans le cadre d’un traitement de première ligne n’a pas été évalué. Les auteurs ont mené un essai multicentrique de phase I combinant la TMF de donneurs sains avec les inhibiteurs de PD-1 nivolumab ou pembrolizumab chez 20 patients atteints de mélanome avancé et n’ayant jamais été traités. Le critère d’évaluation principal était la sécurité. Aucun événement indésirable de grade 3 n’a été rapporté lors de la TMF. Cinq patients (25 %) ont présenté des effets indésirables de grade 3 liés au système immunitaire à la suite de la thérapie combinée. Les principaux critères d’évaluation secondaires étaient le taux de réponse objective, les changements dans la composition du microbiome intestinal et les analyses immunitaires et métabolomiques systémiques. Le taux de réponse objective était de 65 % (13 sur 20), dont quatre (20 %) réponses complètes. Le profilage longitudinal du microbiome a révélé que tous les patients ont été colonisés par des souches de leurs donneurs respectifs. Néanmoins, la similarité acquise entre les microbiomes des donneurs et des patients n’a augmenté qu’au fil du temps chez les répondeurs. Les répondeurs ont connu un enrichissement en bactéries immunogènes et une perte de bactéries délétères après la TMF. Ces résultats montrent que la TMF à partir de donneurs sains est sûre en première intention et qu’elle mérite d’être étudiée plus avant en association avec des inhibiteurs de points de contrôle immunitaire.

Que sait-on déjà à ce sujet ?

Près de la moitié des patients atteints de mélanome avancé qui reçoivent un anti-PD-1 en monothérapie présentent une résistance primaire, ce qui souligne la nécessité d’élaborer de nouvelles stratégies thérapeutiques pour améliorer la réponse aux inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (ICIs). Bien que l’association d’anti-PD-1 et d’anti-CTLA4 (cytotoxic T lymphocyte-associated antigen-4) augmente le taux de réponse, cette thérapie est limitée par un taux élevé d’effets indésirables liés à l’immunité (EI-Li). Le microbiome intestinal est apparu comme un régulateur essentiel des réponses immunitaires locales et systémiques. Plusieurs études chez des patients atteints de cancer et traités avec des ICI ont révélé que des bactéries intestinales spécifiques sont associées à la fois à la réponse et aux effets indésirables liés au système immunitaire [1]. Plus précisément, la présence de certains genres commensaux, comme Ruminococcus, Faecalibacterium et Eubacterium, a été associée à des résultats favorables chez les patients atteints de mélanome [2]. Le potentiel thérapeutique du microbiome intestinal a été démontré pour la première fois dans des modèles de souris combinant les ICIs avec TMF en utilisant des matières fécales provenant de patients non répondeurs (NR) qui ont été associés à la résistance aux ICIs [1]. Deux études ont montré que la TMF de patients ayant répondu à long terme à une thérapie ICI contourne la résistance à l’anti-PD-1 chez près de 30 % des patients atteints de mélanome réfractaire à l’ICI [3, 4]. Dans ces études, le microbiote des patients a changé après la TMF, et les patients répondeurs (R) ont montré une augmentation des Ruminococcaceae et des Bifidobacteriaceae en plus de la reprogrammation du microenvironnement tumoral avec une augmentation de l’infiltration des cellules T CD8+ et de la signalisation de l’interféron-γ. Ces résultats cliniques confirment le potentiel des interventions basées sur les microbiomes pour surmonter la résistance aux ICI dans le mélanome.

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Quels sont les principaux résultats apportés par cette étude ?

• Les auteurs rapportent ici les résultats cliniques et translationnels d’un essai de phase I (NCT03772899) combinant la TMF avec des matières fécales de donneurs sains et l’anti-PD-1 chez des patients atteints de mélanome avancé et n’ayant jamais été traités (figure 1). La toxicité observée (85 % de EI-Li, dont 25 % de toxicité de grade 3 et aucune toxicité de grade 4 ou 5) était similaire à celle des essais de phase III pour les anti-PD-1. L’efficacité clinique observée (réponse objective 65 %) était supérieure à celle du nivolumab ou du pembrolizumab en monothérapie dans les essais de phase III (réponse objective 42–45 %) et dans les données de vie réelle (réponse objective 17,2–51,6 %). Néanmoins, l’absence de bras contrôle et la petite taille de l’étude limitent l’interprétation de ces résultats.

Contrairement aux études précédentes [3, 4], les patient inclus étaient en première ligne de traitement, une seule TMF était réalisée par capsule orale, les donneurs étaient des sujets sains (et pas des patients répondeurs aux ICI) et enfin la préparation était faite uniquement par PEG (sans utilisation d’antibiotiques). En analysant le microbiote des donneurs et des receveurs, les auteurs ont observé que le microbiote des répondeurs s’enrichissait en Ruminococcus SGB15234 et SGB15229, Alistipes communis, Eubacterium ramuleus et Faecalibacterium SGB15346 alors que l’abondance de Enterocloster aldensis et Enterocloster clostridioformis diminuait. L’augmentation de Faecalibacterium était aussi associée avec la réponse à l’ICI dans les études précédentes [3, 4].

Les auteurs ont en ensuite réalisé des expériences avec des souris colonisées avec les microbiotes humains et ont reproduit l’efficacité de la transplantation fécale de sujets sains dans ce contexte, avec un effet associé à l’augmentation de l’infiltration de lymphocytes mémoire CD8+ T dans le microenvironnement tumoral.

Quelles sont les conséquences en pratique ?

Malgré ses limitations, cette étude suggère que la modulation du microbiote par TMF pourrait augmenter l’efficacité de l’ICI donnée en première ligne pour mélanome métastatique. Même si l’utilisation à grande échelle de la TMF semble difficile à envisager en pratique courante, la modulation du microbiote, notamment avec des probiotiques de nouvelle génération, pourrait à l’avenir devenir un standard en combinaison avec les ICI.

Points clés
  • Le microbiote intestinal joue un rôle dans la réponse aux ICI
  • La TMF issue de donneurs sains est faisable et sans danger chez les patients traités par ICI en première ligne pour mélanome métastatique
  • Malgré les limitations liées à l’absence de bras contrôle et la petite taille de l’étude, l’efficacité clinique observée chez les patients recevant une TMF en combinaison avec l’ICI était supérieure à celle des ICI en monothérapie dans les essais de phase III et dans les données de vie réelle

CONCLUSION

Cette étude montre que la TMF issue de donneurs sains est faisable et sans danger chez les patients traité par ICI en première ligne pour mélanome métastatique. La modulation du microbiote par TMF ou par d’autres méthodes pourrait augmenter l’efficacité des ICI et des études dédiées de plus grande taille et contrôlées sont nécessaires.

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Article commenté

Diarrhée et rôle du microbiote dans la santé intestinale

Par la Dr. Sanda Maria Cretoiu
Département de sciences morphologiques, de biologie cellulaire et moléculaire et d’histologie, université de médecine et de pharmacie « Carol Davila » de Bucarest, Roumanie

Les troubles intestinaux peuvent se manifester par des symptômes tels que des selles fréquentes et molles, connus sous le nom de diarrhée. Ce signal envoyé par le système digestif peut se produire pour de nombreuses raisons, notamment des infections, des réactions à certains aliments ou médicaments et des maladies préexistantes - résumées dans l’article cité en [1]. Le microbiote intestinal, à savoir l’ensemble des micro-organismes présents dans l’intestin, est essentiel à la préservation de la santé digestive et au fonctionnement de l’intestin. De récentes études illustrent le lien entre le microbiote et les diarrhées de diverses étiologies. Un microbiote équilibré et diversifié est vital pour le maintien de la santé digestive, l’absorption des nutriments et la régulation du système immunitaire. On assiste actuellement à l’introduction à grande échelle de différentes méthodes de reprogrammation de la communauté microbienne intestinale – prébiotiques, probiotiques et postbiotiques ou encore transplantation de matières fécales – afin de prévenir ou de traiter les diarrhées. La recherche sur la modulation du microbiote offrira bientôt des stratégies concrètes pour la prévention et le traitement des diarrhées. La synthèse qui suit couvre les principales maladies diarrhéiques liées à la dysbiose et certains aspects concernant la gestion du microbiote pour améliorer ces troubles gastro-intestinaux.

