Pourquoi suis-je de si bonne humeur aujourd’hui ?

Considéré comme le "second cerveau", notre intestin dialogue en permanence avec notre cerveau et vice versa. C'est ce qu'on appelle l'axe intestin-cerveau. Un dysfonctionnement de cet axe pourrait être impliqué dans certains troubles neuropsychiatriques : anxiété, dépression, troubles de l’attention… C’est encore à l’étude : moduler le microbiote intestinal par l'alimentation ou l'administration de probiotiques permettrait de prévenir, voire de traiter ces troubles.
Et d’ailleurs, certains aliments seraient même susceptibles de provoquer un « feel good effect ».

Alors, quel est le lien entre votre flore intestinale et votre humeur ? Réponse ci-dessous !

Le microbiote intestinal Troubles de l'humeur Troubles anxieux Avez-vous déjà entendu parler de « dysbiose » ? Quels aliments pour un microbiote équilibré ?

Le dialogue entre notre cerveau et notre intestin régule notre humeur

Avec ses 200 millions de neurones et ses milliards de bactéries intestinales, notre intestin n'usurpe pas son surnom de “second cerveau”. Particulièrement actif, il participe à notre santé aussi bien physique que mentale1. 

Notre tube digestif et notre cerveau se parlent constamment mais la communication entre les deux peut être perturbée lorsque notre microbiote intestinal est altéré et qu'un processus inflammatoire s'installe.

200 millions de neurones dans l'intestin.

1 milliard de bactéries dans l'intestin.

La perturbation du microbiote intestinal, aussi appelée “dysbiose”, serait impliquée dans divers troubles de la santé mentale (dépression, anxiété…)2. En effet, certaines études réalisées chez l’homme (bien que peu nombreuses) semblent mettre en évidence une diminution significative de la richesse du microbiote intestinal des patients atteints de troubles mentaux3.

Axe intestin-cerveau : comment ça fonctionne ?

Les bactéries intestinales dialoguent avec notre cerveau en produisant des molécules appelées « (sidenote: Neurotransmetteurs Molécules spécifiques qui permettent une communication entre les neurones (les cellules nerveuses du cerveau), mais aussi avec les bactéries du microbiote. Elles sont produites aussi bien par les cellules de l’individu que par les bactéries du microbiote.   Baj A, Moro E, Bistoletti M, Orlandi V, Crema F, Giaroni C. Glutamatergic Signaling Along The Microbiota-Gut-Brain Axis. Int J Mol Sci. 2019;20(6):1482. ) » : les plus connues, la sérotonine et la dopamine, régulent notre humeur4. D’après les scientifiques, ces neurotransmetteurs agiraient sur les cellules de la paroi de notre intestin. Le message parvient ainsi au cerveau via les neurones du tube digestif5.

Autre facilitateur d'information : les (sidenote: Acides gras à chaîne courte (AGCC) Les acides gras à chaîne courte sont une source d’énergie (carburant) des cellules de l’individu, ils interagissent avec le système immunitaire et sont impliqués dans la communication entre l’intestin et le cerveau.   Silva YP, Bernardi A, Frozza RL. The Role of Short-Chain Fatty Acids From Gut Microbiota in Gut-Brain Communication. Front Endocrinol (Lausanne). 2020;11:25. ) (AGCC). Ces substances biologiques dont certaines sont bénéfiques pour notre organisme, sont produites par les bactéries de notre côlon lors de la fermentation des fibres alimentaires. Elles jouent aussi un rôle clé dans les connexions entre les deux organes en agissant directement sur le cerveau6.

Le microbiote intestinal : encore de nombreuses choses à découvrir

Découvrez l’interview du Dr. Deanna Gibson

Bonne humeur et chocolat noir : un mariage fiable à 85% !

Le saviez-vous ? Certains aliments, comme le chocolat, peuvent réguler notre humeur.

Une étude7 a récemment montré que les polyphénols contenus en grande quantité dans le cacao auraient une action positive sur la flore intestinale freinant la croissance des bactéries (sidenote: Pathogène Un pathogène est un microorganisme qui cause, ou peut causer, une maladie. Pirofski LA, Casadevall A. Q and A: What is a pathogen? A question that begs the point. BMC Biol. 2012 Jan 31;10:6. ) et favorisant le développement de celles bénéfiques.

C’est particulièrement la consommation de chocolat noir à 85% qui augmenterait la diversité microbienne intestinale et provoquerait une rétroaction vertueuse sur notre cerveau qui se traduirait par un effet positif durable sur notre humeur.

Gourmands, vous n’avez plus aucune raison de culpabiliser !

D’autres informations surprenantes sur votre santé avec nos autres quiz !

À l’occasion de la Journée mondiale du microbiote (World Microbiome Day), Biocodex Microbiota Institute perce les secrets de ces micro-organismes fascinants qui peuplent notre organisme. Faites le plein d’informations insolites et découvrez le rôle essentiel du microbiote sur votre santé !

