Cancer du pancréas : bientôt un diagnostic précoce via le microbiote fécal ?

11ème cancer le plus fréquent dans le monde1, le cancer du pancréas est particulièrement redouté du fait de son très faible taux de survie (9% à 5 ans)1. En cause, un manque de marqueurs de diagnostic précoce de la maladie. Heureusement, la recherche progresse et le microbiote fécal pourrait être vecteur d’espoir dans ce domaine.

Le microbiote intestinal La transplantation fécale
Cancer du pancréas : bientôt un diagnostic précoce via le microbiote fécal ?

Une équipe de chercheurs s’est récemment intéressée au lien entre microbiotes fécaux et salivaires et développement d’un adénocarcinome canalaire pancréatique (AP), forme la plus courante du cancer du pancréas.

9% C’est le taux de survie à 5 ans du cancer du pancréas

Leur but :

Identifier des signatures microbiennes issues du microbiote (intestinal ou salivaire) caractéristiques cancer, pouvant être utilisées pour sa détection précoce.

Pour ce faire, 2 cohortes de patients (136 patients espagnols, et 76 patients allemands) ont été recrutés et leurs échantillons de salive, de selles ainsi que des tissus du pancréas (tumoraux ou sains) ont été prélevés afin de réaliser des analyses sur les espèces bactériennes qui les composent.

Le microbiote fécal, nouvel allié de la détection du cancer du pancréas ?

Si les analyses salivaires n’ont pas apporté beaucoup d’informations, l’analyse du microbiote fécal s’est quant à elle révélée particulièrement instructive et… porteuse d’espoir. En effet, 27 espèces bactériennes spécifiques de la maladie ont été identifiées et ont conduit à la construction d’un modèle statistique pour l’identification des patients atteints de cancer du pancréas, quel que soit le degré de gravité de leur maladie. La précision de la détection était encore plus grande en associant ce modèle avec l’utilisation d’un marqueur déjà existant et utilisé dans le cadre du cancer du pancréas (antigène carbohydrate CA 19-9) mais peu sensible et peu spécifique.).

Le microbiote intestinal

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Les chercheurs ont ensuite confirmé leur modèle de détection sur la seconde cohorte de 76 patients allemands, ainsi que sur 5792 patients de 18 pays différents souffrant de pathologies variées (AP, obésité, diabète, cancer colorectal…) : dans les 2 cas, les signatures du microbiote intestinal spécifiques de l’AP sont détectées avec précision. 

Des résultats porteurs d’espoir

Ces résultats sont très encourageants, et pourraient permettre de détecter le cancer du pancréas plus tôt et avec plus de précision, grâce à des méthodes de diagnostic s’appuyant conjointement sur l’analyse des selles des patients et sur les biomarqueurs déjà existants. En ouvrant la voie à de nouvelles possibilités de diagnostic et de traitement, cette avancée scientifique va dans le sens d’un meilleur pronostic vital pour les patients.

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Postménopause : l'action bénéfique de l'estradiol sur le microbiote vaginal

Chez les femmes ménopausées, le traitement des symptômes génito-urinaires par de l’estradiol vaginal semble modifier positivement le micro-environnement vaginal. Avec de possibles effets bénéfiques sur le microbiote, bien plus efficaces qu’un simple traitement des symptômes.

Photo: Postménopause : l'action bénéfique de l'estradiol sur le microbiote vaginal

29% Seule 1 femme sur 4 âgée de 60 ans et plus indique que son médecin l’a sensibilisée à la question du microbiote vaginal et de son rôle (contre 35 % toutes catégories confondues)

Sécheresse vaginale, douleurs, démangeaisons : la période de postménopause peut rimer avec des symptômes génito-urinaires. Pour les soulager, de l'estradiol vaginal ou une crème hydratante sont souvent prescrits, même si l'impact de ces traitements sur le microenvironnement vaginal est mal compris.

Une étude comparative

En 2016-2017, 302 femmes post-ménopausées (âge moyen : 64 ans) souffrant d'un inconfort vulvo-vaginal modérée à sévère avaient participé à l'essai clinique multicentrique randomisé en double aveugle MsFLASH Vaginal Health Trial.

Objectif :

Comparer à 12 semaines l’effet d'un comprimé d'œstradiol vaginal de 0,01 mg (+ un gel placebo) ou d'un gel hydratant vaginal (+ un comprimé placebo) par rapport à un double placebo. Si, de manière surprenante, aucune différence significative dans la réduction des symptômes ressentis n’était alors observée, davantage de participantes du groupe œstrogène avaient un pH vaginal inférieur à 5 et plus de 5 % de cellules superficielles sur l'IMV (indice de maturation vaginale) que le groupe placebo à 12 semaines.

