Nouvelles données sur la dynamique du microbiote vaginal : un véritable changement pour la santé des femmes

De nouvelles recherches 1 sur la dynamique du microbiote vaginal révèlent que son état fluctue au fil du temps et permettent de voir au-delà des traditionnels instantanés. Ces découvertes pourraient transformer notre façon d'évaluer la santé des femmes et de les traiter, en particulier les affections telles que la vaginose bactérienne.

Les pathologies infectieuses vaginales

Comment évaluer la santé vaginale ?

De récentes recherches ont mis au jour une nouvelle couche de complexité en matière de compréhension du microbiote vaginal, révélant que son état est loin d'être statique. Traditionnellement, les scientifiques utilisent le (sidenote: Score de Nugent Système de notation diagnostique permettant d'évaluer la vaginose bactérienne en fonction de la présence et des proportions de certaines bactéries par coloration de Gram dans un échantillon vaginal. ) 2 et les types d'états communautaires (CST, Community State Types) 3 pour classifier les microbiotes vaginaux.

Le score de Nugent évalue la santé du microbiote grâce à la microscopie, en calculant un score en fonction de l'abondance de morphotypes bactériens associés à un microbiote « en bonne santé » ou atteint de vaginose bactérienne. Quant aux CST, ils classent les microbiotes vaginaux en cinq types, en fonction de la dominance bactérienne, en indiquant les états « eubiotiques » dominés par les lactobacilles ou les états variables et pauvres en lactobacilles, associés à une dysbiose. 

Toutefois, une nouvelle approche, appelée Dynamiques communautaires vaginales (VCD, Vaginal Community Dynamics), capture les fluctuations du microbiote au fil du temps, afin de démontrer que ces classifications ne représentent que des instantanés, et non la véritable stabilité du microbiote. Ce nouvel éclairage a une incidence profonde sur la santé des femmes, que ce soit pour les diagnostics de routine ou pour le traitement personnalisé d'affections telles que la vaginose bactérienne (VB).

Cartographier la dynamique du microbiote grâce aux VCD

La récente étude 1  menée par le Dr Ina Schuppe‑Koistinen et le Pr Henriette Svarre Nielsen, de l'institut Karolinska, a suivi les transitions quotidiennes du microbiote de 49 jeunes femmes tout au long de leur cycle menstruel complet. Cela a permis d'identifier quatre VCD distinctes : eubiotique constant (stable et dominé par les lactobacilles), dysbiotique constant (dysbiose persistante), dysbiotique lors des règles (dominance des lactobacilles uniquement perturbée lors des règles) et dysbiotique instable (changements fréquents de la composition du microbiote).

Ces VCD mettent en avant la stabilité ou l'instabilité microbienne unique de chaque femme en réponse à des facteurs externes tels que les règles et l'activité sexuelle, facteurs souvent négligés par les CST et le score de Nugent.

Vaginose bactérienne : transmission sexuelle et données génomiques

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Phages et bactériocines : acteurs clés dans la stabilité du microbiote vaginal

Cette étude a également démontré que les bactériophages et les bactériocines pouvaient influencer la dynamique du microbiote. Une activité plus importante des phages a été observée en cas de VCD instables, ce qui suggère un rôle potentiel dans la réduction sélective des populations de Lactobacillus. De plus, en cas de VCD dysbiotiques, certaines souches de Gardnerella contenaient des gènes de bactériocines, ce qui pourrait inhiber les lactobacilles bénéfiques et contribuer à l'instabilité du microbiote. Ces découvertes pourraient à terme mener à de nouveaux traitements, destinés à stabiliser le microbiote vaginal en ciblant les phages ou les bactériocines.

Les VCD ont le pouvoir de transformer la pratique clinique

Le passage d'une classification statique à dynamique est source de promesses pour les applications cliniques. Alors que le score de Nugent et les CST peuvent indiquer les états « sains » ou « dysbiotiques » à partir d'un seul échantillon, les VCD révèlent des informations importantes sur la résilience du microbiote, en précisant la fréquence à laquelle le microbiote d'une personne passe en dysbiose. Par exemple, les VCD pourraient permettre aux cliniciens d'identifier les patientes sujettes à de fréquentes perturbations de leur microbiote et les aider à mettre en place des interventions préventives plus ciblées.

Cette approche pourrait transformer notre manière de traiter les affections telles que la VB, où les fluctuations du microbiote sont courantes, et améliorer les résultats en personnalisant les soins en fonction de la stabilité unique du microbiote de chaque patiente.

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Actualités Gynécologie

La grenade au secours des microbiotes cutanés perturbés

La grenade contient des substances qui pourraient contribuer à rééquilibrer les populations de microorganismes vivant à la surface de notre peau. Des chercheurs ont montré qu’un extrait d’écorce affaiblit les bactéries pathogènes et renforce les bactéries bénéfiques.

Le microbiote cutané Psoriasis et microbiote Acné et microbiote Eczéma Troubles cutanés

Un produit naturel, non toxique, éco-responsable, qui améliore l’équilibre du microbiote cutané et contribue à lutter contre les maladies de peau : vous en rêviez ? Une équipe de chercheurs italiens l’a fait… à partir de pelures de grenade destinées à être jetées ! 1

Cette partie non comestible représente 50 % du fruit. Lors de la fabrication de jus et d’extraits de grenade, elle finit habituellement à la poubelle. Elle contient pourtant la majorité des précieux polyphénols de la grenade, dont certains possèdent des propriétés antibactériennes intéressantes pour la santé.

Les chercheurs italiens ont voulu savoir si, en valorisant ces écorces pour en extraire les précieux composés, il serait possible de mettre au point un produit capable de rétablir l’équilibre du microbiote cutané et d’améliorer la santé de la peau.

Bonnes bactéries vs. mauvaises bactéries : la battle

La dysbiose du microbiote cutané, caractérisée par la prolifération de bactéries pathogènes au détriment des bactéries bénéfiques, a en effet été mise en cause dans plusieurs problèmes de peau, comme l’acné, le psoriasis ou la dermatite atopique.

Troubles cutanés

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Les chercheurs ont d’abord prélevé des échantillons de microbiote cutané sur la peau de 9 jeunes volontaires, dont 3 souffraient de problèmes de peau liés à une dermatite atopique. Ils ont extrait de ces échantillons :

  • des Staphylococcus aureus, les bactéries pathogènes responsables de dysbiose cutanée, 
  • des Staphylococcus epidermidis, connues au contraire pour leurs effets bénéfiques et leur aptitude à restaurer l’intégrité de la barrière cutanée.

En parallèle, les scientifiques ont préparé un extrait de peau de grenade (Punica granatum L.) en utilisant des méthodes d’extraction économes en énergie et des solvants recyclables. Après avoir vérifié sa non-toxicité, ils ont mis le produit au contact des bactéries prélevées chez les volontaires.