Est-ce normal que les antibiotiques donnent la diarrhée à mon enfant ?
Qu’est-ce qui peut prévenir les allergies respiratoires de mon enfant ?
Quels sont les conseils pour bien vieillir ?
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Est-ce normal que les antibiotiques donnent la diarrhée à mon enfant ?

Principal outil dans la lutte contre les infections bactériennes, les antibiotiques sauvent des vies. Toutefois, en détruisant les espèces responsables des infections ils éradiquent aussi les bonnes bactéries de notre corps, appelés les microbiotes, et peuvent provoquer des effets secondaires, notamment sur notre flore intestinale1.

Alors, est-ce normal que les antibiotiques donnent la diarrhée à votre enfant ? Réponse ci-dessous !

Le microbiote intestinal Diarrhée associée aux antibiotiques Avez-vous déjà entendu parler de « dysbiose » ? Obésité Diabète de type 2 Asthme et microbiote TFI Adulte / Enfant
DAA

La diarrhée peut affecter jusqu’à 80% des enfants sous traitement antibiotique

Depuis la découverte de la pénicilline en 1928, les antibiotiques sont la principale arme dans la lutte contre les infections bactériennes et ont permis de gagner près de 20 ans d’espérance de vie parallèlement aux vaccinations2.
Toutefois, si les antibiotiques éradiquent les germes (sidenote: Pathogène Un pathogène est un microorganisme qui cause, ou peut causer, une maladie. Pirofski LA, Casadevall A. Q and A: What is a pathogen? A question that begs the point. BMC Biol. 2012 Jan 31;10:6. ) responsables de nos infections, ils peuvent également détruire certaines bactéries bénéfiques au sein de notre microbiote et provoquer un déséquilibre au sein de cet écosystème, ce qu’on appelle une (sidenote: Dysbiose La « dysbiose » n’est pas un phénomène homogène : elle varie en fonction de l’état de santé de chaque individu. Elle est généralement définie comme une altération de la composition et du fonctionnement du microbiote, provoquée par un ensemble de facteurs environnementaux et liés à l’individu, qui perturbent l’écosystème microbien. Levy M, Kolodziejczyk AA, Thaiss CA, et al. Dysbiosis and the immune system. Nat Rev Immunol. 2017;17(4):219-232. ) 3.

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WMD_quiz antibiotiques 1_FR

Jusqu'à 35% des patients peuvent être affectés par une diarrhée associée aux antibiotiques.

Jusqu'à 80% des enfants peuvent être affectés par une diarrhée associée aux antibiotiques.

Cette dysbiose peut avoir des conséquences sur notre santé, comme une modification du transit pouvant entraîner une diarrhée associée aux antibiotiques (DAA)4 : c’est d’ailleurs l’effet secondaire le plus fréquent des antibiotiques à court terme.

Elle est généralement d'intensité légère et s'arrête d'elle-même, après 1 à 5 jours. Elle peut toucher jusqu’à 35% des patients4-6 sous antibiotiques mais chez les enfants, ce pourcentage peut atteindre 80%5.

Le microbiote intestinal : encore de nombreuses choses à découvrir

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Les antibiotiques pourraient engendrer des effets à plus long terme

La diarrhée associée aux antibiotiques n’est pas le seul effet secondaire : la dysbiose serait responsable d’effets à plus long terme lorsqu’elle survient très tôt dans la vie. Pendant la période périnatale, c’est-à-dire la fenêtre de temps critique pour le développement et la maturation du microbiote et du système immunitaire7, la perturbation du microbiote intestinal lié à la prise d'antibiotiques est soupçonnée d'augmenter le risque de plusieurs maladies chroniques (obésité, diabète, asthme, maladies inflammatoires chroniques de l’intestin)8.

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Par ailleurs, la mauvaise observance (utilisation excessive ou inadaptée) des antibiotiques est responsable de la résistance aux antibiotiques9, qui correspond au fait qu’un traitement antibiotique ne soit plus efficace sur une infection bactérienne. Ce phénomène entraîne des hospitalisations plus longues, voire parfois des décès et une hausse des dépenses de santé.

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Chaque année, du 18 au 24 novembre, l’OMS organise une Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens et encourager le grand public, les professionnels de santé et les responsables politiques à adopter de meilleures pratiques pour lutter contre l’émergence et la propagation des résistances.

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"Merci d'avoir diffusé ces informations." - Commentaire traduit de Merle Creed (Repris de My health, my microbiota)

 

"Tellement vrai" - Clara Autowski (De My health, my microbiota)

"Sûr et efficace" - Dave Beal (De My health, my microbiota)

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Cancer du poumon : une (super) bactérie pour mieux prédire l’efficacité des traitements

Dans le cas de maladies comme le cancer, il est dur de prédire l’efficacité des traitements. Cette affirmation pourrait appartenir au passé grâce à des recherches prometteuses sur la bactérie Akkermansia muciniphila (Akk). Enquête sur cette bactérie qui nous veut (beaucoup) de bien.