Fallait-il voir dans ces changements un effet bénéfique sur l’environnement vaginal allant au-delà de l'amélioration des seuls symptômes ? C’est ce que les chercheurs ont tenté de savoir via l’analyse post-hoc d’un sous-groupe de 144 patientes post-ménopausées.

Vers un microbiote vaginal plus sain ?

Après 12 semaines, le microbiote vaginal de 80 % des femmes du groupe estradiol était dominé par des communautés de Lactobacillus et de Bifidobacterium, contre seulement 36 % dans le groupe crème hydratante et 26 % dans le groupe placebo.

Autre changement observé chez les femmes du groupe œstradiol : une évolution de la composition des métabolites du fluide vaginal (changements significatifs pour plus d’1 métabolite sur 2 parmi les 171 testés), dont une augmentation du lactate, contribuant très certainement à la baisse accrue du pH dans ce groupe.

L'effet de l'œstradiol s’est avéré plus marqué chez les femmes présentant initialement un microbiote vaginal très diversifié (réputé moins sain), un pH élevé et un IMV faible. L'œstradiol pourrait donc stimuler l'activité métabolique des bactéries bénéfiques productrices d'acide lactique, tels que les lactobacilles et les bifidobactéries.

Plusieurs enseignements

  • L'utilisation de comprimés vaginaux d'estradiol semble entraîner des modifications profondes des microbiote et métabolome vaginaux.
  • Tandis que les bénéfices de l'hydratant à faible pH et du double placebo (effet lubrifiant) se limitent aux seuls symptômes : ils ne montrent pas d'impact significatif sur le microbiote vaginal ou le métabolome, malgré la baisse du pH vaginal qu’ils induisent.
  • Enfin, l’étude montre qu'une même baisse du pH consécutives à 2 types de traitements différents ne reflète pas nécessairement le même effet biologique sous-jacent, et que réduire le pH vaginal ne suffit pas à modifier le microbiote vaginal chez les femmes ménopausées. De quoi relativiser, selon les auteurs, l’intérêt des gels à pH équilibré.
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Cancer du pancréas : un diagnostic précoce non invasif grâce au microbiote fécal ?

Responsable d’un taux de mortalité particulièrement élevé (lié à un diagnostic tardif et des options thérapeutiques limitées) malgré un faible taux d’incidence, le cancer du pancréas est l’un des cancers les plus difficilement diagnosticables. Et si le microbiote permettait de changer la donne ?

Cancer du pancréas : un diagnostic précoce non invasif grâce au microbiote fécal ?

C’est en tout cas ce que suggèrent les travaux d’une équipe germano-hispanique publiés en 2022 dans la revue Gut. Partant du constat que des altérations des microbiotes oraux, fécaux et pancréatiques étaient associées à un risque augmenté d’adénocarcinome canalaire pancréatique (AP), les chercheurs ont souhaité explorer le potentiel des microbiotes salivaires et fécaux comme outils diagnostiques de la maladie. En effet, à date il n’existe qu’un marqueur du AP validé par la (sidenote: Food and Drug Administration Service de pharmacovigilance du gouvernement américain ) (mais peu sensible et spécifique) : l’antigène carbohydrate 19-9 (CA 19-9).

Des biomarqueurs diagnostic identifiés via 2 cohortes

En vue d’évaluer le potentiel des microbiotes salivaire & fécal comme potentiels biomarqueurs de diagnostic d’AP, les chercheurs ont effectué une analyse métagénomique (séquençage de l’ARNr 16S et shotgun), sur des échantillons fécaux et de salive provenant de 2 cohortes :

  • La première, (cohorte de prédiction), regroupe 136 patients espagnols répartis en 3 groupes (57 patients AP dont le traitement n’a pas débuté, 29 patients atteints de pancréatite chronique, 50 individus contrôle)
  • La seconde cohorte (validation) composée de 76 patients allemands (32 patients AP, 32 individus contrôle).

Enfin, la spécificité du modèle a été validée sur 5792 profils métagénomiques intestinaux issus de 25 bases de données publiques.