Double effet de la grenade

Résultat : l’extrait de grenade possède à la fois une action antimicrobienne remarquable sur les S. aureus pathogènes et une action protectrice sur les S. epidermidis bénéfiques. 

Pour les chercheurs, ces effets sont très probablement liés aux composés phénoliques de la grenade : catéchine, quercétine, acide gallique… Ceux-ci agiraient de manière ciblée, d’un côté en empêchant les bactéries pathogènes d’adhérer à la peau et de former des biofilms protecteurs, et de l’autre en stimulant la capacité des bactéries bénéfiques à synthétiser ces biofilms.

Neutraliser l’ennemi, tout un art !

Tout le monde possède de méchants Staphyloccus aureus à la surface de sa peau. Pourtant, la majorité du temps, ceux-ci ne prolifèrent pas.

Pourquoi ? Parce que les « bonnes » bactéries du microbiote cutané sécrètent un arsenal ultrasophistiqué de redoutables petites molécules (bactériocines, antibiotiques, acides gras à chaîne courte, peptides antimicrobiens…) capables de bloquer la multiplication des Staphylococcus aureus et d’entraver la prolifération.

Par ailleurs, en régulant la réponse inflammatoire, en favorisant l’homéostasie des cellules de la peau et en maintenant l’intégrité de la couche de l’épiderme, les bonnes bactéries contribuent à l’équilibre microbien. Gentilles, mais costauds !

Des essais cliniques devront être menés avant de pouvoir confirmer la capacité de cet extrait à prévenir, atténuer ou guérir les maladies de peau, notamment celles liées aux bactéries résistantes aux antimicrobiens. 

Si les résultats sont positifs, cela apporterait une preuve supplémentaire qu’il est possible d’intégrer la santé des écosystèmes à celle de l’homme, dans une approche « One health », « Une seule santé ». 2

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Les microbiotes humains, réservoirs de peptides antimicrobiens

Les microbiotes humains seraient des réservoirs de peptides antimicrobiens aussi efficaces que certains antibiotiques actuellement utilisés ; certains pourraient épargner les bactéries commensales. 1 

« L’une des plus graves menaces pesant sur la santé mondiale, la sécurité alimentaire et le développement ». Tels sont les mots de l'OMS 2 pour qualifier la résistance aux antibiotiques. Pour y faire face, les (sidenote: Peptides antimicrobiens (AMP) Les peptides antimicrobiens (AMP) sont des séquences courtes d’acides aminés largement présents dans une variété d'organismes, notamment les bactéries, les plantes, les amphibiens, les insectes, les poissons et les mammifères. Ils sont capables de perturber la croissance microbienne, en interférant le plus souvent avec l'intégrité de la paroi cellulaire. Approfondir https://www.sciencedirect.com/topics/agricultural-and-biological-sciences/antim… ) sont jugés prometteurs. Mais ils demeurent encore peu nombreux. Quelques exemples :

  • La bacitracine produite par Bacillus licheniformis pour traiter les infections des yeux et de la peau
  • La colistine produite par Paenibacillus polymyxa variant collistinus, pour traiter la pneumonie chez les patients atteints de mucoviscidose
  • La polymyxine B produite par Paenibacillus polymyxa pour traiter les infections topiques.

D’où ces travaux de recherche pour identifier de nouveaux candidats, à partir de 1 773 génomes issus des microbiotes humains de la peau, de la bouche, du système digestif et du vagin de 263 femmes saines du NIH Human Microbiome Project. 3

323 candidats potentiels

L’équipe a identifié 323 candidats potentiels que les auteurs ont appelés SEP (smORF-encoded peptides, peptides codés par des (sidenote: SmORF (Small open reading frames) Petites séquences codant pour des petits peptides de moins de 100 acides aminés capables néanmoins de médier des fonctions physiologiques clés chez l’Homme et l’animal. Approfondir Couso JP, Patraquim P. Classification and function of small open reading frames… ) ).

Parmi eux, 78 ont été sélectionnés au regard de 3 critères (potentiel antimicrobien, diversité des familles représentées, facilité de synthèse), synthétisés puis testés contre :

  • 11 souches cliniquement pertinentes de pathogènes (Acinetobacter baumannii, E. coli, Klebsiella pneumoniae, Pseudomonas aeruginosa, Staphylococcus aureus, Enterococcus faecalis, Enterococcus faecium)
  • et 13 bactéries commensales du tube digestif les plus représentées (appartenant à 4 phyla : Verrucomicrobia, Bacteroidetes, Actinobacteria, et Firmicutes)

En effet, à la différence des AMP, les SEP peuvent aussi cibler des commensaux.

70,5 % montre une activité antimicrobienne

Au total, 55 des 78 SEP synthétisés (70,5 %) présentaient une activité antimicrobienne in vitro contre au moins une bactérie pathogène ou commensale :

  • 33 des 78 SEP détruisaient au moins un des 11 pathogènes testés ; S. aureus est le seul pathogène qui n’est ciblé par aucun des 78 SEP synthétisés
  • 45 des 78 SEP affichaient une légère activité antibactérienne contre des commensaux.

Les 5 SEP les plus prometteurs (forte activité anti-pathogène, faible activité contre les commensaux) étaient codés par (sidenote: Des bactéries cutanées et digestives La faecalibacticine-3 (Faecalibacterium prausnitzii), la fusobacticine-2 (Fusobacterium nucleatum), la keratinobacine-1 (Keratinibaculum paraultunense), la staphylococcine-2 (Staphylococcus capitis) et la prevotelline-2 (Prevotella copri). ) . Les actions des différents SEP se révélaient souvent synergiques.

In vivo (modèle murin), le meilleur candidat, à savoir la prévotelline-2 (P. copri), s’est montré aussi efficace que l’antibiotique de référence (la polymyxine B) en termes de réduction de la charge bactérienne, et ce, sans toxicité notable pour les souris infectées par A. baumannii.

6 choses à savoir sur les antibiotiques

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La membrane cytoplasmique en ligne de mire

Afin de déterminer leurs mécanismes d’action, les SEP dotés d’un pouvoir antimicrobien ont été étudiés sous toutes les coutures. Leur action antimicrobienne semble cibler la membrane cytoplasmique des bactéries qu’elles dépolarisent (alors que les AMP et EP classiques ciblent en général la membrane externe).

3 antagonismes

Enfin, les différents SEPs agiraient via 3 types d’antagonismes :

• Intra-espèce (permet de lutter contre la concurrence des autres souches)
• Inter-espèces au sein d’un même site (par exemple la faecalibacticine-3 produite par la bactérie intestinale Faecalibacterium prausnitzii du phylum des Firmicutes cible plusieurs bactéries du phylum Bacteroidetes)
• Inter-espèces visant des bactéries d’un autre site (la staphylococcine-2 produite par la bactérie cutanée Staphylococcus capitis s’avère très active contre plusieurs phyla de bactéries intestinales)

Outre la lutte contre les pathogènes, les SEP pourraient donc remodeler les microbiotes.