La relation entre le microbiote et la diarrhée

La diarrhée peut impliquer différents mécanismes (tableau 1), dont la majorité sont liés au rôle du microbiote :

  • Protection de l’équilibre microbien. Cet état, appelé « eubiose », est fondamental pour la santé du corps humain parce qu’il prévient et ralentit l’expansion des agents pathogènes. Une perturbation de l’équilibre entre les principales souches microbiennes, appelée « dysbiose », peut augmenter la sensibilité aux infections et contribuer à la survenue d’un épisode de diarrhée. La littérature indique globalement que la diarrhée traduit une dysbiose majeure et que le degré de dysbiose est lié à l’étiologie et au stade de la diarrhée [6]. Après un épisode de diarrhée aiguë, la taxonomie du microbiote change énormément. Aux premiers stades de la diarrhée, les anaérobies facultatifs à croissance rapide tels que les Proteobacteria (essentiellement Enterobacteriaceae/ Escherichia coli) et les Streptococcus (principalement Streptococcus salivarius et Streptococcus gallolyticus) dominent et favorisent la disparition drastique des bactéries intestinales commensales anaérobies strictes (Blautia, Prevotella, Faecalibacterium, Lachnospiraceae, Ruminococcaceae, etc.) [2, 3]. La conséquence est que la quantité d’acides gras à chaîne courte (AGCC) diminue également et l’intégrité de la barrière intestinale commence à être menacée, faisant peser un risque de perméabilité intestinale. Au cours de la phase de guérison qui suit la diarrhée, un modèle proposé montre qu’en milieu de phase, on observe une abondance de Bacteroides (le 7e jour suivant l’apparition de la maladie). En revanche, en fin de phase, ce sont les Prevotella et les Firmicutes productrices d’AGCC qui dominent [4, 5]
     
  • Protection contre les envahisseurs pathogènes. La communauté microbienne du microbiote intestinal est en compétition pour les ressources disponibles, produit des substances antimicrobiennes et agit comme une barrière contre les entéropathogènes. Les bactéries bénéfiques de l’intestin, telles que certaines souches de Bifidobacteria et Lactobacilli, ont montré des effets positifs sur la diarrhée infectieuse causée par les rotavirus chez le jeune enfant. Cette observation n’a cependant été démontrée dans aucun essai clinique [6].
     
  • Régulation du système immunitaire. Le microbiote intestinal aide à éduquer et à moduler les réponses immunitaires, favorisant la tolérance aux substances inoffensives et assurant une défense contre les agents pathogènes. Un dérèglement de la réponse immunitaire dû à des déséquilibres du microbiote peut contribuer à la survenue d’une inflammation et d’une diarrhée. Après l’utilisation d’antibiotiques tels que la vancomycine pour une diarrhée induite par Clostridioides difficile, on observe une réduction de l’abondance relative des Bacteroidetes et Firmicutes parallèlement à une augmentation des Proteobacteria et Fusobacteria, conduisant à une diminution de l’AGCC propionate et créant les conditions de l’inflammation [7].
     
  • Maintien de la fonction intestinale et du métabolisme. Les bactéries bénéfiques assurent la fermentation des fibres alimentaires pour produire des acides gras à chaîne courte (AGCC) tels qu’acétate, propionate et butyrate. Les AGCC contribuent à maintenir une muqueuse intestinale saine, favorisent l’absorption de l’eau et fournissent une source d’énergie pour les colonocytes. Les déséquilibres entre les souches bactériennes peuvent affecter ces fonctions, entraînant une diarrhée fonctionnelle par diminution de la production d’AGCC. L’augmentation de cette production permet d’améliorer l’absorption des liquides au niveau du côlon [8].

 

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Tableau sur les liens entre dysbiose, infections, antibiotiques et diarrhée aiguë ou chronique.
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Principales causes de diarrhée en lien avec une dysbiose intestinale : altération du microbiote, infections pathogènes, traitements antibiotiques et troubles digestifs chroniques. Ce tableau met en évidence le rôle central du microbiote dans la prévention et le déclenchement de la diarrhée aiguë ou chronique.

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Schéma des facteurs modulant le microbiote : fibres favorisant l’eubiose, antibiotiques et pathogènes induisant dysbiose et inflammation.
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Facteurs impactant l’équilibre du microbiote intestinal : en état d’eubiose, les fibres alimentaires soutiennent un microbiote sain et une barrière intestinale fonctionnelle. En cas de dysbiose, les antibiotiques et agents pathogènes altèrent le mucus, les jonctions serrées et favorisent l’inflammation et la translocation bactérienne, pouvant conduire à des troubles digestifs comme la diarrhée.

Maladies diarrhéiques et gestion du microbiote

Diarrhée infectieuse

Les infections intestinales d’origine bactérienne, virale ou parasitaire provoquent une diarrhée aiguë et se transmettent souvent par de l’eau contaminée. Dans la plupart des cas, la diarrhée s’améliore en quelques jours, mais les formes sévères peuvent entraîner une déshydratation grave et devenir fatales [9].

Le rotavirus reste la première cause de mortalité associée à la diarrhée chez l’enfant [11], et la prise en charge de cette maladie virale repose généralement sur une hydratation orale ou intraveineuse, adaptée à la sévérité de la déshydratation [12]. Par ailleurs, sur la base des dernières conclusions de l’ESPGHAN (2023) [13], les professionnels de santé pourraient proposer certaines souches probiotiques en cas d’épisodes gastro-entériques aigus chez l’enfant, en reconnaissant leur potentiel (degré de certitude des preuves : faible ; grade de recommandation : faible) pour diminuer la durée de la diarrhée, et/ ou le séjour à l’hôpital, et/ou le volume des selles éliminées.. Néanmoins, un essai contrôlé et randomisé en double aveugle conduit chez des enfants boliviens atteints de diarrhée aiguë à rotavirus a démontré une diminution de la durée de la diarrhée avec l’utilisation d’une solution de réhydratation orale plus un mélange de probiotiques versus une solution de réhydratation simple [11].

Diarrhée du voyageur

Plus de 60 % des adultes des pays développés qui se rendent dans des pays en développement connaissent une diarrhée aiguë, également connue sous le nom de diarrhée du voyageur (DV). Les agents pathogènes les plus fréquemment identifiés dans les épisodes de diarrhée du voyageur sont Escherichia coli, Campylobacter jejuni, et les espèces des genres Salmonella et Shigella. Ainsi, les stratégies thérapeutiques recommandées reposent sur une antibiothérapie par azithromycine ou fluoroquinolones pour les cas modérés à sévères [14]. Cependant, les antibiotiques ne sont pas recommandés pour prévenir la DV en raison de preuves insuffisantes de leur efficacité prophylactique et en partie du fait du risque d’antibiorésistance [15].

Il existe des données contradictoires concernant l’efficacité des probiotiques dans la prévention de la diarrhée du voyageur [16]. Une revue systématique avec méta-analyse a comparé l’efficacité de la rifaximine et des probiotiques dans la prévention de la DV. [14].