Le microbiote intestinal

L’immunothérapie est aujourd’hui un traitement courant du cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC). Cependant, seuls 35% des patients bénéficient d’un effet à long terme : d’où l’importance d’identifier des marqueurs de réponse aux immunothérapies pour améliorer les chances de survie des patients.

Akkermansia muciniphila sous le feu des projecteurs

Des chercheurs de l’Institut de Cancérologie Gustave Roussy (France) avaient déjà montré que la présence d’Akkermansia dans le microbiote intestinal était associée à des bénéfices cliniques chez des patients traités par immunothérapie.

Les travaux de l’équipe de Lisa Derosa, dont les résultats ont fait l’objet d’une publication dans la prestigieuse revue Nature Medicine en 2022, vont un cran plus loin. Ils s’intéressent au potentiel d’Akkermansia en tant que marqueur prédictif du taux de survie et de la réponse des patients CPNPC aux immunothérapies.

Ils ont donc suivi 338 patients sous immunothérapie pendant 4 ans:

  • 131 avec une flore intestinale contenant Akkermansia (Akk+)
  • et 207 sans (Akk-). Leurs conclusions sont très prometteuses.

Le microbiote intestinal

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Une meilleure survie des patients

Premier constat : une meilleure réponse aux traitements chez les patients avec Akkermansia au sein de leur microbiote, puisque le groupe Akk+ a survécu 18,8 mois contre 15,4 mois pour le groupe Akk-. 

Autre enseignement : contrairement au groupe Akk-, les patients Akk+ avaient une plus grande diversité microbienne au sein de leur microbiote dont des bactéries aux propriétés bénéfiques reconnues sur la santé et le statut immunitaire comme les bifidobacteries, Faecalibacterium prausnitzii ou encore Eubacterium hallii. 

Enfin, sans surprise, la prise d’antibiotique avait un effet délétère sur la survie globale des patients, et ceci qu’ils appartiennent au groupe Akk+ ou Akk- confirmant le lien entre l’utilisation d’antibiotique et un mauvais pronostic clinique.

Akkermansia serait donc une bactérie d’intérêt majeur. Porteuse d’espoir pour les patients, elle sera peut-être au cœur d’une potentielle approche thérapeutique ciblée sur le microbiote dans le cadre du CPNPC.
Affaire à suivre !

Recommandé par notre communauté

"Excellentes nouvelles" - Commentaire traduit de Peggy Rhinelander (Repris de My health, my microbiota)

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Microbiote intestinal et vitamine D : un duo prometteur dans la prise en charge de l’ostéoporose ?

Déjà étudié par le passé comme potentiel outil diagnostic de l’ostéoporose, le microbiote intestinal précise son rôle dans la maladie. Les travaux d’une équipe chinoise mettent en lumière son rôle potentiel dans l’absorption de la vitamine D. Explications.

Le lien entre ostéoporose et vitamine D n’est plus à prouver. Celui entre le microbiote intestinal (MI) et l’ostéoporose est de son côté de plus en plus étudié. Qu’en est-il de la relation entre microbiote et vitamine D ?

La première étude à investiguer le lien potentiel entre microbiote, vitamine D et ostéoporose sévère

Tout a débuté par un constat clinique simple : les patients atteints d’ostéoporose sévère (SOP) ont une faible concentration plasmatique de 25(OH)D3 associée à davantage de troubles gastrointestinaux.

Une équipe chinoise a alors émis l’hypothèse que la composition du MI pouvait affecter l’absorption intestinale de vitamine D. Pour y répondre, 36 participants au régime alimentaire identique ont été recrutés : 18 patients atteints d’ostéoporose (OP), et 18 atteints d’ostéoporose sévère (SOP).

La mesure des concentrations plasmatiques de cholécalciférol (vitamine D3) et de 25(OH)D3 ainsi que l’analyse de la composition du microbiote intestinal des participants ont mis en lumière des résultats prometteurs.

Un microbiote plus diversifié chez les patients SOP

D’ordinaire, un microbiote diversifié est plutôt le reflet d’une bonne santé. Ce constat ne se vérifie pas dans le cas de l’ostéoporose et du métabolisme de la vitamine D.  (sidenote: Xu Z, Xie Z, Sun J, et al. Gut Microbiome Reveals Specific Dysbiosis in Primary Osteoporosis. Front Cell Infect Microbiol. 2020 Apr 21;10:160.Wang J, Wang Y, Gao W, Wang B, Zhao H, Zeng Y, Ji Y, Hao D
Wang J, Wang Y, Gao W, et al. Diversity analysis of gut microbiota in osteoporosis and osteopenia patients. PeerJ. 2017 Jun 15;5:e3450. 
)
Cette étude montre à son tour que les patients SOP ont un microbiote plus diversifié que les patients OP, et des niveaux réduits de Bifidobacterium, bactéries impliquées dans l’absorption intestinale de certaines graisses et vitamines liposolubles. En revanche, les Firmicutes sont quant à eux plus élevés chez ces patients SOP. Or, un ratio Firmicutes/Bacteroidetes élevé est indicateur potentiel de dysbiose. Ceci pourrait contribuer à expliquer pourquoi les participants SOP souffrent de symptômes gastrointestinaux plus importants.