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Des intestins aux os : comment le microbiote affecte le risque de fracture de fragilité osseuse

Sera-t-il bientôt possible de réduire le risque de fracture de fragilité grâce au microbiote intestinal ? C’est ce que laissent espérer les résultats d’une étude 1 qui relie ce risque à la composition de la flore digestive.

L’augmentation du nombre de fractures osseuses liées au vieillissement de la population représente aujourd’hui un enjeu de santé publique, 1 femme sur 2 et 1 homme sur 4 souffriront un jour d'une fracture ostéoporotique. Ces fractures de fragilité résultent le plus souvent d’une perte de masse osseuse difficile à prévenir. Or, de précédents travaux avaient montré un lien entre le microbiote intestinal et la masse osseuse chez la souris et chez l’homme. Une nouvelle étude révèle qu’il influence également le risque de fractures de fragilité.

178 millions

En 2019, il y a eu 178 millions de fractures dans le monde, soit une augmentation de 33,4 % depuis 1990, en partie due à la croissance démographique et au vieillissement de la population. 2

La composition du microbiote, un indicateur du risque de fracture

Les chercheurs ont repris les données de la cohorte FINRISK 2 qui a suivi 7 043 Finlandais sur 18 ans. Le séquençage du métagénome des bactéries intestinales des participants révèle qu’une plus grande (sidenote: Diversité alpha Nombre d'espèces coexistant dans un milieu donné. ) du microbiote intestinal va de pair avec un risque réduit de fracture.

Parmi les dix phyla les plus abondants du microbiote humain, deux semblent particulièrement liés aux fragilités osseuses :

  • les Protéobactéries (dont notamment les pathogènes Escherichia, Shigella et Klebsiella), déjà impliquées dans diverses pathologies (syndrome du côlon irritable…) seraient associées à un risque accru de fracture; 
     
  • et les Ténéricutes (et notamment les genres Parabacteroides et Lachnoclostridium, et les 3 espèces, Oscillibacter sp. ER4, Parabacteroides distasonis, et Dorea longicatena) semblent liés à un risque réduit.

La piste de l’inflammation

Concernant les mécanismes en jeu, différentes voies métaboliques pourraient être impliquées. Les Protéobactéries iraient de pair avec une moindre synthèse d’acides aminés ramifiés bénéfiques pour la santé osseuse et une production accrue de lipopolysaccharides microbiens pro-inflammatoires. De leur côté, les Ténéricutes seraient associés à la biosynthèse d’ (sidenote: Acides Gras à Chaîne Courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) anti-inflammatoires, comme le butyrate. Ainsi, les Protéobactéries et les Ténéricutes pourraient moduler l’inflammation, et avec elle la résorption osseuse.

25,8 millions À l’échelle mondiale, les fractures représentaient en 2019 25,8 millions d’années vécues avec un handicap, soit une augmentation de 65,3 % du nombre absolu d’années de handicap depuis 1990. ³

+27% Dans les 5 plus grands pays de l’Union européenne, plus la Suède, les dépenses annuelles liées aux fractures de fragilité devraient augmenter de 27 % d’ici à 2030. ³

Vers de nouvelles stratégies de prévention des fractures ?

Bien que ces résultats soient prometteurs, ils reposent sur des analyses corrélatives dans une population certes importante mais peu diversifiée (Européens du Nord) et sur les seules phyla majoritaires du microbiote intestinal (au risque de passer à côté de l’effet de phyla rares). Des recherches complémentaires restent donc nécessaires pour établir une relation de cause à effet du microbiote sur le risque de fracture et comprendre les mécanismes sous-jacents.

Cependant, si ces résultats se confirment, des traitements ciblant les déséquilibres du microbiote pourraient à l’avenir prévenir l’ostéoporose et ainsi réduire les risques de fracture de fragilité.

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Fragilité osseuse : et si tout se jouait dans notre microbiote intestinal ?

Et si la santé de vos os dépendait de votre microbiote intestinal ? Peut-être, à en croire les résultats d’une étude 1 qui relie le risque de fracture de fragilité aux bactéries présentes dans notre système digestif. 

Le microbiote intestinal

Fracture du col du fémur après une toute petite chute, poignet cassé malgré un faible traumatisme, tassement vertébral : le risque de (sidenote: Fracture de fragilité Les fractures de fragilité résultent d’un traumatisme de faible énergie (d’une force mécanique qui ne provoquerait pas normalement une fracture), comme une chute en position debout ou d’une hauteur inférieure. Ces fractures sont la principale conséquence clinique de l’ostéoporose, bien qu’elles puissent survenir chez les femmes ménopausées même en l’absence d’ostéoporose. ) (sans traumatisme fort), largement liées à l’ostéoporose, augmente avec l’âge, 1 femme sur 2 et 1 homme sur 4 souffriront un jour d'une fracture ostéoporotique.

En effet, l’os, qui se remodèle en permanence, a tendance à se détruire plus vite qu’il ne se reconstruit passés 45 ans. Au-delà des méthodes classiques de prévention osseuse comme une bonne alimentation ou de l’exercice physique, une nouvelle piste s’ouvre : le microbiote intestinal, déjà incriminé dans la santé osseuse et le risque d’ostéoporose. Une nouvelle étude montre cette fois que notre flore intestinale prédit notre risque de finir dans le plâtre.

178 millions

En 2019, il y a eu 178 millions de fractures dans le monde, soit une augmentation de 33,4 % depuis 1990, en partie due à la croissance démographique et au vieillissement de la population. 2

Les bactéries intestinales, alliées ou ennemis de nos os ?

Un microbiote intestinal en bonne santé repose sur une grande variété des bactéries intestinales. Et cette diversité a également des conséquences sur la solidité de nos os, comme le révèlent des chercheurs qui ont analysé le microbiote de plus de 7 000 Finlandais. Verdict : plus le microbiote est diversifié, moins il y a de risque de fracture. 

Les fractures sont plus susceptibles de survenir chez les personnes âgées, en particulier les femmes. 2

Comment expliquer ce lien ? Parmi les nombreuses bactéries qui colonisent nos intestins, certaines auraient un effet bénéfique, d’autres au contraire fragiliseraient nos os. Ainsi, les Protéobactéries, déjà incriminées dans plusieurs pathologies inflammatoires chroniques de l’intestin et dans le syndrome du côlon irritable, pourraient également favoriser une inflammation plus généralisée dans le corps, et avec elle une fragilité osseuse.

A l’inverse, les Ténéricutes produiraient de tous petits acides gras, dont le butyrate, dotés d’un effet anti-inflammatoire protecteur.