Diarrhée associée aux antibiotiques

Les antibiotiques figurent parmi les médicaments les plus prescrits et représentent un traitement efficace pour différentes pathologies infectieuses [17]. L’une des complications associées à l’antibiothérapie est la diarrhée associée aux antibiotiques (DAA), qui survient chez 5 %-35 % des patients suivant ce type de traitement [18]. La DAA peut être définie par au moins trois selles liquides ou molles par jour pendant au moins deux jours consécutifs, strictement en lien avec l’administration d’antibiotiques et sans aucune autre cause [14]. Le risque plus élevé est attribué aux aminopénicillines, aux céphalosporines et à la clindamycine, qui ciblent principalement les anaérobies [19].

L’absence d’agent infectieux identifié dans la DAA peut s’expliquer par l’effet toxique direct des antibiotiques sur la muqueuse intestinale, pouvant causer une diarrhée. En raison de leurs propriétés bénéfiques, les probiotiques sont actuellement étudiés et utilisés dans le traitement et la prophylaxie de la DAA [16, 18].

Diarrhée associée à Clostridioides difficile

Les infections à Clostridioides difficile (CD) sont la cause la plus fréquente de diarrhée nosocomiale associée aux antibiotiques chez l’adulte. Les facteurs de risque sont un âge supérieur à 65 ans, un long séjour en soins intensifs et l’administration d’antibiotiques (fluoroquinolones, clindamycine, céphalosporines et bêta-lactamines en particulier) ou d’inhibiteurs de la pompe à protons.

Au cours d’une antibiothérapie, les anaérobies qui produisent des AGCC peuvent disparaître en raison des altérations induites par les antibiotiques au niveau du microbiote intestinal, qui peuvent également perturber le métabolisme des glucides et de la bile et causer un déséquilibre osmotique. Après la prise d’antibiotiques, les trois barrières intestinales sont touchées : les cellules intestinales épithéliales, la couche de mucus et de peptides antimicrobiens et la couche immunoprotectrice composée de différentes cellules immunitaires et biomolécules (figure 1). Cet événement peut interférer avec la production de mucine, de cytokines et de peptides antimicrobiens, déréglant la fonction intestinale et entraînant d’autres infections voire causant des épisodes d’infections à répétition. L’American Gastroenterological Association recommande sous condition des probiotiques spécifiques pour prévenir les infections à CD chez les personnes sous antibiotiques, en notant que la qualité des preuves est faible [20].

Nouvelles découvertes et avenir de la prise en charge de la diarrhée

Les récentes avancées réalisées dans la recherche sur le microbiote, notamment dans l’analyse métagénomique et la transplantation microbienne, révolutionnent notre approche du traitement de la diarrhée (figure 2).

Les options thérapeutiques dans la diarrhée doivent prendre en compte les mécanismes impliqués dans la genèse de la maladie, notamment les toxines infectieuses capables de perturber l’équilibre

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Frise sur l’évolution du rôle du microbiote en gastro-entérologie de 2010 à 2023 : métagénomique, thérapies, IA et recommandations cliniques.
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Évolution des connaissances et de l’intégration du microbiote intestinal en gastro-entérologie de 2010 à 2023 : de la métagénomique à l’intelligence artificielle, en passant par la transplantation fécale, les approches multi-omiques et les recommandations cliniques. Cette frise retrace les grandes avancées scientifiques et thérapeutiques autour du microbiote.

Il existe des données limitées concernant l’utilisation des prébiotiques et des fibres dans le traitement de la diarrhée (tableau 2). Apparemment, les prébiotiques sont davantage susceptibles de prévenir et de traiter la réapparition des diarrhées. Dans le même temps, les fibres, essentiellement les fibres visqueuses, sont davantage indiquées lors des épisodes aigus en raison de leur capacité à retenir l’eau. D’autres options thérapeutiques impliquent, dans certains cas, l’administration de probiotiques (tableau 3) et, dans les cas sévères, l’utilisation de la transplantation de microbiote fécal (TMF).

Les origines de l’histoire fascinante de la découverte de la TMF remontent à l’époque de la Chine ancienne, lorsque Ge Hong traitait les patients atteints de diarrhée sévère avec une « soupe jaune », constituée d’une suspension fécale. Plus tard, en 1958, le Dr Ben Eiseman a utilisé des lavements provenant de personnes saines pour traiter l’entérocolite pseudomembraneuse. Aujourd’hui, la TMF suscite un intérêt croissant dans le traitement des infections à Clostridioides difficile (ICD) récidivantes, ce qui montre son utilité [22]. Des recherches sont en cours pour évaluer son efficacité dans les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, le diabète, le cancer, la cirrhose hépatique et les atteintes cérébrales telles que la maladie de Parkinson [23]. L’utilisation de la TMF chez les patients souffrant de diarrhées repose sur l’idée que la flore microbienne saine introduite par cette méthode a la capacité de repousser les agents pathogènes et de restaurer la composition d’un microbiote intestinal sain (figure 3).

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Tableau sur les fibres alimentaires et les prébiotiques : définitions, différences et impact sur la santé intestinale et le microbiote.
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Définitions des fibres alimentaires et des prébiotiques, et leur rôle dans la gestion de la diarrhée. Les fibres sont des polymères glucidiques non digestibles, et les prébiotiques favorisent la croissance des bactéries bénéfiques du microbiote. Une alimentation riche en prébiotiques (fruits, légumes, céréales complètes) soutient la santé intestinale.
 

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Tableau sur l’usage des probiotiques pour prévenir et traiter la diarrhée, avec recommandations de l’ESPGHAN.
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Effets des probiotiques sur la diarrhée et le microbiote intestinal : en soutenant la restauration de l’équilibre microbien, certains probiotiques comme Lactobacillus rhamnosus GG et Saccharomyces boulardii peuvent réduire la fréquence des diarrhées infectieuses ou induites par les antibiotiques. Des recommandations pédiatriques sont émises par l’ESPGHAN.

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Schéma du processus de transplantation fécale pour restaurer un microbiote altéré par une infection à C. difficile.
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Processus de restauration du microbiote intestinal par transplantation fécale : un échantillon de microbiote sain provenant d’un donneur est administré à un patient souffrant d’une infection à C. difficile, permettant de rétablir la diversité microbienne et de restaurer la santé intestinale.

Conclusion

Les recherches montrent que la réduction de la diversité du microbiote intestinal est associée à une sensibilité accrue aux diarrhées, ouvrant la voie à des interventions diagnostiques et thérapeutiques potentielles. Le maintien d’un microbiote intestinal équilibré et diversifié prévient les diarrhées et favorise la santé digestive. Les déséquilibres du microbiote, connus sous le nom de « dysbiose », peuvent résulter d’une diarrhée infectieuse aiguë ou d’autres facteurs (utilisation fréquente d’antibiotiques, alimentation déséquilibrée, malabsorption) pouvant contribuer à une diarrhée chronique. La compréhension des interactions complexes entre la composition microbienne et les symptômes cliniques est cruciale pour une prise en charge personnalisée de la diarrhée. Des approches adaptées basées sur les profils microbiens spécifiques peuvent permettre de mettre au point des stratégies ou des interventions plus efficaces. L’introduction des probiotiques et d’une alimentation riche en prébiotiques, la transplantation de microbiote, l’intégration des approches multi-omiques, l’utilisation innovante de l’apprentissage automatique et le développement des collaborations de recherche interdisciplinaires pourraient aider à restaurer l’équilibre microbien et améliorer le bien-être gastro-intestinal. Peut-être sera-t-il possible à l’avenir de concevoir des thérapies basées sur le microbiote, comme l’a suggéré Peter J. Turnbaugh, jetant les bases de nouveaux principes thérapeutiques [25].