Le microbiote fécal : une meilleure performance de diagnostic

Le microbiote fécal s’avère plus performant que le microbiote salivaire pour identifier avec précision (AUROC= 0,84) les patients atteints d’AP en se basant sur un set de 27 espèces, et ceci, indépendamment de la phase de la maladie (cohorte espagnole de prédiction). La précision augmente (AUROC=0,94) lorsque l’on combine les analyses métagénomiques fécales à celle du marqueur sérique CA 19-9. Ces deux modèles ont été validés sur la cohorte indépendante allemande (0,83 AUROC) ainsi que sur des profils métagénomiques intestinaux provenant de 5792 patients de 18 pays différents et souffrant de pathologies variées (AP, obésité, diabète, cancer colorectal…) : dans les 2 cas, les signatures métagénomiques fécales spécifiques de l’AP sont détectés avec précision. Enfin, certaines espèces du modèle sont aussi retrouvées dans la tumeur pancréatique et les tissus non tumoraux.

Vers de nouvelles méthodes de diagnostic ?

Les résultats de cette étude sont porteurs d’espoir pour le diagnostic précoce du cancer du pancréas. Ils pourraient en effet conduire au développement d’une méthode de détection robuste, non invasive, spécifique de ce type de cancer, de bas coût et efficace dès les premiers stades de la maladie. Au-delà du diagnostic, les chercheurs supposent que ces bactéries spécifiques de l’AP ouvrent la voie à de nouvelles possibilités pour la prévention et l’intervention thérapeutique sur ce type de cancer.

Recommandé par notre communauté

"Très bien"  -@TuCao50982078 (De Biocodex Microbiota Institute sur X)

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Actualités Oncologie Gastroentérologie

Un régime méditerranéen, bon pour le corps, bon pour le cœur

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès dans le monde. Face à cette alerte rouge, mettons plus de « vert » dans nos menus ! Notre microbiote se charge de transformer les aliments d’origine végétale en bienfaits pour nos artères : tel est le principal enseignement d’une étude israélienne1 parue en dans Genome Medicine. 

Le microbiote intestinal Quels aliments pour un microbiote équilibré ? Obésité Diabète de type 2
Un régime méditerranéen, bon pour le corps, bon pour le cœur

Préconisé par les sociétés savantes2,3, plébiscité par les consommateurs, le (sidenote: Régime méditerranéen Riche en fruits, légumes, céréales, oléagineux (noix) et poisson, pauvre en viande rouge, graisses saturées et produits laitiers. Lăcătușu CM, Grigorescu ED, Floria M, et al. The Mediterranean Diet: From an Environment-Driven Food Culture to an Emerging Medical Prescription. Int J Environ Res Public Health. 2019 Mar 15;16(6):942.   ) a fait la preuve de son efficacité pour réduire les risques de maladies cardiovasculaires. Et s’il était encore plus « végétarien », serait-il encore meilleur pour nos artères ? De récentes études le suggèrent : en diminuant la part des protéines et graisses animales au profit de leur équivalents végétaux (noix, graines, légumineuses, huile d’olive…), l’incidence des infarctus, accidents vasculaires cérébraux et décès par maladie cardiovasculaire descend en flèche :  30 à 40 % de moins qu’avec une alimentation « standard ». 

Maladies cardiométaboliques et maladies cardiovasculaires, c’est quoi la différence ?

Les maladies cardiométaboliques comprennent les maladies cardiovasculaires et troubles métaboliques (obésité, diabète, résistance à l'insuline, stéatose hépatique non alcoolique…). Les maladies cardiovasculaires constituent un ensemble de troubles affectant le cœur et les vaisseaux sanguins (crises cardiaques, accidents vasculaires cérébraux…). Les principaux risques de maladies cardiométaboliques sont une mauvaise hygiène de vie (sédentarité, tabac et mauvaise alimentation).

(sidenote: Anne-Karien M de Waard, Monika Hollander, et al. the SPIMEU Project Group, Selective prevention of cardiometabolic diseases: activities and attitudes of general practitioners across Europe, European Journal of Public Health, Volume 29, Issue 1, February 2019, Pages 88–93   )