Un microbiote équilibré pour des os solides ?

L’avenir de la prévention des fractures de fragilité pourrait donc bien aussi passer par un rééquilibrage de votre flore intestinale. En plus d’apports adéquats en calcium et la vitamine D, il conviendrait de bichonner vos « bonnes » bactéries pour garder des os en bonne santé.

Comment prévenir les fractures de fragilité ? ²

• Amélioration de l’alimentation et de la nutrition 

• Activité physique régulière

• Sevrage tabagique 

• Limitation de la consommation d’alcool

• Traitement de l’ostéoporose

• Prévention des chutes.

Cependant, même si ces résultats sont prometteurs, il reste encore du chemin à parcourir pour confirmer la relation de cause à effet entre bactéries et fractures, et pour comprendre comment agissent les bactéries intestinales pour protéger ou fragiliser les os. En attendant, si vous voulez faire de vieux os, il reste hautement conseillé de prendre soin de vos intestins !

Le microbiote intestinal

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Antibiorésistance : découverte d’un million de peptides antimicrobiens

Le développement d’antibiorésistances rend urgente la découverte de nouvelles molécules antibiotiques. A lui seul, le machine learning a permis d’identifier près d’un million de peptides antimicrobiens potentiels. ¹

Trouver de nouveaux antibiotiques pour lutter contre les résistances : un défi auquel la médecine doit répondre de toute urgence et pour lequel le (sidenote: Machine Learning Technologie d’intelligence artificielle permettant aux ordinateurs d’apprendre sur la seule base d’un très grand nombre de données. ) pourrait offrir un salutaire coup de pouce. Comment ? En prédisant le réservoir mondial de (sidenote: Peptides antimicrobiens (AMP) Les peptides antimicrobiens (AMP) sont des séquences courtes d’acides aminés largement présents dans une variété d'organismes, notamment les bactéries, les plantes, les amphibiens, les insectes, les poissons et les mammifères. Ils sont capables de perturber la croissance microbienne, en interférant le plus souvent avec l'intégrité de la paroi cellulaire. Approfondir https://www.sciencedirect.com/topics/agricultural-and-biological-sciences/antim… ) disponibles sur Terre. Ces AMP représentent une thérapie prometteuse déjà mise en œuvre cliniquement en tant que médicaments antiviraux (ex : enfuvirtide) et sont l’objet d’essais cliniques pour leurs propriétés immunomodulatrices pour traiter des infections microbiennes (levures, bactéries). Leurs avantages comparés aux antibiotiques sont loin d’être négligeables : certains possèdent un spectre étroit, permettant des thérapies plus ciblées ; la résistance à de nombreux AMP évolue lentement et n'est pas liée aux résistances croisées avec d'autres classes d'antibiotiques largement utilisés.

1,27 million Les infections résistantes aux antibiotiques tuent actuellement 1,27 million de personnes par an. ¹

Près d’1 million de candidats

En pratique, le machine learning a permis à des chercheurs de prédire et cataloguer les AMP-candidats (AMP-c) produits par l’ensemble des organismes terrestres, via le passage au crible de bases de données publiques mondiales (63 410 métagénomes et 87 920 génomes de bactéries ou d’archébactéries). Les auteurs se sont limités à une catégorie particulière d'AMP : ceux codés par les propres gènes de ces organismes et composés de moins de 100 acides aminés. Il en ressort un catalogue (ou AMPSphère) comprenant 833 498 séquences peptidiques non-redondantes. 

La plupart de ces AMP-c (91,5 %) étaient jusque-là inconnus. Ils sont issus d’organismes occupant 72 habitats différents répartis en 8 grands types (sol/plante : 36,6 % ; eau : 24,8% ; intestin humain : 13%...). La plupart de ces AMP-c sont rares et spécifiques d’un habitat. Majorité sont issus du monde microbien et 4 des 5 genres bactériens ayant fourni le plus d’AMP-c à l’AMPSphere vivent avec un hôte (dont 3 - Prevotella, Faecalibacterium, et CAG-110 - sont fréquents chez les animaux).

100 candidats testés avec succès

Pour valider le pouvoir anti-microbien des AMP-c, les chercheurs en ont synthétisé 100 et les ont testés contre des bactéries pathogènes résistantes et des bactéries commensales du système digestif. In vitro, 79 d’entre eux étaient actifs contre des pathogènes ou des commensaux, dont 63 contre 11 pathogènes posant des problèmes de santé publique. Quatre peptides étaient efficaces à des concentrations très faibles de l’ordre de 1 μmol/L (100 % des cellules tuées après 24 h d'incubation à 37°C), comparable à celle des peptides les plus puissants décrits dans la littérature.

Résistance aux antibiotiques : le microbiote au premier plan

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Leurs mécanismes d’action ? L’étude de peptides actifs contre Acinetobacter baumannii ou Pseudomonas aeruginosa montre qu’ils provoquent une perméabilisation significative de la membrane externe des pathogènes. 

L’efficacité des principaux AMP candidats est également confirmée in vivo sur des modèles murins d’abcès (infection par A. baumannii).

Autant expériences in vitro et in vivo qui démontrent la capacité du machine learning à identifier des AMP fonctionnels à partir du microbiote mondial.

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Les bactéries de votre intestin pourraient contrôler votre faim

Découvrez comment les bactéries de votre intestin pourraient devenir une arme pour contrôler votre faim et gérer votre poids. De nouvelles recherches révèlent que les régimes riches en probiotiques, prébiotiques et fibres permettent de modifier le microbiome, de stimuler les hormones de la satiété et de limiter la suralimentation. À l'avenir, vous pourrez peut-être contrôler votre poids grâce à votre intestin !

Le microbiote intestinal Obésité Les probiotiques Prébiotiques : l'essentiel pour comprendre

La régulation de l'appétit est un processus complexe et multidimensionnel qui joue un rôle essentiel dans le maintien de l'homéostasie énergétique. La satiété, qui se distingue de la faim et du rassasiement, tient une place centrale dans cette régulation.

  • La faim représente le besoin physiologique de nourriture ; elle est généralement provoquée par des signaux du cerveau en réponse à un épuisement de l'énergie.
  • Le rassasiement, quant à lui, indique la sensation de réplétion ressentie au cours d'un repas, signalant le besoin de s'arrêter de manger.
  • En revanche, la satiété fait référence à la sensation prolongée de réplétion qui empêche de manger entre les repas, influençant ainsi le moment de la prochaine prise alimentaire.