Sources

1. Iancu MA, Profir M, Roşu OA, et al. Revisiting the Intestinal Microbiome and Its Role in Diarrhea and Constipation. Microorganisms 2023; 11: 2177.
2. David L, Weil A, Ryan ET, et al. Gut microbial succession follows acute secretory diarrhea in humans. mBio 2015; 6: 1-14.
3. Sohail MU, Al Khatib HA, Al Thani AA, et al. Microbiome profiling of rotavirus infected children suffering from acute gastroenteritis. Gut Pathog 2021; 13: 21.
4. Becker-Dreps S, Allali I, Monteagudo A, et al. Gut Microbiome Composition in Young Nicaraguan Children During Diarrhea Episodes and Recovery. Am J Trop Med Hyg 2015; 93: 1187-93.
5. Cannon JL, Seabolt MH, Xu R, et al. Gut Microbiome Changes Occurring with Norovirus Infection and Recovery in Infants Enrolled in a Longitudinal Birth Cohort in Leon, Nicaragua. Viruses 2022; 14: 1395.
6. Azagra-Boronat I, Massot-Cladera M, Knipping K, et al. Strain-Specific Probiotic Properties of Bifidobacteria and Lactobacilli for the Prevention of Diarrhea Caused by Rotavirus in a Preclinical Model. Nutrients 2020; 12: 498.
7. Kim AH, Lee Y, Kim E, et al. Assessment of oral vancomycin-induced alterations in gut bacterial microbiota and metabolome of healthy men. Front Cell Infect Microbiol 2021; 11: 629438.
8. Binder HJ. Role of colonic short-chain fatty acid transport in diarrhea. Annu Rev Physiol 2010; 72: 297-313.
9. Collinson S, Deans A, Padua-Zamora A, et al. Probiotics for treating acute infectious diarrhoea. Cochrane Database Syst Rev 2020; 12:CD003048.
10. Desselberger U. Viral gastroenteritis. Medicine 2017; 45: 690-4.
11. GBD 2016 Diarrheal Disease Collaborators. Estimates of the global, regional, and national morbidity, mortality, and aetiologies of diarrhea in 195 countries: a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2016. Lancet Infect Dis 2018; 18: 1211-8.
12. Iturriza-Gómara M, Cunliffe NA. 34 - Viral Gastroenteritis. Ryan ET, Hill DR, Solomon T, Aronson NE, Endy TP. (eds) Hunter’s Tropical Medicine and Emerging Infectious Diseases (tenth edition). Elsevier, 2020, pp. 289-307.
13. Szajewska H, Berni Canani R, Domellöf M et al.; ESPGHAN Special Interest Group on Gut Microbiota and Modifications. Probiotics for the Management of Pediatric Gastrointestinal Disorders: Position Paper of the ESPGHAN Special Interest Group on Gut Microbiota and Modifications. J Pediatr Gastroenterol Nutr 2023; 76: 232-47.
14. Kopacz K, Phadtare S. Probiotics for the Prevention of antibiotic-associated diarrhea. Healthcare 2022; 10: 1450.
15. Fan H, Gao L, Yin Z, et al. Probiotics and rifaximin for the prevention of travelers’ diarrhea: A systematic review and network meta-analysis. Medicine 2022; 101: e30921.
16. Girardin M, Seidman EG. Indications for the use of probiotics in gastrointestinal diseases. Dig Dis 2011; 29: 574-87.
17. Goodman C, Keating G, Georgousopoulou E, et al. Probiotics for the prevention of antibiotic-associated diarrhoea: a systematic review and meta-analysis. BMJ Open 2021; 11: e043054.
18. McFarland LV. Antibiotic-associated diarrhea: epidemiology, trends and treatment. Future Microbiol 2008; 3: 563-78.
19. Barbut F, Meynard JL. Managing antibiotic associated diarrhoea. BMJ 2002; 324: 1345-6.
20. Su GL, Ko CW, Bercik P, et al. AGA Clinical Practice Guidelines on the Role of Probiotics in the Management of Gastrointestinal Disorders. Gastroenterology 2020; 159: 697-705.
21. Codex AC. Report of the 31th session of the codex committee on nutrition and foods for special dietary uses. Rome, Italy: FAO/WHO 2009.
22. Peery AF, Kelly CR, Kao D, et al.; AGA Clinical Guidelines Committee. AGA Clinical Practice Guideline on Fecal Microbiota-Based Therapies for Select Gastrointestinal Diseases. Gastroenterology 2024; 166: 409-34.
23. Tariq R, Disbrow MB, Dibaise JK, etal. Efficacy of Fecal Microbiota Transplantation for Recurrent C. Difficile Infection in Inflammatory Bowel Disease. Inflamm Bowel Dis 2020; 26: 1415-20.
24. Guarino A, Ashkenazi S, Gendrel D, et al. European Society for Pediatric Gastroenterology, Hepatology, and Nutrition/European Society for Pediatric Infectious Diseases evidence-based guidelines for the management of acute gastroenteritis in children in Europe: update 2014. J Pediatr Gastroenterol Nutr 2014; 59: 132-52.
25. Rock RR, Turnbaugh PJ. Forging the microbiome to help us live long and prosper. PLoS Biol 2023; 21: e3002087.

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Article Microbiote intestinal

Vésicules bactériennes : le FedEx des bactéries vaginales

Une étude décrypte comment certaines bactéries vaginales peuvent altérer l'environnement cervico-vaginal et impacter négativement la reproduction. Leur outil : des vésicules de transport de protéines.

C’est une des spécificités du microbiote vaginal : il est équilibré lorsqu’il est largement dominé par Lactobacillus crispatus. En revanche, sa colonisation par des bactéries anaérobies telles que Gardnerella vaginalis et Mobiluncus mulieris est associée à un risque accru d'IST, de vaginose bactérienne et de naissance prématurée. Les mécanismes en jeu restent néanmoins flous, même si la littérature évoque la possible production par certaines bactéries de vésicules extracellulaires. Ce mécanisme serait-il à l’œuvre dans l’appareil reproducteur ? Telle est l’hypothèse 1 émise et validée par l’équipe du Professeur Michal A. Elovitz de l’Icahn School of Medicine du Mount Sinai 2 à New York, qui se sont penchés, in vitro, sur les vésicules extracellulaires produites par la bénéfique L. crispatus et les délétères G. vaginalis et M. mulieris

Des vésicules riches en protéines d'intérêt

Après avoir observé, par microscopie électronique, la présence effective de vésicules de 90 à 420 nm de diamètre dans des milieux de culture, l’équipe a analysé leur contenu. Les vésicules produites par G. vaginalis, M. mulieris et L. crispatus contenaient respectivement 491, 336 et 247 protéines bactériennes. Plusieurs d’entre elles présentaient un intérêt fonctionnel : la cargaison de G. vaginalis était riche en vaginolysine, une toxine capable d'induire des lyses cellulaires dans les cellules épithéliales cervico-vaginales et très présente en cas de vaginose bactérienne ; celle de M. mulieris contenait des protéines capables de stimuler la réponse immunitaire tandis que plusieurs protéines des vésicules de L. crispatus protègent la barrière épithéliale.

De plus, ces vésicules bactériennes s’internalisaient rapidement (1 à 4 heures) dans les cellules épithéliales cervicales et vaginales. Ne restait plus qu’à déterminer leurs effets. 

Une réponse immunitaire multicytokine

L’exposition de cellules épithéliales cervicales et vaginales aux contenus des vésicules bactériennes de G. vaginalis et M. mulieris induisait une réponse immunitaire dose-dépendante. La réponse des cellules endocervicales était plus prononcée que celle cellules ectocervicales. En revanche, L. crispatus n'induisait aucune surexpression significative de cytokine.  