Lentilles Mankai et thé vert : les atouts cœur du régime Green-Med

Des chercheurs israéliens viennent de conforter ces résultats avec un régime méditerranéen plus « vert » concocté par leurs soins : le (sidenote: Green-Med “Green Mediterranean” régime Méditerranéen vert ) . Les 300 personnes rassemblées pour leur étude présentaient toutes une obésité abdominale et/ou un excès de graisses dans le sang, donc un risque cardiovasculaire. Elles ont suivi soit le Green-Med, soit un régime méditerranéen classique, soit une alimentation diététique « saine » standard. Toutes ont pratiqué une activité physique modérée. Les scientifiques ont également souhaité explorer les liens entre ces régimes et le microbiote intestinal ainsi que leur impact sur la perte de poids et différents déterminants du risque cardiométabolique : tour de taille, tension artérielle, (sidenote: Résistance à l’insuline Réponse altérée des cellules à l’action de l’insuline (hormone qui aide le corps à utiliser le sucre comme énergie), l’insulino-résistance se traduit par une mauvaise régulation du taux de sucre dans le sang. Sources :
Inserm. La résistance à l’insuline, une histoire de communication. 2018. 
Centers for disease control and prevention. Diabetes - Resources and Publications -Glossary 
)
, etc.

Les deux régimes méditerranéens, qui comptaient le même nombre de calories, étaient supplémentés en noix (28g par jour). Mais le régime Green-Med incluait :

Ces deux aliments contiennent par ailleurs des polyphénols reconnus pour intervenir sur le métabolisme des graisses4 et favoriser la perte de poids.

Un microbiote modifié et « allégé » en microorganismes et acides aminés liés au poids 

Au bout de 6 mois, les participants des trois groupes présentaient tous des modifications de leur microbiote intestinal. Mais le Green-Med a conduit à des changements encore plus substantiels, en particulier dans les espèces rares de microorganismes, propres à chaque personne et influencées par l’alimentation. Elle a engendré spécifiquement une augmentation des bactéries Prevotella, typique de la diète « végétarienne », et une réduction des Bifidobacteria, connue pour faciliter la perte de poids et améliorer le métabolisme des sucres. La production et l’absorption par ces microorganismes de certains acides aminés impliqués dans l’obésité et la résistance à l’insuline ont également diminué. 

Le microbiote intestinal

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Green-Med, le champion de la santé cardiovasculaire

Résultats : le Green-Med s’est hissé sur le haut du podium de la perte de poids (-6,5 % contre -5,4 % pour le régime méditerranéen et -1,6 % pour le régime standard). De plus, des améliorations ont été observées sur les marqueurs du risque cardiometabolique. Selon les analyses des chercheurs, ces bénéfices sont au moins en partie liés à l’impact du Green-Med sur le microbiote intestinal.

-6,5 % Green-Med

-5,4 % régime méditerranéen

-1,6 % régime standard

Ainsi, cette étude nous montre qu’une alimentation plus riche en végétaux préserve mieux notre santé cardiometabolique et que le microbiote intestinal participe activement à ses bienfaits.
Vous reprendrez bien une tasse de thé vert ?

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Dr. Wauters (lauréat belge 2018) : Microbiome duodénal & dyspepsie

À l’occasion de la Journée mondiale du microbiote (#WorldMicrobiomeDay), Biocodex Microbiota Institute donne la parole aux lauréats des bourses nationales.

Dr. Wauters, Lucas

Chercheur clinicien spécialisé en immunologie, microbiologie et essais cliniques, avec un intérêt particulier pour l’intestin grêle et la nutrition.

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Qu’est-ce que la bourse nationale vous a permis de découvrir dans votre domaine de recherche sur le microbiote ?

S’il est désormais généralement admis que le microbiote intestinal humain est un facteur clé pour notre santé, la présence d’un microbiote dans l’intestin grêle proximal ou le duodénum a été très peu étudiée. Grâce à la bourse nationale, nous avons pu étudier le microbiote luminal et de la muqueuse duodénale chez des volontaires en bonne santé et des malades souffrant de dyspepsie fonctionnelle. Chez les malades nous avons trouvé un lien entre certaines bactéries et les symptômes, tandis que chez les volontaires en bonne santé nous avons découvert une association entre les modifications bactériennes provoquées par les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) et les effets secondaires potentiels de ces médicaments. 

 

Quelles sont les conséquences pour le patient ? 

La découverte d’éventuels biomarqueurs microbiens et de cibles thérapeutiques pourrait contribuer, à terme, au diagnostic de la dyspepsie fonctionnelle et au développement de traitements innovants pour cette maladie. De surcroit, les modifications microbiennes provoquées par les IPP représentent un argument de plus pour ne pas commencer ni continuer le traitement aux IPP sans une indication claire, et pour réduire leur prescription injustifiée.

Vous voulez en savoir plus sur le Dr. Wauters

À votre avis, quelle est la principale avancée scientifique de ces dernières années en lien avec le microbiote ? 