Comprendre les mécanismes de la satiété est essentiel pour les professionnels de santé et les personnes qui s'efforcent de lutter contre l'obésité, le diabète et d'autres troubles métaboliques. De plus en plus de recherches indiquent que le microbiote intestinal constitue un régulateur clé de la sensation de satiété, reliant l'environnement microbien de l'intestin à la fonction cérébrale par le biais de ce qui est communément appelé l'axe intestin-cerveau. De nouvelles preuves suggèrent que les bactéries intestinales et leurs métabolites, en particulier les acides gras à chaîne courte ( (sidenote: AGCC Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu. Ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau. Sources:
Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25.
)
), font partie intégrante de la régulation de la satiété, en influençant la libération des hormones de la satiété et en modulant l'appétit. 1,2,3

À travers cet article, nous vous invitons à explorer les preuves de plus en plus nombreuses du rôle du microbiote intestinal dans la régulation de la satiété, en mettant l'accent sur les métabolites microbiens, leur interaction avec l'axe intestin-cerveau et les implications d'un point de vue clinique. Nous analyserons comment les interventions alimentaires visant à modifier la composition du microbiote intestinal, comme l'utilisation de probiotiques ou de prébiotiques et les régimes riches en fibres, peuvent influencer la satiété et offrir de nouvelles approches pour traiter l'obésité et les troubles métaboliques associés.

Quelle est la différence entre les prébiotiques, les probiotiques et les postbiotiques ?

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Dialogue entre l'intestin et le cerveau : comment le microbiote influence-t-il les signaux de satiété ?

L'axe intestin-cerveau est un réseau complexe qui transmet les signaux de satiété entre l'intestin et le cerveau. Cette interaction est largement influencée par le microbiote intestinal, qui régule l'appétit par le biais d'hormones telles que le glucagon-like peptide-1 (GLP-1), le peptide YY (PYY) et la cholécystokinine (CCK). Ces hormones sont produites par des cellules spécialisées de l'intestin, appelées cellules entéroendocrines (EEC), en réponse à la prise alimentaire.

Le GLP-1, le PYY et la CCK jouent un rôle clé en indiquant au cerveau que nous sommes rassasiés. Par exemple :

  • GLP-1 slows down how quickly food moves through the digestive tract, giving the body more time to absorb nutrients, and helps control blood sugar levels. 5
  • PYY works to reduce appetite after meals by signalling the brain to stop eating. 6
  • CCK is released when fat and protein are detected in the gut and helps to digest food while also making us feel full. 7

Ensemble, ces hormones agissent sur le cerveau en vue de réduire la prise alimentaire et de prolonger la sensation de réplétion, contribuant ainsi à maintenir un équilibre alimentaire sain.

L'une des principales contributions du microbiote est la production d'AGCC (acétate, propionate et butyrate) au cours de la fermentation des fibres. Les AGCC stimulent la libération de GLP-1 et de PYY, ce qui renforce la sensation de réplétion et aide à contrôler l'appétit. 1 En outre, les AGCC interagissent avec le nerf vague, qui relie directement l'intestin aux centres de la faim du cerveau, en augmentant les signaux de satiété. 2

La satiété, la faim et le rassasiement

  • La satiété désigne la sensation prolongée de réplétion, qui supprime l'envie de manger entre les repas.
  • La faim est la pulsion physiologique qui pousse à manger. Elle est déclenchée par le besoin d'énergie de l'organisme, souvent révélé par des signaux hormonaux et neuronaux.
  • Le rassasiement est la sensation de réplétion ressentie au cours d'un repas, qui indique à l'organisme de cesser de manger.

Le rôle du microbiote s'étend au-delà du signalement ; les AGCC réduisent également l'inflammation dans l'hypothalamus, ce qui préserve l'intégrité de la régulation de la satiété et aide à prévenir les troubles métaboliques liés à l'obésité. 2 Mais comment les probiotiques et les interventions alimentaires spécifiques, telles que les prébiotiques, influencent-ils le microbiote intestinal pour favoriser la satiété ? 

L’axe intestin-cerveau : Quel est le rôle du microbiote ?

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Rôle des probiotiques dans l'augmentation des signaux de satiété :

De récentes études ont démontré que certaines bactéries pouvaient produire des protéines qui envoient des signaux à notre cerveau, nous indiquant que nous sommes rassasiés. Prenons l'exemple de la protéine ClpB, produite par certaines bactéries comme Hafnia alvei. Cette protéine se comporte de manière similaire à l'alpha-MSH, une hormone qui aide à réguler l'appétit. Elle stimule la libération du PYY, une hormone qui favorise la sensation de réplétion et réduit l'appétit. 3

Des études précliniques ont révélé que Hafnia alvei pouvait aider à réduire la prise alimentaire et la prise de poids chez les animaux, en amplifiant ces signaux de satiété. 3 Utilisé comme complément probiotique, Hafnia alvei pourrait augmenter la sensation de réplétion chez les êtres humains, en favorisant des comportements alimentaires sains et en contribuant au contrôle du poids à long terme. 4 Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires, les premiers résultats suggèrent que les probiotiques pourraient offrir un complément aux interventions alimentaires visant à contrôler l'appétit et à réduire l'excès de poids. 3

Augmenter la satiété : comment les prébiotiques et les fibres alimentaires modulent-ils le microbiote ?

Les interventions alimentaires, en particulier celles impliquant des prébiotiques et des fibres alimentaires, offrent un moyen direct d'influencer le microbiote intestinal et d'augmenter la sensation de satiété. Les prébiotiques sont des composants alimentaires non assimilables, qui stimulent de manière sélective la croissance et l'activité des bactéries intestinales bénéfiques. L'inuline en est l'exemple parfait. Cette fibre augmente la production d'AGCC, notamment le propionate et le butyrate, qui jouent un rôle clé dans le signalement de la satiété. 2

Dans les études portant sur des sujets humains, la supplémentation en ester d'inuline-propionate (IPE) a donné des résultats prometteurs. Par exemple, les participants ayant consommé de l'IPE ont connu une diminution de l'apport énergétique ad libitum, ce qui signifie qu'ils ont naturellement réduit leur consommation de nourriture sans effort conscient. 2 Les AGCC issus de la fermentation des fibres, en particulier le propionate, stimulent directement la libération du GLP-1 et du PYY, renforçant ainsi la sensation de réplétion. 1

En outre, l'amidon résistant, une autre fibre fermentescible, a démontré sa capacité à réduire les taux de glycémie postprandiale et à influencer les hormones de la satiété. Une étude a démontré qu'une supplémentation en amidon résistant pendant six semaines réduisait les niveaux de leptine, une hormone impliquée dans l'équilibre énergétique à long terme, induisant une meilleure régulation de l'appétit. 1

Ces exemples indiquent que les régimes riches en fibres peuvent moduler l'activité du microbiote intestinal et avoir un effet positif sur la satiété. Mais qu'en est-il des métabolites microbiens autres que les AGCC ? Comment influencent-ils la régulation centrale et périphérique de la faim ?