Ainsi, les cellules épithéliales cervicales et vaginales expriment une réponse multi-cytokines lorsqu'elles sont exposées aux vésicules de G. vaginalis et M. mulieris mais pas de L. crispatus. Cette réponse immunitaire se révèle médiée par les voies de signalisation activées par le  (sidenote: Récepteur TLR2 Récepteur de la membrane cellulaire de type Toll (reconnaissance de motifs moléculaires), codé par le gène TLR2 et intervenant dans la reconnaissance de différents pathogènes, notamment les bactéries, les virus, les champignons et les parasites. Source : Oliveira-Nascimento L, Massari P, Wetzler LM. The Role of TLR2 in Infection and Immunity. Front Immunol. 2012 Apr 18;3:79.  ) .

Ainsi, les bactéries exerceraient donc leur action, délétère ou bénéfique, sur la santé reproductive via des vésicules extracellulaires bactériennes : celles-ci joueraient un rôle de coursier en fournissant une protection aux protéines bactériennes le temps de leur transport puis en les livrant aux cellules épithéliales et en induisant, in fine, une réponse immunitaire de l'hôte.

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Actualités Gynécologie

Un microbiote intestinal restructuré et des kilos en moins : les supers pouvoirs de l’amidon résistant !

Une étude vient de montrer que l’amidon résistant induit des modifications de la structure du microbiote intestinal propices à la perte de poids et bénéfiques pour la santé. Une complémentation de 40 g/jour a permis aux volontaires de perdre près de 3 kilos en 2 mois, sans régime !

Le microbiote intestinal

Cela pourrait être un énième numéro « Spécial printemps » d’un magazine féminin vantant les mérites du dernier régime à la mode… Or ici ce sont les résultats provenant d’une étude particulièrement rigoureuse publiée dans la Nature Metabolism 1 qui suscite l’intérêt et présente les potentiels bénéfices de l’amidon résistant sur le poids. En modulant la structure de notre microbiote intestinal, cette fibre alimentaire – présente dans les légumineuses, les céréales ou la banane verte – pourrait bien nous aider à nous délester de nos kilos superflus et à améliorer votre santé. On épluche les résultats en détail…

Zéro régime et plusieurs kilos perdus

Les chercheurs ont recruté 22 hommes et 15 femmes en surpoids ( (sidenote: Indice de Masse Corporelle (IMC) L'Indice de Masse Corporelle évalue la corpulence d’un individu en estimant la masse grasse du corps calculée par un rapport entre le poids (kg) et le carré de la taille (m2). https://www.nhlbi.nih.gov/health/educational/lose_wt/BMI/bmicalc.htm https://www.euro.who.int/en/health-topics/disease-prevention/nutrition/a-healthy-lifestyle/body-mass-index-bmi )  > 24) ayant une alimentation équilibrée normale (non hypocalorique), qu’ils ont supplémentés soit en amidon résistant, soit en amidon « normal » placebo (lire encadré). Ils ont mesuré l’évolution de leur IMC, de leur microbiote intestinal ainsi que divers paramètres métaboliques.

Les résultats indiquent d’abord que la prise quotidienne de 40 g d’amidon durant 2 mois est associée à une perte de poids de 2,8 kg en moyenne, avec notamment :

  • une diminution de la graisse viscérale, la plus risquée en termes de risque cardio-vasculaire ;
  • une amélioration de la sensibilité à l’insuline et de la tolérance au glucose, des facteurs protecteurs contre le diabète.

Aucun de ces effets n’était retrouvé avec l’amidon placebo.

La Rolls des études scientifiques

Cette étude est un « essai croisé randomisé en double aveugle contre placebo », une méthode scientifique parmi les plus rigoureuses en recherche médicale. Les participants ont été répartis au hasard en deux groupes : 

  • Un premier dans lequel les volontaires ont, durant 8 semaines, consommé 40 g/jour d’amidon résistant (avant les repas), puis ont fait une pause durant 4 semaines, puis ont consommé une quantité équivalente d’amidon placebo durant 8 semaines. 
  • Un second qui a fait l’inverse : 8 semaines d’amidon placebo, 4 semaines de pause, 8 semaines d’amidon résistant. 

Afin de supprimer tout facteur humain susceptible d’influencer les résultats, ni les chercheurs ni les participants ne connaissaient la nature des amidons.

Tout passe par le microbiote intestinal !

Les analyses indiquent que l’amidon résistant a entraîné un véritable remodelage de la structure des microbiotes intestinaux des volontaires, avec une augmentation de plusieurs souches bactériennes, notamment de Bifidobacterium adolescentis. Les calculs des chercheurs montrent que l’abondance de cette dernière est fortement corrélée à la diminution de l’IMC et de la graisse viscérale.

En transférant le microbiote fécal de volontaires ayant consommé de l’amidon résistant à des souris (sidenote: Transplantation de microbiote fécal (TMF) Procédure thérapeutique visant à restaurer le microbiote intestinal en transférant des bactéries fécales d'un donneur sain à un receveur Approfondir https://www.science.org/doi/10.1126/scitranslmed.abo2750 ) , les chercheurs ont retrouvé le même type d’effets sur le poids et la sensibilité à l’insuline. Et les mêmes effets ont été obtenus en complémentant des souris avec la bacterie bénéfique identifiée B. adolescentis. 

Ceci renforce l’hypothèse selon laquelle les changements induits par l’amidon résistant au niveau du microbiote intestinal sont responsables de ses effets bénéfiques.
 

L’amidon résistant, c’est quoi ?

L’amidon est la forme sous laquelle les plantes (riz, pomme de terre, blé, maïs…) stockent les glucides. L’amidon résistant est, lui, une fraction de l’amidon qui n’est pas dégradée par nos enzymes digestives et qui arrive donc intacte dans le côlon. Il est fermenté par les bactéries du microbiote qui libèrent en retour différentes substances bénéfiques, notamment des acides gras à chaînes courtes (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) 2 Avoine, riz, sorgho, orge, haricots et les légumineuses ou encore les bananes vertes fournissent de grandes quantités de fibres et d’amidon résistant. 3
La cuisson diminue la teneur en amidon résistant des aliments, mais le refroidissement (riz ou pomme de terre en salade par exemple) contribue à la rétablir. 2

Plusieurs voies métaboliques mises en jeu

Les modifications du microbiote intestinal ont notamment permis :

  • d’influencer le métabolisme des acides biliaires : ceci a augmenté la production de certains acides biliaires dits « secondaires » capables d’agir sur des récepteurs cellulaires impliqués dans la régulation du glucose et des lipides ;
  • de réduire l’inflammation, ceci grâce à la restauration de la barrière intestinale (on sait que l’inflammation de bas grade est impliquée dans l’obésité et la résistance à l’insuline) ; 
  • d’inhiber l’absorption des lipides alimentaires.

Ces résultats doivent être confirmés par une étude de plus grande ampleur. Mais ils suggèrent qu’augmenter la teneur en amidon résistant de son alimentation est une stratégie à la fois simple et puissante pour perdre du poids… ou éviter d’en reprendre après un régime !

Le microbiote intestinal

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Dyspepsie fonctionnelle : un nom compliqué pour un trouble digestif commun

Le nom est barbare et pourtant, ce trouble digestif est très courant, avec des douleurs et/ou un inconfort centré sur l’estomac. Pour en venir à bout, une modulation du microbiote intestinal, via des probiotiques, semble représenter une solution à la fois efficace et pertinente.

Le microbiote intestinal

Dyspepsie fonctionnelle : un nom barbare pour une maladie que vous connaissez certainement, car elle touche pratiquement 1 personne sur 10, notamment les femmes, les fumeurs et les consommateurs d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, kétoprofène). La dyspepsie fonctionnelle désigne en effet un trouble digestif fréquent, caractérisé par une douleur ou un inconfort chronique centrés sur la région de l’estomac.