       Une meilleure caractérisation du microbiote intestinal en bonne santé, par exemple, les effets de la consistance des selles et le profilage quantitatif du microbiote (Vandeputte et al., Gut 2016 et Nature 2017) afin de définir les altérations du microbiote ayant vraiment un lien avec la maladie (et ne se limitant pas, par exemple, à des différences de temps de transit).

 

Pensez-vous que l’on assiste récemment à un regain d’intérêt pour le microbiote ?

       Oui, mais il faudrait davantage de normalisation pour pouvoir comparer les résultats de différentes études.

 

Quel conseil pourriez-vous nous donner pour prendre soin de notre microbiote ?

       Nourrir son intestin en consommant des aliments végétaux contenant des prébiotiques naturels.

 

Pourriez-vous nous raconter une anecdote ou une histoire surprenante en rapport avec vos recherches?

       Les échantillons de selles n’apportent pas d’informations détaillées sur le microbiote de l’intestin grêle, pour lequel les techniques optimales de prise d’échantillons sont encore à l’étude.

 

Quelle est selon vous la bactérie la plus fascinante ? 

       Lactobacillus, en raison de sa grande capacité de fermentation.  

 

Avez-vous à l’esprit une personne qui serait une source d’inspiration pour vous ? (dans le domaine de la recherche ? / en médecine ? / en général ?)

       Andreas Vesalius, pour sa remise en question courageuse des dogmes et pour les recherches originales qu’il mène à Louvain.

Lauréats de la Fondation

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Article Gastroentérologie

Pr. Elens (lauréate belge 2020) : Microbiome intestinal & pharmacothérapie immunosuppressive

À l’occasion de la Journée mondiale du microbiote (#WorldMicrobiomeDay), Biocodex Microbiota Institute donne la parole aux lauréats des bourses nationales.

Pr. Elens Laure

Professeur au Louvain Drug Research Institute, Service de pharmacométrie, pharmacogénomique et pharmacocinétique intégrées, Université Catholique de Louvain, Bruxelles, Belgique.


Le Professeur Laure Elens est une chercheuse biomédicale qui s’intéresse à l’importance des facteurs liés à l’hôte –dont le microbiote intestinal– pour expliquer les variations de la pharmacocinétique des médicaments. Pour cela, elle mène des recherches expérimentales et des études cliniques d’association génomique et elle utilise la modélisation pharmacométrique. 

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Qu’est-ce que la bourse nationale vous a permis de découvrir dans votre domaine de recherche sur le microbiote ?

La bourse nous a permis de mener des recherches sur la relation entre la composition du microbiote intestinal humain et certains marqueurs pharmacocinétiques de l’acide mycophénolique (MPA), un immunosuppresseur largement utilisé dans les greffes d’organes solides, dans une cohorte de 100 transplantés rénaux stables. Un premier dépistage au niveau du genre a révélé que 7 taxons étaient significativement corrélés à l’exposition au médicament caractérisée par l’aire sous la courbe de la concentration de MPA (AUC). Quatre de ces 7 genres montraient une différence systématique entre le groupe à faible exposition et les groupes à exposition moyenne et forte, ces différences restant significatives après correction pour tenir compte du taux de faux-positifs. Cette corrélation entre l’exposition au MPA et la composition du microbiote met en évidence une interaction potentielle. Elle suggère soit que le MPA a un impact sur la composition du microbiote soit, à l’inverse, que le microbiote intestinal affecte le recyclage entéro-hépatique du médicament, soit, ce qui est le plus probable, une combinaison des deux. 

 

Quelles sont les conséquences pour le patient ? 

Le contrôle de l’immunosuppression est un besoin critique chez les malades transplantés afin d´éviter une exposition incorrecte qui pourrait conduire à une réponse inadéquate au médicament, c’est-à-dire au rejet du greffon ou à un effet indésirable du médicament. S’agissant d’un traitement chronique, l’identification et la compréhension des facteurs affectant la pharmacocinétique des immunosuppresseurs sont capitales pour faire face à des pertes imprévues du contrôle thérapeutique. Notre étude constitue une première étape vers la démonstration du fait que le microbiote peut contribuer aux anomalies inexplicables observées dans la pratique clinique afin d’anticiper tout écart des paramètres pharmacocinétiques, facilitant ainsi la prise en charge clinique. 

Vous voulez en savoir plus sur Pr. Elens

À votre avis, quelle est la principale avancée scientifique de ces dernières années en lien avec le microbiote ? 