Le microbiote serait impliqué dans l’absorption intestinale de vitamine D

En effet, les concentrations plasmatiques de cholécalciférol et de 25(OH)D3 sont corrélées positivement tout en étant plus faibles chez les patients SOP. Les repas fournis aux participants étant identiques, la concentration de 25(OH)D3 dépend donc de la quantité de cholécalciférol absorbée par l’intestin, sur laquelle le MI pourrait avoir une influence. 

Les différences de composition du MI associées à la faible concentration circulante de 25(OH)D3 chez les patients SOP suggère donc une implication de certaines bactéries intestinales dans l’absorption intestinale de vitamine D, ceci pouvant donc favoriser l’aggravation de l’OP en SOP.

Ces résultats, aussi novateurs que prometteurs, ouvrent de belles perspectives pour la prise en charge de l’ostéoporose. L’étape suivante serait d’identifier les mécanismes par lesquels le microbiote intervient dans l’absorption intestinale de vitamine D, mais l’on aperçoit d’ores et déjà l’espoir de nouvelles pistes de traitement de la SOP. 

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Gonorrhée chez la femme : un lien entre microbiote vaginal et symptômes ?

Une cervicite chez certaines femmes et aucun symptôme chez d’autres. Comment expliquer la grande variabilité de manifestation de la gonorrhée ? Peut-être par la plus ou moins forte présence de lactobacilles dans le microbiote cervico-vaginal.

27% Seules 27% des femmes interrogées savent que le microbiote vaginal est équilibré lorsque les bactéries sont peu diversifiées

Chaque année, près de 90 millions de cas de gonorrhée seraient recensés dans le monde. Chez la femme, l’infection du tractus génital inférieur par Neisseria gonorrhoeae a des conséquences très variables, de l’absence de symptômes à la cervicite. Si on ne sait quels facteurs expliquent cette variabilité, le microbiote cervico-vaginal pourrait être incriminé. En effet une équipe vient de montrer qu’il prédit la forme clinique de la gonorrhée chez les femmes. 

90 millions Chaque année, près de 90 millions de cas de gonorrhée seraient recensés dans le monde.

Une étude pilote chez 19 femmes infectées

Ces résultats sont ceux d’une pré-étude américaine menée auprès de 19 patientes infectées par N. gonorrhoeae, dont 10 symptomatiques et 9 asymptomatiques. A noter que la plupart étaient afro-américaines, une population qui abrite plus fréquemment des microbiotes pauvres en lactobacilles comparativement aux femmes caucasiennes. Chez ces 19 patientes, Neisseria spp. ne représentait que 0,24 % des bactéries présentes, que ce soit chez les patientes symptomatiques ou asymptomatiques. La moitié des patientes de chaque groupe présentait en sus des co-infections, Chlamydia trachomatis et/ou Trichomonas vaginalis.

19 cas pour 1000 femmes C’est le taux d’incidence de la gonorrhée chez la femme.

23 cas pour 1000 hommes Chez l’homme, ce taux est de 23 cas pour 1000.

Des symptômes liés au microbiote

Les microbiotes cervico-vaginaux des patientes asymptomatiques (et sans co-infection) contenaient plus fréquemment des communautés microbiennes largement dominées par des lactobacilles (92,2 % des bactéries en moyenne) comparativement aux patientes symptomatiques non co-infectées (21,6 %). Cette dominance était surtout le fait de la bactérie L. iners.

A l’inverse, les femmes symptomatiques présentaient des microbiotes riches en taxons bactériens plus divers et plus hétérogènes. Ils étaient composés d’un mélange de bactéries anaérobies associés à la vaginose bactérienne (VB) : Prevotella, Sneathia, Mycoplasma hominis et Bacterial Vaginosis-Associated Bacterium-1 (BVAB1 ou Candidatus Lachnocurva vaginae).

Un effet protecteur d’une flore dominée par Lactobacillus ?

Néanmoins, ces résultats restent ceux d’une pré-étude reposant sur un faible échantillon. Ils ne permettent pas de dire si la composition du microbiote vaginal est associée au risque ou à la protection contre l'infection à N. gonorrhoeae. Ils se limitent à souligner une relation entre les communautés vaginales et la forme clinique chez les femmes présentant une infection diagnostiquée à N. gonorrhoeae. Soit une première étape certes cruciale, mais nécessitant encore de futures études pour évaluer l’éventuel effet protecteur de la composition vaginale dominée par Lactobacillus contre l'infection à N. gonorrhoeae.