Les symptômes sont en général décrits comme une sensation désagréable d’un estomac trop plein après un repas (non pantagruélique !), ou l’impression d’être rassasié alors que l’on commence seulement à manger, ou des douleurs et/ou brûlures au creux de l’estomac. Et ce, depuis des semaines.

250 à 400 m2 Le système digestif humain est la plus grande surface d’échange du corps.

98 % Protéobactéries, Firmicutes, Actinobactéries et Bacteroidetes représentant plus de 98 % du microbiote intestinal total chez les individus en bonne santé.

De la dysbiose à la dyspepsie

Si les causes, multiples, et les mécanismes de la dyspepsie fonctionnelle sont encore mal connus, le microbiote intestinal est pointé du doigt. A commencer par la bactérie Helicobacter pylori qui s’installe parfois dans l’estomac : elle semble largement contribuer au développement et à la progression de la dyspepsie fonctionnelle, sans doute via une inflammation de la muqueuse gastro-intestinale et des perturbations de la motilité intestinale.

40 % Plus de 40 % des patients dans le monde souffrent de troubles gastro-intestinaux fonctionnels, parmi lesquels la dyspepsie fonctionnelle est l’un des plus courants.

3 à 5 % La dyspepsie fonctionnelle représente 3 à 5 % des visites de médecins généralistes.

Plus généralement, tout le microbiote intestinal serait impliqué. Et ce, directement (un déséquilibre en composition et abondance pourrait entraîner un dysfonctionnement) et via les métabolites produits par les bactéries, qui agissent de manière protectrice (par exemple les (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) produits par les Firmicutes) ou délétère (sphingolipides pro-inflammatoires produits par les Bacteroidetes et Prevotellacae) sur l’hôte. 

2/3 des personnes touchées par la dyspepsie fonctionnelle souffrent de symptômes persistants et irréguliers qui peuvent affecter leur qualité de vie et même leur bien-être psychologique.

8 fois Les patients atteints de dyspepsie fonctionnelle présentent un risque environ 8 fois plus élevé de syndrome du côlon irritable par rapport à la population générale.

Soigner via le microbiote

Conséquence directe de l’implication du microbiote gastrointestinal dans la dyspepsie fonctionnelle : la recherche de solutions pour remettre sur pied ce microbiote, et par là même son hôte (le patient). Les chercheurs 1 ont conduit plusieurs essais sur des patients qui semblent montrer que les probiotiques pourraient largement améliorer les symptômes en rééquilibrant la flore intestinale.

Autre approche, un peu plus agressive : les antibiotiques large spectre qui éliminent les bactéries indésirables. Ce coup de Karcher se montre très efficace, notamment chez les femmes, mais engendre pas mal de dommages collatéraux chez les bonnes bactéries. D’où la poursuite de la recherche pour mieux comprendre les mécanismes en jeu pour proposer des méthodes diagnostiques et des traitements ciblés et efficaces.

Le microbiote intestinal

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Dyspepsie fonctionnelle : le microbiote intestinal largement mis en cause

Motif très fréquent de consultation, la dyspepsie fonctionnelle est souvent prise en charge via des antibiotiques. Une revue récente 1 met en avant les promesses d’une solution moins agressive : la modulation du microbiote.

Sensation pesante sur l'estomac après le repas, satiété trop précoce au cours d'un repas, brûlures épigastriques… : tels sont quelques-uns des symptômes invalidants de la dyspepsie fonctionnelle (DF), un trouble fréquent du tractus gastro-intestinal qui donne lieu à de nombreuses consultations médicales. Il faut dire que sa prévalence est élevée, estimée à 7,2 % dans le monde. Les femmes, les fumeurs et les patients prenant des anti-inflammatoires non stéroïdiens sont particulièrement exposés. Le microbiote intestinal pourrait être impliqué.

250 à 400 m2 Le système digestif humain est la plus grande surface d’échange du corps.

98 % Protéobactéries, Firmicutes, Actinobactéries et Bacteroidetes représentant plus de 98 % du microbiote intestinal total chez les individus en bonne santé.

De la dysbiose à la dyspepsie

Le tractus gastro-intestinal héberge un microbiote d’abondance croissante de l’estomac (non stérile) au colon : Protéobactéries, Firmicutes, Actinobactéries et Bacteroidetes représentent plus de 98 % du microbiote intestinal chez les individus sains. Une communauté microbienne largement impliquée dans la santé digestive : préservation de l’intégrité de la barrière intestinale, modulation du système immunitaire de la muqueuse, etc.

Parfois, l’équilibre de cette communauté est mis à mal et devient dysbiotique : la présence stomacale de Helicobacter pylori semble contribuer au développement et à la progression de la DF ; une dysbiose duodénale (hausse de Steptococcus, Firmicutes, Bacteroides, Proteobactéria ; baisse de Prevotella, Veillonella, Leptotrichia, Actinomyces, Neisseria, Porphyromonas) semble corrélée à la DF.

40 % Plus de 40 % des patients dans le monde souffrent de troubles gastro-intestinaux fonctionnels, parmi lesquels la dyspepsie fonctionnelle est l’un des plus courants.

3 à 5 % La dyspepsie fonctionnelle représente 3 à 5 % des visites de médecins généralistes.

Le microbiote intestinal serait doublement impliqué, directement (un déséquilibre en composition et abondance pourrait entraîner un dysfonctionnement intestinal) et via les métabolites bactériens produits qui agissent de manière bénéfique (par exemple les acides gras à chaîne courte produits par les Firmicutes) ou délétère (sphingolipides pro-inflammatoires produits par les Bacteroidetes et Prevotellaceae) sur l’hôte. 

2/3 des personnes touchées par la dyspepsie fonctionnelle souffrent de symptômes persistants et irréguliers qui peuvent affecter leur qualité de vie et même leur bien-être psychologique.

8 fois Les patients atteints de dyspepsie fonctionnelle présentent un risque environ 8 fois plus élevé de syndrome du côlon irritable par rapport à la population générale.

Soigner via le microbiote intestinal

La modulation du microbiote intestinal représente donc une approche thérapeutique largement envisagée. Plusieurs essais cliniques en soulignent le potentiel : une association de souches probiotiques appartenant à certaines espèces de Bacillus (Bacillus coagulans, Bacillus clausii et Bacillus subtilis) améliore certains symptômes (éructations, reflux, ballonnements) ; idem avec un probiotique associant Bacillus coagulans MY01 et Bacillus subtilis. Un yaourt enrichi en probiotique (Lactobacillus gasseri) ne modifie pas les symptômes déclarés par les patients, mais diminue leur fréquence (17,3 % vs 35,2 % dans le groupe placebo).

Pour autant, une meilleure compréhension des mécanismes en jeu permettrait de proposer des méthodes diagnostiques et des traitements plus ciblés – basés notamment sur le microbiote intestinal –, et tout aussi efficaces.

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Actualités Gastroentérologie

Diarrhées parasitaires : le microbiote, élément clé du pronostic ?

Les diarrhées infectieuses peuvent être provoquées par une bactérie (diarrhée bactérienne), un parasite (diarrhée parasitaire) ou un virus (diarrhée virale). Dans les diarrhées parasitaires, les responsables peuvent être de petits micro-organismes comme Giardia intestinalis (responsable de la giardiase) ou Entamoeba histolytica (qui déclenche la redoutée amibiase), ou des vers dont le plus célèbre est incontestablement Ascaris lumbricoides. Tous les individus ne réagissent pas de la même manière en cas d’infection parasitaire : alors que la majorité d’entre nous ne développe pas le moindre symptôme, d'autres souffrent de diarrhées parfois sévères, voire mortelles. Le microbiote intestinal est de plus en plus souvent cité comme un facteur clé pour expliquer cette variabilité.

Le microbiote intestinal Diarrhée du voyageur Diarrhée associée aux antibiotiques

Qu’appelle-t-on une diarrhée parasitaire ? 