       L’importance du microbiote intestinal pour la santé métabolique humaine, la maladie et la pharmacothérapie, mais aussi le fait qu’il est capable de produire des neurotransmetteurs. D’ailleurs, cela me fait penser que d’une certaine façon il est capable de nous contrôler (comme le montre par exemple la réponse que je donne à votre question)😊).

 

Pensez-vous que l’on assiste récemment à un regain d’intérêt pour le microbiote ?

      Cela ne fait aucun doute. 

 

Quel conseil pourriez-vous nous donner pour prendre soin de notre microbiote ?

       Éviter le plus possible les antibiotiques et les aliments transformés. 

 

Quelle est selon vous la bactérie la plus fascinante ? 


       Je les trouve toutes fascinantes, chacune dans son style, mais si je dois en choisir une , ce sera Penicillium notatum car nous connaissons tous les répercussions qu’elle a eues sur la microbiologie depuis la découverte de la pénicilline par Sir A. Fleming. 

Lauréats de la Fondation

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Article Néphrologie

Dr. Yang (lauréat USA 2018) : Microbiote intestinal et axe intestin-cerveau

À l’occasion de la Journée mondiale du microbiote (#WorldMicrobiomeDay), Biocodex Microbiota Institute donne la parole aux lauréats des bourses nationales.

WMD_Foundation KOL USA 2018

Dr Tao Yang

Le docteur Tao Yang est maître de conférences au sein du Service de Physiologie et de Pharmacologie de l’Université de Toledo (USA). Les recherches du docteur Yang se concentrent sur le rôle du microbiote intestinal dans la régulation de la tension artérielle et le métabolisme des antihypertenseurs.

Qu’est-ce que la bourse nationale vous a permis de découvrir dans votre domaine de recherche sur le microbiote?

La bourse nationale me permet d’explorer le domaine de la recherche qui m’intéresse et de développer mes projets de recherche indépendants. J’ai participé à de nombreux projets et la bourse américaine de la Biocodex Microbiota Foundation est citée dans les remerciements de huit de mes publications.

Quelles sont les conséquences de cette découverte pour le patient ?

La bourse de recherche a été consacrée à des expériences sur les animaux. Nous avons découvert que le microbiote intestinal ne joue pas seulement un rôle important dans la régulation de la tension artérielle mais qu’il contribue également à la modulation de l’efficacité des antihypertenseurs. Ce nouveau concept pourrait bien alimenter une discussion sur la prise en charge de l’hypertension réfractaire.

Vous voulez en savoir plus sur le Dr. Yang

À votre avis, quelle est la principale avancée scientifique de ces dernières années en lien avec le microbiote ?  

       Le microbiote intestinal et son rôle dans le métabolisme des médicaments
 

Pensez-vous que l’on assiste récemment à un regain d’intérêt pour le microbiote ?

       Oui. Tout au moins dans le domaine cardiovasculaire qui m’est familier.
 

Quel conseil pourriez-vous nous donner pour prendre soin de notre microbiote ?

       Une alimentation saine et de l’exercice.
 

Quelle est selon vous la bactérie la plus fascinante ?  

       Coprococcus

Lauréats de la Fondation

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Dr. Singh (lauréate USA 2017) : Microbiote et polyphénols

À l’occasion de la Journée mondiale du microbiote (#WorldMicrobiomeDay), Biocodex Microbiota Institute donne la parole aux lauréats des bourses nationales.

WMD_Foundation KOL USA 2017

Dr. Rashim Singh

Chercheuse et maître de conférences en pharmacie, Faculté de Pharmacie, Université de Houston ; Présidente de la société Sanarentero LLC. Chef d’entreprise et chercheuse translationnelle spécialisée dans le métabolisme des médicaments et la pharmacocinétique, elle étudie comment la manipulation des fonctions métaboliques du microbiote intestinal peut aider à prévenir ou soulager le cancer et l’inflammation gastro-intestinale induits par les médicaments et les substances cancérigènes contenues dans les aliments.

Qu’est-ce que la bourse nationale vous a permis de découvrir dans votre domaine de recherche sur le microbiote?

La bourse nationale m’a permis d’analyser comment le recyclage des polyphénols peut moduler la structure et le fonctionnement du microbiote intestinal, ce qui n’a pas seulement un impact sur la biodisponibilité systémique de ces molécules mais génère également des métabolites microbiens bénéfiques pour la santé humaine et capables de soulager différentes maladies et troubles intestinaux.

Quelles sont les conséquences de cette découverte pour le patient ?