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MICI et grossesse : l’importance du microbiote vaginal ?

C’est souvent la double peine pour des milliers de femmes qui souffrent de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) : le risque d'accouchement prématuré et de nourrissons ayant de faible poids à la naissance est plus élevé chez ces femmes. Pourquoi ? Comment ? Un début d’explication pourrait venir de leur microbiote vaginal.

Le microbiote vaginal Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin

30% Seule une femme sur trois sait que l’accouchement (par voie basse ou par césarienne) a un impact sur le microbiote intestinal d’un nouveau-né

Diagnostiqué fréquemment chez les femmes en âge de procréer, les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), qui regroupent la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique, augmentent le risque d’accoucher prématurément, par césarienne et de donner naissance à un bébé de petit poids. Alors que la grossesse chez les femmes en bonne santé modifie la composition du microbiote vaginal, rien n’indique que ce changement s’opère chez les femmes souffrant de MICI. Une nouvelle étude investigue cette période clé.

Le microbiote vaginal

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Grossesse : l’énigme du microbiote vaginal 

De nombreux travaux ont mis en évidence l’implication du microbiote intestinal dans les MICI. Quid du microbiote vaginal ? On l’ignore à ce jour, tout comme on ignore si, à l’instar de ce qui a été observé chez les femmes enceintes en bonne santé, la grossesse modifie sa composition : plus stable, ce microbiote devient moins riche et moins diversifié, avec une prédominance plus marquée des (sidenote: Lactobacilles Bactérie en forme de batônnet, dont la caractéristique principale est de produire de l’acide lactique. C’est pour cela que l’on parle de « bactéries lactiques ».  Ces bactéries sont présentes chez l’homme au niveau des microbiotes oral, vaginal, intestinal, mais aussi sur les plantes ou chez les animaux. On peut les consommer dans les produits fermentés : produits laitiers comme certains fromages et yaourts, mais aussi des d’autres types d’aliments fermentés : les cornichons, la choucroute etc.. Les lactobacillus sont aussi consommés dans les probiotiques, certaines espèces étant reconnues pour leurs propriétés bénéfiques.     W. H. Holzapfel et B. J. Wood, The Genera of Lactic Acid Bacteria, 2, Springer-Verlag, 1st ed. 1995 (2012), 411 p. « The genus Lactobacillus par W. P. Hammes, R. F. Vogel Tannock GW. A special fondness for lactobacilli. Appl Environ Microbiol. 2004 Jun;70(6):3189-94. Smith TJ, Rigassio-Radler D, Denmark R, et al. Effect of Lactobacillus rhamnosus LGG® and Bifidobacterium animalis ssp. lactis BB-12® on health-related quality of life in college students affected by upper respiratory infections. Br J Nutr. 2013 Jun;109(11):1999-2007. ) .

Résoudre l’équation MICI - grossesse - microbiote vaginal 

Pour résoudre cette équation à plusieurs inconnues, des chercheurs canadiens ont étudié la composition du microbiote vaginal de 32 femmes enceintes souffrant de MICI à chaque trimestre de leur grossesse. À l’issue de l’étude, près de 44 % des femmes ont accouché à terme par césarienne et deux prématurément.

Les chercheurs observent que la composition de leur microbiote vaginal reste stable tout au long de leur grossesse, dominée par des lactobacilles. Cependant des espèces bactériennes appartenant aux Mollicutes - dont certaines espèces sont associées aux naissances prématurés- sont identifiées chez 80 % d’entre elles au moins une fois au cours de la grossesse ; un taux significativement plus élevé que celui observé chez les 172 femmes enceintes en bonne santé et qui accouchent à terme. 

Cette étude apporte un premier aperçu de l’évolution du microbiote vaginal chez les femmes enceintes souffrant de MICI. Malgré un taux élevé de Mollicutes détecté, les chercheurs doivent approfondir leurs travaux pour confirmer que ce portage bactérien expose les futures mères à un risque accru d’accouchement prématuré.

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"Intéressant !" - Commentaire traduit de Carolyne Joan Weckman (Repris de My health, my microbiota)

"Intéressant !" - Commentaire traduit de Elaine Borkowsky Lampert (Repris de My health, my microbiota)

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Ostéoporose : quand le microbiote intestinal digère mal la vitamine D

Quand on parle d’ostéoporose, c’est à la vitamine D qu’on pense immédiatement. Et pour cause ! Parce qu’elle favorise l’absorption intestinale du calcium, celle-ci est indispensable à notre bonne santé osseuse. L’un des premiers réflexes est d’en consommer davantage, mais cela suffit-il ? La réponse est peut-être dans notre microbiote intestinal.

Le microbiote intestinal Quels aliments pour un microbiote équilibré ?