On parle de diarrhée lors de l’émission d’au moins trois selles molles ou liquides par jour, et de diarrhée infectieuse lorsque cette diarrhée a pour origine une infection par un agent pathogène (virus, bactérie, ou parasite). 1-3  Si le pathogène est un parasite, la diarrhée est dite « parasitaire ».

Diarrhée Virale, bactérienne, parasitaire, ne pas les confondre

Dans la grande famille des diarrhées, s’il existe quelques cas non infectieux (par exemple en cas de maladie digestive comme la maladie de Crohn), la grande majorité est causée par une infection par un pathogène. Selon le pathogène en jeu, on parlera de :

diarrhée virale si le fautif est un virus (le rotavirus par exemple, qui touche nombre de nourrissons) ;

diarrhée bactérienne si une bactérie est en cause (Vibrio cholerae par exemple, responsable des épidémies de choléra)

• diarrhée parasitaire si un parasite en est à l’origine (par exemple : le mini-parasite composé d’une seule cellule Giardia intestinalis, responsable de la maladie appelée giardiase redoutée des touristes ; ou encore le ver appelé ascaris redoutée des mamans de jeunes enfants).

Enfin, la diarrhée peut aussi être un effet secondaire fréquent (jusqu’à 35 % des patients 4,5) d’un traitement antibiotique. On parle alors de de diarrhée associée aux antibiotiques.

Quels sont les parasites responsables ?

Les parasites intestinaux peuvent être classés en deux grandes catégories 6-8 :

  • les protozoaires, des organismes constitués d’une seule cellule et mesurant moins d’un millimètre, au premier rang desquels Giardia intestinalis (responsable de la giardiase), Entamoeba histolytica (qui déclenche la redoutée amibiase), Cyclospora cayetanenensis (cyclosporose) et Cryptosporidium spp (cryptosporidiose),
  • et les helminthes, organismes constitués de plusieurs cellules, plus connus sous le nom de vers, dont le plus célèbre représentant est incontestablement Ascaris lumbricoides.

Les infections par ces 2 types de parasites sont courantes : 350 millions de personnes seraient infectées par les 3 protozoaires les plus courants et 895 millions par des helminthes transmis par le sol. La mondialisation de l'alimentation, les voyages internationaux et les vagues migratoires ont rendu les infections par protozoaires plus fréquentes en Occident que les infections par des vers. 6

Comment un parasite peut-il déclencher une diarrhée parasitaire aiguë ?

Dans la diarrhée parasitaire, comme dans la diarrhée infectieuse en général, tout commence par la confrontation entre un pathogène (ici un parasite), transmis en général par un aliment contaminé ou de l’eau souillée, et l'hôte (notre organisme). Mais l’infection parasitaire ne rime pas forcément avec des symptômes comme la diarrhée : les infections par le protozoaire Entamoeba histolytica sont généralement asymptomatiques, mais peuvent provoquer une maladie invasive du gros intestin chez les patients immunodéprimés. 7 Même chose dans le cas des vers : une faible infestation passe souvent inaperçue, tandis qu’une très forte présence de vers peut provoquer toute une série de symptômes, jusqu’à des troubles de la croissance et du développement physique, car les vers se nourrissent des tissus de l'hôte, provoquant des pertes de sang intestinales et entravant l'absorption des nutriments. 8,9 

Chaque parasite a ses petites habitudes 7 :

  • côté protozoaires, Giardia intestinalis infecte la partie supérieure de l'intestin grêle et peut provoquer, 6 à 15 jours après l'infection, une diarrhée aiguë très liquide, tandis que Entamoeba histolytica s’attaque au gros intestin et peut induire une diarrhée sanglante avec du mucus ;
  • le ver Ascaris lumbricoides nous contamine par l’ingestion de ses œufs présents sur des aliments (fruits et légumes) mal lavés ou dans de l’eau souillée ; ces œufs libèrent des larves dans le tube digestif ; les larves traversent la paroi digestive et gagnent les poumons par voie sanguine où elles peuvent provoquer les premiers symptômes (phase pulmonaire précoce). Mais l’histoire ne s’arrête pas là : les larves escaladent la trachée jusqu’à l’œsophage et se laissent glisser dans l’œsophage puis le tube digestif, où elles se transformeront en vers adultes (phase intestinale tardive, avec des diarrhées, de légères douleurs abdominales, une anorexie, des nausées et des vomissements) qui pondront des œufs éliminés dans les selles.

Comment prévenir la diarrhée parasitaire ?

La prévention repose avant tout sur des conseils d’hygiène valables pour toute diarrhée infectieuse (voir encadré). 

Une autre piste s’inspire d’une observation : nous ne sommes pas tous égaux face aux parasites, certains ne manifestant pas le moindre symptôme tandis que d’autres souffriront d’une diarrhée aiguë. Le microbiote intestinal pourrait expliquer cette variabilité clinique : par exemple, au Bengladesh, la faible abondance de la bactérie Megasphaera avant et au moment de la détection du parasite Cryptosporidium a été associée à une diarrhée parasitaire chez des nourrissons, ce qui suggère que le microbiote intestinal peut jouer un rôle dans la gravité de la cryptosporidiose. 10

En ce qui concerne les helminthes, les liens entre ces vers et le microbiote intestinal font aussi l’objet de nombreuses études : il existerait en effet des interactions complexes entre les deux, mais aussi avec l’immunité de l’hôte. D’ailleurs, les vers intestinaux ne sont pas forcément à éviter : à petite dose, ils pourraient avoir des effets bénéfiques sur la santé, comme la résistance à d'autres pathogènes du système digestif voire la prévention des maladies allergiques. 11

Prévenir les diarrhées par des gestes d’hygiène

La prévention des diarrhées infectieuses, qu’elles soient causées par une bactérie, un virus ou un parasite, passe avant tout par des mesures d’hygiène :

  • lavage soigneux et fréquent des mains (en sortant des toilettes, avant de manger…),
  • lavage des plans de travail des cuisines,
  • utilisation d’eau salubre,
  • distanciation avec les personnes malades….

La contamination de l’eau par des matières fécales étant responsable d’une large part de ces infections, les diarrhées infectieuses sont plus fréquentes en cas de pénuries d’eau salubre (pays à faibles revenus, camps de fortune, installations précaires suite à un tremblement de terre, etc.).

Comment prendre en charge la diarrhée parasitaire ?

Comme toute diarrhée, la diarrhée parasitaire expose avant tout au risque de déshydratation chez les plus jeunes, les personnes âgées et les patients dont les défenses immunitaires sont affaiblies. La prise en charge repose donc en premier lieu sur un traitement des symptômes à savoir une lutte contre la perte d’eau et d’électrolytes (ions sodium, potassium et chlorure) :

  • par voie orale (avec des solutés de réhydratation orale, les fameux SRO) 
  • ou par voie veineuse dans les cas les plus sérieux.

Lorsqu’un professionnel de santé suspecte qu’une infection parasitaire pourrait être à l’origine de cette diarrhée (par exemple dans le cas d’un retour de voyage sous les tropiques), il demande en général un examen des selles, afin d’y identifier un éventuel parasite. Mais tout n’est pas si simple : le parasite n’est pas forcément présent dans toutes les selles (ce qui peut nécessiter plusieurs prélèvements), et la présence d’une petite quantité de parasite ne signifie pas forcément qu’on a trouvé le bon responsable. Au final, les infections parasitaires comme la giardiase peuvent être difficiles à diagnostiquer, et la décision de traitement repose aussi sur les antécédents et symptômes du patients. 12

Lorsqu’une infection par des vers ne fait pas de doute, des professionnels de santé peuvent prescrire des médicaments sûrs et efficaces, tels que l'albendazole ou le mébendazole. 9 Ces médicaments sont souvent distribués dans le cadre de campagnes de vermifugation, ciblant particulièrement les enfants et les femmes en âge de procréer (15-49 ans) dans les zones endémiques. 8

Que retenir à propos de la diarrhée infectieuse parasitaire ?