Au-delà des fibres : rôle des métabolites neuroactifs dans le contrôle de l'appétit

En plus des AGCC, les bactéries intestinales produisent plusieurs métabolites neuroactifs, qui jouent un rôle essentiel dans la régulation de l'appétit et de la satiété par les voies centrale et périphérique. Parmi eux, la sérotonine, l'acide gamma-aminobutyrique (GABA) et la dopamine sont des neurotransmetteurs clés impliqués dans la modulation de la prise alimentaire et de l'équilibre énergétique. 2

90 % de la sérotonine présente dans l'organisme est produite dans l'intestin

Il est intéressant de noter qu'environ 90 % de la sérotonine présente dans l'organisme est produite dans l'intestin par les cellules entérochromaffines, sous l'influence de l'environnement microbien. 3 Cette sérotonine régule non seulement la motilité intestinale, mais elle interagit également avec le nerf vague pour envoyer des signaux aux centres de la satiété du cerveau, ce qui contribue à couper la faim après les repas. 2

Dans le cas du GABA, certaines souches de Lactobacillus et de Bifidobacterium peuvent produire ce neurotransmetteur. Le GABA affecte l'hypothalamus, qui joue un rôle central dans la régulation de la faim, en modulant les circuits neuronaux qui contrôlent le comportement alimentaire. Des études ont révélé que les souris dépourvues de germes présentaient une signalisation altérée du GABA, entraînant une augmentation de l'appétit. Cela met donc en évidence le rôle essentiel du GABA provenant de l'intestin dans le contrôle de la faim. 3

De plus, la dopamine, qui est impliquée dans les mécanismes de récompense alimentaire, est également influencée par le microbiote intestinal. Un déséquilibre des voies dopaminergiques peut conduire à une suralimentation, voire à des comportements d'hyperphagie boulimique, soulignant le rôle potentiel du microbiote dans la gestion de la faim, mais également de la dépendance alimentaire.1

Dysbiose : quand un déséquilibre intestinal perturbe la satiété

La dysbiose, le déséquilibre ou l'inadaptation du microbiote intestinal, est apparue comme un facteur crucial dans la perturbation des signaux normaux de satiété. Chez les personnes souffrant d'obésité et de troubles métaboliques, on observe fréquemment une dysbiose, caractérisée par une réduction de la diversité microbienne et une prolifération de certaines bactéries pathogènes. 3 Ce déséquilibre peut nuire à la production de métabolites microbiens clés, en particulier les AGCC, qui sont essentiels à la régulation des hormones responsables de la satiété, telles que le GLP-1 et le PYY. 1

En outre, la dysbiose compromet la barrière intestinale, en augmentant la translocation des endotoxines bactériennes comme les lipopolysaccharides (LPS) dans la circulation sanguine. Des niveaux élevés de LPS sont associés à une inflammation chronique de bas grade, qui perturbe la signalisation de la satiété en induisant une neuroinflammation dans l'hypothalamus, une région cérébrale clé impliquée dans la régulation de la faim. 2 Cet état inflammatoire altère la capacité du cerveau à répondre correctement aux hormones de la satiété, ce qui contribue à une suralimentation et à un dysfonctionnement métabolique.

Plusieurs recherches démontrent que les personnes ayant des microbiomes dysbiotiques présentent souvent des niveaux élevés de ghréline, l'hormone qui stimule l'appétit, ce qui entraîne une sensation persistante de faim et des difficultés à maintenir un équilibre énergétique sain. 3 Ces perturbations soulignent l'importance de conserver un microbiote sain et varié, non seulement pour la santé digestive, mais aussi pour une bonne régulation de l'appétit et un contrôle approprié du métabolisme à long terme.

Avez-vous déjà entendu parler de « dysbiose » ?

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Retrouver la sensation de satiété : utiliser les probiotiques, les prébiotiques et les régimes riches en fibres à des fins thérapeutiques

Le potentiel thérapeutique des probiotiques, prébiotiques et régimes riches en fibres dans la modulation du microbiote intestinal offre un outil puissant pour augmenter la sensation de satiété et traiter les troubles métaboliques. 8 Des recherches ne cessent de démontrer que les fibres alimentaires, telles que l'inuline, les fructo-oligosaccharides (FOS) et l'amidon résistant, constituent des agents essentiels pour stimuler la production d'AGCC, en particulier le butyrate, le propionate et l'acétate, qui influent directement sur la régulation de la satiété à travers l'axe intestin-cerveau. 9

Les données disponibles laissent entrevoir un avenir où la nutrition de précision, c'est-à-dire des interventions alimentaires sur mesure basées sur le profil du microbiome d'un individu, pourrait constituer une stratégie thérapeutique clé. 10 En ciblant le microbiote avec des probiotiques, des prébiotiques et des fibres spécifiques, les cliniciens peuvent rétablir l'équilibre intestinal, augmenter la sensation de satiété et aider les patients à gérer à la fois leur appétit et leur santé métabolique de manière plus efficace. On comprend de mieux en mieux le rôle du microbiote dans la satiété et cela ouvre de nouveaux horizons pour des traitements personnalisés allant au-delà des approches traditionnelles pour prendre en charge obésité et les maladies métaboliques. 11

Sources

1. Deehan EC, Mocanu V, Madsen KL. Effects of dietary fibre on metabolic health and obesity. Nat Rev Gastroenterol Hepatol. 2024;21(5):301-318.

2. Bastings JJAJ, Venema K, Blaak EE, et al. Influence of the gut microbiota on satiet signaling. Trends Endocrinol Metab. 2023;34(4):243-255.

3. Pizarroso NA, Fuciños P, Gonçalves C, et al. A Review on the Role of Food-Derived Bioactive Molecules and the Microbiota-Gut-Brain Axis in Satiety Regulation. Nutrients. 2021;13(2):632.

4. Déchelotte P, Breton J, Trotin-Picolo C, et al. The Probiotic Strain H. alvei HA4597® Improves Weight Loss in Overweight Subjects under Moderate Hypocaloric Diet: A Proof-of-Concept, Multicenter Randomized, Double-Blind Placebo-Controlled Study. Nutrients. 2021;13(6):1902.

5. Drucker DJ. Mechanisms of Action and Therapeutic Application of Glucagon-like Peptide-1. Cell Metab. 2018;27(4):740-756. 

6. Degen L, Oesch S, Casanova M, et al. Effect of peptide YY3-36 on food intake in humans. Gastroenterology. 2005;129(5):1430-1436.

7. Rehfeld JF. Cholecystokinin-From Local Gut Hormone to Ubiquitous Messenger. Front Endocrinol (Lausanne). 2017;8:47.

8. Mallappa RH, Rokana N, Duary RK, et al. Management of metabolic syndrome through probiotic and prebiotic interventions. Indian J Endocrinol Metab. 2012 Jan;16(1):20-7.