Nos recherches indiquent que le mécanisme des effets bénéfiques d’une alimentation riche en polyphénols malgré leur faible biodisponibilité systémique réside dans leurs interactions bidirectionnelles avec le microbiote intestinal, facilitées par le phénomène de recyclage hépato-entérique et entéro-entérique. Elles tendent à encourager la consommation d’aliments et de compléments alimentaires riches en flavonoïdes ou en polyphénols non seulement en raison de leurs effets antioxydants repris dans l’argumentation commerciale mais aussi pour leur impact positif sur la santé du microbiote intestinal et la résilience face aux toxines.

Vous voulez en savoir plus sur le Dr. Singh

À votre avis, quelle est la principale avancée scientifique de ces dernières années en lien avec le microbiote ?  

       La possibilité d’identifier les bactéries spécifiques associées à la santé ou à la maladie, ainsi que les métabolites microbiens pertinents car les biomarqueurs systémiques ou fécaux permettront de développer différents produits thérapeutiques fondés sur le microbiote pour le traitement et la prévention des maladies digestives ou métaboliques et des troubles immunitaires.
 

Pensez-vous que l’on assiste récemment à un regain d’intérêt pour le microbiote ?

       En effet, le niveau de la recherche translationnelle ainsi que la sensibilisation de la population sur les produits capables de moduler le microbiote et leur utilisation augmentent rapidement et devraient continuer à augmenter au fur et à mesure de l’introduction réussie de nouveaux produits biothérapeutiques vivants dans la pratique clinique.
 

Quel conseil pourriez-vous nous donner pour prendre soin de notre microbiote ?

       Dans la mesure du possible, consommer des aliments frais, y compris des portions suffisantes de fruits et de légumes, maintenir des habitudes de défécation et de sommeil saines et participer régulièrement à des activités réduisant le stress.
 

Pourriez-vous nous raconter une anecdote ou une histoire surprenante en rapport avec vos recherches?

       Pendant longtemps, la recherche sur les polyphénols a été une source de confusion en raison de leur faible biodisponibilité (<5%) ; cependant, avec le développement des connaissances sur le rôle du microbiote dans la santé, les bénéfices des polyphénols commencent à gagner en importance malgré leur faible exposition systémique, en raison de leur recyclage qui donne lieu à des interactions répétées avec le microbiote.
 

Quelle est selon vous la bactérie la plus fascinante ?  

       Lactobacillus est un microbe bénéfique qui me fascine. En effet, une partie importante de la population mondiale, y compris certains membres de ma propre famille, sont intolérants au lactose parce que leur environnement intestinal ne favorise pas la colonisation par les lactobacilles. Est-ce que la consommation quotidienne de suppléments probiotiques contenant des lactobacilles suffit à résoudre le problème ou faut-il faire quelque chose de plus ?
 

Avez-vous à l’esprit une personne qui serait une source d’inspiration pour vous ? (dans le domaine de la recherche? / en médecine ? / en général ?)

       La liste est longue car ce domaine fourmille de chercheurs réellement ingénieux. Mais je suis une grande admiratrice du docteur Emeran Meyer et je lis régulièrement "Gut Health Insights" où il essaie d’éduquer les lecteurs, à l’aide d’un langage simple, sur la façon de garder un microbiote intestinal en bonne santé et la relation avec le stress et le système immunitaire. Je pense que le grand public a besoin d’apprendre à préserver sa santé et à prévenir les maladies en maintenant un microbiote intestinal en bonne santé.

Lauréats de la Fondation

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Article Gastroentérologie

Dr. Queen (lauréate USA 2020) : Microbiote et cancer colorectal

À l’occasion de la Journée mondiale du microbiote (#WorldMicrobiomeDay), Biocodex Microbiota Institute donne la parole aux lauréats des bourses nationales.

WMD_Foundation KOL USA 2021

Dr. Jessica Queen

En tant que médecin chercheuse, son objectif est de combiner son expertise clinique avec ses travaux de recherche afin d’améliorer la santé des patients pour tout ce qui concerne les agents pathogènes entériques et les microorganismes commensaux du tube digestif. Elle utilise des échantillons de malades et des modèles animaux pour étudier comment le microbiote intestinal contribue au développement du cancer du côlon et comment il peut modifier ou prédire la réponse des malades aux thérapies anticancéreuses.

Qu’est-ce que la bourse nationale vous a permis de découvrir dans votre domaine de recherche sur le microbiote?