Cette maladie évolutive liée au vieillissement touche plus de 200 millions de personnes dans le monde. L’un des principaux conseils apportés par les spécialistes lors de son diagnostic est de supplémenter son régime alimentaire avec de la vitamine D. Mais une fois consommée, encore faut-il que la vitamine D soit absorbée par nos intestins pour être utile à nos os : une équipe de chercheurs chinois s’est penchée sur cette étape cruciale et a formulé une hypothèse : le microbiote intestinal (MI) y jouerait un rôle de premier ordre.

Ostéoporose

Maladie qui se caractérise par une détérioration de la structure interne de l’os et une diminution progressive de la densité osseuse.

Étude sur le lien entre ostéoporose, microbiote intestinal et vitamine D : une première !

Tout est venu d’un simple constat : les patients atteints d’ostéoporose sévère ont un faible taux sanguin de vitamine D associé à davantage de troubles gastrointestinaux, ce qui suggérerait une implication du microbiote intestinal. De plus, des études précédentes ont évalué son intérêt potentiel comme outil diagnostic. Pour répondre à cette hypothèse, 36 patients ont reçu le même régime alimentaire pendant toute la durée de l’étude. Répartis en 2 groupes en fonction du stade de la maladie (précoce ou sévère), le microbiote intestinal et taux sanguins de vitamine D ont été passés au crible. C’est la première fois que la relation entre sévérité de l’ostéoporose, flore intestinale et statut en vitamine D est étudiée.

200 millions L’ostéoporose toucherait plus de 200 millions de personnes dans le monde.

Un microbiote différent selon la sévérité…

Premier constat : les patients atteints d’ostéoporose sévère ont une flore intestinale plus diversifiée que ceux présentant une forme moins avancée. Une observation majeure de cette étude : la teneur diminuée en Bifidobacterium chez les patients souffrant d’ostéoporose sévère, des bactéries déjà connues pour leur implication dans l’absorption intestinale de certaines graisses et vitamines.

21,2% des femmes de 50 ans et plus à travers le monde sont affectées par l’ostéoporose...

6,3% contre seulement 6,3% des hommes du même âge.

(sidenote: Epidemiology of osteoporosis and fragility fractures_International Osteoporosis Foundation
Kanis, J.A. et al., A reference standard for the description of osteoporosis. Bone 2008. 42: p. 467-75
)

… Et des taux sanguins de vitamine D qui varient selon la gravité de l’ostéoporose

C’est là le deuxième enseignement : les patients atteints d’ostéoporose sévère présentent des taux sanguins de vitamine D significativement plus bas que les patients au stade précoce. Les 2 groupes de patients ayant reçu le même régime alimentaire (et donc la même quantité de vitamine D) pendant toute la durée de l’étude, il est envisageable que la différence se situe donc au niveau de son absorption intestinale. 

Ces résultats combinés suggèrent donc une potentielle implication du MI dans l’absorption de la vitamine D.

Le mécanisme par lequel le MI influence l’absorption intestinale de vitamine D reste encore à découvrir, mais il s’agit d’une belle avancée qui ouvre des perspectives intéressantes dans la prise en charge thérapeutique de l’ostéoporose par le microbiote.

Le microbiote intestinal

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"Merci beaucoup !" - Commentaire traduit de Michelle Zirkle (Repris de My health, my microbiota)

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Septicémie néonatale : le microbiote paie un lourd tribut aux antibiotiques

Quels sont les effets d'un traitement antibiotique néonatal sur le microbiote intestinal du nourrisson ? Et lorsqu’ils sont nécessaires, quels antibiotiques causent le moins de dommages ? Réponses avec cet essai randomisé.

Photo: Neonatal sepsis: the microbiota pays a heavy price for antibiotic use

Coliques, allergies, obésité, développement immunitaire… les dysbioses intestinales lors des premiers jours de vie sont associées à un large éventail de soucis de santé dans la petite enfance et pourraient même persister tout au long de la vie. Pourtant, des antibiotiques à large spectre restent encore largement prescrits chez les nouveau-nés (jusqu'à chez 10 % d’entre eux) en cas de suspicion de septicémie néonatale précoce (sEONS).

1 sur 1000

Actuellement, 4 à 10% des nouveau-nés sont traités avec des antibiotiques alors que seulement 1 sur 1000 développera une infection avérée, soit un traitement probablement inutile pour plus de 90% des enfants traités. 

Un essai randomisé, trois combinaisons d’antibiotiques 

Afin de mieux appréhender leurs effets, un essai randomisé a été mené auprès de 147 nourrissons, traités avec des antibiotiques à large spectre au cours de leur première semaine de vie. Ils ont ainsi reçu aléatoirement l’une des trois combinaisons d'antibiotiques intraveineux couramment prescrits : pénicilline + gentamicine ; co-amoxiclav + gentamicine ; ou amoxicilline + céfotaxime. 80 nourrissons en bonne santé (n’ayant pas reçu d’antibiotique) ont servi de témoins.

Une diversité en berne, des résistances à la hausse

Alors que la diversité microbienne était comparable chez tous les enfants avant le début du traitement antibiotique, l'α-diversité s’effondrait juste après le traitement, puis remontait doucement, tout en restant significativement plus faible durant la première année de vie.