9. Chambers ES, Morrison DJ, Frost G. Control of appetite and energy intake by SCFA: what are the potential underlying mechanisms?. Proc Nutr Soc. 2015;74(3):328-336. 

10. Zmora, N., Suez, J. and Elinav, E. You are what you eat: diet, health and the gut microbiota. Nat Rev Gastroenterol Hepatol 16, 35–56 (2019).

11. Torres-Fuentes C, Schellekens H, Dinan TG, Cryan JF. A natural solution for obesity: bioactives for the prevention and treatment of weight gain. A review. Nutr Neurosci. 2015;18(2):49-65.

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Infections urinaires : vers des stratégies alternatives diététiques et probiotiques ?

Dans la prise en charge des infections urinaires, des stratégies préventives, reposant sur l’équilibre alimentaire voire le recours à des probiotiques, pourraient représenter des pistes alternatives à la prise en charge curative via des antibiotiques. Car ces derniers, certes efficaces à court terme, font le lit de dysbioses, de nouvelles infections et de résistances.

Plus de 80 % des infections urinaires sont causées par des (sidenote: Escherichia coli uropathogènes E. coli souvent dotées de gènes supplémentaires (comparées aux E. coli commensales) qui dopent leur virulence (flagelle, toxines, polysaccharides de surface …). ) . Ces bactéries intestinales peuvent migrer depuis l’anus, coloniser l'urètre puis remonter dans la vessie. D’ailleurs, de précédents travaux ont montré, chez les femmes souffrant d’infections urinaires, une abondance accrue d'E. coli dans leur système digestif et des similitudes entre les espèces intestinales et celles colonisant les voies urinaires.

Afin d’évaluer la dysbiose et les autres facteurs de risque potentiels chez les femmes ayant des antécédents de cystite, des chercheurs ont enrôlé 753 femmes volontaires âgées de 18 à 45 ans, diagnostiquées avec une infection urinaire au cours des cinq dernières années et par ailleurs en bonne santé. 1

À l'exception d'un pic chez les jeunes femmes âgées de 14 à 24 ans, la prévalence des infections urinaires augmente avec l'âge. La prévalence chez les femmes de plus de 65 ans est d'environ 20 %, contre environ 11 % dans l'ensemble de la population. 2

Entre 50 et 60 % des femmes adultes auront au moins une infection urinaire au cours de leur vie, et près de 10 % des femmes ménopausées indiquent avoir eu une infection urinaire au cours de l'année précédente. 2

Opter pour une alimentation plus saine

Pratiquement les ¾ des femmes étudiées (71 %) présentait une dysbiose intestinale, qui se révélait associée non seulement à la (sidenote: Infection récurrente des voies urinaires Une infection récurrente des voies urinaires correspond à la survenue de ⩾2 épisodes symptomatiques en 6 mois ou ⩾3 épisodes symptomatiques en 12 mois. ) de leurs infections urinaires, mais aussi à la présence de multirésistances aux antibiotiques dans leur flore.

Autre particularité de la population étudiée : son alimentation, qu’il s’agisse des boissons (moins d’1 L d’eau par jour, consommation de jus sucrés…), de l’assiette (produits salés surreprésentés, régimes hypercaloriques riches en sucres ajoutés et en graisses saturées…), ou des compléments alimentaires pour éviter les infections urinaires.

Plus de 80 % des infections urinaires sont causées par une Escherichia coli uropathogène. ¹

150 millions Les infections des voies urinaires sont parmi les maladies bactériennes les plus fréquentes, touchant 150 millions de personnes dans le monde chaque année. ¹

Pour les chercheurs, ces observations soutiennent le lien entre le régime alimentaire et la composition du microbiote intestinal. Ils rappellent à ce propos de précédents travaux selon lesquels seuls 12 % de la variation structurelle du microbiote intestinal peuvent être attribués à des changements génétiques, alors que 57 % peuvent s'expliquer par des changements alimentaires. 

Le microbiote comme nouvelle stratégie thérapeutique 

Même si le traitement standard pour les infections urinaires repose sur l'utilisation d'antibiotiques, ils perturbent à long terme le microbiote intestinal (dysbiose) et favorisent les micro-organismes multirésistants. D’où l’importance, selon les auteurs, de choix thérapeutiques alternatifs et complémentaires.

Et les chercheurs de rappeler les effets bénéfiques des probiotiques, en particulier Lactobacillus spp. qui réduit l'adhérence, la croissance et la colonisation des bactéries uropathogènes comme E. coli : L. salivarius à libération entérique, parvient à atteindre les microbiotes urinaire et vaginal, qu’il protège ; un probiotique composé de deux souches de Lactobacilles et d'extraits de canneberge, réduit significativement le nombre d'infections urinaires récurrentes chez les jeunes femmes préménopausées par rapport à un produit placebo. 

Probiotics also have a major advantage over antibiotics: the administration of lactobacilli does not encourage the development of resistance.

Académie du Microbiote Urogénital

Biocodex Microbiota Institute est un partenaire institutionnel de l'Académie du microbiote urogénital (AMUR). L'AMUR a été fondée pour enrichir les connaissances sur le microbiote et développer des approches novatrices visant à prévenir et traiter les troubles de la sphère urogénitale.

Pour en savoir plus sur le microbiote urogénital visitez AMUR 

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Xpeer: Le microbiote dans la santé intime de la femme tout au long de la vie

Gynécologues, sages-femmes, pharmaciens. Formez-vous gratuitement sur «  Le microbiote dans la santé intime de la femme tout au long de la vie », un cours de formation médicale continue par le professeur Alessandra Graziottin. 

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Synopsis du cours

Ce cours accrédité vise à éduquer les gynécologues, les sages-femmes et les pharmaciens sur l'importance du microbiote, en particulier du microbiote vaginal, pour la santé intime. Sous la direction d'une experte renommée, le Dr Graziottin, les participants acquerront tout au long du cours une compréhension globale de l'impact du microbiote sur la santé intime tout au long de la vie. Nous aborderons d'abord les connaissances de base sur le microbiome intestinal avant de nous pencher sur le microbiote vaginal à différents stades de la vie, y compris la possibilité d'un placenta stérile, le microbiote néonatal et les changements au cours de la petite enfance, de la puberté, des années de fertilité et de la ménopause. Ne manquez pas les recommandations pratiques, les idées fausses les plus courantes et le résumé des points clés qui vous apporteront les connaissances et les compétences nécessaires dans votre pratique clinique.

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Cette activité bénéficie du soutien financier sans restriction de Biocodex.

Qui est Alessandra Graziottin?

Alessandra Graziottin est une gynécologue, oncologue, sexologue et psychothérapeute italienne. Elle est directrice du Centre de gynécologie et de sexologie médicale de l'hôpital San Raffaele Resnati de Milan.