Mon projet consiste à isoler et à caractériser des souches de Fusobacterium provenant de biopsies de cancer du côlon. Il s’agit d’un véritable projet translationnel que je trouve particulièrement intéressant en tant que médecin chercheuse car il me permet de travailler directement sur des échantillons de malades afin d’étudier l’observation importante selon laquelle le microbe oral Fusobacterium nucleatum est plus abondant dans le microbiote de nombreux malades atteints de cancer du côlon. Je disposais déjà de données pilotes encourageantes mais j’avais besoin de fonds supplémentaires et d’appui technique pour faire avancer le projet. La bourse nous a permis de terminer le séquençage de l’ARNr 16S de notre cohorte de biopsies de cancer du côlon, ce qui nous a ouvert un panorama plus large sur la composition bactérienne du microbiote tumoral. À présent, nous analysons ces données en fonction de certaines caractéristiques des malades (par exemple, le stade de la tumeur, sa localisation, les caractéristiques démographiques du malade). En parallèle, nous isolons des souches individuelles de Fusobacterium, nous effectuons un séquençage complet du génome de ces souches et nous les testons sur notre modèle de souris, ce qui fournit des informations sur le mécanisme par lequel ces microorganismes contribuent au cancer du côlon. Les données préliminaires accumulées jusqu’ici ont mis en lumière la diversité génomique de F. nucleatum et des phénotypes spécifiques de chaque souche dans des modèles de cancer colorectal (CCR) chez la souris (données publiées récemment dans mBio1). Nous disposons de données préliminaires encourageantes qui révèlent un nouvel effet cancérigène potentiel d’autres espèces de Fusobacterium.

Quelles sont les conséquences de cette découverte pour le patient ?

Notre analyse en profondeur de cette cohorte de CRC fournira des informations plus précises sur le microbiote tumoral car nous associons le séquençage, les cultures et les modèles in vivo pour étudier les microorganismes commensaux jusqu’au niveau de la sous-espèce et de la souche, ce qui n’avait jamais été fait jusqu’à présent pour Fusobacterium nucleatum. À terme, nous espérons qu’une compréhension plus profonde du microbiote associé au cancer créera des opportunités pour développer des interventions préventives et thérapeutiques novatrices et permettra d’adopter une approche plus personnalisée de la prise en charge des malades.

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Quel conseil pourriez-vous nous donner pour prendre soin de notre microbiote ?

      Je pense que l’une des choses les plus importantes que nous pouvons faire tant au niveau individuel que collectif est de limiter l’exposition inutile aux antibiotiques, qui peuvent bouleverser notre microbiote intestinal en bonne santé. En tant que spécialiste des maladies infectieuses, j’insiste beaucoup sur le contrôle de l’utilisation des antibiotiques car ils ont des implications importantes dans le développement de microorganismes résistants et les conséquences à long terme de la dysbiose.
 

Lauréats de la Fondation

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Article Gastroentérologie

Dr. Brown (lauréate USA 2021) : Microbiote et infection par le virus respiratoire syncitial.

À l’occasion de la Journée mondiale du microbiote (#WorldMicrobiomeDay), Biocodex Microbiota Institute donne la parole aux lauréats des bourses nationales.

WMD_Foundation KOL USA 2022

Dr. Julia Brown

Le docteur Brown est virologue et immunologiste. Elle étudie l’impact de l’axe intestin-poumon sur l’évolution des infections virales. En ce moment, elle étudie le microbiote altéré des nourrissons prématurés et son rôle dans l’infection au virus syncytial respiratoire (VRS).

Qu’est-ce que la bourse nationale vous a permis de découvrir dans votre domaine de recherche sur le microbiote?

Nous avons constaté que chez des souris dont les intestins sont colonisés par des bactéries provenant des selles de nourrissons prématurés, la production d’interféron et d’anticorps en réponse à l’infection au VRS est diminuée, tandis que la quantité de neutrophiles dans la circulation pulmonaire augmente, ce qui peut donner lieu à des lésions tissulaires.

Quelles sont les conséquences de cette découverte pour le patient ?

Nos données suggèrent que le microbiote contribue à une augmentation du risque d’infection grave au VRS chez les prématurés par le biais du dérèglement de la réponse immunitaire. Actuellement, nous cherchons à identifier les bactéries ou les métabolites spécifiques responsables de ces effets, ce qui pourrait déboucher sur le développement de stratégies thérapeutiques permettant d’améliorer la fonction immunitaire des prématurés via une manipulation du microbiote.

Lauréats de la Fondation

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Article Pédiatrie