La composition du microbiote intestinal était également impactée. Après l’installation des genres anaérobies facultatifs tels que Escherichia et Staphylococcus, rapidement suivis par Bifidobacterium, la suite dépendait de la présence ou non d’un traitement antibiotique : Bifidobacterium spp., mais aussi Escherichia, Staphylococcus spp. et Bacteroides étaient moins abondantes chez les nourrissons traités, tandis que Klebsiella  et Enterococcus spp s’avéraient plus présents.

Enfin, l’équipe observait davantage de gènes de résistance aux antibiotiques chez les enfants traités.

plus de 90 % des nourrissons seraient traités alors que la présence d’une EOMS est seulement suspectée

Tous les antibiotiques ne se valent pas

Des différences marquées ont été observées entre les trois traitements antibiotiques : la combinaison « amoxicilline + céfotaxime » induisait les effets les plus importants sur la composition de la communauté microbienne et les résistances ; la combinaison « pénicilline + gentamicine » avait les effets les plus faibles, ce qui, pour les chercheurs, mériterait de la reconsidérer dans les services néonataux où elle est peu populaire.

Dans tous les cas, les effets des antibiotiques s’avéraient plus prégnants et prolongés qu’attendu, sans doute parce que le microbiote des nourrissons est en construction (alors que les précédentes études portaient sur des enfants plus âgés). Or, actuellement, plus de 90 % des nourrissons seraient traités alors que la présence d’une EOMS est seulement suspectée, mais non formellement établie. D’où l’importance, selon les auteurs, d’améliorer la précision du diagnostic de l'EONS, car les conséquences des traitements sont lourdes, et potentiellement durables.

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Actualités Pédiatrie Gastroentérologie

Chaude-pisse : les lactobacilles à la rescousse ?

Les femmes ne sont pas toutes égales devant la gonorrhée : certaines ne ressentent aucun symptôme tandis que d’autres comprennent à leurs dépens pourquoi cette infection est aussi appelée chaude-pisse. Une différence, voire une injustice, qui pourrait être liée à leur microbiote vaginal.

Le microbiote vaginal

37% Seule une femme sur trois sait que les bactéries du microbiote vaginal sont bénéfiques pour le vagin

Chaude-pisse, urétrite, gonococcie, blennorragie : les synonymes ne manquent pas pour parler de la gonorrhée, une infection sexuellement transmissible (IST). Ce problème de santé publique touche les 2 sexes. Chez les femmes, elle peut rester invisible (plus de 50 % des femmes seraient asymptomatiques) ou induire des symptômes tels que des écoulements purulents, des douleurs du bas ventre et des brûlures en urinant. Sans que l’on connaisse les raisons de cette différence.

Infection sexuellement transmissible (IST)

Les IST se transmettent principalement par contact cutané lors d’un rapport sexuel vaginal, anal ou oral mais aussi de la mère à l’enfant (grossesse, accouchement, allaitement. On peut aussi être porteur de la maladie sans pour autant développer des symptômes.

Parmi toutes les bactéries, virus et parasites qui se transmettent par voie sexuelle huit d’entre eux sont principalement responsable des maladies sexuellement transmissibles. 

Quatre peuvent être guéries : 

  • la syphilis, 
  • la gonorrhée, 
  • la chlamydiose 
  • la trichomonase. 

Quatre sont des infections virales incurables : 

  • l’hépatite B
  • le virus de l’herpès (virus Herpes simplex ou HSV)
  • le VIH 
  • le papillomavirus humain (PVH).

(sidenote: https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/sexually-transmitted-infections-(stis) )

La faute à Neisseria gonorrhoeae

La gonorrhée est liée à l’infection par une bactérie, appelée Neisseria gonorrhoeae, qui reste pourtant très discrète : elle ne représenterait, selon une récente étude, que 0,24 % des bactéries présentes au niveau du vagin et du col de l’utérus des femmes infectées (elle est bien entendu absente chez les femmes non infectées). Quant à la présence des autres bactéries dans le vagin de ces femmes, et bien justement, tout dépend des symptômes.

Plus de 50 % Plus de 50% des infections des voies génitales inférieures chez les femmes sont asymptomatiques.

Gonorrhée : une question de lactobacilles ?

Chez les femmes infectées mais sans le moindre symptôme, les lactobacilles seraient aux commandes. Ces bactéries en forme de bâtonnet, bien connues des adeptes de yaourts, représenteraient plus de 92 % des bactéries trouvées dans le col et le vagin de ces femmes. Avec à la clé une acidification correcte du vagin qui tiendrait à l’écart les autres microorganismes.