  • En 2008, elle a créé la Fondation Alessandra Graziottin pour le traitement de la douleur chez les femmes Onlus, dont elle est la présidente.
  • Elle est actuellement professeur consultant au Master avancé en andrologie et médecine sexuelle de l'université de Florence.
  • Elle a également été professeur consultant au master avancé en sexologie clinique de l'université de Pise et professeur au master de médecine sexuelle pour les étudiants en psychologie de l'université de Venise et de l'université salésienne (UPS) de Rome.

Gynécologue de renom, elle a publié 22 livres scientifiques et 7 livres de vulgarisation (en tant qu'auteur, coauteur ou éditeur), plus de 90 chapitres de livres scientifiques, 8 manuels éducatifs pour les femmes et plus de 400 articles scientifiques sur divers aspects de la gynécologie et de la sexologie médicale.

Déclaration de conflit d'intérêts : L'auteur déclare avoir reçu des honoraires de stellas, Fagron, Mammowave, Mylan, Named, Techdow, Uriach ; avoir participé en tant qu'orateur à des bureaux sponsorisés par Astellas, Biofemme, Bromatech, Lolipharma, Named, Techdow, Uriach ; et avoir fait partie de conseils consultatifs d'Astellas, Mylan, Techdow, Uriach.

A propos d'Xpeer


Xpeer Medical Education est la première application accréditée de formation médicale sur le marché, avec des vidéos de micro-apprentissage divertissantes de seulement 5 minutes.

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L’application Xpeer est accréditée par le Conseil Européen d’Accréditation pour la Formation Médicale Continue (EACCME) et fournit des crédits ECMEC officiellement reconnus dans 26 pays.

Les participants du module obtiennent 1 crédit FMF Européen (ECMEC) après chaque heure de formation (60 minutes effectives de e-learning, en excluant les introductions…). Ce crédit est acquis une fois le module complété et l’évaluation correspondante validée par les participants.

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Les bactéries intestinales convertissent les hormones du stress en progestatifs : l’étonnant rôle de l’hydrogène

Une équipe de chercheurs vient de découvrir que des bactéries intestinales peuvent transformer les hormones du stress en hormones progestatives, le tout grâce au gaz hydrogène ! Cette découverte inattendue pourrait nous conduire à repenser notre conception de la santé intestinale, de la grossesse, voire du bien-être mental.

Une équipe de chercheurs vient de faire une découverte révolutionnaire : certaines bactéries intestinales transformeraient les hormones liées au stress en hormones progestatives, à l’aide d’hydrogène. Cette étude, menée par Megan McCurry 1 et son équipe, montre comment certains microbes intestinaux, notamment Gordonibacter pamelaeae et Eggerthella lenta, métabolisent les glucocorticoïdes – les hormones produites par l’organisme en réponse au stress – en progestatifs, lesquels jouent un rôle crucial dans la grossesse et le fonctionnement cérébral. Ces résultats, publiés dans la revue Cell, ouvrent de nouvelles perspectives qui nous permettent de mieux comprendre l’influence du microbiote intestinal sur la santé des femmes, en particulier au cours de la grossesse.

Le rôle inattendu de l’hydrogène

L’une des découvertes les plus surprenantes de cette étude est le rôle que joue le gaz hydrogène dans le métabolisme des bactéries intestinales. Traditionnellement considéré comme un sous-produit de la digestion, l’hydrogène s’avère aujourd’hui être un facteur clé capable de renforcer la capacité des bactéries à transformer les glucocorticoïdes en progestatifs. L’étude montre que la production d’hydrogène par certaines bactéries intestinales telles que E. coli crée un environnement propice à la transformation des hormones stéroïdiennes. Lorsque ces bactéries sont cultivées ensemble, elles produisent nettement plus d’hydrogène, ce qui facilite le processus de conversion.

La découverte du rôle de l’hydrogène dans des transformations hormonales aussi importantes dévoile un aspect entièrement nouveau de la fonction du microbiote intestinal. Jusqu’à présent, l’on pensait que la fonction de l’hydrogène dans le métabolisme intestinal se limitait principalement à la production de gaz et à la fermentation, mais cette étude met en lumière son influence critique dans le métabolisme secondaire, et notamment le traitement des hormones stéroïdiennes.

Production de progestatifs bactériens : un lien possible avec la grossesse et la santé mentale

L’étude révèle également que la conversion par les bactéries intestinales des hormones du stress en progestatifs revêt une importance physiologique, notamment au cours de la grossesse. En effet, l'étude montre que les taux de progestatifs bactériens sont significativement plus élevés dans les selles des femmes enceintes que dans celles des autres femmes. L'un de ces progestatifs, l’alloprégnanolone, est déjà autorisé par la FDA pour le traitement de la dépression post-partum, ce qui en dit long sur l’impact potentiel de ce processus bactérien sur la santé mentale de la mère.

Les taux de progestérone observés dans les selles de femmes enceintes se sont révélés plus élevés que chez les autres femmes, avec une différence de deux ordres de grandeur.

Ce lien entre la production hormonale bactérienne et la grossesse est crucial, car les progestatifs ne régulent pas seulement la grossesse, mais agissent également comme des neurostéroïdes qui affectent les fonctions cérébrales. L’étude suggère que ces transformations bactériennes influenceraient non seulement l’issue de la grossesse, mais aussi certains troubles post-partum tels que la dépression et l’anxiété.

Les microbes intestinaux : de nouveaux acteurs endocriniens ?

Au-delà de la grossesse, les implications de ces observations s’étendent à des domaines beaucoup plus larges de la santé. Si les bactéries intestinales sont capables de transformer les hormones du stress en molécules bioactives qui affectent le cerveau et l’appareil reproducteur, cela ouvre de nouvelles perspectives fascinantes pour notre compréhension de l’impact de la santé intestinale sur la régulation hormonale globale. Cette découverte indique que le microbiote intestinal agit pratiquement comme un organe endocrinien supplémentaire, capable d’influencer l’équilibre hormonal et la santé mentale.

La reconnaissance du rôle du microbiote dans la régulation hormonale pourrait ouvrir la voie à des traitements innovants ciblant les bactéries intestinales. À l’avenir, les thérapies microbiennes pourraient aider à prendre en charge les patientes atteintes de maladies liées à des déséquilibres hormonaux, telles que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), les troubles de l’humeur, voire certains problèmes de fertilité.

Conclusion

En résumé, cette étude montre que les bactéries intestinales, avec l’aide de l’hydrogène, sont capables de convertir les hormones liées au stress en hormones de grossesse, produisant ainsi des effets potentiels considérables sur la santé des femmes. Ces observations ne modifient pas seulement notre compréhension du microbiote intestinal, mais ouvrent également la voie à de nouvelles interventions cliniques pour les maladies d’origine hormonale.

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Actualités Gastroentérologie