  • On parle de diarrhée lors de l’émission d’au moins trois selles molles ou liquides par jour, et de diarrhée infectieuse lorsque cette diarrhée a pour origine une infection par un agent pathogène (virus, bactérie, parasite). La diarrhée, du fait de la déshydratation qui en découle, était responsable de 1,6 million de décès en 2016, notamment chez des enfants malnutris ou immunodéprimés ou des personnes vivant avec le VIH. 1-3
  • En cas d’infection par un parasite, la diarrhée est dite « parasitaire ». Les parasites intestinaux sont de 2 types : les protozoaires mesurant moins d’un mm, au premier rang desquels Giardia intestinalis, responsable de la giardiase, et Entamoeba histolytica qui déclenche la redoutée amibiase ; les helminthes, plus connus sous le nom de vers, dont le plus célèbre représentant est incontestablement l’ascaris 6-8
  • Dans une grande majorité des cas, la présence de parasites digestifs est asymptomatique et sans gravité, voire bénéfique (immunité). Parfois, elle déclenche une diarrhée dont les caractéristiques (présence de sang, présence de glaires, forte présence de liquide…) dépendent du parasite. 7
  • La prévention des diarrhées parasitaires repose avant tout sur des règles d’hygiène (lavage et cuisson des aliments, lavage des mains) et sur un développement de l’accès à l’eau potable. Le microbiote est également l’objet de nombreuses études, car il pourrait expliquer la variabilité des symptômes et de la gravité d’un individu à l’autre. 10
  • La prise en charge des diarrhées parasitaires repose sur une lutte contre la déshydratation. Si le parasite est identifié, la prescription de médicaments peut être envisagée. 9 Des campagnes de vermifugation systématique sont également proposées. 8

Dans les coulisses de la diarrhée infectieuse : le rôle du microbiote

En savoir plus
Sources

1. WHO Fact Sheet 2024

2. Iancu MA, Profir M, Roşu OA, Ionescu RF, Cretoiu SM, Gaspar BS. Revisiting the Intestinal Microbiome and Its Role in Diarrhea and Constipation. Microorganisms. 2023 Aug 29;11(9):2177. 

3. Sokic-Milutinovic A, Pavlovic-Markovic A, Tomasevic RS, Lukic S. Diarrhea as a Clinical Challenge: General Practitioner Approach. Dig Dis. 2022;40(3):282-289.

4. McFarland LV, Ozen M, Dinleyici EC et al. Comparison of pediatric and adult antibiotic-associated diarrhea and Clostridium difficile infections. World J Gastroenterol. 2016;22(11):3078-3104.

5. Theriot CM, Young VB. Interactions Between the Gastrointestinal Microbiome and Clostridium difficile. Annu Rev Microbiol. 2015;69:445-461.

6. Ahmed M. Intestinal Parasitic Infections in 2023. Gastroenterology Res. 2023 Jun;16(3):127-140. 

7. Mauriello A, Mari A, Nseir W, Saracco GM, Pellicano R. Diarrhea due to parasites: a short, updated point of view from the clinical setting. Minerva Gastroenterol (Torino). 2022 Dec;68(4):463-469. doi: 10.23736/S2724-5985.21.03095-3.

8. World health organisation. Soil-transmitted helminth infections. Fact Sheet. 2023.

9. Center for Disease Control and Prevention. Parasites -Ascariasis. Last update : June 2023.

10. Carey MA, Medlock GL, Alam M, Kabir M, Uddin MJ, Nayak U, Papin J, Faruque ASG, Haque R, Petri WA, Gilchrist CA. Megasphaera in the Stool Microbiota Is Negatively Associated With Diarrheal Cryptosporidiosis. Clin Infect Dis. 2021 Sep 15;73(6):e1242-e1251.

11. Rubel MA, Abbas A, Taylor LJ, Connell A, Tanes C, Bittinger K, Ndze VN, Fonsah JY, Ngwang E, Essiane A, Fokunang C, Njamnshi AK, Bushman FD, Tishkoff SA. Lifestyle and the presence of helminths is associated with gut microbiome composition in Cameroonians. Genome Biol. 2020 May 25;21(1):122

12. Center for Disease Control and Prevention. Parasites – Giardia - Diagnosis and Treatment. Last update : February 2021.

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Autotest du microbiote : plaidoyer pour des garde-fous réglementaires

Le potentiel médical du microbiote semble avoir ouvert les portes d’un fructueux marché : celui de l’autodiagnostic. Avec, faute de garde-fous, des allégations trompeuses et des risques pour des patients prêts à tout pour réduire la souffrance d’une maladie chronique.

Conséquence du potentiel santé du microbiote mis en lumière ces dernières années par la recherche : le marché des tests d’autodiagnostic fleurit, promettant au consommateur monts et merveilles. Des allégations contre lesquelles s’insurgent des chercheurs et cliniciens américains, qui ont passé au crible, dans une tribune parue dans Science, les services et promesses en ligne de 31 entreprises, dont 17 basées aux États-Unis. Leur offre cible principalement le microbiote intestinal, et dans une moindre mesure le microbiote vaginal ou cutané.

Proche des tests génétiques

En pratique, ces tests rappellent leur équivalent génétique : commande d’un kit, prélèvement d’un échantillon retourné au laboratoire, séquençage pour déterminer la composition taxonomique du microbiote. Le client reçoit un bilan souvent graphique et le verdict (microbiote sain ou dysbiose) obtenu par comparaison avec des bases de données, dont la représentativité est questionnable. En cas de dysbiose, sont proposés des recommandations et des compléments alimentaires, vendus par 45 % des entreprises commercialisant ces tests. Des tests réguliers sont bien entendu conseillés pour suivre les améliorations.

63% de la population mondiale pense utile de faire tester leur microbiote intestinal

Des tests sans validité ni utilité

Pour les auteurs de la tribune, les 3 exigences qui garantissent la précision et l'utilité d’un test ne sont pas remplies :

  • la validité analytique (taux de faux positifs et négatifs) ne peut être garantie : le microbiote bactérien n’est pas encore totalement décrypté, le test ne recherche pas toutes les bactéries, les résultats varient d’un laboratoire à l’autre voire au sein d’un même laboratoire (méthodes non standardisées, bases de données variables…) ;
  • la validité clinique (microbiote sain ou dysbiotique ?) n’a guère de sens faute de définition d’un standard « sain » ;
  • l'utilité clinique interroge : les informations obtenues ne permettent ni recommandation ni prise en charge.

Certes, nombre d’entreprises ont pris soin de préciser que leur test n’a pas de valeur « diagnostique ». Pour autant, leurs allégations commerciales laissent croire le contraire, d’autant que les résultats semblent scientifiques.
 

Un risque de pertes de chances pour le patient

Or, les conséquences de ces tests peuvent être terribles pour des patients atteints de maladies chroniques graves : mauvais autodiagnostic, retard dans la prise en charge voire arrêt du traitement au profit d’une alternative sans effets prouvés. Un patient prévoyait ainsi de se concocter une transplantation fécale maison. D’où le besoin, selon les signataires de la tribune, d’une réglementation qui oblige les compagnies commercialisant ces tests à préciser leur méthodologie, à adopter les futurs standards et à publier leurs performances… et qui interdise les allégations trompeuses et fausses promesses. Reste aussi que la recherche en général doit encore avancer pour définir un éventuel microbiote sain et confirmer, ou non, l’efficacité de changements alimentaires et/ou de compléments.

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