Et chez les femmes infectées présentant des symptômes ? Les lactobacilles sont en berne, pesant pour moins d’un quart des bactéries présentes (21,2 %). En lieu et place de ces alliés, on observe une grande diversité et hétérogénéité des micro-organismes présents. Or, en règle générale, un tel portrait de famille n’est pas bon signe pour le microbiote vaginal : à la différence des autres microbiotes du corps (intestin, peau…), il est en bonne santé lorsqu’il est la chasse gardée des lactobacilles. En outre, les bactéries abritées dans le vagin des femmes symptomatiques se révélaient peu recommandables, souvent associées avec ce que l’on appelle la vaginose bactérienne.

82,4 millions En 2020, 82,4 millions de nouveaux cas de gonorrhée ont été recensés chez les 15 - 49 ans dans le monde (OMS)

(sidenote: https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/multi-drug-resistant-gonorrhoea )

Le préservatif, c’est systématique

De là à dire que les lactobacilles protègent les femmes contre les symptômes de la chaude-pisse, il n’y a qu’un pas… que l’on ne peut toutefois pas encore franchir. Dans l’attente d’études portant sur un plus grand nombre de femmes pour confirmer l’observation, on ne peut donc que continuer à rappeler l’importance de l’utilisation systématique du préservatif : Dans le Monde on estime qu’environ 87 millions de nouvelles infections à gonocoque sont apparus chez les 15-49 ans en 2016, et les cas augmentent dans de nombreux pays. 

Le microbiote vaginal

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Actualités

Fausse couche : la dysbiose vaginale sur le banc des accusés ?

Les fausses couches sans origine génétique semblent associées à une dysbiose vaginale et à une inflammation locale. Des résultats qui pourraient ouvrir la voie à une prévention chez les femmes dont le microbiote vaginal est pauvre en lactobacilles.

27% Seules 27% des femmes interrogées savent que le microbiote vaginal est équilibré lorsque les bactéries sont peu diversifiées

Une grossesse sur 5 se termine par une fausse couche précoce (avant 12 semaines), la moitié des cas étant dues à des anomalies chromosomiques (fausses couches aneuploïdes). Entre 12 et 24 semaines, des fausses couches euploïdes tardives peuvent se produire, en général en lien avec une infection (2 cas sur 3). Si les mécanismes en jeu demeurent mal compris, le microbiote vaginal est suspecté d’être impliqué.

D’où une hypothèse

Ces fausses couches euploïdes tardives pourraient-elles être causées par des signaux inflammatoires liés à la composition du microbiote vaginal ?

1/5 Une grossesse sur 5 se termine par une fausse couche précoce...

1/2 la moitié des cas étant dues à des anomalies chromosomiques.

Fausses couches : une question de lactobacilles ?

Pour répondre à cette question, les chercheurs ont suivi 167 grossesses : 74 grossesses à terme, 54 fausses couches non génétiques (grossesses euploïdes) et 39 fausses couches génétiques (aneuploïdes). L’analyse de leur microbiote (ARN 16S) montre l’existence de 2 types de microbiote vaginal : un premier dominé à 94,2 % par Lactobacillus spp. (75 % des échantillons) et un second (25 % des échantillons) caractérisé par une déplétion des lactobacilles avec une teneur moyenne de seulement 18,5 %. 

Or, comparativement aux fausses couches aneuploïdes, les fausses couches euploïdes s’avèrent associées à un microbiote vaginal :

  • plus riche en bactéries et en diversité
  • pauvres en Lactobacillus spp., 
  • riches en Streptococcus spp. (60 % des cas) et en Prevotella spp (40 %)

Microbiote vaginal et inflammation

Côté inflammation, indépendamment de l'issue de la grossesse, la pauvreté en lactobacilles va de pair avec des niveaux élevés de cytokines dans le liquide vagino-cervical. Mais surtout, les sous-groupes dominés par Prevotella ou Streptococcus spp. présentent des concentrations significativement plus élevées de TNF-α et de certaines interleukines pro-inflammatoires (IL-6, IL-8, IL-1β). Il est donc possible qu’un appauvrissement en Lactobacillus spp. soit associé à un environnement pro-inflammatoire défavorable au bon déroulé de la grossesse. Ce qui serait concordant avec la fréquence plus élevée de fausses couches observée lorsque le microbiote vaginal est pauvre en lactobacilles.

En outre, la forte présence de streptocoques serait le facteur de risque de fausses couches euploïdes le plus significatif, et le principal facteur responsable de l’augmentation des médiateurs pro-inflammatoires chez ces patientes.

Un espoir pour les femmes

On observe une différence de composition du microbiote vaginal entre les grossesses aneuploïdes et euploïdes. Il semble donc que l’arrêt de la grossesse repose sur des mécanismes différents : une défaillance génétique pour les premières, des interactions avec les bactéries du microbiote vaginal et l’hôte pour les secondes. Conséquence directe : le microbiote vaginal pourrait représenter une cible de choix pour prévenir les fausses-couches.

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"Voilà une lecture à ne pas manquer" - Commentaire traduit de Legómena (Repris de Biocodex Microbiota Institute sur X)

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Actualités Médecine générale